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Trostenetz, Belarus – Un camp d’extermination nazi gardé secret par les soviétiques


Trostenetz, Belarus – Un camp d’extermination nazi gardé secret par les soviétiques

Trostenets – le quatrième plus grand camp de la mort en Europe

Découverte d’un camp de concentration nazi destiné à l’extermination les Juifs mais dont les Soviétiques n’avaient jamais parlé à Nuremberg pour cacher que ce camp avait servi à l’assassinat d’opposants au régime stalinien avant d’être occupé par les nazis. Après la guerre, les soviétiques ont construit une décharge municipale sur le site du camp de concentration pour mieux cacher le passé de ce lieu…

Cette année sera construit un mémorial sur le site de ce qui fut un énorme camp de concentration, Trostenetz à Minsk, Belarus.

Ce camp fut comparable à Auschwitz, Maidanek, Treblinka. Pourquoi ces derniers ont des mémorials depuis des décennies alors qu’à l’emplacement de Trostenetz, il n’y a toujours que quelques signes minimes pour la mémoire ?

Le premier obélisque avec une flamme éternelle installé en souvenir des prisonniers du camp de Trostenetz fut érigé en 1963, mais il est bien loin du camp. Les historiens disent que, à l’époque soviétique, on expliquait qu’il devait être vu de la route – l’Avenue des Partisans. En fait, il peut à peine être vu de l’Avenue, et la flamme, supposée éternelle, n’est plus jamais allumée.

Les historiens ont beaucoup de doutes quant au nombre d’assassinés inscrits sur le memorial. Selon eux, ces chiffres ne sont même exacts à la centaine près.

Trostenets - le quatrième plus grand camp de la mort en Europe

Trostenets – le quatrième plus grand camp de la mort en Europe

Un petit monument se trouve sur le site d’une ancienne grange dans laquelle, selon l’information historique de “Minskprojet”, 6.500 prisonniers de la prison de Minsk, de la rue Volodarka et du camp de la rue Large y ont été brûlés.

Il y a aussi un petit monument sur le site d’un four crématoire de masse dans lequel furent brûlés, dans l’ensemble Chachkovka, les corps de ceux qui avaient été tués par balles, quelques 50 mille personnes.

Au-dessus de l’Avenue des Partisans, à une croisée de plusieurs petits chemins, se trouve encore un petit monument. Il est dédié aux executions en masse de civiles et de prisonniers de guerre de l’ensemble Blagovschina. 34 fosses communes y ont été trouvées en 1944, datant de l’époque soviétique, tout près de la décharge municipal.

Des camions à ordures passent constamment devant le monument en allant à un nouveau site de Trostenetz qui est apparu il y a quelques années. Le voisinage avillissant et le monument minimal ont certainement perturbé, mais n’ont pas dissuade, les descendants des victims. C’est à Blagovschina, et non au monument supposé “visible de la route” que des gens de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Pologne, de la République Tchèque apportent des photos de leurs parents et de leurs grandparents. Il accrochent des rubans et des listes avec les noms des victimes sur les arbres. Le fait est que ce fut dans l’ensemble de Blagovschina que les Nazis ont effectué les exécutions les plus importantes de Trostenetz.

Trostenetz, Belarus - Camp de Concentration nazi

Trostenetz, Belarus – Camp de Concentration nazi – corps retrouvé

Le Mémorial de Trostenetz: la première phase de la construction

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Une reunion d’historiens a eu lieu récemment dans l’Atelier historique, sur le site de l’ancien ghetto de Minsk. Elle était provoquée par un article dans le journal “Belarus Aujourd’hui”. Ce dernier annonçait que le gagnant du concours pour le meilleur projet d’un memorial, annoncé dès 2010, avait enfin été choisi. De plus, la construction de tout le mémorial allait commencer.

Evidemment les historiens, qui n’avaient appris le projet que de l’article du journal (le concours fut fermé au public), avaient beaucoup de questions. Mais disons d’abord ce que va être cet ensemble mémorial de Trostenetz selon les architects et les designers.

“Tout le terrain, qui est une zone protégée de valeur historique et culturelle, mesure 124 hectares. Nous travaillons sur le premier ensemble, qui couvre 60 hectares”, a dit l’architecte principale du projet, Anna Aksenov. “Nous travaillons actuellement sur l’endroit où se tenait le camp de la mort lui-même…”.

Ceci se réfère au terrain entre l’actuelle rue Selikogo et la rivière Trostyanka, où se situait l’infrastructure des camps. Entretemps, dans la zone protégée d’héritage historique et culturelle, selon la reference du Minskprojet, il y a trois autres sites qui doivent être liés ensemble et dont le souvenir mérite d’être perpétué. Ce sont le point d’arrivée des prisonniers, le polustanotchek ou Promenade de la Mort, l’allée par laquelle les prisonniers étaient conduits au camp, puis le lieu des exécutions et de tirs de l’ensemble Blagovschina, que nous avons décrit ci-dessus. Mais maintenant qu’ils contrôlent l’argent alloué pour le lancement du premier ensemble les créateurs ne disent pas quand viendra le tour de Blagovschina.

Selon eux, un monument appelé “Les Portes de la Mémoire”, créé par le sculpteur Constantin Kostjuchenko, sera le centre de l’ensemble. Il y aura une place triangulaire à côté de ce monument, et les chemins partiront de là. Le champ non loin du monument sera couvert par une pelouse. Selon Anna Aksenov, les cendres des prisonniers brûlés avaient été dispersées au-dessus de ce champ.

Des pancartes d’information avec un plan du camp seront installées aux deux entrées du memorial.

De hauts conifères seront plantés sur le terrain de l’ensemble pour créer une bordure et pour protéger contre le bruit. De nouveaux arbres seront ajoutés à la Promenade de la Mort, qui a perdu beaucoup d’arbres ces dernières années.

Selon le “Minskprojet”, les ruines du camp de Trostenetz avaient été mises en veilleuse; des tableaux d’affichage avaient apparu à côté d’eux. Maintenant les pierres tombales et les clôtures, érigées en 1965, seront remplacées.

“Des experts ont déjà mis en place un système de drainage dans les terrains engorgés d’eau  près du monument sous forme de ruisseaux naturels, ou thalwegs.” Dans la partie sud du mémorial, il y a une zone humide, créée par un traitement incompétent d’amènagement paysager. L’affluent historique de Trostyanka, coupé de la rivière par un remblai, fut transformé en barrage. Et un cimetière allemand historique, datant de l’époque de la guerre, s’est trouvé à l’intérieur de la bande côtière de l’étang, – peut-on lire dans le document de reference des créateurs. On note, cependant, que le Conseil des Ministres a interdit l’établissement d’un cimetière à l’intérieur de zones de protection des eaux; il y a donc un projet pour diriger le cours de l’eau de l’étang de la zone humide au lit de la rivière Trostyanka. Il a été calculé que ceci récupérera d’anciens sites du terrain historique. Le cimetière allemand sera aussi aménagé et des buissons seront plantés. Le manoir, tout près du centre du mémorial, sera démoli.

Pour rappel: beaucoup d’exécutions stalinistes ont également eu lieu à Trostenetz.

Les historiens croient que l’emplacement de la sculpture est très mal choisi. Selon eux, des mémoriaux de “Trostenetz” doivent commencer à l’ensemble Blagovschina, où plus de 140 mille personnes furent tuées.

Durant la période soviétique, le mémorial ne fut pas créé sur le site du camp de la mort, Trostenetz; il était loin du camp. La première question soulevée donc par l’historien, Dr. Igor Kuznetsov est: pourquoi le site principal des exécutions nazies, tout comme à l’époque soviétique, demeure-t-il toujours sans aucune protection ni aucun soin satisfaisant ?

Une deuxième question concerne le souvenir des victimes des assassinations staliniennes, non nazies. Incroyablement, il s’avère que, près de Petit et Grand Trostenetz, des gens étaient tués avant la guerre aussi. Igor Kuznetsov montre une carte de ces tueries par balle.

Un point rouge sur la gauche indique l’emplacement d’exécutions et d’enterrements d‘avant la guerre. Dans les années 1960, la décharge municipale fut placée ici, probablement pour cacher les crimes du régime stalinien. La couleur rouge sur la droite montre le site d’exécutions de prisonniers des prisons NKVD de Minsk, accusés de crimes contre-révolutionnaires (Articles 63-74 du Code criminal de la BSSR, analogue à l’Article 58 du Code criminal de la RSFSR); leurs exécutions ont eu lieu les 25-26 juin 1941, – explique l’historien.

De plus, Igor Kuznetsov, qui étudie les répressions staliniennes depuis très longtemps, explique qu’il existe, dans les archives du Ministère de l’Intérieur, des données selon lesquelles des exécutions par balle (mais non de masse) de gens ayant des opinions contrerévolutionnaires ont eu lieu périodiquement à Trostenetz après la guerre aussi.

Cependant, des témoignages, comme nous le savons, ne sont pas des preuves formelles. Personne ne veut chercher, ni ouvrir, les tombes staliniennes. Au début de ce 21unième siècle, le 52ème bataillon de recherché du Ministère de la Défense, qui rend compte au Bureau pour la Memorialisation des Défendeurs et des Victimes de la Guerre, a organisé une rectification des enterrements de la Deuxième Guerre mondiale pour l’ensemble Blagovschina. “J’étais présent avec eux lors des excavations, et j’ai dit que si nous creusions à cent mètres de l’endroit des enterrements connus, nous pourrions aussi trouver des tombes staliniennes. Mais évidemment aucune recherche pour des tombes non-militaires n’a eu lieu, puisqu’aucune indication pertinente des Autorités ne fut jamais recue”, a dit Kuznetsov.

En 2005, le KGB bélorusse a répondu à la demande des historiens qu’ils n’avaient aucun document confirmant que les prisonniers NKVD étaient tués à Trostenetz. Les historiens signalent qu’une telle réponse est au mieux ambiguë.

Selon Kuznetsov et ses collègues, les tueries par balles staliniennes à Trostenetz expliquent l’emplacement à cet endroit de la décharge municipale dans les années 1960, de même que la raison pour laquelle l’Union Soviétique n’ait pas révélé les faits sur le terrible Camp de la mort de Trostenetz au Procès de Nuremberg. Leur silence était sans doute dû à leur réticence à laisser entrer la Commission internationale dans le camp de la mort, ouvrir les tombes et trouver aussi les tombes staliniennes cachées.

Nous comprenons que nous ne pouvons forcer personne aujourd’hui à ôter la décharge municipale pour rechercher les corps. Nous ne pouvons qu’insister qu’une investigation ait lieu ainsi que la mise en place d’un mémorial pour ceux qui y furent exécutés. Il est injuste de ne se souvenir que de certains exécutés et d’oublier d’autres. Leurs tombes sont très près les unes des autres, et qu’ils aient été tués par les Nazis ou les Soviétiques n’est pas important; tous ont besoin d’être rappelés. En Allemagne, on trouve une variété de monuments aux morts dédiés aux victims de différents massacres au même endroit. Les Allemands n’ont pas peur de dire : “Ici furent les victimes des Nazis, et ici ceux qui ont fui la RDA après 1952.” Trostenetz n’est nullement different, dit  Igor Kuznetsov.

Quant aux exécutions par balle de Staline, le “Minskprojet” ne tire aucune conclusion et recommande seulementque les historiens contactent le Comité executif de la Municipalité de Minsk.

“Nous avons une tâche spécifique du gouvernement; nous ne sommes que des designers. Nos ordres se réfèrent à un territoire spécifique; – explique Anna Aksenov, – s’il y a un mouvement de la part les historiens, cela pourrait inciter notre gouvernement à mettre en œuvre le projet sur le territoire qui reste aussi. Personnellement, je n’ai rien contre cela, mais tout doit être fait correctement.”

Il faut noter que la décharge municipale ne fait plus partie de la zone tampon dans le dernier projet. Le territoire de l’ancien camp de Trostenetz est prévu pour protéger un endroit de valeur historique et culturelle. L’ancienne version du projet considérait que la décharge avait cette meme valeur, incluant le territoire entier du Camp de la Mort.

Dans une conversation avec un journaliste de TUT.BY, les designers ont exprimé  leur souci que le désir des historiens d’investiguer les exécutions staliniennes à Trostenetz pourraient placer la question du “Mémorial Trostenetz” en une catégorie “politique” et retarder donc le projet, qui avait déjà eu bien du mal  à obtenir la permission de lancement.

De notre part, nous rappelons à tous que, pendant les discussions de l’Atelier d’Histoire, les historiens ont insisté pour que les questions de mémoire ne soient en aucun cas “politisées”, et que des discussions sur le projet soient ouverts à la fois aux professionnels et au public.

Les fonds sont alloués pour la première étape. Si au moins ce Mémorial est construit, ce sera très bien; ce sera au moins un hommage à certains. Le fait que, après 70 ans, les victimes d’un camp aussi terrible ne furent jamais commémorés, – cela est vraiment un crime, dit Anna Aksenov.

Reproduction encouragée avec la mention suivante:

© Traduction Jean-Pierre LLEDO pour Europe Israël

Trostenets – le quatrième plus grand camp de la mort en Europe où furent exterminés des dizaines de milliers de juifs:





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 4 thoughts on “Trostenetz, Belarus – Un camp d’extermination nazi gardé secret par les soviétiques

    1. michel boissonneault

      plus cela change , plus c’est pareil….. avant avec hitler , staline et
      maintenant poutine

    2. Nemo

      C’est vraiment bien d’avoir traduit cet article.
      La vérité finit toujours par refaire surface …

    3. c.i.a.

      Quant je pense, que certains prend Poutine, comme un héros!, le communisme perd jamais, ses bonnes  » méthodes et habitudes  ».

    4. Thaurac

      Au niveau tueries, staline était aussi ,si ce n’est plus, barbare qu’hitler.
      On a vu ce qu’ils ont fait aussi, à l’élite polonaise, pour décapiter le pays…

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