«Charles Trépel est né à Odessa, en Ukraine, le 21 septembre 1908» dans une riche famille juive. Son père est un industriel de la margarine. La famille doit fuir l’Empire russe lors de la Révolution bolchévique et elle s’installe en Allemagne, à Wiesbaden, où elle possède un hotel. En 1927, Charles «se rend à Paris pour étudier (…) Il entre à HEC». Il poursuit ses études à la London School of Economics, puis à Berlin à la Technische Hochschule.  Très sportif, Charles est polyglotte – parlant six langues. Il se passionne pour les échecs, dont sa mère est une championne. A Berlin, il s’intéresse aux premiers travaux sur les fusées au sein de la Verein für Raumschiffahrt… où il croise Wernher von Braun, le futur père des V2 et du programme Apollo.L’arrivée des nazis au pouvoir le contraint une nouvelle fois à émigrer et il s’installe à Paris. Après un échec dans les affaires, il travaille pour la maison d’édition Gründ. Il demande et obtient la nationalité française. Le 13 septembre 1939, il est mobilisé dans l’artillerie et sort de l’ecole d’application, comme lieutenant, en mai 1940. Le 6 juin 1940, il est blessé sérieusement lors du bombardement d’Etampes.Démobilisé, il comprend vite que le fait d’être juif va vite devenir très inconfortable et, grâce à un oncle engagé dans la résistance, décide de partir pour l’Angleterre, via l’Espagne. Il y parvient finalement le 12 septembre 1941 et rejoint les Forces françaises libres. Il est affecté dans l’artillerie, du fait de ses connaissances techniques. Comme Philippe Kieffer, il rêve de reprendre le combat au sein de ce que les Britanniques appellent désormais les commandos. Kieffer et Trépel se rencontrent et unissent leurs efforts. Grand sportif, Charles aurait suivi et réussi à trois reprises le stage d’Achnacarry – où il encadre les jeunes recrues.

Le 27 fevrier 1944, il prend part à un « raid de sondage » sur les côtes hollandaise, à Waasenaar, au nord de Schevenigen. Ce sera son unique mission. Ils débarquent dans la nuit… et les six hommes du commando ne donnnent plus de nouvelles à la vedette qui les attend au large. On ignore ce qu’ils sont devenus. A la Libération, leurs corps sont retrouvés et une enquête parvient à les identifier dans un cimetière. Selon toute vraisemblance, «les températures négatives, conjuguées au vent sur des hommes trempés et aussi endurcis qu’ils aient pu être, ont sans doute provoqué leur mort par hypothermie».

Charles Trépel, mort à 35 ans, ne sera donc pas au rendez-vous du 6 juin 1944, avec le commando Kieffer. Mais, en mai 1947, son nom est attribué à un Commando de la Marine, qui existe toujours.

 

lopinion.fr

Description du commando Trépel : defense.gouv.fr

 

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