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L’antisémitisme, une pathologie aux multiples visages


L’antisémitisme, une pathologie aux multiples visages

Note d’Europe Israël : Bien que cet article soit incomplet, notamment dans la très lourde responsabilité des médias français et de la gauche dans la diabolisation d’Israël, sans parler de l’antisémitisme des populations arabo-musulmane, il nous a semblé que celui-ci apporte des éléments explicatifs intéressants.

Avertissement: L’auteur de cet article s’inspire très largement d’une conférence d’Irène Saya donnée en février 2014 dans le cadre de l’Amitié Judéo-Chrétienne.

Les lecteurs d’Europe Israël se reporteront avec grand profit à l’article d’Irène Saya qu’ils peuvent se procurer au siège de l’Amitié Judéo-chrétienne de France, 60 Rue de Rome, 75008 PARIS, Tel. : 01 45 22 12 38. L’article d’Irène Saya est le texte d’une conférence passionnante donnée le 19 février 2014 pour le Groupe d’Amitié Judéo-chrétienne de Meylan (à côté de Grenoble).

Mise à jour, lettre de Monsieur Tincq:

Madame,

Je rentre de voyage et je réponds avec un grand retard – veuillez m’en excuser – à la mise au point, très justifiée, que vous avez adressée à Jean-Marie Colombani et à mon ami Bruno Charmet. 
Je suis vraiment navré de ce qui est arrivé. J’ai toujours manifesté, dans mes articles au journal Le Monde et dans certains de mes livres (L’Etoile et la Croix, en 1993, et le cardinal Jean-Marie Lustiger, en 2012), un très grand engagement en faveur du rapprochement et de l’amitié judéo-chrétienne. A la retraite du journal Le Monde, je lis encore chaque mois, avec le plus vif intérêt, la revue Sens et le numéro sur l’antisémitisme, reçu fin mai, m’avait comblé au-delà de toute mesure. 

J’ai voulu saisir le double événement de l’attaque tragique au Musée juif de Bruxelles et des derniers propos scandaleux de M. Le Pen pour faire le point – sur le site Slate.fr auquel je collabore – de la réflexion sur l’antisémitisme. Lisant la dernière livraison de Sens, je me suis donc appuyé sur votre remarquable contribution et celle de Franklin Rausky. J’ai cité ce dernier, mais j’ai eu le grand tort d’oublier de vous citer. 
C’est d’autant plus grave que je m’étais fondé sur des notes écrites à partir de vos deux articles et,au moment de la rédaction, je ne savais plus ce qu’il fallait mettre entre guillemets. Je comptais bien indiquer à la fin de l’article, sous ma signature, la référence au numéro de Sens consacré à l’antisémitisme. Mais, une fois encore, j’ai omis de le faire pour des raisons que je ne m’explique pas. J’ai été trahi par mon inconscient : de plus en plus souvent, les références d’articles « sautent » dans les journaux et c’était déjà vrai au Monde. C’est encore plus vrai dans les sites Internet d’information et j’en ai plusieurs fois fait l’expérience à Slate.fr. 
  
Je vous prie, Madame, de croire en ma bonne foi. Je ne cherche pas d’alibi. En quarante ans de carrière, c’est la première fois que je suis accusé de plagiat et cela me confond.
Je vous présente donc humblement mes excuses. Je les présente aussi à vos amis qui se sont légitimement émus de mon omission et à ceux qui dirigent votre revue.

Je voudrais seulement ajouter que je ne comprends pas bien, dans la lettre que vous avez adressée à M. Colombani, l’intention que vous me prêtez dans cet article d’avoir amalgamé l’antisémitisme avec la xénophobie. Si vous l’avez ressenti ainsi, je respecte votre point de vue, mais je voudrais vous assurer que ce n’était pas du tout mon intention.


Madame, je vous renouvelle mes excuses et vous adresse mes sentiments les plus respectueux.

Henri Tincq

 

Un attentat contre le Musée juif de Bruxelles, une nouvelle sortie de Jean-Marie Le Pen, la haine du juif visible sur Internet: l’antisémitisme est un fléau qui tue et empoisonne les esprits. Il trouve aujourd’hui de nouvelles formes d’expression et de propagation.

L’antisémitisme n’est plus seulement un phénomène conjoncturel lié au conflit du Proche-Orient, comme on le croyait dans les années 1980 après les attentats de la rue Copernic (1980) et de la rue des Rosiers (1982). La parole haineuse à l’égard des juifs se libère. Elle rejoint la chronique du racisme ordinaire, de l’islamophobie, de l’homophobie, s’étale sur Internet, sur des scènes de spectacles diffusés par YouTube, dans des enceintes sportives. Elle crée des «communautés» affinitaires qui disposent d’un langage codé, de signes distinctifs (la fameuse quenelle), favorisant une reconnaissance, un sentiment d’appartenance à une France qu’Alain Finkelkraut décrivait, au moment de l’affaire Dieudonné, comme «cimentée par le racisme et l’antisémitisme».

Chronique d’une haine qui se banalise: en 2013, le pays a enregistré 423 actes antisémites, soit sept fois plus que dans les années 1990. Selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), 40% des violences racistes commises l’an dernier en France étaient dirigées contre des juifs. Des familles déménagent, des enfants quittent l’école publique pour des écoles communautaires, l’émigration en Israël, qui était rare autrefois (un millier par an), a été multipliée par trois (3.288) en 2013, un an après  l’affaire Merah. De janvier à mars 2014, le nombre de migrants était déjà de 1.500, selon l’Agence juive.

Des chiffres qui ne risquent pas demain de reculer. Le 24 mai, un attentat contre le Musée juif de Bruxelles a tué quatre personnes, dont un couple de touristes israéliens. Le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, délinquant fanatisé en prison, «djihaddiste» revenu de Syrie, a été arrêté en France pour cet attentat, mais refuse d’être transféré à Bruxelles pour être entendu et jugé.

Dans un tout autre genre, Jean-Marie Le Pen s’est livré à l’une des «saillies» dont il est coutumier, condamné déjà à neuf reprises pour incitation à la haine raciale et contestation de crimes contre l’humanité. Il s’en est pris à des artistes hostiles au Front national, comme le chanteur Patrick Bruel, qui est juif même si Jean-Marie Le Pen a ensuite assuré qu’il ne le savait pas, qui avait promis de ne jamais se produire dans une ville ayant élu un maire FN. «On fera une fournée la prochaine fois», s’est amusé Le Pen. «Le mot “fournée” n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour mes ennemis politiques et pour les imbéciles», a-t-il réagi, faussement innocent, face à la tempête soulevée.

Les fantasmes du juif traitre et conspirateur

On ne peut pas mettre ces événements sur le même plan, mais leur coïncidence dans le temps rappelle que l’antisémitisme est une pathologie aux multiples visages. A chaque génération, il trouve de nouvelles formes d’expression et de propagation. C’est un fléau qui empoisonne les esprits et continue de tuer, en France (Merah), en Belgique (Nemmouche), soixante-dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dieudonné fait rire de la Shoah, forme indépassée de l’antisémitisme. Il recycle les stéréotypes les plus éculés sur la finance juive, typique d’un antisémitisme populiste qui avait provoqué la mort, en 2006, du jeune Ilan Halimi, tué par le «gang des barbares».  Revendiquant un statut de victime des «négriers juifs», Dieudonné plaque les schémas anticolonialistes sur le conflit du Proche-Orient, assuré de s’attirer ainsi les sympathies d’enfants d’immigrés et autres, convertis ou endoctrinés par un islamisme qui invite ouvertement à tuer des juifs.

Cassant la vitrine d’une formation que sa fille voudrait plus honorable, Jean-Marie Le Pen recycle, lui, les vieux fantasmes de l’antijudaïsme ordinaire, réveillés par les Maurras, Barrès, Daudet qui ont formé sa jeunesse d’Action française et constituent encore aujourd’hui son fonds de commerce politique.

Fantasme de la trahison: le juif est l’ennemi intérieur, la «cinquième colonne», celui qui ne respecte pas la parole donnée, ne s’assimile pas au pays dans lequel il vit. Fantasme de la conspiration: le juif est celui qui complote dans le secret, manipule pour pouvoir mieux dominer. Fantasme de la multiplication, qui se répète aussi depuis la plus haute antiquité: le juif est celui qui se développe démographiquement, se répand partout, et «pullule» comme dit l’historien Franklin Rausky.

Même s’ils n’ont aucun rapport avec la réalité, ces mythes perdurent à travers le temps  dans le discours des ennemis du peuple d’Israël. «Je sais que Dreyfus est coupable parce qu’il s’appelle Dreyfus», disait Léon Daudet, au moment de l’Affaire. «Il suffit que l’on regarde son visage pour qu’on se rende compte qu’il est coupable», surenchérissait Maurice Barrès.

Antisémitisme populiste à la Dieudonné; antisémitisme traditionnel, maurassien, vichyste, de l’extrême droite française; antisionisme politique aussi: c’est celui, proche du négationnisme, qui conteste l’ampleur historique et symbolique de la Shoah au nom de la violence faite aux Palestiniens et qui, avec perversité, renverse les rôles: les Israéliens se comportent comme des «nazis» et les arabes (aussi de race sémite) sont les vraies victimes de l’antisémitisme.

Antisémitisme aujourd’hui du «djihad»: la criminelle idéologie islamiste prend au pied de la lettre, au nom de la guerre sainte, les imprécations du Coran contre les chrétiens et les juifs, voués à la dhimmitude et à l’élimination. Il forme aux entreprises de terreur des milliers de jeunes délinquants, comme Merah et Nemmouche, en panne d’intégration et en rupture avec la société moderne.

L’historien français Léon Poliakov (1910-1997) distinguait trois formes de haine des juifs: l’antijudaïsme religieux, l’antisémitisme racial (celui des nazis), l’antisionisme politique. L’antijudaïsme religieux d’origine chrétienne a reculé. Les Eglises ont rompu avec les accusations de peuple juif «déicide» –coupable de la mort de Jésus, de meurtres rituels et de profanation d’hosties.

Au concile Vatican II (1965), l’Eglise catholique a renoncé à son traditionnel «enseignement du mépris» des juifs et promu un «enseignement de l’estime». Elle a fait «repentance» pour les persécutions commises dans l’Histoire contre le peuple élu. Le Vatican a reconnu l’Etat d’Israel, mettant fin à la vieille doctrine selon laquelle les juifs ont perdu leur droit à la terre d’Israël pour n’avoir pas reconnu Jésus comme leur Messie.

Mais on ne répare pas, en cinquante ans, deux millénaires de condamnations et de rejet. Il reste des traces de profonde méfiance. L’antijudaïsme chrétien demeure responsable des stéréotypes associant les juifs à l’argent et au capitalisme financier, pilier de l’antisémitisme populaire. L’accusation d’«usure» prononcée par l’Eglise contre les juifs remonte au Moyen-Age. La figure hideuse du «Marchand de Venise», popularisée par Shakespeare, s’est modernisée en détestation de la finance internationale occulte détenue aujourd’hui par l’Amérique et les juifs.

L’ignorance de la doctrine et des rites du judaïsme, l’oubli des racines juives de la civilisation chrétienne rendent de plus en plus étranger le fait religieux juif dans la société moderne et ultra-laïcisée. Des traditions comme le shabbat, la circoncision, l’abattage rituel pour la viande casher sont perçues comme des archaïsmes et parfois contestées. Elles étaient déjà attaquées dans l’Antiquité païenne: le respect du shabbat était violemment réprimé par les esclavagistes.

De nos jours, sous couvert d’écologie animale, des groupes d’influence dénoncent l’abattage rituel. Et au nom de la défense du droit de l’enfant, des associations traînent devant les tribunaux –le mouvement est parti d’Allemagne– la pratique de la circoncision considérée comme une mutilation insupportable.

Faut-il s’étonner que la communauté juive de France, symbole de l’assimilation en Europe depuis la Révolution, s’isole et se replie sur son identité? Elle s’inquiète de voir les forces de sécurité tentées de baisser les bras face à la permanence de cette incompréhension, voire de cette haine du juif. Elle déplore un discours dominant qui tolère les spectacles de Dieudonné au nom de la souveraine liberté d’expression, qui met dans la même balance les victimes de l’islamophobie et de la judéophobie, qui renvoie dos à dos les communautarismes. Autant d’attitudes qui, selon elle, ne feraient qu’encourager la haine et la «bête immonde»!







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  • 3 thoughts on “L’antisémitisme, une pathologie aux multiples visages

    1. Laurence

      Et non ça ne change pas si ce n’est peut etre prendre d’autre façon de faire mais le résultat est le meme

    2. Eoné

      Je pense que , la haine peut devenir ou être une situation biologique.Non? En lisant l’histoire de la France ,le ou les ministres qui ont travaillé pour le compte d’Hitler ,Je pense que , c’était le gouvernement Vichy? vous pouvez me corrigé,s’il vous plais.plus de 60 ans ,cette génération est finie ,c’est à dire décédée .Elle avait cette haine contre les juifs si l’on fait un bon suivi, de ce gouvernement qui avait coordonné le déportation des juifs pour l’Allemagne.
      Après la 2eme guerre mondiale , les gouvernements qui ont précédés jusqu’à ce présent gouvernement , les fils et les petits fils de la deuxième guerre mondiale ,on fait la politique certains d’entre eux font encore de la politique ,d’autres ont pris leurs retraite .JE DÉCOUVRE LA BIOLOGIE DE LA HAINE DANS CES DIFFÉRENTS GOUVERNEMENTS SI L’ON REGARDE L’HISTORIQUE FAMILIALE ; DÉPUTÉS OU MINISTRES, ENTRE LA GAUCHE SURTOUT LA GAUCHE ET LA DROITE,VOUS COMPRENEZ LE POURQUOI LA BIOLOGIQUE DE LA HAINE CONTRE ISRAEL CE QUE J’ENSEIGNE À MON ENFANT DÈS LE BAS ÂGE ,C’EST CE QUE L’ENFANT VA CONSOMMER COMME RECETTE DE LA VIE.

      SI NOUS TROUVONS DANS LE GOUVERNEMENT DE GAUCHE PRONONCER LEUR HAINE CONTRE ISRAEL C’EST QUE LA RACINE DE CETTE HAINE DATTE DE LOIN.
      SI L’ENFANT TROUVE QUE , LE PARENT BLASPHÈME TOUT LE LONG DE LA JOURNÉE ,CET ENFANT NE SERA PAS ÉPARGNÉE DE CE QU’IL ENTEND DIRE LE PARENT AU QUOTIDIEN .JE PENSE QUE CELA PEUT CE DÉVELOPPER DANS SA BIOLOGIQUE AVANT SA NAISSANCE.
      PRENONS LE CAS DE MUZ,ÇA NE DEMANDE MÊME PAS UNE ÉDUCATION DE HAINE CONTRE ISRAEL ,CETTE HAINE EST DÉJÀ CONÇUE DANS SON SYSTÈME,AVANT SA NAISSANCE, IL SUFFIT SEULEMENT DE LA RÉVEILLER LE RÉSULTAT EFFRAYANT.
      BIOLOGIQUE ET DIABOLIQUE VUE QUE LA HAINE NE VIENT PAS DE DIEU ,C’EST L’OEUVRE DE L’ENNEMI DU MONDE ENTIER .SATAN LE TRAVAIL DE SATAN, C,EST DE STIMULER BIOLOGIQUEMENT CETTE HAINE DANS LA PENSÉE DE CEUX-LÀ.
      Pour quoi année après ,de génération en génération la haine contre Israel ne ralentie pas? je pense que la haine contre Israel a un statut ,je dirai comme un parti politique regroupant les liens familiaux étendus .LA HAINE CONTRE ISRAEL EST GROS ARBRE COMPOSÉ DE PLUSIEURS BRANCHES OU AFFILIATION DES DIFFÉRENTES CULTURES OU L’ON TROUVE DE L’AMITIÉ ,DE CONTACT AU NOM DE LA HAINE .
      Les journalistes qui s’investissent année après année négativement contre Israël ce sont tous les journalistes dont l’histoire du père en fils etc.

      Pour Israël il a un seul choix: de ce confier jour après jour à son Dieu!! Dieu répond aux ennemis de son peuple .L’Europe a la maladie de torturer l’information la rendre négative ..toujours la faute c’est Israel MAIS LE TOUT PUISSANT EST AVEC ISRAEL. IL RÉPLIQUE AUSSI JOUR APRÈS JOUR!

    3. René SCHAERER

      L’article d’Henri Tincq est intéressant et dit des choses justes, ce qui ne suprend pas de la part de l’auteur. On est en revanche désagréablement surpris par les nombreux emprunts, – au moins sept,- qu’il fait de façon quasi littérale à l’article d’Irène Saya paru dans la Revue SENS, revue de l’Amitié Judéo-chrétienne de France (n°389, mai 2014, pp.361-374) sous le titre : » L’antisémitisme et son déni ». L’auteure y fait état du travail de recherches qu’elle poursuit depuis des années sur l’antisémitisme. Elle y développe la thèse selon laquelle l’antisémitisme moderne est l’objet d’un déni, dans la société comme de la part des auteurs d’actes ou de paroles antisémites.
      Parmi les sept « emprunts » qu’H. Tincq fait à Irène Saya, l’un est même double puisqu’il s’agit d’une citation qu’Irène Saya fait elle-même du Père Jean Dujardin, celle-ci : »Mais on ne répare pas, en cinquante ans, deux millénaires de condamnations et de rejet . »
      Les lecteurs d’Europe Israël se reporteront avec grand profit à l’article d’Irène Saya qu’ils peuvent se procurer au siège de l’Amitié Judéo-chrétienne de France, 60 Rue de Rome, 75008 PARIS, Tel. : 01 45 22 12 38.
      L’article d’I. Saya est le texte d’une conférence passionnante donnée le 19 février 2014 pour le Groupe d’Amitié Judéo-chrétienne de Meylan (à côté de Grenoble).
      René Schaerer
      Animateur du Groupe d’Amitié Judéo-chrétienne de Meylan (Isère)

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