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J’ai participé à la fondation de mon pays, Israël


J’ai participé à la fondation de mon pays, Israël

par Gil Kessary
La fête nationale d’Israël (“Yom Hatzmaout“ – jour de l’Indépendance), a été célébrée récemment pour la 66ème fois. Précédée comme chaque année, sans transition –et pour cause- par la Journée de Mémoire, commémorant les 23,000 morts au cours des guerres d’Israël, et victimes du terrorisme, ainsi que par la Journée de la Shoah. Deux journées ancrées dans le coeur, au cours desquelles, tandis que retentit la sirène, une boule s’installe dans la gorge à la vue de toute la circulation s’arrêter, les occupants se mettant à l’extérieur au garde à vous pendant de longues minutes. Un instant où tout semble s’arrêter, la vie paralysée, en souvenir des traumatismes de ce peuple et de ce pays. 

Je me permets de commémorer cet événement par des souvenirs personnels: Israélien de longue souche, deuxième génération, j’étais à la fois témoin et acteur dans cette épopée. J’y ai contribué de mon mieux et j’en suis fier.

Tout n’a pas commencé ce Hé béiyar (15 Mai) 1948, date officielle de la fondation de l’Etat d’Israël, mais bien avant, avec la résolution de l’Onu sur le partage de la Palestine, suivant les combats menés par les trois groupes juifs clandestins contre le Mandat britannique, voire contre les gangs arabes.

Il s’agissait de défendre, derrière des sacs de sable, les villes juives face aux assauts des voisins arabes, ayant rejeté, tout comme les pays arabes, cette résolution. Mais ce n’est qu’à la suite de la déclaration d’indépendance, dans un immeuble de Tel Aviv transformé en musée improvisé, que commençaient les choses sérieuses.

Tout ceci est le souvenir collectif. Je voudrais relater mon souvenir personnel.

Lycéen, j’ai rejoint d’abord l’“Irgoun“, l’un des trois groupes clandestins ayant combattu le régime du Mandat britannique. Lorsque Ben Gourion a proclamé l’Etat d’Israël, je faisais partie d’un petit groupe de curieux rassemblés à l’extérieur du musée. Sans explosion de joie, ni manifestation d’allégresse. Une fois terminée la cérémonie tout ce monde est rentré chez soi, sans imaginer l’ampleur du conflit qui commençait le lendemain, et qui dure toujours.

Le jeune État, peuplé tout juste de quelques centaines de milliers d’habitants, devait dès le lendemain se défendre contre les armées régulières, bien armées, en provenance de six pays arabes voisins. Tsahal n’avait que quelques milliers de jeunes, sortis de la clandestinité, peu entraînés et mal équipés. La situation se présentait très mal, aussi Ben Gourion a prit une décision sans précédent, ni avant ni après : mobilisation générale des jeunes de 17 ans, y compris les promotions des lycées.

C’est ainsi que je me suis trouvé avec d’autres lycéens – ayant accueilli cette aventure, il faut le reconnaitre, avec une grande joie  – dans un centre de recrutement. On ne se souciait guère d’être arraché du lycée un an avant le Bac. On avait plus urgent à faire.

Ayant fait mes classes, et à l’issue d’entraînements assez élémentaires, j’ai opté pour servir dans une des trois brigades du Palmach, l’unité d’élite de la Haganah pendant le Mandat britannique. Ayant intégré Tsahal, ce fut la force de frappe contre les armées arabes. La brigade à laquelle j’étais affecté avait combattu dans le sud du pays face à l’armée Egyptienne, bien supérieure en hommes et matériel. Des combats féroces, plusieurs autour de moi sont morts ou étaient blessés.

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Lors de la bataille pour la conquête de Beersheba nous avons combattu auprès du régiment no. 75, surnommé “Le Commando français“, composé de quelques volontaires mais surtout de nouveaux immigrants Maghrébins, connaissant à peine l’Hébreu. Leur chef était le commandant Thadé Duffre, allias “Teddy Eytan“’, un personnage légendaire, volontaire français non-juif, ancien officier de la Légion Etrangère. Bien plus tard, en France, il est mort dans un accident de la route.

D’autres combats, encore des amis morts ou blessés, pour terminer en beauté par la prise d’Oum Rashrash, aujourd’hui Eilat. Ce n’est qu’au début de 1949, après la signature des accords d’armistice, fixant les nouvelles lignes établies selon le cessez le feu, que notre contingent de lycéens a été démobilisé provisoirement afin de reprendre les études et passer le Bac. Drôle de Bac, ayant probablement pris en considération les “héros fatigués“…

Au bout de six mois on a repris du service, jusqu’à la démobilisation. Mais l’engagement n’était pas terminé et continua bien longtemps en tant que réservistes. Encore des guerres, encore des victimes, encore des devoirs et déboires. Mais ceci est une autre histoire.

Gil Kessary © Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif

 

 

GIL KESSARY – Brève biographie

Israélien deuxième génération, journaliste francophone, ayant collaboré longtemps au journal israélien « Maariv », ainsi que dans la presse française notamment « L’Aurore » puis « Tribune Juive ». Enfance, adolescence, jeunesse et service militaire en Israël. Diplôme de Sciences Po. Droit international public Paris, licence de droit de l’Université de Jérusalem. Ancien diplomate à l’Ambassade d’Israël à Paris.

 







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  • 2 thoughts on “J’ai participé à la fondation de mon pays, Israël

    1. Gilles Pratte

      Bonne fête et la paix bientôt, sont les meilleurs vœux que l’on peut vous offrir en ce merveilleux jour !

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