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Joel Kotek : « L’impensé radical » (« antisémitisme-Laurent Louis-Malaise dans les médias »)


Joel Kotek : « L’impensé radical » (« antisémitisme-Laurent Louis-Malaise dans les médias »)

Manifestement, l’antisémitisme est un impensé dans notre pays. Imaginez les unes de la presse française si un député s’était osé, en séance plénière, à jouer sur les antisémythes les plus éculés (crime rituel) et dénoncer pêle-mêle la Shoah, le Talmud, les Rothschild, l’usure et le racisme juifs, quenelle à la clé.

Imaginez, les réactions indignées de la presse belge si cet incident s’était déroulé dans je ne sais quel parlement d’Europe centrale. Reste qu’il n’en a rien été car cette scène burlesque, resucée de la haine ordinaire des années trente, s’est bien déroulée « près de chez nous », en notre bon Parlement fédéral. Si vous n’en pas avez pas été informé (seul notre site s’est fait l’écho des vomissures de Laurent Louis), c’est tout simplement parce nos médias se révèlent totalement incapables à penser l’antisémitisme, autrement que nazi ou d’extrême droite.

Or, le discours de Laurent Louis ne ressortit pas de l’antisémitisme classique pour être de couleur arc-en-ciel, c’est-à-dire tout à la fois brun, rouge et vert (islamiste). Pour ceux qui ne savent pas, ce qui distingue l’antisémitisme de toutes les autres formes d’intolérance (xénophobie, racisme, ethnocentrisme), c’est précisément son caractère mutagène. De l’aube du christianisme à nos jours, les prétextes de haine n’ont cessé de varier : les Juifs furent dénoncés, tantôt au nom de la foi (Luther), de la race (Hitler), des nantis (Maurras), tantôt de la raison (Voltaire), de la classe (Staline), des démunis (Proudhon).

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C’est désormais au nom de la Palestine que se justifie le nouvel antisémitisme tel que Laurent Louis l’exprime. Jugez sur pièce : «Depuis dix ans, Dieudonné est persécuté pour oser tourner en ironie une idéologie bien pire que le nazisme, le sionisme, dont les enseignements se trouvent dans le Talmud, un livre qui compare les non-Juifs à des singes, qui autorise le viol des enfants non juifs et le vol des non-Juifs. Comme quoi, la liberté d’expression est une notion à géométrie très variable. Le Talmud est autorisé. Dieudonné est interdit. (…). Et j’ai envie de rire. Parce que Goldman-Sachs, les Rothschild, l’usure, et vos guerres néocoloniales dont le seul but est le pillage des ressources naturelles, et le vol de la terre des Palestiniens au nom de la Shoah, cette Shoah mise en œuvre et financée par, rappelons-le, les pionniers du sionisme. (…) Par contre, la colonisation belge au Congo, plus de dix millions de morts, et on nous dit au musée de l’Afrique de Tervuren que c’est l’apport de la civilisation aux Congolais en occultant les massacres et les génocides commis par les colons (…) ».

A l’égal de Dieudonné et Soral, ses mentors français, Laurent Louis n’est pas qu’antisémite, il se présente aussi comme un anticapitaliste, tiers-mondiste, pro-palestinien et islamophile; d’où précisément l’incapacité de nos journalistes, baignés de culture antisioniste, à le dénoncer. Trop compliqué. Trop dérangeant surtout, si l’on songe à la popularité de Dieudonné et Laurent Louis auprès des jeunes Belges de confession musulmane.

L’antisémitisme est d’extrême droite ou ne sera pas (cf. diatribe de Manu Abramowicz à Georges Verzin). Or, comme nous venons de le démontrer, la nouvelle judéophobie -celle de Louis, Dieudonné, Colon, Bricmont et autres Piccinin- ne tient en rien de la haine nazie. Leur haine s’apparente tout à la fois à l’antisémitisme social français (Proudhon, Toussenel, Fourrier) et médiéval (Juif = usure = voleur).

Sans défendre pour autant la thèse d’un antisémitisme qui aurait déserté l’extrême droite pour se domicilier à gauche, il serait temps que nos médias s’intéressent enfin à cette nouvelle judéophobie qui occupe un espace beaucoup plus vaste que celui de l’extrême droite classique. Le bandeau qui barre la page d’accueil du site d’Alain Soral fait cohabiter dans un même élan prométhéen Ahmadinejad, Castro, Chávez, le Che, Jeanne d’Arc, Khadafi, Lumumba, et Faurisson. Faut-il rappeler que Soral est, lui-même, issu de la gauche communiste ? Faut-il encore souligner le cas de René Balme, fondateur d’Oulala.net, un site pour le moins conspirationniste et qui n’en sera pas moins soutenu par le Front de gauche lors des prochaines élections municipales (voir article de Rue89, « Une tâche rouge-brune dans la campagne du Front de gauche »).

Si la gauche et les mouvements pro-palestiniens éprouvent désormais la nécessité de mettre en garde leurs sympathisants contre Dieudonné, c’est bien parce qu’ils les savent réceptifs à la nouvelle judéophobie.

Mardi 4 février 2014




Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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