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Pourquoi la France fait-elle preuve de tant de fermeté vis-à-vis de l’Iran ?


Pourquoi la France fait-elle preuve de tant de fermeté vis-à-vis de l’Iran ?

Après quelques jours de discussions intensives au niveau des ministres des Affaires étrangères, les négociations entre l’Iran et le groupe connu sous le nom P- 5 +1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – Etats-Unis, Royaume- Uni, en France, la Russie et la Chine – plus l’Allemagne) ont coincé au cours du week-end.

Même l’accord intérimaire que le secrétaire d’Etat John Kerry recherchait à tout prix comme première preuve de bonne foi, une mesure de confiance – des échanges d’allègements de sanctions quelque peu limités, tel que le dégel de certains avoirs iraniens détenus dans des banques américaines et un certain assouplissement des restrictions sur les opérations, pour un gel partiel de l’enrichissement d’uranium – est resté  hors de portée des négociateurs. Les pourparlers doivent reprendre, mais à un niveau inférieur, dans une dizaine de jours.

Kerry pointe désormais l’Iran dans cette impasse parce que le texte de l’accord provisoire proposé  ne reconnaît pas officiellement la demande de l’Iran au droit inhérent d’enrichir de l’uranium sur son propre sol. Néanmoins, Kerry a essayé d’afficher une mine réjouie du fait que les parties ont eu des discussions substantielles plutôt que des gesticulations. « Il ne fait aucun doute dans mon esprit que nous sommes plus proches maintenant, au moment de quitter Genève, que nous l’étions lorsque nous sommes arrivés, et qu’avec un bon travail et de la bonne foi au cours des prochaines semaines, nous pouvons en fait sécuriser notre objectif », a déclaré Kerry à la suite de ces pourparlers stériles.

L’homologue iranien de Kerry, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, a également lancé une note optimiste. «Nous sommes tous sur la même longueur d’ondes, et cela nous donnera l’élan nécessaire pour aller de l’avant quand nous nous reverrons », a déclaré Zarif. Et peut-être pour démontrer sa volonté d’apaiser les inquiétudes sur son programme nucléaire, l’Organisation de l’Energie Atomique de l’Iran est parvenue à un accord lundi à Téhéran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU (AIEA) afin de permettre des inspections renforcées de sites nucléaires iraniens.

Loin d’être un prétexte à célébration, toutefois, cet accord d’inspection de l’AIEA devrait en lui-même soulever des préoccupations. Il évite notamment d’inclure dans le champ d’application des inspections renforcées les installations militaires iraniennes de Parchin où des tests d’explosifs sont soupçonnés avoir été réalisés liés probablement à des déclencheurs nucléaires. Qu’est-ce que l’Iran cache? Son chef iranien, Ali Akbar Salehi, a déclaré que le pacte avec l’AIEA se veut «  une feuille de route qui précise les mesures réciproques nécessaires pour résoudre les questions en suspens. » A ce stade, nous n’avons pas besoin de double langage sur l’élaboration d’une feuille de route. La voie à suivre pour l’AIEA devrait être suffisamment claire – des inspections internationales sans entraves de toutes les installations liées au nucléaire iranien.

Le scepticisme d’Israël sur les intentions de l’Iran est bien connu. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en garde contre tout accord intérimaire ou partiel. « Méfiance, démantèlement et vérification », a-t-il déclaré dans son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre dernier en décrivant ce qui doit être fait en ce qui concerne le programme nucléaire iranien. En termes plus succincts, il a déclaré lundi que s’il y a un accord final, il doit « refuser à l’Iran une capacité nucléaire militaire »

Les Français émettent aussi des doutes quant aux intentions de l’Iran, s’appuyant sur les antécédents iraniens de jouer de ruse et d’atermoiements comme tactiques de négociation. Les Français sont sceptiques quant à la nature des gestes symboliques que l’Iran a fait miroiter devant les Européens dans le passé, tout en gardant un temps précieux à monter en puissance son programme d’enrichissement d’uranium. De toute évidence,  les Français se souviennent d’avoir été bercés il y a une dizaine d’années par des promesses agréables à entendre mais vides de sens venant du négociateur nucléaire en chef de l’Iran à l’époque qui se trouve être justement le président de l’Iran d’aujourd’hui – Hassan Rouhani.

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Cette fois, la France veut un engagement vérifiable que l’Iran s’apprête  à réduire la pureté de son stock d’uranium hautement enrichi pour faire en sorte que la France se sente à l’aise pour convenir de tout assouplissement des sanctions. La France a également été le plus insistant pour exiger un arrêt complet et immédiat des opérations d’installation du réacteur iranien de recherche d’Arak, qui pourrait être utilisé pour produire du plutonium de qualité pour une bombe.

Bien que les Français participent aux négociations en cours, il est établi qu’ils ont rechigné à l’idée de toute transaction qui selon eux donnerait à l’Iran une trop grande marge pour tricher. Parlant de manière très ferme au cours du week-end tandis que les discussions avec l’Iran étaient toujours en cours, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré sur France Inter que la France ne pouvait pas accepter un « marché de dupes ». Il a ajouté que «les préoccupations de sécurité d’Israël et de tous les pays de la région devaient être prises en compte ».

Les Français semblent être les seuls adultes dans la salle de négociation. L’administration Obama en particulier, est si impatiente de démanteler tout le travail pénible de la mise en œuvre du régime de sanctions en échange d’un semblant de présence de l’Iran autour d’une résolution diplomatique de son programme nucléaire que le président Obama a déjà entamé des négociations avec lui-même et a fait des concessions unilatérales à l’Iran. Rien que l’été dernier, il aurait gelé la liste noire du département du Trésor sur certains individus iraniens et entités liés au programme nucléaire de l’Iran, selon un rapport publié vendredi dernier dans le Daily Beast. Un tel assouplissement unilatéral du type de restrictions que M. Obama avait été contraint par le Congrès d’imposer en premier lieu dément l’ineptie des propos de John Kerry sur Meet The Press dimanche dernier  « Nous ne sommes pas aveugles et je ne pense pas que nous soyons stupides »

Pourquoi les Français entrent en négociations avec l’Iran les yeux grands ouverts ? Comme mentionné ci-dessus, ils s’y sont déjà brûlé les doigts au moins une fois dans les négociations passées.

 En outre, un article du magazine Commentary théorise que les dirigeants français se souviennent que la France avait mis en garde Israël en 1967 contre le fait de lancer une attaque préventive et de faire face à une coupure de l’aide militaire, un avertissement dont Israël n’avait pas tenu compte, bien que la France fût alors le seul fournisseur principal d’avions de combat avancés d’Israël. «Confronté à ce qu’il considérait comme une menace existentielle, Israël avait décidé que même la perte de son unique fournisseur militaire était le moindre mal », écrit Evelyn Gordon l’auteur de l’article du magazine Commentary. « La France sait qu’aujourd’hui, Israël considère le programme nucléaire de l’Iran comme une menace existentielle. La France sait aussi qu’Israël aurait probablement moins de risques à défier l’administration Obama qu’à défier la France en 1967. » Cela pourrait déclencher une réaction en chaîne menant à une guerre à grande échelle. Prendre les préoccupations d’Israël plus au sérieux cette fois pourrait empêcher une telle issue.

Enfin, la position de la France sur l’Iran fait partie de sa politique étrangère avec une diplomatie plus musclée. Les français sont intervenus unilatéralement au Mali, par exemple, pour repousser l’avance jihadiste qui menaçait d’engloutir tout ce pays africain. Il a également été le principal avocat parmi les alliés occidentaux d’une action militaire collective pour protéger les civils contre les violations flagrantes des droits de l’homme. Il a mené le front en Libye, par exemple. Il a tenté en vain de mobiliser une action plus concertée contre le régime Assad en Syrie.

La France n’était pas prête à s’en laisser conter cette fois-ci par les experts iraniens de la mystification, compte tenu du fait que le théocrate Ayatollah Khamenei reste toujours à la direction.

Quel que fût le motif de la France pour se montrer inflexible sur des conditions plus difficiles pour tout assouplissement des sanctions, le sénateur Lindsay Graham (R -SC) a raison de dire : « Dieu merci à la France ! »

Sources : Frontpagemag – 12 novembre 2013 – Par  Joseph Klein  – Traduction  Nancy Verdier

http://frontpagemag.com/2013/joseph-klein/why-is-france-so-tough-on-iran/?utm_source=FrontPage+Magazine&utm_medium=email&utm_campaign=0b5e172702

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  • 2 thoughts on “Pourquoi la France fait-elle preuve de tant de fermeté vis-à-vis de l’Iran ?

    1. jankel

      Foutaise d’article qui ne dit rien du Blocage des Business sans limites des industries allemandes avec l’Iran depuis DES ANNNEES…….(voir le site Stop the Bomb)
      D’autre part la France, Le Quai d’Orsay de salopards depuis Louis 14…ne veut pas laisser les USA piquer in fine tous les marchés iraniens (avec les Allemands bien installés depuis des lustres et conchiant l’Embargo…) aux Français actuellement industriellement barrés par leur inorganisation de productions de pointe et la crise qui s’ensuit.
      Personne n’a encore dit ce que je dis…. Et c’est un argument qui me fait penser que je n’ai pas tort..???!!!

    2. léopold

      Quelles qu’en soient les raisons, il faut se féliciter de la position française.

      Heureuse surprise, il faut espérer que ce ne soit pas qu’une position éphémère. La France est tellement fragilisée économiquement qu’un chantage minime peut la faire revenir sur cette décision.

      D’autre part, Fabius avait eu des paroles très chaleureuses envers la Turquie d’Erdogan qui faisait redouter l’accord de la France à l’entrée dans l’UE de ce pays. Curieux revirement. Pourvu que ça doure, comme disait une certaine dame corse.

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