toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

Inculte, In-culte de quoi : réponse d’une gêneuse à une oublieuse.


Inculte, In-culte de quoi : réponse d’une gêneuse à une oublieuse.

Ci-dessus une des affichettes d’un des mouvements laïcs populistes républicains dans la France de 2013.

Caroline Alamachère-Gorette qui se présente comme la  « Marianne » du journal en ligne Riposte Laïque, de sa plume gaillarde, dénigre les gêneurs soupçonnés d’amputer notre beau pays de sa dignité et de sa gloire.

Qui sont donc ces êtres abjects ?

Loading...

Dans un récent article au titre évocateur  « Non à la république bananière, oui au changement de régime », (1) elle prend pour cible la « Hollandie » et taille dans tout ce qui n’est pas Gorettement correct.

Tous les intrus qui ont eu l’audace de s’élever contre l’attaque bananière du Journal Minute, se prennent un coup de pied de Gorette : Martin Hirsch, Ch.Taubira (c’est récurrent), Yamina Benguigui, Kofi Yamgnane, Tahar Ben Jelloun, et le CRIF :

«Ces messieurs du CRIF pourraient déjà balayer devant leur porte et se demander  si le communautarisme dont ils se revendiquent ne serait pas en soi une forme de racisme»

Qui a marginalisé les juifs de France au cours des siècles ? En a-t-elle seulement une vague idée ?

L’Etat qui en a pleinement conscience se fait un devoir de protéger les synagogues et les écoles juives alors qu’il a fait savoir récemment qu’il  ne mettra pas un planton devant les locaux du Journal Libération.

Elle poursuit : «  Puisqu’on nous fait la leçon du métissage obligatoire pour tous, que ces « antiracistes » du CRIF veuillent bien se donner la peine de se métisser aussi afin de montrer le bon exemple à ceux qu’ils excluent de leur petit cercle communautaire et qui ne réclament que le droit à leur propre sécurité et à la survie de leur peuple. »

Comment ne pas comprendre ce qui transpire derrière ce discours ?

Chez C. Gorette, inculture et impudence concourent à fustiger tous azimuts les boucs émissaires d’une nation en déliquescence. Attaque biaisée de tout ce qui ne fait pas France. A la lecture de ce ‘brûlot’ resurgissent les caractéristiques d’une attitude mentale déficiente et inquiétante.
Persistante et inconsciente, elle ose cependant s’étonner de la désaffection du CRIF aux causes qu’elle défend, lui qui devrait la soutenir «pour des raisons évidentes»

Learn Hebrew online

expuls2

Gorette est bien son nom. Elle rejoint en cela l’autre égérie de cette mouvance, l’inénarrable Goy-Chavent pétrie de suffisance et de balourdise.

Et Caroline Alamachère-Gorette d’enchaîner (nous l’appellerons CAG dans ce qui suit) :

« L’économie de la France se trouve dans un état catastrophique, le chômage explose, les entreprises françaises quittent la France, comme Lafuma, ou mettent la clé sous la porte comme Pleyel qui restait le dernier fabricant français de pianos créé en 1807 et honoré par Chopin, Stravinsky ou Ravel… »

Des noms bien français comme il se doit et la suite :

Loading...

« Nous ne voulons pas d’un remaniement ministériel, ce que nous réclamons c’est une démission d’Hollande et de sa clique, nous réclamons des élections anticipées et sans drapeaux étrangers à la Bastille, [……….] tout ce cloaque politico-sociétal, au temps encore où le CRIF n’existait pas…. »

La clé sous la porte des fleurons de nos PME, la liberté d’expression, nos valeurs, les histoires Taubira, nos anciens combattants, les drapeaux étrangers, la liberté tout cela est jeté en vrac pour chanter in-fine les beaux jours où « le CRIF » n’existait pas.

En quoi l’existence du CRIF est-elle gênante pour CAG ?
Cette instance publie régulièrement des informations sur le Moyen-Orient et l’Europe, est attentive à la société française, à ses diverses composantes religieuses, ethniques, culturelles et politiques, aux bons rapports entre toutes les couches sociales du pays et organise une fois l’an un dîner rassemblant les divers responsables politiques et culturels du pays. Est-ce là le lien avec le cloaque politico-sociétal auquel il est fait allusion ??

‘Foin du CRIF’, alors qu’il existe bien des associations de types communautaires ou communautaristes, pour les basques, les bretons, les protestants et autres religions.
Selon CAG, sans le CRIF tout irait bien mieux en France, mais par un subit élan d’empathie avec le malheur juif, elle lâche cette queue de phrase :
« et où les juifs venaient trouver refuge en France où nous les avons accueillis et protégés la plupart du temps (nous devions déjà être des « racistes » probablement…). Le CRIF a la reconnaissance oublieuse… »

Le CRIF n’existait donc pas et les juifs venaient trouver refuge en France.

Les juifs seraient des réfugiés en France ?

Les juifs sont déjà présents sous l’Antiquité, du temps des romains quand la Gaule est païenne.

Ils ont peuplé le territoire bien avant les premiers rois francs et chrétiens et ont toujours œuvré au développement des régions où ils se trouvaient. Cependant, accusations, marginalisations, humiliations, massacres et expulsions se sont succédé  au cours de l’histoire de l’hexagone. Concernant  les expulsions, la mémoire collective ne retient que celle des juifs d’Espagne, et curieusement oublie toutes les autres, celles qui ont jalonné l’histoire de France (3), avec pas moins de 13 édits d’expulsion.

  • Le premier édit en 533, celui de Childebert 1er, fils de Clovis, parce que les juifs refusent de se convertir au christianisme. (Alors que les mariages mixtes avec des juifs sont  interdits sous peine d’excommunication des chrétiens ou de mort pour les juifs).
  • Puis celui de 633, par le Bon Roi Dagobert qui faute d’avoir pu convaincre les juifs de la rue de la Cité à Paris (ancienne rue de la Juiverie) de se convertir, finit par les expulser.
  • La troisième expulsion signée de Philippe II en 1182. Caisses vides, jalousie des commerçants chrétiens : en 1181,  en plein Sabbath, arrestation des juifs de Paris, dépouillés de leur or et de leurs effets personnels ; libération en échange d’une forte rançon et l’année suivante, saisie de leurs biens immobiliers remis aux commerçants non-juifs et expulsion.
    Le pli est pris. Au fil des ans, les juifs seront rappelés par les rois (à cause des caisses vides) et expulsés à nouveaux, maintenus en état de soumission, avec des interdits, des humiliations et des massacres.
    Même ceux du Comté de Toulouse devront trouver refuge en Provence, époque où les Cathares (chrétiens), eux, seront exterminés. Et pour faire bonne mesure, en 1240, c’est  l’expulsion des juifs de Bretagne.
  • La quatrième expulsion est celle de Louis IX (Le Bon roi St Louis) en 1254 : des  Talmud sont saisis par le pouvoir royal et brûlés en 1242.
    Des livres brûlés…L’exemple sera repris bien plus tard….
    Engagé dans la  7ème croisade, le roi est fait prisonnier en 1250 en Egypte. A la nouvelle, les juifs sont pris pour cible. Massacres et expulsion. Certains préféreront retourner à Jérusalem, plutôt que d’être rappelés par le pouvoir.
  • La cinquième expulsion en 1306 sous le règne de Philippe Le Bel : entre 1292 et 1306 spoliation systématique des biens juifs, ponctuée d’arrestations, de taxes spécifiques, de saisies et ventes de biens, avec obligation de rachats pour se voir ensuite signifier  une nouvelle expulsion. Et pour quitter le royaume, il faut encore payer. Bien que rappelés en 1315, peu reviennent. Anéantissement du judaïsme français, allant de paire avec l’effondrement de l’économie du royaume.
  • En 1322, sixième expulsion de tous les juifs de France, du Languedoc et de Bourgogne. Ceux du Languedoc croient trouver refuge en Aragon où ils subissent les persécutions de 1391. Bûchers, procès, massacres et spoliations.
    Et ça continue.
  • En 1394, c’est l’Edit d’expulsion définitif. Il reste une poignée de juifs. Les caisses sont vides. La fiscalité s’alourdit. Famine, épidémie, misère, émeutes. La faute à qui ? Les bébés juifs sont enlevés pour être convertis de force. Le roi donne 45 jours aux juifs pour quitter les lieux après avoir vendu leurs biens. En route pour la Savoie, l’Allemagne, les Etats du Pape et Jérusalem.
  • Bretagne et Provence étant rattachés au royaume, viennent les  8ème et 9ème expulsions en 1491 et 1501. Direction Jérusalem et l’Afrique du Nord pour les Sarfati (Français), les Narboni et les Elbaz (de Béziers) etc…
  • 1615, la 10ème expulsion, purement formelle est sans effet, puisqu’il n’y a qu’un seul juif au royaume de France, le médecin de la cour de Catherine de Médicis…Les juifs reviendront après le rattachement de l’Alsace et la Lorraine en 1648 (Traité de Westphalie).
  • Mais en 1683 et 1724, respectivement Louis XIV et Louis XV expulsent  les juifs des Antilles et de Louisiane, signant les 11ème et 12ème expulsion.

C’est à Louis XVI que les juifs doivent leur émancipation, le droit d’acheter des terres, d’exercer les métiers qui leur étaient jusque là interdits. Mais comme on sait, il sera guillotiné.

Cependant, rien ne fut jamais rose.

En France comme ailleurs, malgré les Lumières, malgré les acquis de la Révolution, malgré la reconnaissance du culte et l’instauration du Consistoire Israélite par Napoléon la discrimination et la haine restent présentes (décret infâme de Napoléon en 1808).

1806 : Napoléon 1er établit le Culte israélite de France

1806 : Napoléon 1er établit le Culte israélite de France

Et en Algérie, à partir de 1845-1850, les juifs revendiquent la citoyenneté française qui leur semble préférable au statut de dhimmi. Elle leur est accordée d’abord par Napoléon III, puis par le décret Crémieux. La fin du 19ème siècle avec l’Affaire Dreyfus voit l’émergence de partis politiques de droite comme de gauche dont le seul programme est l’antisémitisme avec des publications virulentes, comme en particulier le pamphlet d’Edouard Drumont, La France juive (1886, 1892) et son journal La Libre Parole. (4).
En Algérie, des chefs de file antisémites comme Max Régis et Émile Morinaud deviennent respectivement maire d’Alger et de Constantine et aux législatives quatre sièges sur six sont pourvus par des « candidats antijuifs » dont Drumont. Aux élections municipales de mai 1925 marquées par de graves incidents, la liste anti-juive du docteur Molle l’emporte à Oran et en août 1934, c’est le massacre des juifs de Constantine.

Certes des juifs sont venus en France, fin du 19ème début du 20ème siècle, notamment ceux qui étaient persécutés en Pologne et en Russie, parce que croyaient-ils en France c’était moins pire qu’ailleurs (c’est tout dire), mais aussi parce qu’ils étaient attirés par le pays des Droits de l’Homme, par la culture française, par la capitale. Venus de toute l’Europe de l’Est, ils ont contribué à la vie sociale, scientifique, artistique et littéraire et ont notamment animé les grandes écoles picturales françaises (Ecole de Paris).

Ainsi le 20ème siècle n’allait pas être meilleur que les précédents.

De pamphlets virulents en interdits, de jacqueries en spoliations, de  massacres en expulsion on en arrive au régime de Vichy qui édicte  la 13ème expulsion : l’expulsion par la mort

Les Juifs ont  trouvé refuge en France nous dit CAG ? 

Dès 1942, les bras ouverts sont les portes des wagons qui conduisent à la déportation et à la mort.

Même la Résistance n’a jamais fait arrêter un train de déportés.  Les juifs ont été si bien accueillis en France ?  Mais ils furent arrêtés par la police française.

CAG en aparté (par un mail de rattrapage… !!!), m’assure que je n’ai pas compris son propos, qu’elle faisait simplement allusion (sans les mentionner ?) aux Justes qui avaient sauvé des juifs sous l’occupation et qu’en aucun cas, il ne s’agissait pour elle de remonter l’Histoire de France et de ses sordides avanies.
Si évocation des Justes il y a  (en sourdine), à quoi rime ce regard complaisant qui gomme toute la réalité de la collaboration et de l’indifférence au nom de quelques uns qui ont eu un comportement proprement humain ?

Certes les Justes ont été exemplaires, encore que tous aient dit avoir fait ce qu’ils estimaient naturel de faire.

Les « Justes parmi les Nations ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs », mais CAG ne s’y réfère pas explicitement.  

Le titre de Juste est décerné au nom de l’État d’Israël par le Mémorial de Yad Vashem, mais la France ne les honore pas.

Reconnaissance oublieuse du CRIF ?  Le CRIF (5) ne cesse d’honorer les Justes de France, il ne se passe pas une semaine sans que l’instance fasse référence à ceux dont l’Etat français se plaît à répéter qu’ils ont sauvé l’honneur de la France, mais qui soixante ans après, n’ont toujours pas reçu la moindre distinction honorifique de la République française.

A quoi rime ce « brûlot » décomplexé qui porte le Fer à contre-sens et  confirme une histoire millénaire de rejet du judaïsme ? A qui les leçons ?

Mais les juifs français ne sont pas oublieux de l’histoire. Aujourd’hui, ils quittent l’Europe au point que des experts de la Commission européenne s’inquiètent du phénomène qu’ils voudraient endiguer. Pourquoi partent-ils s’ils n’y vivent dans un profond malaise justement causé par ce type de propos contribuant à une atmosphère générale délétère ?

Les choses risquent encore de s’aggraver si effectivement les problèmes économiques et sociaux empirent.

Attaquer la Hollandie en usant d’imprécations et invectives contre une instance communautaire, ne promet rien de constructif. Les juifs au cours de leur douloureuse histoire ont toujours puisé en EUX-MÊMES les forces nécessaires pour faire face aux malheurs qui les assaillaient. Ils ont dû souvent se replier sur leurs petites communautés, attendant des jours meilleurs.

Le communautarisme juif auquel CAG se réfère, n’a jamais été un reniement des valeurs citoyennes, bien au contraire.


Nancy VERDIER


(1) 
Riposte Laïque – Journal en Ligne – n° 329 publié le 14 novembre 2013 –  Par Caroline Alamachère-Gorette.

(2)  Concernant la facétie du journal Minute, je recommande l’article de Maxime Lépante, dans Riposte Laïque.

(3)  Les Edits d’expulsion des Juifs de France. Petit Bréviaire, par Richard Rossin

(4)  Edouard Drumont : « La France juive » publié à compte d’auteur en 1886 chez Flammarion et soutenu par Alphonse Daudet  conjugue toutes les passions antijuives : l’antijudaïsme chrétien (référence au peuple déicide), l’anticapitalisme populaire (la finance et le capitalisme sont aux mains des juifs) et le racisme moderne (l’opposition entre ‘aryens’ et ‘sémites’). Jusqu’à la parution des Protocoles des Sages de Sion, il est l’ouvrage de référence de l’antisémitisme sur le prétendu complot juif.

(5)  Le CRIF n’est pas une organisation, c’est une instance, un Conseil qui regroupe diverses associations juives. Il n’a pas d’autres pouvoirs que celui de s’exprimer en démocratie.

 

 

© Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • 3 thoughts on “Inculte, In-culte de quoi : réponse d’une gêneuse à une oublieuse.

    1. michel

      On ne peut pas lui reprocher de défendre sa France chrétienne et laïque.C’est son droit et son devoir, mais on aurait pensé qu’elle allait fustiger les musulmans extrémistes et fanatiques qui, beaucoup plus nombreux que les juifs, envahissent son pays et menacent ouvertement son église…..

    2. Nancy - Europe-Israel.org Post author

      MICHEL, ouvre les YEUX : Elle ne parle ni de l’islam ni des musulmans. Elle ne défend même pas la France et ne développe aucun argument positif en faveur d’un redressement du pays. Elle attaque le CRIF. C’est tout. C’est bien pourquoi cette manière biaisée est plus qu’inquiétante et ce que cela sous-tend est tellement évident. Ces gens ont des alliances avec des gens tordus, et sont frontistes. Moi j’ai choisi de les quitter. Ils ont vraiment mal tourné et ça continue. Inculture et antisémitisme sont liés.

    3. Jean Lelièvre

      Durant combien de millénaires va-t-on entretenir cette lutte stupide? Les bouddhistes, les protestants, les juifs pour ne citer qu’eux ont vécu depuis de longues décennies sans faire de vagues ni déranger quiconque, ni imposer quoique ce soit de leurs croyances et de leurs mode de vie. Les intégristes de ces 3 religions précitées ne tuent pas aveuglément au nom de leurs croyance. Les majorités modérées de ces religions n’ont pas à s’occuper de faire taire ou sanctionner les fauteurs de trouble. Ce qu’ils auraient à faire si leurs intégristes devenaient un danger pour la population. Pratiquement aucune religion sur la planète ne représente un quelconque danger à l’échelle planétaire sauf…. trouvez l’erreur!

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *