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Le terrorisme iranien sous le très « modéré » Rohani


Le terrorisme iranien sous le très « modéré » Rohani

Le locataire de la Maison Blanche vient de se faire humilier par le « très modéré » Rohani qui a refusé de la rencontrer. Il s’en est retourné jouer au Golf. 

Quelle que soit l’élection et le président élu l’histoire de la République islamique indique que les présidents «modérés» ou «réformistes» n’influencent pas de leur  modération la commandite du terrorisme de l’Iran. Même si Rouhani était enclin à freiner une telle politique, il n’y a aucune preuve qu’il ait le pouvoir de le faire sans l’approbation du guide suprême, ce qui semble très peu probable à l’heure actuelle.

Par Matthew Levitt – The Washington Institute

L’histoire de la République islamique suggère que le nouveau président élu n’a ni la volonté ni le pouvoir de limiter le parrainage du régime au terrorisme.

La victoire de Hassan Rouhani à l’élection présidentielle en Iran a été largement saluée comme un vote de protestation contre les extrémistes et comme une opportunité pour une percée diplomatique avec les puissances occidentales.

Mais ces hypothèses soulèvent cette question: 

Quel est le taux de modération nécessaire dont doit faire preuve un président iranien «modéré», en particulier en ce qui concerne le parrainage du terrorisme ? Les évènements précédents nous confirment que les attentes doivent  être tempérées.

Rouhani n’est pas la premier président iranien «modéré» à gagner la présidence.

Le cas de Rafsandjani

Akbar Hashemi Rafsandjani, élu en 1989, a été souvent décrit comme un “modéré” lui aussi . Cependant, selon le renseignement américain, il a supervisé une longue chaîne de complots terroristes au cours de ses huit années au pouvoir.

La CIA a lié Rafsandjani à des complots terroristes dès 1985, lorsqu’il occupait le poste de président du Parlement iranien. Dans un mémo 15 Février 1985, l’agence a estimé que « le terrorisme iranien parrainé par le regime est la plus grande menace pour le personnel et les installations des États-Unis au Moyen-Orient”.
Les attaques soutenues par l’Iran ont augmenté de 30 % en 1984, et le nombre de tués dans des attaques devancent en décès ceux causés par  tous les autres parrains du terrorisme de l’époque.
Les dirigeants iraniens de premier rang comme l’ayatollah Montazeri, le Premier ministre Mir Hossein Mousavi, le directeur de l’Assemblée consultative Rafsandjani tous des “modérés” donc sont tous largement impliqués dans le terrorisme d’état iranien.

En Août 1990, est sorti un rapport de la Direction du renseignement de la CIA c’est une des plus précises évaluation du soutien iranien au terrorisme sous Rafsandjani. Selon l’agence, le parrainage du terrorisme du régime et les activités de terreur ont continué sans relâche depuis la mort de l’ayatollah Khomeiny.

Bien que Rafsanjani ait cherché à améliorer les relations avec certains pays occidentaux depuis qu’il avait pris la présidence, les événements prouvent que Téhéran continue de considérer l’utilisation du terrorisme comme un outil légitime .

Les Attaques terroristes iraniennes visant les «ennemis du régime» ont probablement été approuvées par avance par le président Rafsandjani et d’autres hauts dirigeants.

Le rapport a évalué, que la planification et la mise en œuvre de ces opérations sont probablement gérées par d’autres hauts fonctionnaires, dont la plupart sont des personnes nommées ou alliées de Rafsandjani « .

La CIA a conclu que Rafsandjani et le guide suprême Khamenei surveillent étroitement et approuvent la planification des attaques contre les Etats-Unis ou les intérêts occidentaux.

Les  analystes de la CIA ont évalué en 1990 que Rafsandjani et d’autres dirigeants iraniens ont continué a utiliser le terrorisme comme outil politique pour intimider les opposants au régime, punir les ennemis de l’Islam, et
influencer les decisions des politiques occidentaux.

Deux ans plus tard, ces évaluations sont apparues prémonitoires. En 1992, la CIA a enregistré une longue liste d’ activités terroristes, des attaques ciblant Israël, l’Arabie et des fonctionnaires américains en Turquie, ciblant également des émigrés juifs de l’ex- Union soviétique et des dissidents anti-regime à l’étranger.

Le plus spectaculaire, cependant, ont été les attaques de 1992 de l’ambassade d’Israël à Buenos Aires (réalisée avec l’aide du Hezbollah libanais proxy du régime) et l’assassinat en public de quatre dissidents iraniens au restaurant Mykonos à Berlin la même année.

La plus haute instance judiciaire de l’Allemagne a rendu un jugement en 1997. l’attaque avait été orchestrée par Rafsanjani et le Guide suprême, la Cour a estimé que les pouvoirs iraniens non seulement permettent des attaques terroristes à l’étranger qu’ils ont mis en action ces attaques.

Chaque fois que le régime a rencontré une opposition politique, le tribunal islamique a determiné que la  solution au problemé était tout simplement de liquider ses adversaires.

L’Iran et le Hezbollah ont frappé à nouveau en Argentine. Selon les enquêteurs locaux , un sous-groupe du Conseil suprême de la sécurité nationale de l’Iran (le Comité des opérations spéciales) a pris la décision finale d’approuver l’attaque du centre communautaire juif AMIA à Buenos Aires en1994.

Etaient présents lors de la reunion de ce Conseil Khamenei, Rafsandjani, le ministre du Renseignement Ali Fallahian, et le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati. Étaient également présents des agents iraniens tells Mohsen Rabbani et Ahmad Asghari, qui avaient une connaissance directe de l’Argentine et qui a informé le comité au sujet du choix de la cible , des réseaux de soutien logistique et des renseignement locaux qui pourraient être utilisés pour faciliter l’attaque

Tours Khobar: un cas d’espèce

Il y a dix-sept ans, des agents iraniens ont fait équipe avec des libanais du Hezbollah saoudien pour bombarder les tours Khobar et un complexe de logements militaires dans la province orientale de l’Arabie saoudite. L’attentat – la plus grande explosion non nucléaire ressentie jusqu’au Barhein voisin- a tué 19 militaires de l’US Air Force et en a blessé 372 autres, sans compter les  nombreux civils blesses saoudiens et autres ressortissants.

L’attentat des Khobar a eu lieu alors que Rafsandjani était président et Rouhani était secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale. (évoqué par B.Nétanyahu dans son discours le 01.10.213 à la tribune des Nations-Unies).

Après une énorme enquête du FBI , un tribunal fédéral américain a finalement inculpé treize membres du Hezbollah saoudien iranien et un membre du Hezbollah libanais.

Les déclarations des suspects arrêtés ont toutes souligné que l’Iran était le commanditaire.

Selon le directeur du FBI, Louis Freeh, « Les terroristes ont admis qu’ils avaient été formés par le service de sécurité externe iranien (CGR) dans la plaine de la Bekaa au Liban , ont reçu leurs passeports à l’ambassade d’Iran à Damas, avec 250.000 $ en espèces pour le fonctionnement de l’IRGC (les Gardiens de la revolution).
Freeh plus tard témoignera que l’attentat a été planifié, financé et parrainé par la haute direction des Gardiens de la Révolution dans le gouvernement de la République islamique d’Iran, que l’ IRGC avait la responsabilité de mettre ce plan a execution , et qu’il a  été mis en place avec la participation du Hezbollah saoudien.

Les Iraniens ont réussi a se faire disculpés par les Saoudiens. Al-Qaeda a été ensuite considéré comme suspect.

Le parrainage de la terreur se poursuit sous Khatami

En mai 1997, Muhammad Khatami a été élu cinquième président de l’Iran avec une plate-forme nettement réformiste.

Les partisans d’un Iran radical, y compris le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait fortement soutenu son adversaire plus ouvertement “révolutionnaire”, Ali Akbar Nateq Nouri.

Dans une note de Décembre 1997, la CIA a affirmé que les dirigeants du Hezbollah ont été choqués par la victoire de Khatami et se sont assureés que son élection ne diminuerait pas le soutien de l’Iran au groupe terroriste.

Leurs préoccupations se sont avérées  infondées, car lorsque Nasrallah s’est rendu à Téhéran en Octobre 1997 Khatami et d’autres fonctionnaires ont promis leur soutien continu, en soulignant que le régime n’avait pas changé sa position concernant le groupe ou ses opérations contre Israël.

Selon la note de la CIA, Khatami a rejoint probablement d’autres dirigeants iraniens qui soutiennent que l’aide au Hezbollah est un élément essentiel aux  efforts de Téhéran pour se promouvoir en tant que leader du monde musulman
et le champion des opprimés.

Plus important encore, la CIA a estimé que Khatami aurait été incapable de retirer le parrainage du Hezbollah par l’Iran, même s’il l’avait voulu.  

Comme une note le dit, Khatami n’a probablement pas le pouvoir de prendre une telle décision sans l’approbation de Khamenei, qui a longtemps été l’un des partisans les plus en vue du groupe du parrainage de la terreur. « 

CONCLUSION

Le fait que le candidat le moins radical ait remporté la dernière éléction présidentielle iranienne a rendu de nombreux observateurs enthousiastes à l’idée d’une politique plus modérée à Téhéran.

Pourtant, quelle que soit l’élection et le président élu l’histoire de la République islamique indique que les présidents «modérés» ou «réformistes» n’influencent pas de leur  modération la commandite du terrorisme de l’Iran. Même si Rouhani était enclin à freiner une telle politique, il n’y a aucune preuve qu’il ait le pouvoir de le faire sans l’approbation du guide suprême, ce qui semble très peu probable à l’heure actuelle.

Matthew Levitt dirige le Programme Stein sur le contre-terrorisme et le renseignement à l’Institut de Washington.

Note de la redaction – l’approbation de la candidature de Rohani par Khameneî a été voulue. Il s’agissait de rassurer les Occidentaux avec une operation de charme et de les faire patienter pour mener à terme le programme d’armement nucléaire.

Une des premières actions de Rohani  a été de nommer son ministre de la défense, terroriste notoire (attentats à Beyrouth en 1983).

Iran : le nazislamiste modéré Rohani nomme un tueur d’américains et de français ministre de la défense

Rohani ancien négociateur en chef du nucléaire iranien s’est vanté d’avoir dupé les occidentaux à l’époque.

Le 1er septembre un massacre a été perpetré dans le camps d’Aschraf (vidéos) Irak contre des iraniens opposants au régime des Mollah 52 personnes ont été abattus. Les opposants accusent le régime d’avoir commandité ses exactions.

Le Mollah Rohani lors de la fête annuelle de l’anniversaire de la Révolution Islamique se tient debout sur la tribune en regardant défiler des missiles qui porte une pancarte « Israël sera détruit ». c’était une semaine avant son opération séduction à l’ONU.

Adapté – rédaction Israël-flash

Alain Rodier

 Quelques infos supplémentaires

Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans.

Parfois cette manière d’opérer a considérablement nuit à l’efficacité opérationnelle des actions entreprises. Ainsi, des « premiers couteaux » ont été arrêtés, mais jamais aucun système judiciaire de pays démocratique n’a réussi à prouver formellement l’implication du régime dans des actions répréhensibles. Seuls de forts soupçons concordants ont permis de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du régime, mais comme ces derniers ne se sont évidemment pas présentés devant les juridictions concernées, leur responsabilité n’a pu être établie légalement. Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix.

Les buts poursuivis par Téhéran ont été multiples. En tête d’entre eux se trouve la lutte contre toute opposition. Suit la guerre contre les « grand et le petit Satan » (Etats-Unis et Israël), puis le règlement de litiges, comme cela a été le cas au milieu des années 1980 avec la France.

La lutte contre les opposants

La lutte acharnée contre les opposants au régime a toujours été une préoccupation majeure des mollahs. La liste des victimes d’attentats terroristes ciblés organisés par la Savama puis par le Vevak – les services spéciaux iraniens – et la force Al-Qods des Pasdaran est longue. Elle comporterait plus d’une centaine de victimes, dont certaines sont particulièrement connues.

– Le 13 juillet 1989, Abdul Raman Gassemlou, le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) est assassiné à Vienne en compagnie d’Abdullah Ghaderi Azar et d’Amir Mansur Bozorgian. Ils avaient été attirés dans un piège par de « pseudos négociations » initiées par le régime des mollahs qui avait exprimé son souhait de « régler une fois pour toutes » le problème kurde en Iran.

– Le professeur Kazem Radjavi, ancien ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU et surtout frère aîné de Massoud Radjavi, le leader du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), est assassiné par balles à Genève, le 24 avril 1990. Suite à cette affaire qui a mis en cause pas moins de treize agents iraniens couverts par l’immunité diplomatique, la justice suisse a lancé en 1996 un mandat d’arrêt contre Ali Fallahian qui était alors le chef du Vevak.

– Le 7 août 1991, Chapour Bakhtiar, le dernier Premier ministre du Shah, est assassiné à l’arme blanche avec son secrétaire à son domicile en banlieue parisienne. Le commando de trois hommes a fait preuve à l’occasion d’un professionnalisme et d’un sang froid extraordinaires. En effet, Chapour Bakhtiar était alors protégé par une section de CRS qui n’y a vu que du feu ! Il avait fait l’objet d’une première tentative de meurtre en juillet 1980 qui avait coûté la vie à un policier et à une voisine de son appartement de Suresnes.

– Le 4 juin 1992, le représentant en Turquie du CNRI, Ali Akbar Ghorbani, est enlevé à Istanbul. Son corps est retrouvé quelques mois plus tard dans un parc de la ville. Il porte de nombreuses marques de torture qui laissent entendre qu’il a été interrogé avant d’être exécuté. Le lendemain, un attentat à la voiture piégée échoue de peu devant le siège de l’OMPI à Istanbul.

– Le 16 mars 1993, Mohammad-Hussein Naghdi, le représentant du CNRI en Italie, est assassiné par balles à Rome.

– Le 17 septembre 1992, le secrétaire général du PDKI (et successeur d’Abdul Rahman Gassemlou), Mohammad Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi sont assassinés dans le restaurant Mykonos à Berlin. Depuis 1997, Ali Fallahian fait l’objet d’un autre mandat d’arrêt international pour son rôle de commanditaire dans cette affaire.

– Le 20 février 1996, Zahra  Rajabi, une responsable du CNRI résidant en France, est assassinée alors qu’elle effectue un voyage à Istanbul.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. De nombreux autres Iraniens ayant fui le pays ont été rattrapés par les tueurs du régime et froidement assassinés, souvent « pour l’exemple ».

La lutte contre les Etats-Unis et Israël

Les attentats contre les intérêts ou ressortissants américains et israéliens ont également été nombreux :

– Le 18 avril 1983, une voiture kamikaze bourrée d’explosifs s’encastre dans l’immeuble abritant l’ambassade des Etats-Unis au Liban. 17 morts sont décomptés.

– Le 23 octobre de la même année, un camion explose dans le cantonnement des Marines à Beyrouth. 241 militaires américains sont tués lors de cette opération. Non seulement les expertises américaines prouvent que le camion Mercedes Benz qui a servi de vecteur à l’explosion provenait bien d’Iran, mais Hachemi Rafsandjani ,alors représentant de l’ayatollah Khomeiny au sein du Conseil de la guerre, a revendiqué quasi-ouvertement cette opération.

Le but de ces deux attentats était de saper l’influence des Etats-Unis au Proche-orient en général et au Liban en particulier. La mission a été remplie car Washington a alors ordonné le départ des Marines de Beyrouth et Téhéran a ainsi pu étendre son influence sur le pays en passant par l’intermédiaire de son allié syrien et du Hezbollah libanais.

– Le 17 mars 1992, l’ambassade d’Israël en Argentine est visée par une attaque terroriste. 29 personnes sont tuées et 235 autres blessées. Ni les exécutants ni les commanditaires ne seront identifiés.

– Le 25 juin 1993, une bombe détruit de complexe d’Al Khobar en Arabie saoudite qui abrite des militaires américains. 19 Américains sont tués ainsi que 147 Saoudiens. Il semble que cette opération a été menée en liaison avec l’organisation naissante Al-Qaida . Oussama Ben Laden ,alors réfugié au Soudan entretenait, à cette époque les meilleures relations avec le Hezbollah libanais. Un certain nombre d’activistes ont ainsi été formés par le mouvement chiite libanais, particulièrement aux attentats suicide. L’objectif poursuivi par cet attentat était de mettre à mal le régime saoudien considéré comme un adversaire par Téhéran et comme un ennemi personnel par Oussama Ben Laden, qui venait de se faire retirer en mai sa nationalité saoudienne.

– Le 18 juillet 1994, le centre juif d’Amia à Buenos Aires est détruit par une voiture piégée. 84 morts et 230 blessés sont relevés. L’enquête révèle que cette opération a été décidée par Rafsandjani lors d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale  qui s’est tenue le 14 août 1993 dans la ville de Mashad. Selon l’institution judiciaire argentine, le but poursuivi consistait à punir Buenos Aires d’avoir arrêté sa coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire. L’opération aurait été menée par la force Al-Qods des Pasdaran, alors commandée par le général Ahmad Vahidi. Cette unité d’élite composée de fanatiques est une sorte de « service action » qui se charge de toutes les opérations sales déclenchées à l’étranger. L’enquête amènera le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Hashemi Rasfandjani, ancien président de la république islamique d’Iran et actuellement président du Conseil de discernement du bien de l’Etat ; Ali Akbar Velayati, à l’époque ministre des Affaires étrangères ; Mohsen Rezaï, alors commandant les Pasdaran et aujourd’hui secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et soit disant « opposant » au président Ahmadinejad ; Ahmad Vahidi, actuel vice-ministre de la Défense ; Ahmad Reza Askari, ancien troisième secrétaire auprès de la représentation diplomatique iranienne en Argentine, en fait officier supérieur des Pasdaran ; Mohsen Rabbani, chef des écoles théologiques à l’étranger et proche conseiller de Khamenei ; et Ali Fallahian, actuel conseiller en sécurité du Guide suprême de la révolution.

En Irak et en Afghanistan, Téhéran est fortement soupçonné avoir soutenu certains mouvements rebelles. Même Al-Qaida aurait servi de paravent à certaines opérations. En effet, une « branche iranienne » de l’organisation semble être active. Elle est commandée par l’ancien colonel des forces spéciales égyptiennes, Saif al-Adel. De plus, des membres de la famille d’Oussama Ben Laden y sont « accueillis » et servent en quelque sorte de « monnaie d’échange ». Même le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, tué le 7 juin 2006, aurait été, du moins à l’origine, un agent recruté par les services iraniens. Il se serait ensuite affranchi des liens l’unissant à ses mentors et se serait lancé dans les attentats à grande échelle contre les populations chiites d’Irak. Cela expliquerait sa fin : il aurait tout simplement été « donné » aux Américains par les services iraniens.

L’objectif dans ces deux Etats est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens.

Cette liste d’opérations terroristes ne prend pas en compte les attentats ciblés dirigés contre des membres des services Américains ou des Israéliens. Ces derniers font partie de la guerre secrète que se livrent les services concernés , mais ne peuvent être qualifiés d’« actes terroristes » qui, par définition, visent pour leur part à un maximum de publicité.

Litiges avec la France

Bien que la France ait accueilli l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en France, à Neauphle-le-Château, d’octobre à 1978 à janvier 1979, le régime des mollahs ne montrera aucune sympathie à l’égard de Paris. Il faut dire qu’aux yeux de Téhéran, la France sera rapidement considérée comme un pays hostile. En effet, les opposants au régime trouveront en France la terre d’exil qui leur convient. Ensuite, Paris soutiendra l’Irak dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, particulièrement en fournissant des armes, dont des Mirages F1, des Super étendards, des missiles Exocet et de nombreuses munitions.

La réponse de Téhéran sera énergique. Elle se traduit par des prises d’otages au Liban et des attaques terroristes. La plus spectaculaire est l’attentat au camion piégé qui a lieu à Beyrouth contre l’immeuble Drakkar , le 23 octobre 1983, qui fait 61 victimes françaises.

De nombreux attentats à la bombe ont également lieu sur le sol français, particulièrement en région parisienne, au cours de la période 1985-86 : 23 février 1985, magasin Marks & Spencer : un mort, 14 blessés ; 9mars 1985 cinéma Rivoli Beaubourg, 18 blessés ; 7 décembre 1985, double attentat contre les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann, 43 blessés ; 3 février 1986, hôtel Claridge, 8 blessés ; 4 février, magasin Gibert Jeune, 5 blessés ; FNAC Sport du Forum des Halles, 22 blessés ; 17 mars 1986, une bombe dans le TGV Paris-Lyon à hauteur de Brunoy, 29 blessés ; 8 septembre, bureau de poste de l’hôtel de ville à Paris, un mort et 21 blessés ; 12 septembre, cafétéria du super marché Casino à la Défense, 54 blessés ; 14 septembre, Pub Renault sur les Champs-Elysées, deux policiers et un maître d’hôtel sont tués alors qu’ils ont détecté l’engin explosif ; 15 septembre, locaux des services du permis de conduire de la Préfecture de police, un mort et 56 blessés ; 17 septembre, magasin Tati rue de Rennes, sept morts et 55 blessés.

La DST découvrira que le réseau Ali Fouad Saleh responsable de ces vagues de terreur était placé sous les ordres du Hezbollah libanais. L’officier traitant d’Ali Fouad Saleh aurait été Hussein Mazbou, un haut responsable du Hezbollah proche collaborateur d’Imad Fayez Mughniah, le responsable opérationnel pour l’étranger du mouvement .

Un autre litige provient du problème d’Eurodif, projet de production d’uranium enrichi dans lequel Téhéran était partie prenante depuis le Shah. Sous la pression, la France finira par rembourser Téhéran à hauteur de 1,6 milliard de dollars. A noter qu’à ce propos, un mystère entoure encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault mais également ancien président du directoire d’Eurodif. Il est abattu le 17 novembre 1986, jour du premier remboursement de la France à l’Iran. Certains experts avancent l’idée que le groupe Action Directe, qui a commis puis revendiqué cette opération, était en fait manipulé par les services secrets iraniens. Cela est du domaine du possible puisque les services iraniens ont toujours privilégié l’utilisation d’intermédiaires qui servaient de « fusibles ».

Aujourd’hui, les relations politiques bilatérales entre les deux Etats sont exécrables car Paris insiste sur le respect des Droits de l’Homme en Iran et occupe une place de premier rang au sein des pays qui s’opposent au développement du programme nucléaire iranien. Nul doute que si le besoin s’en fait sentir, Téhéran pourra utiliser de nouveau l’arme du terrorisme contre les intérêts français.

Les liens de Téhéran avec les mouvements terroristes étrangers

Téhéran a toujours maintenu secrètement des relations avec les mouvements terroristes étrangers de manière à pouvoir les utiliser à son profit. Cependant, les preuves formelles sont rares.

En 1995, une conférence secrète aurait eu lieu en Iran sous l’égide des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Elle a rassemblé des représentants des mouvements terroristes suivants : l’Armée rouge japonaise, l’Armée secrète arménienne, le PKK, le parti irakien Dawah, le Font islamique de libération du Bahrain et le Hezbollah libanais. Le but poursuivi à l’époque était la déstabilisation des Etats du Golfe persique. Téhéran aurait alors proposé son aide à ces différents mouvements, notamment en matière d’entraînement.

Aujourd’hui, Téhéran utilise surtout le Hezbollah libanais (voir ci-dessous) mais aurait également des contacts au sein de différents mouvements révolutionnaires sud-américains. Ces derniers auraient lieu au Venezuela – le président Hugo Chavez n’a pas caché pas sa profonde sympathie pour le régime iranien – et dans la région des trois frontières (Foz de Iguaçu) située entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

L’expansion de l’Iran en Amérique latine 

Le Hezbollah libanais

Le Hezbollah libanais, fondé en juin 1982, est un mouvement chiite libanais qui possède une branche armée appelée la Résistance islamique. En fait, depuis l’origine, ce mouvement est infiltré, rémunéré et dirigé en sous-main par Téhéran. Il est utilisé non seulement au Liban, mais aussi à l’étranger pour servir les intérêts du régime des mollahs.

Le Hezbollah profite de l’importante communauté libanaise expatriée pour tisser ses réseaux à l’étranger. Très présent sur le continent africain, sud-américain, ce mouvement est capable d’apporter une aide logistique, voire opérationnelle, à des actions terroristes qui pourraient viser les intérêts occidentaux sur ces continents.

Le rôle des ambassades iraniennes

Bien qu’il s’en défende, l’Iran peut également fournir un appui logistique à des activistes à l’étranger, grâce à ses nombreuses représentations diplomatiques, culturelles ou même des ONG. Il est à remarquer que partout où des changements politiques ont amené au pouvoir des responsables hostiles aux Etats-Unis – tout particulièrement en Amérique latine – les représentations diplomatiques iraniennes ont été considérablement renforcées sans que les échanges politiques, économiques ou culturels avec ces Etats ne le justifie. Washington soupçonne Téhéran de mettre en fait en place un réseau logistique destiné à nuire aux Etats-Unis, peut-être en utilisant l’arme du terrorisme. C’est ainsi que des filières d’infiltration d’agents clandestins à destination de l’Amérique du Nord auraient été mises en place à partir du Nicaragua et du Venezuela.





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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