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Interview d’Ariel Melles: « Obama n’a même pas eu le moindre mot pour son seul soutien, F. Hollande ! »


Interview d’Ariel Melles: « Obama n’a même pas eu le moindre mot pour son seul soutien, F. Hollande ! »

Suite au discours de Barack Obama concernant la non-guerre en Syrie, JSSNews a interrogé un spécialiste du contre-terrorisme et des Etats-Unis, Ariel Melles. 

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JSSNews: Oui aux frappes en Syrie mais pas tout de suite. C’est en substance ce qu’a déclaré le Président américain hier soir. Il souhaite que le Congrès américain en débatte et vote, ce qui ne devrait pas être fait avant le 9 septembre prochain. Cette annonce est-elle une surprise ?

Ariel Melles: Oui, et c’est le cas pour tout le monde. J’observe les Etats-Unis depuis longtemps, et je n’ai jamais vu le moindre Président américain arriver devant les caméras de télévision et dire: « voilà les raisons pour lesquelles il est indispensable d’agir, j’ai donc décidé d’agir… J’ai l’autorité pour le faire et je n’ai à rendre de compte à personne… Mais finalement, je ne le fais pas ! »

C’est du jamais vu !

JSSNews: Il veut demander au Congrès de voter, mais théoriquement, en a-t-il besoin ?
A. M. : En tout cas, c’est ce qu’il dit. Et là, on se retrouve avec une sorte de juridisme pointilleux, extrêmement suspect politiquement, parce qu’il n’a pas demandé l’autorisation pour la Libye, ni pour la guerre des drones.

Quand Bill Clinton lançait des frappes après les attentats contre les ambassades américaines en Afrique, il est arrivé à la télévision, comme cela se fait en de pareilles circonstances, et il a dit: « j’ai demandé à l’état major, il y a quelques heures, de procéder à des frappes… » Là, Obama, il nous dit: « J’ai décidé… Mais je vais quand même consulter ! »

JSSNews: Si on remonte, par exemple, à la première guerre du Golfe (ou à la deuxième) est-ce que les Bush (père et fils) ont consulté le parlement ? 
A. M. : Oui. A chaque fois. Georges père à pris le temps de bâtir une collation internationale. Georges fils a été devant le congrès pour l’Irak comme pour l’Afghanistan. Il avait reçu l’aval des parlementaire, ce qui lui donnait de la légitimité.

Là, Obama est seul. Il n’y a pas de coalition internationale. Pas de mandat. Il cherche une base légale, une légitimité nationale. Mais aussi un partage des responsabilités pour faire en sorte que, si cela se passe mal, il ne soit pas le seul responsable.

JSSNews: L’opinion américaine est plutôt réservée: 60% sont contre une intervention. Dans quelle position se retrouve Obama ? 
A. M. : En tout cas, il est tombé dans son propre piège. On sait qu’il ne veut pas y aller. On le voit bien depuis deux ans et 100.000 morts ! Il dit qu’il n’a « que des mauvaises options » – ce qui est vrai.

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Il s’est piégé avec cette affaire de « ligne rouge, » un élément de langage qu’il voulait éviter, et qu’il a prononcé un peu malgré lui. Et comme cette « ligne rouge » a été franchie avec l’utilisation d’armes chimiques, il se doit de réagir.

Et là, il se piège encore, en s’enfermant dans la politique intérieur, en remettant la décision au Congrès. On peut s’imaginer que son parti va le suivre en majorité (il a la majorité au Sénat), mais il y a aussi des Républicains « centristes », des types comme John Mc Cain, qui vont le soutenir. Et puis, il y a l’ultra-droite qui bloque toujours tout en général. Vont-ils lui donner un soutien bi-partisan sur la Syrie ? C’est eux qui ont les cartes en main. Notons par ailleurs que le seul but de l’opposition, est de détruire la présidence Obama…

JSSNews: Donc si Obama va en Syrie, ce ne sera pas avant 10 jours au moins ? 
A. M.: Oui, sauf surprise « à l’américaine. » S’il y va, il y va tard, sans aucun effet de surprise – et ça joue dans ce genre de guerre. On sait déjà qu’Assad place des boucliers humains dans plusieurs cibles, on sait qu’il déplace du matériel sensible au coeur des populations civiles. Toutes les cibles d’hier ne seront plus bonnes demain. Il ira en Syrie affaibli, s’il y va.

JSSNews: internationalement parlant, quelle image donne Obama ?
A. M.: Dans le monde arabe, il a l’image d’un hésitant et ceux qui hésitent sont des faibles.

Et vous imaginez un peu la tête de Vladimir Poutine, hier soir, devant sa télé ? Comment cela va se passer lors du G-20, dans les prochains jours ? Il va dire quoi à Poutine qui lui, n’hésite jamais ?

Et à la Corée du Nord, aux Iraniens, il donne quel message ?

Et à Israël à qui il dit toujours « on est là derrière vous, si on vous attaque, on ne laissera pas faire » – comment les israéliens peuvent-il le croire après ce passage TV d’hier soir ?

Donc, soit Obama y va seul – soit il revient et dit « j’ai bien réfléchi et on y va pas du tout. »

JSSNews: Quand vous dites ne pas y aller du tout, cela signifie que le congrès dit non ? Et si le congrès dit non, ne peut-il pas quand même y aller ? 
A. M.: Oui, tout à fait. Mais il pourra que s’il y a un évènement nouveau. Il ne passera pas outre une décision du Congrès si il n’y a aucun élément récent dans cette affaire.

JSSNews: Vous avez l’air étonné de ce revirement…
A. M.: Et comment ! Dans la même semaine, Obama prouve qu’il y a eu des armes chimiques, que la Syrie dépasse la ligne rouge, prépare l’opinion à la guerre et… Fait marche arrière ! Il prend une décision et se met un obstacle pour ne pas aller au bout. Je suis atterré.

Attention, je ne dis pas qu’il faut faire la guerre à la Syrie. Je dis qu’il est président des Etats-Unis, qu’il a des décisions à prendre. Entrer dans un rapport de force, c’est faire de la diplomatie. Obama en est incapable. C’est sa grande faiblesse, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières américaines.

JSSNews: Et François Hollande ? 
A. M.: Je le sent très très seul ce matin.

JSSNews: La France est le seul pays européen à soutenir les Etats-Unis dans cette affaire…
A. M.: Oui, or hier, Obama n’a pas eu un mot pour la France. C’était « les Etats-Unis peuvent faire le job. »
Aujourd’hui, Hollande est associé aux américains, et à leur image floue et hésitante… Avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer pour la diplomatie française…

Interview réalisée par Elinor Cohen-Aouat – JSSNews
Ariel Melles est spécialiste des Etats-Unis et du contre terrorisme. 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 5 thoughts on “Interview d’Ariel Melles: « Obama n’a même pas eu le moindre mot pour son seul soutien, F. Hollande ! »

    1. Gérard Pierre

      A ma connaissance, c’est bien la première fois dans l’histoire de nos deux peuples qu’un chef d’état américain traite un président de la république française avec une telle désinvolture !

      On savait qu’Obama n’était pas un aigle. On découvre que le locataire de l’Élysée est un représentant de la famille des columbidés ! On s’en doutait déjà un peu, mais cette fois ci c’est officiel.

      Au prochain G 20, ça risque de voler bas !

    2. Youssef

      Vous souvenez-vous du discours du Général De Gaulle lors de la libération de Paris, à l’Hôtel de Ville de Paris, le 25 août 1944 ?

      Je vous en rappelle les mots prononcés par Le Général,…

      ******************Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.****************

      Phrase méprisante, Ho combien célèbre !!

      He bien pas un sol mot, aucune reconnaissance, pas même une petite allusion à nos libérateurs venus des Etats Unis !!

      J’ai toujours été choqué par ces mots prononcés par De Gaulle,

      OBAMA,….. Ne fait qu’un juste retour des choses.

      De toute façon,…. HOLLANDE n’a aucun charisme, ni aucune autorité, pourtant, mon dieu qu’il se donne du mal pour le paraître !

    3. MisterClarvoyant

      Aimer son pays, (n’est pas un mal en soi; bien au contraire), mais mépriser les pays amis, qui ont versé tant de sang pour libérer la France et l’Europe. C’est la honte!
      Hollande suis Obama, en pensant qui est un socialiste « différent ».
      Obama joue tous les rôles à la fois, le justiciers, le bon samaritain, le pacifiste, et le bat-en-guerre comme en Libye. Personnage plus qu’ambigu, qui fera revenir les républicains aux prochaines élections.

    4. Richard C.

      J’aime bien cette histoire!
      Dans un avion pour parachutistes, Obama agite une ligne rouge devant Hollande. Alors Mr Mou qui saute sans réfléchir…
      Et Obama qui rigole!!!
      Il a gardé le parachute!

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