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De Stockholm à Oslo, par Shraga Blum


De Stockholm à Oslo, par Shraga Blum

 

Autant d’encre que de sang a coulé depuis la fin de l’été 1993 où furent signés les Accords d’Oslo, négociés dans le plus grand secret, et qui annonçaient la paix entre Israéliens et Arabes palestiniens. Vingt ans qui suffisent amplement à dresser des conclusions et étudier les raisons profondes qui ont poussé les dirigeants israéliens de l’époque à entraîner le pays dans un engrenage infernal dont l’échec était hautement prévisible. Un regard sur les multiples déclarations euphoriques des dirigeants israéliens de l’époque fait froid dans le dos tant elles furent déconnectées des réalités.

Comment expliquer que des responsables politiques – pourtant prévenus des risques inéluctables – aient ainsi accepté d’hypothéquer l’avenir d’Israël par des décisions quasi-irréversibles ? Les terroristes palestiniens n’avaient d’ailleurs même pas attendu la cérémonie officielle sur les pelouses de la Maison Blanche pour donner le ton et indiquer aux Israéliens ce qui attendait par la suite. Qui se rappelle aujourd’hui d’Israël Carmi z.l, chauffeur de bus assassiné au couteau par un terroriste qui voulait prendre le contrôle de son véhicule ? Ou des trois soldats bédouins de Tsahal tués par des terroristes venus de la Bande de Gaza ? Ces deux attentats avaient été perpétrés dans la période qui séparait la signature secrète des Accords et la cérémonie officielle du 13 septembre, mais n’avaient en rien modifié le mode de pensée et l’attitude aveugles des acteurs israéliens, qui allaient inventer par la suite le sinistre terme de « victimes de la paix » pour désigner les centaines d’autres innocents qui périrent au nom de ce messianisme dévoyé de la « paix à tout prix ».

L’explication à de tels errements n’est pas à chercher dans la sphère politique, qui n’est que l’ultime étape d’un cheminement psychologique dont les racines sont à chercher dans l’Histoire mouvementée  du peuple juif.

Le Professeur Kenneth Levin, psychiatre et docteur en Histoire a étudié les fondements psychologiques et psychiques qui ont sous-tendu aux décisions prises par les dirigeants israéliens de l’époque. Levin, comme d’autres ethnopsychiatres de renom, démontre que des siècles d’accusations antisémites ont fini par influencer certains juifs aussi, et les convaincre qu’il y aurait du vrai dans les affirmations des antisémites. Dans son édifiant ouvrage « Le Syndrome d’Oslo », il étudie comment ce phénomène, appelé « Syndrome de Stockholm » a poussé des Rabin, Pérès, Beilin, Savir et autres à se lancer dans cette aventure mortifère alors que tous les signes montraient qu’il s’agissait d’une voie dont l’issue ne pouvait être que tragique.

Le « Syndrome de Stockholm », pathologie connue, veut que les victimes de maltraitances, par besoin d’auto-réconfort, commencent peu à peu à s’identifier à leurs bourreaux, finissent par se considérer comme coupables de ce qui leur arrive et estiment alors qu’ils méritent ce qui leur arrive. Ils agissent alors dans le but de réparer leur « déviance » afin d’éviter de recevoir de nouveaux coups. Cette réaction généralement inconsciente s’est à maintes fois manifestée dans l’attitude de juifs de diaspora soumis aux dures persécutions, mais elle se retrouve chez certains penseurs de la gauche sioniste dès les années qui précédèrent la création de l’Etat.

Le Prof. Levin cite par exemple le cas du philosophe Martin Buber, qui attribua aux juifs la responsabilité de l’horrible massacre de Hevron par des hordes d’Arabes (1929), « parce que les juifs n’avaient pas pris assez en considération la sensibilité des habitants arabes ». Ce même Martin Buber récidiva lors de la Grande Révolte arabe (1936-1939) où de très nombreux juifs furent tués, en déclarant que cette révolte avait éclaté « parce que les juifs voulaient créer un Etat en Erets Israël ».

Buber ne fut qu’un exemple, et de telles manifestations d’auto-flagellation sont légion au sein de la gauche israélienne. C’est ainsi que Dr. Yossi Beilin, l’un des principaux architectes des Accords d’Oslo, a pu s’exprimer ainsi très récemment, à l’occasion des 20 ans de leur signature : « Ce n’est pas que je justifie le terrorisme, mais il faut quand même noter que les attentats du Hamas ont débuté 40 jours après le massacre du Caveau des Patriarches par un juif, et la 2e Intifada a été déclenchée par la visite insensée d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple. On dit que c’est de la faute d’Oslo mais il s’agit tout simplement d’une tromperie et d’une distorsion historique » !!!! Propos révoltants qui se doublent d’une mauvaise foi évidente quand on sait que les dirigeants palestiniens ont depuis longtemps reconnu que l’Intifada était planifiée bien avant la visite – toute légitime d’ailleurs – d’Ariel Sharon sur le lieu le plus sacré du peuple juif et du judaïsme. Et nul n’a besoin d’être sorti des grandes écoles pour savoir que le Hamas n’a jamais besoin d’un prétexte quelconque pour se livrer à ses opérations meurtrières.

Cette manie de toujours s’attribuer la faute de ce qui nous arrive et de rechercher sans cesse l’approbation des autres est, selon le Professeur Kenneth Levin, ce qui a motivé de manière inconsciente les dirigeants israéliens de l’époque à s’engager dans le processus d’Oslo, convaincus que pour être enfin accepté dans la région, Israël devait impérativement réparer une « injustice historique » commise envers les Arabes palestiniens à travers la création de l’Etat d’Israël.  Cette accusation sans cesse brandie par les ennemis d’Israël avait fini par percer l’armure de dirigeants israéliens pourtant pétris de sionisme.

Cette pathologie répandue chez les juifs n’a donc pas disparu avec la création de l’Etat d’Israël qui devait consacrer l’avènement d’une identité juive débarrassée des scories des conditions d’Exil. Elle est non seulement à l’origine de l’enfermement du pays dans un processus politique tourné dans le sens de la « réparation » d’une soi-disant injustice historique commise envers les Arabes palestiniens, mais elle rend aveugle de nombreux dirigeants israéliens, principalement de gauche, qui pratiquent systématiquement la politique de l’autruche face aux déclarations pourtant claires des responsables palestiniens quant à leurs réelles intentions vis-à-vis d’Israël. Et elle a naturellement trouvé un écho des plus favorables auprès d’une communauté internationale qui ne cesse de faire pression sur Israël et n’attend de lui que docilité et renoncements.   

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Ce n’est un hasard non plus si la période d’Oslo a été précédée par l’apparition des « Nouveaux historiens » israéliens, tels Tom Segev, Benny Morris ou Ilan Pappe, qui ont préparé le terrain en donnant une caution pseudo-scientifique à cette vaste forfaiture issue du « Syndrome de Stockholm » pour aboutir à celui d’Oslo.

Il est temps de sortir de cette période glaciaire….

Shraga Blum © Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif

 







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  • 4 thoughts on “De Stockholm à Oslo, par Shraga Blum

    1. Tamara

      Oui la Propagande peu à peu a gagné et gagne les âmes perdues ou non conscientes de la Vérité pourtant si claire ! Et pourtant ces âmes sont loin de la Vérité, la seule est qu’Israël est légitime, une nation de droit et sa capitale toute est Jérusalem, et le roi pétrolier ne viendra pas nous contredire, ce serait trop facile et trop dommage pour l’Humanité. Oui les âmes sont contaminées, l’éducation des familles anti-Juives faisant le reste et on peut penser que les évènements et la colère de millions de personnes non extrémistes évidemment, aujourd’hui, sont des facteurs qui vont faire réfléchir où réside vraiment le Mal et où réside vraiment le Bien ! Alors non, nous n’avons aucune raison de croire que racisme vieux de 2000 ans est vrai : c’est tout simplement de l’anti-judaïsme. Tamara

    2. Robert Davis

      Trés trés bon article de S.Blum!!!Tout est là c’est le coeur du problème politique d’Israel et sans cette PERVERSION de l’esprit des juifs de gauche qui a entrainé la france et à sa suite un tas de gens et de gouvernements de gauche à faire de continuelles pressions sur Israel,le problème d’Israel SERAIT RESILU DEPUIS TRES TRES LONGTEMPS! Le remède à cette connerie est la CONTRE PROPAGANDE et on ne se rend pas compte à quel point de simples ARGUMENTS BIEN CIBLES peuvent faire pencher la balance politique d’un côté comme de l’autre(combien de fois j’ai constaté que des contre-offensives verbales peuvent clore le bec des antisémites qui disent parfois que »cela fait 2000 ans que les Juifs mettent le bordel…croyant à un argumant sans réplique alors qu’il faut leur répondre simplement sur le même registre que « cela fait 2000 ans que les chrétiens AGRESSENT le monde entier »)et c’est vraiment un problème de psychologie tout simplement!!! 1. La prétendue »injustice aux palestiniens par la création d’Israel » : il n’y a pas d’injustice mais une erreur politique de ne pas les avoir chassé de Palestine Occidentale pour obliger les etats arabes à les intégrer. C’est une ERREUR STRATEGIQUE pas une injustice. 2. « L’injustice » sera plus grande en les maintenant sur un petit territoire comme la Judée/Samarie/Gaza qu’en les envoyant dans les VASTES Etats arabes. 3. Il y a des tas d’arguments dans ce sens qu’il faut répéter ad nauseam pour qu’ils deviennent des DOGMES avant que le dogme du palezstinisme ne devienne une politique dangereuse pour Israel.

    3. Robert Davis

      « L’appartheid » : c’est une des formes de pressions contre Israel, il y en a des douzaines et tant que les arafatiens n’auront pas disparu de Palestine Occidentale,d’autres faux arguments viendront s’ajouter les uns plus absurdes que les autres. Ils n’ont pas vraiment d’importance mais il faut y répondre quand même pour montrer aux antisémites que nous avons des réponses : il n’y a pas d’appartheid mais des REGROUPEMENTS ETHNIQUES POUR LA DEFENSE DU TERRITOIRE. Evidemment la gauche n’aime pas ce mot non plus et arrive sur le marché sans arrêt avec des mots qui n’ont aucun sens dans le but de brouiller les cartes politiques et la valeur des mots. Cela n’a pas grande importance,les gouvernements de gauche ne vont pas tarder à disparaitre et à être remplacés par des gouvernements de DROITE, la Norvège fleuron du gauchisme a commencé. D’autres suivfront et aux prochaines élections en france,la droite gouvernera et le REGROUPEMENT ETHNIQUE deviendra à la mode.Mais la france qui est l’ennemi numéro 1 d’Israel risque de le rester car lesz antisémites de droite ne sont pas moins virulents que ceux de gauche mais ils trouveront d’autres « arguments » comme « les protocoles »…là aussi jusqu’à ce que les arafatiens soient transférés.Alors seulement la gauche et la droite ficheront la paix à Israel.

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