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L’Europe et ses démons – Par Fabien Ghez


L’Europe et ses démons – Par Fabien Ghez

Le 30 juin 2013, l’Union Européenne prenait une directive (1), dont l’introduction précisait : «  1- Ces présentes lignes directrices énoncent les conditions dans lesquelles la Commission mettra en œuvre les exigences clés pour l’attribution de l’aide communautaire aux entités israéliennes ou à leurs activités dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967. » 

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Le contenu de cette directive a suscité exaspération, étonnement ou condamnation. Pourquoi l’Europe inventait-elle des frontières d’avant 1967 ? Pourquoi décidait-elle d’une mesure à l’encontre d’entités installées dans les implantations israéliennes de Judée Samarie, alors qu’elle n’avait jamais agi de la sorte ailleurs. Que ce soit dans le cas de Chypre, dont le nord du territoire est occupé par la Turquie depuis plus de 40 ans, celui du Tibet occupé par les Chinois après une brève période d’indépendance en 1913, du Cachemire occupé depuis 1947 par l’Inde, le Pakistan et la Chine, ou du Sahara Occidental occupé par le Maroc depuis 1975 …

Cela est vrai, mais cette décision ne doit pas surprendre car elle se place dans l’expression des vieux démons de l’Europe depuis plus d’un demi-siècle, soit à l’égard des Juifs, soit à l’égard d’Israël.

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Une vue de l’esprit

Le paragraphe 2 de l’introduction de la directive explique que «  Les territoires occupés par Israël depuis juin 1967 composent le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-est. », et que « L’Union Européenne a clairement fait savoir qu’elle ne reconnaîtrait pas de changements aux frontières d’avant 1967, en dehors de ceux pouvant intervenir entre les parties dans le cadre du processus de paix au Moyen-Orient. »

On peut accessoirement signaler à l’Union Européenne, concernant la bande de Gaza, que celle-ci a été entièrement évacuée par Israël le 12 septembre 2005, et que  sa présence dans la liste des territoires occupés ne laisse d’étonner.

Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui est fondamental est la notion de « frontières d’avant 1967 »utilisée à l’excès, sorte de leitmotiv servant à l’Union Européenne de postulat  et d’alibi pour justifier sa directive. 

Or les frontières d’avant 1967, n’ont jamais existé : elles sont  un concept  sans aucune réalité, elles sont une vue de l’esprit.

Qu’on en juge par les termes des accords d’armistice signés en 1949 entre Israël et les pays arabes qui l’avaient attaqué en 1948.

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Les accords de 1949

  • Le 14 février 1949, entre L’Egypte et Israël (2) :

« Article V

1. La ligne définie à l’article VI du présent Accord sera désignée comme  ligne d’armistice et de démarcation et est délimitée en application de l’objet et l’esprit des résolutions du Conseil de sécurité des 4 et 16 novembre 1948.

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2. L’armistice ligne de démarcation ne doit pas être interprété dans un sens comme une frontière politique ou territoriale, et est délimitée sans préjudice des droits, revendications et positions de chaque partie de l’armistice en ce qui concerne le règlement final de la question palestinienne.… »

2- Le 23 mars 1949 entre le Liban et Israël (3) :

« Article IV

1. La ligne définie à l’article V du présent Accord sera désignée comme ligne de démarcation de l’armistice et est délimitée en application de l’objet et l’esprit des résolutions du Conseil de sécurité le 16 novembre 1948.

2. L’objectif fondamental de la ligne de démarcation de l’armistice est de tracer la ligne au-delà de laquelle les forces armées des Parties respectives ne doivent pas se déplacer… »

3- Le 3 avril 1949 entre Israël et la Transjordanie (4) :

« Article IV

1. La ligne définie aux articles V et VI du présent Accord sera désignée comme  ligne d’armistice et de démarcation et est délimitée en application de l’objet et l’esprit des résolutions du Conseil de sécurité le 16 novembre 1948. … »

Les termes de l’accord signé avec la Syrie le 20 juillet 1949 sont identiques.

Rien que des lignes d’armistice

Ainsi avant 1967, Israël n’avait pas de frontières internationales, mais juste des lignes d’armistices et de démarcation.

Ce n’est que plus tard que :

  • Les frontières entre Israël et la Jordanie seront définies lors du  traité de pays israélo-jordanien de 1994.
  • Une ligne de séparation faisant  office de frontière sera acceptée par  l’Egypte et Israël après les accords de Camp David de septembre 1978.

Mais il n’y a toujours pas de frontière :

  • Entre Israël et la Syrie.
  • Entre Israël et le Liban, seule une simple ligne de démarcation a été établie en 2000 par l’ONU
  • Entre Israël et le futur état palestinien, car après le retrait en 1988 de la Jordanie des territoires sur lesquels est prévue la création d’un Etat palestinien, il ne subsiste dans la zone que la  portion de la ligne d’armistice établie en 1949, appelée ligne verte. Elle n’est aucunement une frontière ni d’avant 1967, ni d’après.

Ainsi les frontières d’avant 1967, sur lesquelles sont basées grand nombre de décisions européennes concernant Israël, sont une vaste rigolade, et l’Europe qui sait tout cela, travestit la vérité.

Une solution définitive du problème juif

Mais cela ne doit pas étonner, car, comme l’explique Jean-Claude Milner «  …depuis la période des Lumières, l’Europe, éclairée par la science moderne et par la politique rationnelle, cherche une solution définitive du problème juif, comme elle a cherché, disons, une solution définitive du problème des marées, ou du problème de Molyneux, ou du problème du paupérisme, etc. Chaque grande nation de la culture européenne moderne a cru trouver la sienne ; la France et l’Allemagne y tiennent le premier rang. Le nazisme s’inscrit dans la continuité de ce paradigme. Il n’a inventé ni la notion de problème juif ni la notion de solution définitive ni le programme d’une recherche persévérante de cette solution. Il a seulement inventé des moyens nouveaux. » (5)

Mais cela ne doit pas étonner non plus quand on se souvient qu’en 1938 trente-deux pays ont été invités à une conférence à Évian afin de venir en aide aux réfugiés juifs allemands et autrichiens fuyant le nazisme. « Pendant plusieurs jours,  les différentes délégations feront de nombreux discours expliquant pourquoi leur pays ne peut changer sa législation pour recevoir les réfugiés juifs…. » (6), les démocraties européennes expliquant de leur côté qu’elles ne pouvaient pas aller  au-delà de leurs engagements antérieurs. (7)

Guy Milliére en conclut que «  Dès lors qu’aucun pays n’y accepta de recevoir le moindre Juif … [laissant].. les Juifs d’Europe dans une nasse qui allait se refermer sur eux et ..(..).. les conduire vers l’extermination. ..[Hitler tirait]… de la conférence d’Evian la conclusion qu’aucun pays, absolument aucun, ne voulait des Juifs d’Europe et qu’il ne restait dès lors qu’une seule issue. … » (8)

Les vieux démons

Ces nouvelles décisions européennes concernant « l’aide communautaire aux entités israéliennes ou à leurs activités dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967 » constituent un chemin inquiétant mais traditionnel de l’Europe. Avec ses tentatives peu convaincantes de justification, comme le fou ou l’assassin essaient de justifier leurs actions sordides dans leur logique propre, l’Europe démocratique révèle qu’elle reste la proie de ses vieux démons.

Malgré le passé, malgré ses immenses responsabilités, c’est toujours la même logique qui inspire ses actions. Ce qu’elle fit à l’égard des Juifs, elle le refait à l’égard d’Israël, certes différemment, certes moins brusquement, mais en utilisant le mensonge et la partialité, en agissant avec progressivité et nuance, elle reste animée des mêmes penchants criminels.

Par Fabien Ghez – JSSNews
Fabien Ghez est l’auteur de l’excellent:

 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “L’Europe et ses démons – Par Fabien Ghez

    1. robert davis

      Si Israel avait un premier ministre digne de ce nom il répliquerait qu’Israel n’autorise personne à s’ingérer dans sa politique ni ses frontières pour faire comprendre qu’Israel ne prendra en aucun cas en considération l’opinion de l’ue. En second lieu ce boycott financier vient après un boycott commercial dont on ne parle jamais celui des produits alimentaires israéliens qu’on ne trouve plus en Europe et dont on peut supposer qu’ils sont l’objet d’un boycott secret! Il faudrait faire savoir à l’ue que les Juifs du monde entier seront mis au courant de ce boycott secret et illégal puisque il n’y a pas d’occupation illégale d’Israel,et que nous tenons la france et la belgique pour reszponsables et instigatrices de ce boycott et que « nous ne pouvons pas garantir que les Juifs du monde continueront à importer les produits de ces 2 pays ». Il vaut mieux s’en tenir à ces 2 pays non seulement parce qu’ils ne sont pas tous dans le même cas comme la Hollande,Danemark etc.mais pour que économiquement et psychologiquement le coups soit beaucoup plus dur pour a france et la belgique ces 2 pays foncièrement antisémites.

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