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L’Iran prête à voler au secours de la Syrie et du Président Assad


L’Iran prête à voler au secours de la Syrie et du Président Assad

L’Iran s’apprête à envoyer des troupes en renfort en Syrie

 

Tandis que les Etats-Unis pressent la Grande Bretagne et la France de fournir des armes aux rebelles syriens, des parlementaires britanniques expriment leur  réticence,  craignant de voir le conflit s’enliser et se durcir. D’autant que l’Iran envisage d’envoyer 4000 hommes en renfort auprès des forces du Président Assad en Syrie

La décision de Washington d’armer les musulmans sunnites rebelles de Syrie a plongé l’Amérique  au coeur du grand conflit Sunnite-Chi’ite du Moyen-orient islamique, les faisant entrer dans une lutte qui à présent éclipse les révolutions  arabes qui ont renversé les dictatures dans toute la région.

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Pour la première fois, tous les “amis “ de  l’Amérique dans la  région sont des musulmans sunnites et tous ses ennemis sont des Chi’ites.  Rompant avec toutes les règles de désengagement du Président Barack Obama, les USA sont maintenant complètement engagés aux côtés de groupes armés qui comprennent  les mouvements sunnites islamistes les plus extrêmes  du Proche-Orient.

The Independent on Sunday a appris que – avant même l’élection présidentielle de la semaine dernière – l’Iran avait pris la décision militaire  d’envoyer un premier contingent de 4,000 Gardes Révolutionnaires iraniens en Syrie pour appuyer les forces du Président Bashar al-Assad contre  la rébellion majoritairement sunnite qui a coûté la vie à près de 100 000 personnes en seulement deux ans.  L’Iran s’est fixé pour mission essentielle de  préserver le régime d’Assad – selon des sources pro-iraniennes  très impliquées dans les services de sécurité de la République Islamique -, jusqu’au point de proposer l’ouverture d’un nouveau front ‘syrien’ sur les hauteurs du Golan contre Israël. 

Dans les années à venir, les historiens  se demanderont comment l’Amérique – après sa défaite en Irak et son retrait humiliant d’Afghanistan programmé pour  2014 – a pu si allègrement s’arrimer à l’un des versants  du combat islamique titanesque  qui dure depuis le 7ème siècle à la mort du Prophète Mohammed. Les effets profonds de ce grand schisme entre les sunnites – qui considèrent le père de l’épouse de Mohammed comme le nouveau Calife du monde musulman – et les Chi’ites qui considèrent son beau-fils Ali comme son véritable successeur – illustré par le bain de sang  digne du 7ème siècle dans les villes contemporaines de Najaf et Kerbala – se poursuit de nos jours dans toute la région.  George Abbott, Archevêque de Canterbury au 17ème siècle avait comparé ce conflit musulman à celui « des Papistes contre les Protestants »

L’alliance de l’Amérique englobe  aujourd’hui les plus riches états du Golf, les vastes territoires sunnites entre  l’Egypte et le Maroc, ainsi que la Turquie et la fragile monarchie de Jordanie, créée par les britanniques. Le Roi Abdullah de Jordanie – submergé comme beaucoup d’états voisins par les centaines de milliers de réfugiés syriens  – pourrait bien se retrouver être le pivot de la bataille syrienne. Jusqu’à 3000 ‘conseillers’ américains sont censés  être en Jordanie, et la création d’une zone ‘d’exclusion aérienne’ dans le sud de la Syrie – pour s’opposer aux batteries anti-missiles contrôlées par la Syrie – va transformer une guerre larvée en guerre ‘totale’.   Autant pour les ‘amis’ de l’Amérique.

Parmi ses ennemis on retrouve le Hezbollah libanais, le régime alaouite Chi’ite de Damas et bien sûr  l’Iran. Et l’Irak, un état largement  Chi’ite que l’Amérique a  ‘libéré’ de Saddam Hussein et de sa minorité sunnite dans l’espoir de faire l’équilibre  avec le pouvoir Chi’ite en Iran, se retrouve – contrairement aux calculs américains – sous l’influence et la domination de Téhéran.  Les Chi’ites d’Irak comme les milices du  Hezbollah, ont combattu toutes les deux aux côtés des forces d’Assad.

Les justifications fournies par Washington pour sa nouvelle aventure au Proche-Orient  – qu’il faut armer les ennemis d’Assad parce que le régime de  Damas a utilisé des gaz sarin contre eux – ne sont convaincants pour personne au Proche-Orient.  La preuve irréfutable de l’usage de gaz par l’une ou l’autre des parties en Syrie demeure presque aussi nébuleuse que  l’affirmation du Président George W. Bush que ‘Saddam possédait des armes de destruction massive en Irak’.

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Car la véritable raison pour laquelle l’Amérique a jeté sa puissance militaire derrière les rebelles syriens sunnites  s’explique par le fait que ces mêmes rebelles sont en train de perdre leur guerre contre Assad. La victoire du régime de Damas ce mois-ci dans la ville centrale de Qusayr, qui a coûté la vie à des membres du Hezbollah et à des forces gouvernementales a bouleversé les données de la révolution syrienne, et menace de rendre humiliantes les exigences des américains et des européens pour qu’Assad abandonne le pouvoir. Les dictateurs arabes sont censés être déposés – à moins qu’ils ne soient les rois ou émirs amis du Golfe – mais pas soutenus. Cependant la Russie a donné son appui total à  Assad, en votant par trois fois au Conseil de Sécurité de l’ONU des résolutions qui auraient pu permettre à l’Occident d’intervenir directement dans la guerre civile.

Au Proche-Orient il y a une incrédulité cynique face à l’affirmation américaine  de distribuer des armes – presque certainement des missiles anti-aériens – uniquement à des forces rebelles sunnites et laïques de Syrie représentés par la soit – disant Armée Libre de Syrie.  Le Front dominant  al-Nusrah, allié à  al-Qaïda, domine le champ de bataille côté rebelles et a été dénoncé pour ses atrocités, dont l’exécution  de prisonniers de guerre du gouvernement syrien  et le meurtre d’un garçon de 14 ans pour blasphème. Ils seront à même de prendre de nouvelles armes fournies par les américains à leurs camarades de l’Armée Libre de Syrie, sans trop d’efforts.

A partir de maintenant, chaque bombe suicide à Damas – chaque crime de guerre commis par les rebelles – sera considéré  dans la région comme étant de la responsabilité de  Washington. Les islamistes très Sunnites-Wahabites  qui ont tué des milliers d’américains le  11 septembre 2011– qui sont les plus grands ennemis de l’Amérique comme de la Russie –  vont être les alliés par procuration de l’administration  Obama.  Cette terrible ironie peut seulement être  exacerbée par le refus inflexible du président russe  Vladimir Poutine de tolérer toute forme d’extrémisme sunnite. Son expérience en Tchétchénie, sa rhétorique anti musulmane – il a fait des remarques obscènes sur les extrémistes musulmans lors d’une conférence de presse en russe – et sa croyance que le vieil allié de la Russie en Syrie est confronté aux mêmes menaces  que celles que Moscou a combattues en  Tchétchénie,  joue un plus grand rôle dans sa politique envers Bashar al-Assad que le maintien d’un port naval russe méditerranéen  dans la ville de  Tartous.  

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Pour les russes bien sûr, le ‘Proche-Orient’ n’est  pas ‘l’Orient’ mais c’est le sud de Moscou;  et les statistiques sont importantes.  La capitale Tchètchène de Grozny  se trouve à peine à 700 kilomètres de la frontière syrienne. Quinze pour cent de la population russe est musulmane.  Six des républiques soviétiques communistes avaient une majorité musulmane, 90 pour cent d’entre eux étaient des sunnites.  Et les sunnites de part le monde représentent environ 85 pour cent de tous les musulmans.  Pour une Russie qui a l’intention de se repositionner  sur un continent qui comprend la majeure partie de l’ancienne Union Soviétique, les islamistes sunnites comme ceux qui combattent le régime d’Assad sont les principaux antagonistes.  

Des sources iraniennes disent qu’ils sont en liaison constante avec Moscou et tandis que  le retrait complet du Hezbollah de Syrie est susceptible d’être achevé prochainement  – avec le maintien des équipes de renseignements de la milice à l’intérieur de la Syrie – l’appui de l’Iran à Damas va s’accroître plutôt que le contraire.  Elles signalent que les Talibans récemment ont envoyé une délégation  officielle à  Téhéran et que l’Amérique aura besoin de l’aide de l’Iran pour son retrait d’Afghanistan.  Les Etats-Unis, disent les iraniens, ne pourront pas retirer leurs matériel et  équipements lourds hors du pays avec cette guerre permanente contre les Talibans, sans l’assistance active de l’Iran. L’une des sources a prétendu – non sans joie – que les français ont été obligés de laisser 50 chars derrière eux, parce qu’ils n’avaient pas l’aide de Téhéran.  

Un signe du changement historique de modèle au Proche-Orient est qu’à l’intérieur du cadre des rivalités des vieilles Guerres Froides entre  Washington et Moscou, la sécurité d’Israël a pris la deuxième place derrière le conflit en Syrie.  En effet les politiques d’Israël dans la région ont été chamboulées par les révolutions arabes laissant son premier ministre, Benjamin Netanyahu, dériver sans espoir au milieu des changements historiques.

Israël n’a clairement condamné les atrocités  du régime d’Assad, qu’une seule fois en deux ans et  tandis qu’il a apporté son aide médicale aux rebelles syriens blessés à la frontière  syro-israélienne, il redoute un califat islamique à Damas bien plus qu’une poursuite du régime d’Assad.  Un ancien chef des services de renseignements d’Israël a récemment décrit Assad comme  “l’homme d’Israël à Damas”.  Quelques jours avant le renversement du Président Moubarak  à la fois  Netanyahu et le roi  Abdullah d’Arabie Saoudite  ont appelé Washington pour demander à  Obama de sauver le dictateur égyptien.  En vain.  

Si le monde arabe a été lui-même accablé par deux années de révolutions,  personne ne souffrira plus  à long terme de la guerre syrienne que les ‘palestiniens’.  La terre qu’ils souhaitent désigner comme leur futur état est peuplée  de juifs israéliens.  Les tentatives de paix de Tony Blair pour créer un tel état ont été risibles. La future ‘Palestine’ sera un état sunnite.  Mais aujourd’hui  Washington fait à peine allusion aux palestiniens.

L’autre ironie suprême de cette région est que le Hamas supposé  être ‘le super-terroriste de Gaza, a maintenant abandonné Damas, pour se ranger aux côtés des pays du Golfe et souhaite écraser Assad.  Les forces gouvernementales de Syrie prétendent que le Hamas a même formé les rebelles  syriens à la fabrication et à l’utilisation de rockets artisanales.

Aux yeux des arabes, la guerre d’Israël en 2006 contre le Hezbollah chi’ite était une tentative de frapper le coeur de l’Iran.  L’appui des occidentaux aux rebelles syriens est une tentative stratégique d’écraser l’Iran. Mais l’Iran va prendre l’offensive.  Même  pour le Proche-Orient les enjeux sont énormes. Dans ce contexte  effrayant, la tragédie des ‘palestiniens’ continue.

16 juin 2013 – ROBERT FISK Traduction Nancy Verdier
http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/iran-will-send-4000-troops-to-aid-bashar-alassads-forces-in-syria-8660358.html

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  • 3 thoughts on “L’Iran prête à voler au secours de la Syrie et du Président Assad

    1. Moshé_007

      Merci pour la carte postale, mais cet article ne nous apprend rien du tout et ce résume en quelques lignes, que la Russie et les USA seraient tentés de se battre par procuration chiites-sunnites, c’est pas nouveau, sauf que Robert Fisk oublie de dire qu’Obama est également pro-chiites !

      Quant au hamas, il a été le premier visé à Damas il y a deux ans, tous les voyous de cette mafia improductive pour assad a dû fuir dés le début de la répression syrienne, à Gaza, par contre, ce n’est pas très exacte, depuis l’arrivée des islamistes en Egypte des milliers de salafistes se sont infiltrés dans Gaza, ils contrôlent les passages et fermés toutes les mosquées chiites du bled, mais depuis que Gaza est redevenu sunnite, plus une seule rocket n’est tirée sur Israël !!

    2. J.Danon

      La « tragédie des palestiniens »? l’avant garde,la tête de pont de l’empire arabe en Israel serait-il en danger? mais c’est tragique,on n’en dormira pas cette nuit! que peut-on faire pour consoler ces malheureux?bien qu’ils soient les terroristes les plus riches du monde grâce aux demeurés européens,il faut leur envoyer 1 ou 2 milliards pour remplacer toute leurs flottes de Mercédès par des Bentley ou des RR plus dignes d’eux! Si vous ne voulez pas le faire pour eux faites le pour…mohamed-trempe-ton-nez…le dieu des terroristes.

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