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Hatufim – Prisonniers de guerre, OTAGES plutôt, la série israélienne, sur Arte


Hatufim – Prisonniers de guerre, OTAGES plutôt, la série israélienne, sur Arte

Une série créée, réalisée et écrite par Gideon Raff, à partir du 9 mai, à 20H 50 sur Arte :

Hatufim traite un sujet brûlant en Israël : le retour des prisonniers de guerre. (NDLR en réalité ce sont des otages, kidnappés et torturés ) Une série au succès public et critique sans conteste dans son pays et au-delà, puisqu’elle a inspiré la série américaine Homeland.

 

 

Présentation de la série

Il y a 17 ans, Nimrod, Uri et Amiel, trois soldats israéliens, ont été capturés au Liban au cours d’une mission. Après tant d’années de détention, leur libération est enfin négociée mais seuls Nimrod et Uri en reviennent vivants. Ils retrouvent une société dans laquelle ils n’ont plus de repères et des familles qui leur sont devenues presque étrangères. Alors qu’ils essaient de se réinsérer et de surmonter leurs traumatismes, les services de sécurité israéliens s’interrogent : pourraient-ils dissimuler des secrets et ainsi mettre en danger la sécurité du pays ?
 

Gideon Raff, réalisateur, créateur et auteur de la série "Hatufim"

Gideon Raff, le créateur et réalisateur d’Hatufim

Créateur d’Hatufim, mais aussi auteur de la série Homeland, Gideon Raff revient sur la genèse et le succès d’un projet audacieux multiprimé en Israël qui explore le syndrome post-traumatique des prisonniers de guerre.

 

Gideon Raff, réalisateur, créateur et auteur de la série "Hatufim"

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© ARTE France

Gideon Raff, réalisateur, créateur et auteur de la série « Hatufim »

Je pose la question mais je n’ai pas de réponse : un prisonnier de guerre peut-il réellement revenir du lieu où il a été détenu ?

Comment vous est venu l’idée d’Hatufim ?
Gideon Raff : Je m’étais aperçu que le sujet des prisonniers de guerre était si tabou en Israël qu’il n’existait pas de fiction sur ce thème. Le gouvernement négocie, et paie souvent un prix élevé, pour faire libérer les soldats. Mais une fois libres, les Israéliens ne veulent plus entendre parler d’eux. Le pays souhaite un happy-end et n’est pas capable de faire face aux syndromes post-traumatiques des prisonniers libérés, aux familles qui se disloquent, aux vies brisées. La libération des soldats marque la fin de l’histoire alors que dans Hatufim, c’est là que tout commence. Pour certains, le retour est plus dur que la captivité car ils sont incapables de se sentir chez eux et de redevenir ceux qu’ils ont été. Ils n’arrivent pas à combler le fossé qui s’est creusé avec leurs proches. C’est une expérience horrible. Je pose la question mais je n’ai pas de réponse : un prisonnier de guerre peut-il réellement revenir du lieu où il a été détenu ?

  • Vous êtes également l’auteur de la série américaine Homeland largement inspirée d’Hatufim. Quelles sont les différences et les similitudes entre les deux ?
    Dans Homeland, les prisonniers sont libérés pendant des opérations militaires et j’ai réuni les trois détenus d’Hatufim en un seul personnage. Par ailleurs, je suis frappé de voir combien les approches vis-à-vis des prisonniers de guerre sont différentes en Israël et aux États-Unis. J’ai écrit Hatufim alors que je vivais à Los Angeles durant les guerres d’Irak et d’Afghanistan et j’ai vu que la télévision américaine ne parle jamais des prisonniers de guerre. Les Américains ne négocient pas avec les terroristes.
  • Avez-vous une préférence pour l’une ou l’autre des séries ?
    Je suis très fier des deux ! Mais Hatufim, dont j’ai écrit et réalisé tous les épisodes, avait un si petit budget que les personnes avec lesquelles j’ai travaillé se sont investies à 100%. Cette série est donc peut-être pour moi un peu plus personnelle qu’Homeland.

     

  • A-t-il été difficile de réaliser une série sur un tel sujet en Israël ?
    Je ne m’attendais pas à ce qu’Hatufim soit aussi controversée et suscite des réactions si violentes. Quand les médias ont su qu’une série était en train d’être écrite sur les prisonniers de guerre, ils se sont même demandé si on avait le droit de parler d’un tel sujet en prime time à la télévision. Or, il me semble que si une blessure est ouverte la société doit y faire face. La critique a disparu quand la série a été diffusée et que les téléspectateurs ont pu se l’approprier.

 

Les Israéliens sont vraiment captivés par Hatufim. À mon sens, son succès vient du fait qu’elle explore leur psyché.

Le succès a-t-il été au rendez-vous ?
C’est la plus forte audience de tous les temps en Israël pour une fiction télé ! À chaque fois que je retourne dans mon pays, on me réclame la saison 3. J’ai d’ailleurs commencé à l’écrire. Les Israéliens sont vraiment captivés par Hatufim. À mon sens, son succès vient du fait qu’elle explore leur psyché. Car j’aborde à la fois le sujet des prisonniers de guerre libérés mais aussi la manière dont leurs familles sont affectées. La série est d’autant plus émouvante que tous les Israéliens sont obligés d’aller à l’armée. Hatufim est devenue un phénomène de société ! Dans la rue, les passants n’hésitent pas à prendre les acteurs dans leurs bras comme s’ils voulaient les consoler.

  • Était-il, selon vous, indispensable de montrer des scènes de torture ?
    Je ne pense pas qu’on puisse traiter de la question post-traumatique sans montrer le trauma. Mais l’une des vérités atroces que j’ai apprise pendant que j’interrogeais d’anciens prisonniers de guerre pour préparer Hatufim, c’est que la violence, les tortures à l’électricité, à l’eau… les prisonniers peuvent le supporter. C’est la solitude et le fait de ne pas savoir quand celle-ci va finir qui les détruit. Un ancien prisonnier m’a confié qu’à chaque fois que la porte de sa cellule s’ouvrait, même s’il savait qu’il allait sortir pour être torturé, il était heureux parce qu’il avait des contacts humains. Mais ces longs jours et ces longues semaines où il ne voyait personne le brisaient complètement.

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Laure Naimski

source Arte TV







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