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Après Jérôme Cahuzac et Gilles Bernheim, Charles Enderlin ?


Après Jérôme Cahuzac et Gilles Bernheim, Charles Enderlin ?

Luc Rosenzweig

« Le mensonge à de courtes jambes » dit un proverbe allemand. Deux éminentes personnalités de la scène publique française, le ministre du budget Jérôme Cahuzac et le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim viennent de faire la douloureuse expérience de la pertinence de cet aphorisme germanique. La vérité les concernant s’est frayée un chemin vers la lumière, en dépit des obstacles mis sur sa route : nulle position de pouvoir, temporel ou spirituel, ne peut, dans notre démocratie, s’opposer longtemps à son surgissement. Et c’est bien ainsi, même si les fautes commises ont pour conséquence la mise à l’écart de la vie publique de personnalités dont chacun s’accorde à reconnaître les mérites dans l’exercice de leur fonction. Des contre-pouvoirs – judiciaire, médiatique ou, dans le cas de Gilles Bernheim, académique – ont joué leur rôle, celui de gardien des valeurs de la démocratie.

On aimerait croire que cette règle ne souffre pas d’exception, et que tous ceux qui ont gravement trompé la confiance du peuple seront amenés, tôt ou tard, à rendre des comptes devant la justice, les électeurs ou l’opinion publique. Pourtant, depuis maintenant plus de douze ans, nous assistons, avec l’affaire Charles Enderlin-Al Dura, à la perpétuation d’une forfaiture médiatique grâce à la complicité consciente ou inconsciente des principaux appareils de pouvoir de notre République.

Il est maintenant établi que le reportage était une mise en scène

Il est maintenant établi, grâce au travail d’investigation de personnes issues de pays et de professions très variées (journalistes, documentaristes, universitaires, experts médicaux et balistiques) que le reportage diffusé le 30 septembre 2000 au JT de France 2, où Charles Enderlin affirme, sur la foi d’images tournées à Gaza par son cameraman palestinien Talal Abou Rahma qu’un enfant, Mohammed Al Dura, a été tué et son père Jamal grièvement blessé par des tirs venus d’une position militaire israélienne, était une mise en scène. Depuis douze ans, Charles Enderlin s’est enfermé dans un déni le contraignant à enchaîner mensonges sur mensonges pour sauver sa peau de journaliste vedette de la chaîne publique française. Depuis douze ans tous les moyens ont été mis en œuvre pour faire obstacle au surgissement de cette vérité maintenant admise presque partout, sauf en France. France Télévisions a d’abord prétexté de la protection des sources pour ne pas livrer à la justice les « rushes », c’est-à-dire les images tournées par Talal Abou Rahma, mais non diffusées dans le sujet du JT. Lorsqu’elles furent rendues publiques sur l’injonction de la présidente de la Cour d’appel de Paris, il apparut de manière éclatante que la version servie jusque-là par Enderlin et France 2 ne tenait pas la route : les images invalidaient tous les récits du drame dont ses protagonistes ne s’étaient pas montrés avares dans les médias du monde entier. L’affirmation répétée moult fois par Enderlin qu’il avait coupé au montage celles montrant l’agonie de l’enfant, car elles étaient trop horribles, s’est révélée totalement mensongère. D’autres éléments mis en lumière par ces rushes sont tout aussi accablants pour la thèse défendue par France 2 : absence de sang sur les vêtements de Mohammed et Jamal Al Dura, incompatibilité des cicatrices présentes sur le corps du père avec des blessures par balles, etc.

Une journaliste allemande de premier plan, Esther Schapira, aujourd’hui chef du service documentaire de la principale chaîne de télévision d’Outre-Rhin a réuni, dans un film impressionnant « L’enfant, la mort et la vérité » (http://vimeo.com/59475901) une série de témoignages accablants pour Charles Enderlin et Talal Abou Rahma.

Leurs mensonges successifs, leurs faux fuyants ne résistent pas une seconde aux « vérités de faits » collectés sur le terrain, à Gaza et en Israël. Les téléspectateurs français ont été privés de la possibilité de se faire une opinion sur le travail d’Esther Schapira : France 2 a exercé des pressions sur toutes les chaînes diffusées en France, y compris ARTE, pourtant franco-allemande, pour empêcher de programmer ce documentaire. Pire, elle a menacé l’ARD de dénoncer les accords de coopération entre les deux chaînes si l’ARD vendait ce programme à l’étranger. Fort heureusement, les dirigeants de cette dernière ne se sont pas laissé intimider par France 2 et le documentaire a été diffusé en Israël et de nombreux pays.

Un rapport officiel du gouvernement israélien confirme la fiction du reportage de France 2

La semaine dernière, un hebdomadaire israélien a révélé l’existence d’un rapport officiel du gouvernement israélien qui confirme le caractère fictionnel du reportage de France 2.

Le 22 mai prochain, la Cour d’Appel de Paris rendra son arrêt dans le procès en diffamation intenté par France 2 contre Philippe Karsenty, l’homme sans qui, en France, la page de cette forfaiture aurait été tournée, la vérité ayant été étranglée par la conjonction du corporatisme journalistique, de sa collusion avec le pouvoir politique – quel que soit sa couleur – envers un journaliste complaisant avec la politique française au Proche Orient. Quelle que soit la teneur de cet arrêt – la jurisprudence en matière de diffamation est parfois difficile à comprendre – il ne mettra pas un terme définitif à une affaire honteuse pour notre démocratie.

En tout état de cause, les révélations et les démissions express de MM. Cahuzac et Bernheim auront prouvé, s’il en était encore besoin, que les pouvoirs politiques et religieux ne résistent pas beaucoup aux exigences de transparence de nos sociétés modernes.

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A l’inverse, dans l’affaire Enderlin le quatrième pouvoir a démontré sa capacité à résister efficacement à toute mise en cause, même parfaitement fondée, de pratiques dérogeant gravement à la déontologie et à l’éthique professionnelle.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Luc Rosenzweig, ancien rédacteur en chef du Monde, pour www.Dreuz.info





Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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  • 7 thoughts on “Après Jérôme Cahuzac et Gilles Bernheim, Charles Enderlin ?

    1. Tamara

      Même si l’on peut ne pas être d’accord avec tous , Le pire crime est celui de Charles Enderlin. Le refus de condamner de l’Etat Français est inadmissible et non conforme à l’intégrité d’un état démocratique. Tamara

    2. amouyal

      la raison de la complicité de l’etat français dans cette forfaiture est a chercher dans l’origine du « donneur d’ordre » d’enderlin , en 2000 chirac était en pleine campagne de seduction des arabes et de leurs dictateurs et, comme par le plus merveilleux des hasards, ce reportage ,suivi de tans d’autres tout aussi bidonnés s’inscrit parfaitement dans la meme « ligne » : miracle du « journalisme » a la française ou resurgence d’une union sovietique bien française ?

    3. Paul

      N’oublions pas que Enderlin a été responsable d’une fièvre antijuive et antiisraélienne de par son reportage bidon.
      N’oublions pas que Enderlin a du sang juif sur les mains, en particulier ceux de Daniel Pearl, Yosef Avrahami et Vadim Norzhich.
      N’oublions pas le soutien inconditionnel à Enderlin de la part de France télévision et de la plupart des journalistes français et hommes politiques français.
      N’oublions pas l’entêtement d’Enderlin à reconnaître son « crime » professionnel et sa grande aptitude à reporter les procès et à masquer les preuves.
      Et n’oublions pas les représailles exercées à l’encontre de Clément Weill-Raynal par France 3 et le SNJ après sa révélation du « Mur des cons » pour lui faire payer sa critique de l' »idole » mafieuse, malsaine, mensongère, crapuleuse Enderlin. Une pétition circule pour soutenir ce journaliste talentueux et hônnète qu’il faut absolument signer.

    4. EVEN DANAN MORDEHAI

      Plus qu’enderlin,c’est France2 qu’il faut incriminer et poursuivre.
      La couverture d’un faux reportage,d’une animation fiction,par France-television releve non pas d’une banale cachoterie,mais d’une haine anti-israelienne,mais surtout d’une affection demesuree pour les immigres,dont la France a peur,
      Pour les pays arabes,dont la France a besoin,petrole et marches commerciaux obligent et de la jalousie qu’inspire Israel par ses avancees dans tous les domaines educatifs,de sante,de democratie et ce qui chagrine le monde,sa capacite militaire.
      France-television redevenez normale,mais pas,surtout pas comme le president
      Hollande.

    5. meandother

      D’accord avec Paul. Le rapprochement des 3 personnalités citées est injuste et diffamatoire pour Gilles Bernheim. Celui-ci n’a commis aucun délit (comme un certain Ministre de la France) et il n’est responsable d’aucun mensonge criminel par les effets qu’il aura provoqué (Charles Enderlin). Gilles Bernheim a seulement pêché par « omission » mensongère, sans autre conséquence qu’une nécessaire réélection d’un Grand Rabin de France. Le rapprochement de ces 3 personnalités est choquant, même pour justifier le proverbe allemand « Le mensonge à de courtes jambes ».

    6. ady

      Ne tombez pas vous aussi dans ce qu’on appelle si souvent « l’amalgame » qui serait que tout acte se vaut . Cahuzac, Bernheim et Enderlin ont commis des actes (volontairement ou par faiblesse) qui n’ont rien en commun au niveau des conséquences. Enderlin, si la vidéo est un bidonnage est (je m’abstiens de le nommer …..) Cahuzac un homme avide et cynique et Bernheim un homme faible pour le mensonge qu’il a commis.
      Rien ne se vaut.

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