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Résistance juive à Alger : les oubliés de l’histoire du 8 novembre 1942 -2ème partie


Résistance juive à Alger : les oubliés de l’histoire du 8 novembre 1942 -2ème partie

Première partie en cliquant ICI

L’auteur, Lucien GOZLAN, nous invite à revisiter l’histoire de la Libération en Algérie : il a entrepris un important  travail de recherche sur la création de la résistance juive à Alger en novembre 1940,  les fondateurs de la résistance juive de la Salle Geo GRAS, l’Opération TORCH, le 8 novembre 1942, le rôle des Alliés. 

Dans cette deuxième partie il a voulu  écrire la véritable histoire du débarquement des Alliés, et de donner la place qui leur a été refusée aux résistants juifs d’Alger.  Un récit passionnant, un travail de mémoire indispensable.

Au 11 rue Bab Azoun, la famille ATLAN est connue dans le quartier, c’est une famille de commerçants, les juifs ressentent un grand danger pour eux mêmes. S il arrivait quelque chose de dangereux pour les juifs à Alger, monsieur Émile ATLAN pense qu’il faudra se défendre.

Pas question de se laisser entrainer dans des camps de concentrations aux alentours d Alger, l Algérie c’est un grand territoire, pendant le conflit contre l’Italie, on a mis des personnes d origines italienne dans des camps et maintenant c’est au tour des communistes en Algérie.

A Alger, on a aussi entendu l’Appel du 18 juin 1940 lancé par ce général De Gaulle, mais l »Angleterre c’es tloin et il faut faire pas mal de chemin pour y arriver. Alors, une résistance à cette administration pétainiste est envisagée par certains juifs de la communauté. La communauté juive est soudée face à un « ennemi collaborateur des vainqueurs », les pétainistes n aiment pas les juifs et les juifs n aiment pas les pétainistes.

Ils sont trois personnes, Monsieur Andre TEMIME, Monsieur Émile ATLAN et Monsieur Charles BOUCHARA à prendre l initiative de réunir des jeunes coreligionnaires juifs, de les entrainer au maniement des armes, et pour les maintenir en forme et qu’ils soient prêts a tout, a un moment éventuel, il faut les aider à devenir des résistants. Ce sont des projets utopiques, mais ils ont décidé qu’il sera préférable au pire, de mourir, en défendant la vie de toute cette population réduite a l état « d’indigeanat », les armes a la main. Ces trois fondateurs de la résistance juive a Alger concentrent leurs idées sur la construction d’un plan et l’objectif premier qui s’impose pour leur plus grande sécurité, c’est« LE SECRET…! » Ce sera un secret total et pour cela ils vont employer des conditions exceptionnelles, cela ne sera pas un regroupement en nombre important mais en petits groupes d auto-défenses, composés par des groupes de cinq adolescents ou adultes et jamais plus. Les règles sont strictes, ils recruteront par parrainage d’au moins deux personnes, chaque groupe aura un chef de groupe, qui sera connu seulement par son supérieur.

L’appréciation des recrues est réalisée par un conseil de douze personnes (en faisant une légère allusion aux douze tribus d’Israël) dont les noms m’ont été communiqués par Pierre ATLAN. Il y a Andre TEMIME, Émile ATLAN et Charles BOUCHARA, Roger ALBOU, Jean GOZLAN, Fernand AICH, Jean GAMZON, Andre LEVY, Germain LIBINE, Georges LOUFRANI, Roger MORALI et Raoul COHEN-ADAD. Ce seront les fondateurs de la résistance juive de la Salle Geo GRAS.

Il y a un examen d’admission, on juge de la détermination de l engagé et de son quotient de fiabilité, très certainement l engagé ne doit pas connaitre les douze fondateurs, il ne peut connaitre que ses deux garants et les deux autres résistants qui constituent sa cellule cloisonnée. Pour les adjoints au Conseil des douze, certains sont des officiers de réserve et ils proposent une formation militaire à l’ensemble de la résistance juive a Alger. Une fois le candidat accepté, il jure sur la bible en posant sa main sur une arme et promet de défendre la communauté juive d Alger au péril de sa propre vie.

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L’abrogation du décret CREMIEUX date du début du mois d’octobre 1940, l’idée de l organisation de la résistance secrète juive se constitue en novembre 1940 par Andre TEMIME et Émile ATLAN. En janvier 1941, ils se rendent à la rue Jenina, une petite rue dans la rue Bab el Oued, rentrent dans le magasin de Maurice SEBAOUN, entrepreneur dans le bâtiment, demandent un entretien dans son bureau, et ils lui expliquent la raison de leur visite, monsieur Maurice SEBAOUN accepte, il sera rejoint par son fils Paul.

C’est dans une salle qui sert d Auberge de Jeunesses acquise par TEMIME ET ATLAN, rue Juba, que Monsieur SEBAOUN prendra à sa charge financière tout l’aménagement de cette salle. Elle se situe tout près de la place du gouvernement, au cœur de la basse casbah, et tout près de la cathédrale d Alger. Elle deviendra une salle de sport et sera fréquentée par de nombreux jeunes d’Alger venus pratiquer les disciplines de la boxe, de l’escrime, et des différentes autres activités qui se pratiquent dans une salle de sport.

Pour une parfaite couverture et pour ne pas éveiller les soupçons des autorités pétainistes, Andre TEMIME est lié d’amitiés avec Geo GRAS, ils portent leur choix sur ce boxeur avec un passé glorieux dans le domaine de la boxe, Ils lui proposent d’en être l’administrateur, il a un choix politique pétainiste affiché, la salle portera son nom, on l’appellera « LA SALLE GEO GRAS ». Et pour couronner le faux semblant, on place une grande photo du Maréchal PETAIN en haut d’un mur de la salle. La mise en scène est parfaite et le secret est bien gardé.

De nombreux adolescents juifs s’inscrivent et fréquentent la salle, à des heures convenues, des réunions secrètes se font, il y a des équipes qui achètent des armes, d autres qui les dissimulent dans les murs ou dans des placards de la salle, sous le plancher ou alors sous le ring de boxe qui est aménagé également en caches sans que personne puisse imaginer que la « salle GEO GRAS » serve de couverture à une organisation clandestine de résistance juive.

Au 11 rue Bab Azoun, au quatrième, il y a la famille ABOULKER. Les ABOULKER, c’est une famille honorable, le père est décédé, grand médecin, il est connu de toute la communauté juive d’Alger. J ai souvenir que ma mère accompagnait une fois par mois sa grand mère chez le docteur Charles ABOULKER, elle était malade du cœur, elle avait perdu un fils, Jacob PARIENTE, à la guerre de 14-18 à la bataille sur le front de Verdun. Le docteur Charles ABOULKER a trouvé la mort en 1937, dans un accident de circulation en descendant du tram, écrasé par une voiture en allant visiter ses malades. La rue de Chartres a pris le nom de la rue Charles ABOULKER en 1955 à la demande d Émile ATLAN, adjoint au conseil municipal de la Mairie d Alger.

Feu le docteur Charles ABOULKER a aussi un frère qui habite au 26 rue Michelet et qui lui aussi est médecin, c’es tle docteur Henri ABOULKER, grand mutilé de la guerre 14-18, il a perdu une jambe, il porte une prothèse qui lui donne la possibilité de se déplacer. Le docteur Henri ABOULKER a un fils nomme JOSE et une fille COLETTE. José est un enfant précoce, c’est un élève brillant, lui aussi veut être médecin, il fréquente la fac de médecine d Alger.

Au 11 rue Bab Azoun, la famille du docteur Charles ABOULKER habite toujours dans cette maison. Il y a ses deux garçons, Raphaël et Stéphane. Raphaël est déjà médecin, son frère Stéphane, plus jeune que lui a l âge approximatif de son très jeune cousin germain, Jose ABOULKER, qui a tout juste vingt ans. Ils ont de nombreux contacts depuis l’abolition du décret CREMIEUX. Raphaël, plus âgé, est dans la confidence totale avec ses voisins du dessous, ceux sont des amis surs. Monsieur Émile ATLAN et Raphaël s échangent aussi des renseignements qui restent toujours dans le secret le plus total.

Pour la salle GEO GRAS, ça roule… Le recrutement se réalise dans les règles que les fondateurs se sont fixées, secret, discrétion, jamais compromis avec la résistance qui écrit, qui colle ou qui affiche des tracts contre Pétain, cela pourrait être dangereux pour leur organisation, jamais d’arme, ils font tout pour que leur secret reste bien gardé. Ils ont confiance dans leur formation et dans leur objectif, apprendre à bien se défendre. Quelques fois, ils soutiennent des personnes en difficultés pris a parti par des antisémites. Ils montrent qu’ils n ont pas peur des vexations ou des attaques venant de la politique antijuive de l’administration pétainiste.

 

A la salle Geo GRAS, les disciplines sont plurielles, Paul SEBAOUN est un redoutable challenger au fleuret, dans une compétition nationale, il s’impose en tant que juif, a des adversaires qui sont soutenus par une galerie antijuive, des malabars de la salle Geo GRAS, tous juifs, viennent soutenir leur préféré, Paul SEBAOUN se sent soutenu, les insultes de « sale Juif » ne pourront être prononcées et la compétition pourra se faire sans problème à l’hôtel ALETTI.

Dans le témoignage de Paul SEBAOUN, il écrit que des réunions se faisaient tard le soir au bureau de la salle Geo GRAS, des fois avec Émile ATLAN et André TEMIME, la rencontre se faisait chez Raphaël et Stéphane ABOULKER, les voisins du dessus d Émile ATLAN. Raphaël et Stéphane étaient le lien discret entre l’état major de la résistance juive et les fondateurs de la salle Geo GRAS. L’état major de la résistance juive était assurée par leur oncle, le professeur Henri ABOULKER qui assumait aussi une charge honorifique dans la communauté juive d’Alger.

La famille ABOULKER a de la famille à ORAN, c’est Roger et Pierre CARCASSONNE, ils ont constituéaussi un réseau de résistants juifs, ils sont en relation avec un résistant des Chantiers de Jeunesse, c’est Henri d’Astier de La Vigerie. Il sera détaché sur Alger et lors d un déplacement à Alger, Roger présente son cousin José ABOULKER a Henri d’ASTIER de la Vigerie. José et Henri resteront en contact permanent.

Le fils d’Henri ABOULKER, José, est étudiant à la fac de médecine d Alger, il a lui aussi formé un petit groupe de résistants, son adjoint, c’est son parent Bernard KARSENTY qui va devenir le bras droit d’Henri d’Astier de La Vigerie.

Cela fait 18 mois, que la salle Geo GRAS permet à des sportifs de s’entrainer le plus naturellement, les juifs se préparent à la résistance active. L’état major de la résistance juive conclue des compromis avec d autres groupes, seuls, ils n obtiendront jamais l’efficacité impérative face à l’Armée d Afrique et à l’administration pétainiste. C’est l’alliance impossible avec quelques antisémites de l’extrême droite revancharde sur la victoire des Allemands, des anciens « Cagoulards ». Ils choisiront le Général GIRAUD comme futur chef des Forces Militaires Françaises alliées aux Anglo-américains en AFN, le choix de la résistance juive se portait plutôt sur le Général de GAULLE.

Au 11 rue Bab Azoun, Émile ATLAN et ses voisins du dessus, Raphaël et Stéphane ABOULKER ont mis dans le secret le capitaine Alfred PILAFORT, il est le seul non juif accepté dans la confidence par les fondateurs de la Salle Geo GRAS, c’est une connaissance du docteur Raphaël ABOULKER lors de la mobilisation générale de 1939-1940. Ils ont gardé des contacts après la défaite française, il a été fait prisonnier, a réussi à s’évader et s’est réfugié à Alger depuis juillet-aout 1942, Il connait bien le maniement des armes, il entraine les jeunes résistants de la Salle Geo GRAS, il veut en faire de « bons soldats ». Il jouera un rôle essentiel dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942.

La liaison entre les Alliés et la résistance à Alger est assumée par Lemaigre-Dubreuil. C’est un industriel, il fera partie du groupe des cinq, qui ne pourront malheureusement pas réunir un grand nombre de présents (un peu plus de 60 personnes) alors que la résistance juive rassemblera au moment de l’attaque dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, un nombre de 312 (344 sur le récit d Henri MESLLATI) personnes sur 377 résistants présents.

La réunion dans la nuit du 22 au 23 octobre 1942 est repoussée à la nuit suivante a cause du mauvais temps dans la ferme SITGES, occupée par un résistant du nom de Jacques TESSIER. Ce sera la Réunion de CHERCHELL. Les responsables militaires pour les Américains sont le Général CLARCK et ses adjoints, ils représentent le Président des États Unis, et pour les Anglais, les officiers supérieurs représentent le gouvernement de CHURCHILL. Voila pour les Alliés. Sont également présents le Consul américain Robert MURPHY et le Vice-consul KNIGHT. Pour les français, il y a le Général MAST, le Lieutenant Colonel JOUSSE, les officiers BARJOT et DARTOIS ; d’autres résistants, Henri d’Astier de La Vigerie, Van Hecke, Jean Rigault. Il est conclu un accord :

—Les résistants s engagent à assurer le moment venu, la rupture des communications, l’arrestation des principaux chefs vichystes, l’occupation des Etats Majors, la désorganisation de l’administration.

—Les Alliés s engagent à débarquer des commandos, précédant le gros des troupes, pour relever les résistants avant la possibilité de représailles des Vichystes dont la supériorité en nombre est écrasante.

Les résistants déclarent pouvoir disposer d’un nombre de 800 personnes,  seront présents le jour de l’attaque seulement 377. On enregistre un très grand nombre de défections.

Les Allies s’étaient engagés à leur livrer des armes, ils seront absents aux rendez vous, le 2 novembre sur les plages des environs de Cherchell, le 4 novembre près d’Alma Marine sur l’est d Alger.

C’est grâce aux armes cachées à la Commission d Armistice qu’ils pourront participer à la neutralisation de la grande ville d Alger, des fusils datant de la dernière guerre, des vieux fusils Lebel, des armes remplies de graisse avec un stock de munitions limite a une défense éventuelle.

Pour l’armement des résistants de la salle Geo Gras, les armes sont chez la famille d’Émile et Florence ATLAN. Le stock d armes en tous genres qu’ils possédaient dans leur magasin avant la fermeture en octobre 1940, ils en ont caché une très grande partie, dans leur appartement, dans des caches improvisées, dans le garde manger, l’arsenal le plus important est caché tout en haut de l’immeuble, dans la buanderie de la terrasse. Elles seront toutes remises aux résistants juifs avant l’heure H dans la nuit du 7 novembre 1942.

La date du débarquement est connue par l’État Major de la résistance seulement 4 jours avant le 8 novembre 1942. Les chefs de secteurs sont informés le 6 novembre par une réunion en présence du Lieutenant-colonel JOUSSE, chez le professeur Henri ABOULKER au 26 de la rue Michelet. Les ordres sont donnés, TOUS les officiers et grades de réserve de la résistance devront être en uniforme pour paralyser plus facilement l Armée de Vichy. ALGER est divisée en cinq secteurs.

Une nouvelle réunion se réalise à nouveau le samedi 7 novembre chez le professeur Henri ABOULKER qui sera le P.C. de l’Opération TORCH.,elle rassemble cette fois les chefs de groupes et les chefs de sections, on leur distribue les brassards que porteront les résistants avec deux initiales V.P.(Volontaire de la Place), il y a Henri d’Astier de La Vigerie, Achiary, un émetteur-récepteur assurera les communications avec GIBRALTAR, le nom de code est donné, « les résistants doivent prononcer…WHISKY, la réponse attendu est….…SODA. »

Une fois le message codé envoyé le samedi soir: « Allo Robert,… Franklin arrive!!! », les chefs des groupes et des sections qui ont mobilisé leurs camarades dans l’après midi du samedi 7 novembre passent à l attaque, c’est seulement à ce moment précis que les résistants se découvrent les uns aux autres, un père avec son fils, des frères entre eux ou parfois des oncles ou des cousins, il y a aussi des amis de toujours qui se retrouvent dans les mêmes missions d’attaques. C’estune allégorie de louanges, de joie et de fraternité, le moment est important après toutes ces longues attentes. Le SECRET avait été très bien GARDE… !!!!

Le plan des Alliés avait bien fonctionné, les Alliés ne respecteront pas ce qui avait été proposé.

Dans la soirée du 7 novembre, les premiers commandos scient les câbles téléphoniques reliant Alger à la Métropole. Le poste de commandement est fixé au Commissariat Central du boulevard Baudin, le chef des opérations, le Colonel d’aviation ANSELME se désistera au dernier moment, il sera remplace au pied levé par José ABOULKER, âgé alors de 23 ans. Tous les groupes devront se mettre en relation avec le Commissariat Central dès leur objectif atteint. En quelques temps, les résistants neutralisent toutes les places occupées par les forces civiles et militaires vichystes. Alger est très rapidement aux mains des insurgés.

Les plans proposés par l’Etat major Américain prévoyaient que les résistants devaient tenir leurs places deux heures durant. Une fois les pieds sur la terre ferme à Sidi Ferruch, le Général RYDER décide de changer de tactique, il ne foncera pas sur Alger distante de seulement 25 kilomètres des plages, mais au contraire, avec ses commandos, il décidera d’encercler Alger par l extérieur et de faire une jonction avec les Forces Alliées débarquées à l’est de la capitale. Un jugement malheureux pour les résistants vainqueurs. Il paraissait impossible au Général RYDER qu’une poignée de jeunes puissent réussir, avec une telle audace, à neutraliser une ville entière, une garnison de 12000 soldats, augmentée par des supplétifs évalués à 30.000 hommes armés (milice des Légionnaires).

Le plan que les alliés avaient proposé à la conférence de CHERCHELL à la résistance algéroise était un plan dont les probabilités de réussite étaient sous la barre des 50%

Ce changement de programme sur le terrain allait coûter cher aux résistants. Les forces militaires pétainistes reprennent les places investies une à une, certains résistants sont mis en prison et c’est seulement vers 17 heures trente, quinze heures après l’heure prévue, que l’amiral DARLAN donne l’ordre au Général en chef, le Général JUIN de signer l’ordre de cessez le feu pour Alger seulement.

L'opération TORCH -Algérie

Voici la chronologie du plan de neutralisation de l’Opération TORCH.

Le 8 novembre 1942 à 0 heure 30, José ABOULKER accompagné du directeur de la sureté MUSCATELLI s’empare du Commissariat Central avec 10 hommes seulement. Il dispose d une équipe volante composée de 5 résistants qui assureront des liaisons éventuelles.

(Il faut noter sur le témoignage de Monsieur Jacques ZERMATI placé sur la page de Moriel en Israel, la présence du capitaine ZURCHER dirigé aux côtes de José ABOULKER au commissariat central)

On a dit qu’Alger était divisée en 5 secteurs : A, B, C, D, E,..

A la demande du Général MAST et du Lieutenant-colonel JOUSSE et pour respecter l’organisation du plan de défense de la Ville d’Alger mis en place par ce dernier, les chefs de la résistance du groupe Geo GRAS (les douze)acceptent que tous les chefs des groupes d actions et les chefs des sections soient des officiers ou sous officiers de réserves, des jeunes en tenue militaire pour se rapprocher au plus prés de la réalité. Il faut quand même considérer que cela n’enlèvera en rien au moment de l’attaque à l’autorité des douze chefs fondateurs de la Salle Geo gras qui dirigeront leurs propres groupes.

Cette tenue militaire sera un leurre, cela fera une forte impression sur toutes les places neutralisées civiles et militaires.

Secteur A……

Le chef de groupe c’est le Lt le docteur Andre MORALI-DANINOS, son adjoint le Lt MARNAT, le premier objectif, c’est le commissariat de la rue Bruce, puis avec la section A1, ils investissent la caserne Pelissier, le chef de la section c’est le Lt IMBERT.

La section A2, Le Palais d Hiver, le chef de section c’est Gerard SIROT qui remplacera un Lieutenant, chef de section qui s’est désisté….

la section A3, sa mission, investir l Amirauté, le chef de section est André COHEN.

A la section A3, ils sont peu nombreux, il y a un échange de tirs, Paul LEVY est assez sérieusement blessé. Ils seront fait prisonniers vers 7 heures du matin et resteront en prison 5 jours durant dans les geôles barbaresques de l Amirauté.

Il est à noter d’après mes recherches que Jean CIOSI qui est dans le commando qui a investi le Palais d Hiver avait seulement 16 ans.

J’ai retenu 8 noms des résistants qui seront emprisonnés à Barberousse et qui faisaient partie du groupe A.

Secteur B

Pour le groupe B, le chef de groupe, c’est le docteur Raphaël ABOULKER. Leur mission est d investir le Commissariat de la rue Berthezene puis le Gouvernement Général en haut du boulevard Laferriere (une confusion dans certains récits qui mentionnent plutôt Radio Alger qui est à ma connaissance rue HOCHE, en haut de la rue Michelet). L effectif du groupe B est important, on compte 132 hommes et presque tous viennent de la salle Geo GRAS.

La section B1 a pour objectif le quartier général du 19eme corps d armée et le Central Téléphonique de la rue Mogador tout a côté, juste derrière la place d’Isly. Dans la section B1, le 1er groupe est commandé par le Capitaine PILAFORT, le second groupe doit occuper le central téléphonique de Mogador, il sera dirigé par le lieutenant Pierre-Marie CORDIER(abbé CORDIER).

La section B2 a pour objectif d’investir la Préfecture d Alger, rue Alfred Leluch. Le chef de la section c’est l’Aspt Jacques ZERMATI. Tout le personnel ainsi que le Préfet Emmanuel TEMPLE sont retenus prisonniers.

La section B3 a pour objectif d’investir la Grande Poste. Le chef de section est le Lt Jean GOZLAN.

La section B4 a pour objectif Radio Alger (peut être la rue Hoche à proximité de la rue Michelet). Son chef de section est l Adjt TILLY. C’est de Radio Alger que vers 4 h du matin un ordre arrive de faire diffuser par la radio, le message du Général GIRAUD( écrit par Raphaël ABOULKER ). Le message est enregistré sur disque d’après le témoignage de TILLY, c’est la voix de BRISSON que l’on entend et non celle de Raphaël ABOULKER comme écrit dans divers récits (confirmation de ce témoignage par l Aspt de marine CHESNAY), ces deux témoignages figurent dans la page de MORIEL en Israel, opération TORCH, sur le site MORIAL en France.

Secteur C :

La mission est d investir le Palais d Été. Le commandant du groupe  est Maitre Maurice AYOUN. Le Gouverneur Yves CHATEL est absent, il y a sa femme, le chef du cabinet militaire, le colonel CASSET, MAROGER et CUSSET-CHERUZELLE pour le cabinet civil.

Secteur D :

Le central téléphonique de Belcourt, le foyer Civique du Champ de Manœuvres, le fort de Kouba. Le commandant du groupe est Paul RUFF. Ils sont peu nombreux seul le central téléphonique sera attaqué, ils coupent les communications téléphoniques.

Secteur E :

Il y a 3 sections….E2 et E3 sont charges de neutraliser le Général d’aviation dans sa villa d El-Biar, le Général MENDIGAL, mais celui-ci prétend n avoir rien entendu de toute la nuit malgré la canonnade. Le chef de la section  est le Cpt BOUIN.

La section E1, a la mission la plus importante. Elle est commandée par l Aspt Bernard PAUPHILET, il est assisté seulement par 6 résistants. Ils arrêteront l’Amiral DARLAN, dauphin de PETAIN ainsi que le Général JUIN commandant en chef des forces de l Armée d Afrique. L’Aspirant Bernard PAUPHILET, juge que sa situation n est pas assez sécurisée, il descend au P.C. et remonte avec Jean RIGAULT et une vingtaine de résistants. Jean RIGAULT redescend au Q.G., 26 rue Michelet.

Le commandant DORANGE, fidèle aux forces Vichystes délivrera les hauts gradés et Bernard PAUPHILET avec de nombreux autres résistants seront fait prisonniers et conduits a pied au Fort l Empereur où on leur promet le peloton d’exécution. Ils sont réunis avec des soldats anglais qui ont débarqué sur le port et faits prisonniers par les forces militaires vichyssoises.

A la fin de l Opération TORCH, on compte deux morts chez les résistants, le Capitaine PILAFORT et le Lieutenant DREYFUS. Les forces vichystes ont emprisonné une cinquantaine de résistants, ils sont retenus dans les prisons de l Amirauté, à Barberousse, à la caserne d Orléans et au Fort l Empereur. Bernard PAUPHILET sera libéré le 8 novembre au soir. A Barberousse, à la Caserne d Orléans à l Amirauté, ils seront libérés le 13 novembre 1942. Les résistants juifs se sentent OUTRES et HUMILIES.

Ils deviendront « LES OUBLIES DU 8 NOVEMBRE 1942 »

Sur la page de MORIEL en Israel, j ai reconstitue l Organigramme de l Opération TORCH.
Sur les  pages de MORIEL France vous pourrez trouverla liste des missions du Plan TORCH avec les lieux à neutraliser, les noms des chefs de groupes, et des chefs de sections ainsi que les noms des résistants dont parfois l orthographe peut être erronées.
MORIAL en France et MORIEL en Israel essaient d’obtenir un maximum de témoignages afin d arriver au plus prés de la véritable histoire du débarquement des Allies, le 8 novembre 1942 grâce a ce commando de 377 personnes dont 312 étaient juives et 2 arabes.

 

Dans le film documentaire proposé voila quelques années sur FR 3 et produit par Madame Christine LEVISSE-TOUZE, « ALGER, la ville de tous les COMPLOTS», la conclusion faite dans le témoignage de Monsieur Jacques ZERMATI nous place dans une obligation morale et dans un devoir de mémoire, de raconter la véritable histoire du débarquement des Américains, le 8 novembre 1942 a Sidi FERRUCH, à l’ouest, mais aussi il faut le savoir, à la Pointe Pescade située a 4 ou 5 kilomètres du centre d Alger, et sur le Cap Matifou à l’Est, afin que tous ces résistants qui ont participe à l’OPERATION TORCH ne soient plus LES OUBLIES DE L’HISTOIRE du 8 NOVEMBRE 1942.

La communauté juive d Algérie dans sa totalité est redevable d un HOMMAGE SOLENNEL afin que leurs mémoires soient Honorées et tous leurs noms inscrits dans un marbre pour l’éternité.

Appel à témoins :

Si vous connaissez cette histoire, si vous êtes en descendance directe avec l’un des résistants ( la liste des noms en cliquant ici) ou parent d un résistant ou ami d’un résistant qui était présent dans l’opération TORCH du 8 novembre 1942 a Alger, alors faites vous connaitre, si vous possédez des documents officiels de l’époque, contactez nous, nous les récupérerons et nous en ferons un musée pour l’histoire de la Résistance Juive en Algérie.

 

Lucien GOZLAN..

Source Morial

Adaptation Danièle Kaplan
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  • 3 thoughts on “Résistance juive à Alger : les oubliés de l’histoire du 8 novembre 1942 -2ème partie

    1. gozlan lucien

      Super Michele,
      Un superbe sujet pour la memoire de tous ces jeunes resistants dont certains avaient tout juste vingt ans, oui, un bon travail de memoire sur Ces OUBLIES DU 8 NOVEMBRE 1942 a Alger.

    2. Balayé

      Bonjour,

      Pourriez vous me dire si le Capitaine ZURCHER est celui qui commandait la 3ème compagnie du 26ème BCP à la mobilisation en tant que Lieutenant ?
      Merci d’avance

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