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Sur France 3 Souad Merah et sa mère se refont une virginité


Sur France 3 Souad Merah et sa mère se refont une virginité

J’ai lancé un grand Ouf de soulagement, hier soir, après la diffusion, par France 3, de l’émission « Pièces à conviction » et de l’enquête très bien documentée, réalisée par Delphine Byrka et Pascale Labout (une production Les Films de la Chance). Ce travail journalistique revenait sur « l’incroyable échec des services secrets » dans l’affaire Merah et me faisait ainsi oublier le bougli-bougla de première partie de soirée produit par l’agence Tony Comiti.

 

Ce n’était pas un documentaire. Ce n’était pas une fiction non plus. Pour la première fois, nous avons pu voir un dossier d’instruction adapté à la télévision. Les reconstitutions jouées par des acteurs ont, quant à elles, incontestablement desservi le propos. Comme si pour faire une démonstration journalistique, il fallait impérativement montrer un acteur faire feu sur de faux militaires. Mais ce n’est pas là que réside la supercherie de ce film même s’il faut dénoncer cette attitude qui vise à faire d’un fait dramatique un élément du spectacle télévisuel. N’empêche, s’il fallait critiquer uniquement un travail de réalisation, je me serais abstenu de rédiger un billet. 

Là où le bât blesse, c’est de voir une agence de presse qui prétend habituellement faire de l’enquête journalisitique – et qui m’avait soutenu, il y a de cela dix ans, pour réaliser une infiltration dans les milieux djihadistes parisiens – c’est de voir ce même producteur, disais-je, se laisser berner par la mère et la sœur de Mohamed Merah au point de prendre pour argent comptant, sans vérifications ni recul, leurs propos mensongers et leurs déclarations hypocritement pleurnichardes.

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Je préfère croire que le réalisateur s’est laissé manipuler, car je me refuse de penser qu’il aurait été nourri par une quelconque empathie à l’égard de Souad Merah ou de Zoulikha Aziri.

Les faits !

Souad Merah est présentée comme une femme qui ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Ce qui est vrai. Sauf que le réalisateur de ce docu-fiction utilise des documents de la DCRI qui mentionnent bien que la sœur du tueur au scooter est surveillée par les services de renseignement depuis plusieurs années. Ces derniers la présentent comme proche de la mouvance salafiste toulousaine. Il se garde bien, cela dit, de préciser ces aspects. Les mêmes rapports, contenus dans le dossier, consulté et largement utilisé par le réalisateur et l’agence de production tout au long du film, rappelle aussi que la même Souad Merah était proche des salafistes belges de « Sharia For Belgium », connus pour être particulièrement extrémistes. Les mêmes pièces font état enfin des voyages incessants de Souad Merah en Égypte. Pourtant, aucun de ces éléments ni d’autres, qui auraient permis de mieux cerner la vraie personnalité de la sœur du tueur, ne sont cités dans le film. Ni même qu’elle a fait l’objet d’une enquête des services sociaux en raison de l’éducation de ses enfants qui connaissaient dès l’âge de 5 ans, la définition des mots « martyr », « djihad » ou « mécréant ». Tous ces éléments purement factuels sont clairement et simplement occultés, mis de côté, cachés à l’opinion et aux téléspectateurs de France 3.

Il y a eu donc un choix délibéré de dédouaner la sœur du terroriste. Mohamed Merah qui est présentée presque comme une victime de lui-même, voire tel un fou furieux qui ne serait alimenté par aucune idéologie. Le réalisateur n’a jamais cherché à rencontrer Abdelghani Merah, même de manière informelle, ce qui aurait pu l’amener probablement à prendre un peu plus de recul et à prendre surtout connaissance, preuves sonores à l’appui, de ce que dit Souad loin des caméras. Visiblement, le choix éditorial, non assumé, consistait à offrir une tribune à une intégriste notoirement connue par les services de police.

Le même procédé est suivi avec Zoulikha Aziri, la mère du tueur. « Je pleure pour lui et pour les autres », lançait-elle devant la caméra de l’agence Tony Comiti. Ce n’est pas vraiment ce qu’elle disait il y a quelques mois à Abdelghani lors d’une conversation téléphonique à laquelle j’avais assisté. « Chacun pleure ses morts », lui lançait-elle. En prenant le soin de préciser que son fils, Mohamed Merah « était au Paradis car tué par la police des mécréants ». Je ne crois pas que ce soit là les propos d’une femme qui dénonce les actes du terrorisme islamiste, d’autant plus qu’elle avait conclu cette conversation téléphonique, avec Abdelghani, en lui précisant que Ben Laden n’était pas « l’auteur des attentats du 11-Septembre ». Crime terroriste qu’elle attribue « aux juifs ». Du prêt à penser salafiste que l’on peut retrouver dans la bouche de Souad et de tous ceux qui sont animés par cette idéologie mortifère.

Certes, lors de cette conversation, elle ignorait que j’entendais la communication avec l’accord de son propre fils, torturé de voir sa propre famille, sa propre mère, ses frères et l’une de ses soeurs, embrigadés par la secte salafiste. Certaines belles âmes pourraient s’en offusquer et nous dire que nous n’avons pas le droit de filmer les « gens à leur insu ». Oui, mais les Merah ne sont pas « les gens ». Ils sont les alliés, à tout le moins idéologiquement, d’un terroriste qui a ébranlé la société. Mais encore, la question mérite d’être posée : la vocation du travail journalistique consiste-t-elle à tendre un micro et à appuyer sur le bouton d’une caméra devant n’importe quel bonimenteur ou alors vise-t-elle à aller chercher la vérité afin que l’opinion soit clairement informée ?

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Alors que des éléments contenus dans le dossier, consulté pour les besoins de ce film montrent que Mohamed Merah a effectué son voyage au Pakistan avec, en poche, une adresse fournie par sa propre mère qui lui a conseillé d’aller voir à Lahore la famille de l’une de ses amies, une certaine Nesrine, le réalisateur choisit, là aussi, de taire ce détail. Une autre bizarrerie parmi tant d’autres qui l’a amené également à minimiser l’implication d’Abdelkader Merah dans le salafisme djihadiste.

Ce documentaire, à la naïveté flagrante, s’est inscrit, avec ou sans le consentement de ses auteurs, dans une stratégie de communication finement élaborée par les conseils de la famille Merah. Il permet à Zoulikha Aziri et à Souad Merah de se refaire une virginité. Du moins, momentanément…
Dernier point étonnant, il y a un parti pris évident également visant à dédouaner Bernard Squarcini, l’ancien chef de la DCRI qui reste le premier responsable de la faillite du renseignement français dans l’affaire Merah. De plus, insidieusement, le réalisateur a voulu défendre la thèse du « loup solitaire » à laquelle il est l’un des rares à croire encore. Mais là, c’est (presque) un autre sujet. 

Mohamed Sifaoui pour le huffingtonpost.fr

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Journaliste franco-israélien spécialisé dans la psychologie et la communication politique depuis 2003.



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  • 4 thoughts on “Sur France 3 Souad Merah et sa mère se refont une virginité

    1. Israel Eden

      Je crois en tout cas pour ma part que personne n’a été dupé par maman et soeur merah, un proverbe français je crois dit « qui a but boira », et je ne me souviens pas avoir entendu dans ce documentaire une seule condamnation de ce qu’il a fait tout juste des excuses dues à une enfance perturbée… pourquoi la mere ou la soeur n’ont elles pas profité pour lancer un appel contre la beatification qui se fait maintenent pour ce que leur monstre de fils et frere à fait…
      ça sent mauvait la fourberie mais bont c’est une recommandation de l’islam alors….

      ATTENTION DANGER

      La TAQIYYA s’utilise essentiellement dans deux cas. Le plus connu est la situation où il s’agit de masquer son identité religieuse quand on craint une persécution. C’est l’usage historique de la taqiyya dans les communautés chiites, partout et chaque fois que leurs rivaux sunnites étaient plus nombreux et par conséquent les menaçaient. À l’inverse, les musulmans sunnites, loin de souffrir de persécutions, et chaque fois qu’ils en ont eu la possibilité, ont déclenché le djihad contre le royaume de la mécréance ; et c’est là qu’ils ont déployé la taqiyya – non pas en tant que manœuvre de dissimulation mais en tant que tromperie active. En fait, la tromperie, qui trouve son fondement dans la doctrine de l’islam, est souvent décrite comme égale – voire supérieure – à d’autres vertus militaires universelles comme le courage, la bravoure ou le sens du sacrifice.

    2. aurelle

      Elle n’est pas innocente du tout, c’est bien une soeur du djad, elle a même du pousser son frèro a accomplir ces terribles meurtres. Je suis sûr que c’est elle le cerveau ça se sent.

    3. michel boissonneault

      si jamais mon fils prendrait les armes contre des enfants comme ce fou
      de merah a fait , je me cacherais tellement la honte serais immense
      mais lorsque l’ont voie une mère et une soeur chercher a disculper
      ses gestes d’assassins alors l’éducation familiale prouve quelle est
      disfonctionnel… tout ceux qui approuvent ce geste sont des animaux
      qui ont la rage , des gens qui ont aucune sympathie pour les humains

    4. dafina

      l’antisémitisme algério salafiste!!!

      au lieu d’avoir la haine,ils feraient mieux de s’instruire,voyager,sortir,rigoler,mais eux ne savent que foutre la merde et tuer!

      répugnant,ils sont célébres de leurs crimes et non leur réussite sociale

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