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Les Juifs d’Algérie, par Sylvie Bensaid


Les Juifs d’Algérie, par Sylvie Bensaid

L’année 2012 marque le cinquantenaire des « Accords d’Évian ». Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme a choisi de se joindre aux nombreuses institutions qui souhaitent rappeler, par diverses approches, la date charnière que fut 1962 pour la France et pour l’Algérie. Il présente une exposition inédite retraçant les grandes étapes de l’histoire des Juifs d’Algérie.

Présents en Algérie depuis des millénaires, les juifs d’Algérie étaient considérés comme des dhimmis. Considérés comme des citoyens de seconde zone depuis les conquêtes arabes et ottomanes, les Juifs d’Algérie accèdent à la nationalité française en 1870, à la lumière du Décret Crémieux, du nom du ministre français de la Justice de l’époque. En 1943, le gouvernement de Vichy abroge ce décret, et le remplace par le « statut des juifs ».

Le Décret Crémieux ne sera rétabli qu’en 1943. Après la Seconde Guerre mondiale, et, notamment, la création de l’État d’Israël, puis la guerre d’Algérie, la situation des Juifs se dégrade. Dans les mois qui suivent la signature des accords d’Évian, en 1962, marquant la fin de la guerre d’Algérie, 900 000 Français quittent le pays.

On estime qu’entre 100 000 et 160 000 d’entre-eux étaient des Juifs.

Pour Anne-Hélène Hoog commissaire de l’exposition, les raisons de leur départ restent floues, car non officielles. Ils ont certainement eu peur de retomber dans un statut d’infériorité.

C’est en 2005 que l’idée du projet d’une telle exposition voit le jour. L’historien Benjamin Stora, lui-même d’origine juive de Constantine, conseiller scientifique de l’exposition, travaillait alors sur son livre « Les trois exils : Juifs d’Algérie ».

Il était clair que sur la question des juifs d’Algérie, on était face à une mémoire évanescente, se souvient Anne-Hélène Hoog, qui évoque la difficulté pour les historiens de réunir des informations et des objets de cette communauté

Une exposition en hommage à la culture des juifs d’Algérie

La mémoire des juifs d’Algérie est devenue fugace, d’où la difficulté de rassembler des informations et des objets de cette communauté rappelle Anne-Hélène Hoog L’évènement, inédit, est le fruit d’un long travail de recherches et de récollection. Il présente la spécificité de mêler éléments d’histoire et souvenirs familiaux. Le musée a, en effet, lancé dès 2011 un appel au don auquel plus d’une centaine de familles ont joué le jeu et se sont montrés extrêmement généreuses, n’hésitant pas à confier des objets personnels objets rituels, films ou photographies. Autant de choses qui font partie de leur histoire familiale et qui ont permis de présenter une vision intime de cette communauté.car le but de l’exposition n’est pas idéologique ni l’expression d’une nostalgie, Il s’agit également de rendre hommage à cette communauté, qui est à la fois discrète et nombreuse en France et de valoriser sa culture, souligne Anne-Hélène Hoog. Les juifs d’Algérie ont eu un rayonnement intellectuel très important et ont su allier fidélité à leurs traditions, et respect de la laïcité, poursuit-elle.

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Diversité de l’histoire des juifs d’Algérie

On découvre ainsi au fil des salles plongées dans la pénombre, l’histoire de cette communauté retracée depuis l’antiquité. Les salles consacrées à tout ce qui précède le 18ème siècle sont parcourues rapidement, par contre on s’attarde davantage sur les lettres sorties d’archives familiales et les divers objets du quotidien.

Sur plusieurs salles se succèdent environ 250 documents -manuscrits, livres, textiles, objets, œuvres d’art, issus de collections publiques françaises et étrangères, ainsi que d’archives administratives et familiales, qui forment le corpus du parcours. Ils mettent en lumière la diversité et la complexité de l’histoire de ces Juifs d’Algérie. Celui-ci est complété par des documents audiovisuels, des cartes, des chronologies et des bases de données numériques.

Devant une vitrine où sont exposés des robes en soie brodées et d’autres objets du quotidien, un vieil homme s’approche lentement. C’est le trousseau d’une mariée. Les jeunes filles emportaient avec elles des robes habillées, et aussi des vêtements d’enfant pour leur premier bébé, explique-t-il aux personnes qui l’entourent.

Il faut également souligner la place faite à la musique dans l’exposition et la programmation des activités Nous retrouverons Enrico Macias, le président du Comité d’honneur de l’exposition, Reinette l’oranaise, Line Monti, les frères Nacash dont le père Alexandre fut le maitre du Maalouf et Blond Blond.

Nous sommes en train de constituer des archives numériques sur la base des photos et petits films personnels prêtés par des particuliers. Ils sont déjà consultables durant l’exposition, rajoute Anne-Hélène Hoog.

Un film réalisé par Olam Productions / www.olam-productions.com

Par ailleurs, un cycle de conférences est aussi programmé afin de mieux comprendre l’histoire méconnue de cette population. On peut citer entre autres « Juifs d’Algérie dans la guerre et l’exil », « Femmes juives d’Algérie : Emancipation et transmissions », les « Musiques juives d’Algérie » et « Juifs d’Algérie : Comment garder la mémoire et penser l’histoire ».

« Juifs d’Algérie » jusqu’au 27 janvier au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan. 71, rue du Temple, Paris 3ème. Catalogue Musée/Skira-Flammarion 272 p., 35,50 euros

Tél.: 01 53 01 86 53. www.mahj.org.

Source : Tribune juive, par Sylvie Bensaid 

 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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  • 9 thoughts on “Les Juifs d’Algérie, par Sylvie Bensaid

    1. Redomier

      Moi je suis pied noir de la rue de Chartres puis de Bab El Oued, ex élève du collège Guillemin puis du Lycée Bugeaud que vous avez rebaptisé , forbans du F.L.N., Lycée Abd El Kader alors qu’il a été construit à l’initiative et par les Français .

      La grande synagogue d’Alger créée du temps des Français a été récupérée par les Arabes, transformée en mosquée, rebaptisée .

      Mais ce qui est le plus dégueulasse, c’est qu’à la différence des Eglises qui portent , sur les cartes postales, le nom ancien et le nouveau nom musulman, la grande synagogue de la rue Randon où, enfant j’ai tant fait le fou, ne porte plus sur les photos officielles et sur les cartes postales ni le nom ni l’identité ancienne du bâtiment ;

      On fait comme s’il s’agissait d’une mosquée à l’origine .

      Pour ma part, je l’ai tout de suite reconnue grâce à sa particulière coupole .

      Non seulement, ils ont tout volé mais en plus, ils éradiquent toute trace juive passée .

      Puis, ils viennent ,ces psychotiques, donner des leçons .

      Les Juifs étaient largement là avant les Arabes,on peut l’affirmer sans aucun doute puisqu’on a retrouvé des pierres tombales avec des Magen David accompagnées de caractères….grecs,

      Ils ont pourtant été coupés de leurs racines , en plus spoliés, détroussés . Ils se sont enfuis de là bas et n’ont plus voulu y retourner , considérant ce pays  » maudit « .

      Et ses dirigeants , créatures du  » diable  » .

      Mais ils ne l’emporteront pas au paradis car l’histoire réserve bien des surprises dont , pour l’instant , la plus évidente est la fuite de ce pays de salopards pour qui peut obtenir un visa,

      Fuite vers où ?

      Vers la France….vers les anciens « oppresseurs « !!!!!!

      Saligauds

    2. Redomier

      Halte aux mensonges

      Si nous prenons pour références les chiffres de l’armée française,la guerre d’Algérie aurait coûté la vie de 250 000 personnes en comptant les 3O OOO Français , militaires et civils (Juifs compris bien sûr ).Si on ajoute à ce nombre , les nombreux musulmans , M.N.A.(groupe nationaliste rival ) ou Harkis ou simples insoumis au sinistre F.L.N. ,qui se livrait sans cesse à ses nuits de longs couteaux (règlements de compte fratricides),on peut constater que la plupart des morts ou mutilés proviennent du fait du F.L.N. .Que ce soit l’épisode des nez-coupés à ceux qui continuaient de fumer malgré l’ordre contraire du F.L.N. ou celui du massacre du village kabyle M.N.A. de Melouza, en Juin 57(300 morts )perpétré par les tueurs de Krim Belkacem (et pourtant au début imputé mensongèrement à l’armée française) . Cela a été un véritable Oradour Sur Glane algérien http://fr.wikipedia.org/wiki/Massac

      En Algérie, dans l’ensemble , c’est l’état de droit qui régnait et à part quelques bavures , bien limitées , surveillées et immédiatement dénoncées par la Gauche et les Gaullistes , les grands tueurs eurent droit à des procès , des avocats _ comme en Israël d’ailleurs _ et faisaient l’objet quand ils étaient arrêtés d’une protection supérieure à celle des citoyens français quels qu’ils fussent , Pieds Noirs , fonctionnaires ou militaires.

      Aucun massacre de population n’eut lieu mais quelques bavures vis à vis de tueurs individuels . Par contre , l’armée avait la charge de la protection des populations et elle dût faire usage de ses armes lors de manifestions de forcenés qui s’adonnaient à des pogroms d’Européens comme à Guelma et à Philippeville en Août 1955 . Il y eut, d’autre part , des passages à tabac musclés afin d’avoir des renseignements et démanteler les réseaux de poseurs de bombes lors de la sanglante bataille d’Alger qui a fait suite à d’innombrables attentats à la bombe.

      Mais tout cela ne fit pas un génocide car malgré l’intensité des attentats et l’immanquable maintien de l’ordre , à peine moins de 3% de la population musulmane furent touchés.

      Par contre les hululements ,les vociférations de Jacques Vergès ou de Gisèle Halimi , Henri Alleg ,sur de prétendus viols commis par des parachutistes contre des poseuses de bombes (Djamila Boupacha ,Djamila Bouïred ) plombèrent toute réflexion en métropole et trompèrent l’opinion française sur le légitime travail de la noble armée française

      Descendante de l’armée de colonisation qui émancipa les esclaves , nombreux dans la capitale de la Barbaresque et de la Course ,et les Juifs , du joug musulman

      Voir à cet égard comment l’armée française sauvait les Juifs pendant la conquête (épisode de la prise de Mascara en 1835) http://www.terredisrael.com/infos/?p=43446

      Kol Akavod l’armée coloniale française

    3. Roturier

      Faut noter la différence avec le Maroc.
      Au Maroc les cimetières les mieux gardés sont juifs, même s’il n y a plus de juifs dans les parages. En terre Berbère, région de Marrakech, il en existe un avec des tombes qui remontent à 1492… Clôturé et entretenu.
      La synagogue de Marrakech est toujours en activité, en excellent état; idem pour le cimetière.
      Les plans touristiques des Médinas portent l’emplacement de l’ancienne synagogue; et les marocains connaissent les lieux et les montrent bien volontiers aux touristes. (Exemple: Essaouira, l’ancienne Mogador).
      J’ignore si ce discours est réservé aux touristes, mais à les entendre ils regrettent le départ des juifs et souhaitent leur retour.

    4. henri ORQUERA

      Avant l’arrivée des Français, la communauté Juive était bien intégrée à la population arabe, intégrée au point de vue habitat et habillement, tout en étant dhimmis.
      On le voit bien aux costumes sur les photos.

      À l’arrivée des Français, les Juifs sont sortis de leur dhimmitude et se sont rapprochés des Français.
      À partir du Décret Crémieux, ils se sont intégrés socialement au peuple français.
      Il devient alors difficile de faire la différence sur les photos.

      Mieux instruits et plus dégourdis que les arabes, la plupart n’ont eu aucune difficulté à percer.
      Chaque ville possédait une rue où tous les commerces étaient Juifs.
      Beaucoup de Juifs également dans l’Administration, les Chemins de Fers, etc.

      Lors de l’indépendance, l’immense majorité a été obligée de fuir précipitamment avec les Français. C’était « la valise ou le cercueil ».
      Et il a fallu faire très vite.
      Ceux que je connais ne s’y attendaient absolument pas, et ils n’ont eu que 20 minutes pour faire leurs valises et se sauver définitivement.

      L’immense majorité s’est donc retrouvée en France avec les Pieds Noirs d’origine française, espagnole, alsacienne, etc.

      Dans le sud de l’Algérie, il existait des communautés juives particulières qui sont restées très intégrées au peuple arabe.

      Par exemple à Colomb Béchar, près du Maroc, une majorité des Juifs était des M’zabites, de l’ancien royaume Juif du Mzab au sud du Maroc.
      J’imagine que beaucoup de ceux-là étaient trop pauvres et trop intégrés pour fuir avec les Français.
      Je n’ose pas imaginer le sort de ceux qui sont restés.

      J’ai aussi entendu parler de communautés juives très anciennes ayant conservé des techniques de conduites d’eau creusées profondément sous terre, probablement apprises à Babylone, et qui utilisaient ces techniques pour les arabes du sud près de la frontière avec la Tunisie.

      Apparemment, dans cette exposition, on ne parle pas de ces Juifs du sud. Peut-être parce qu’ils ne sont pas venus en pays civilisés, et que leur trace s’est perdue…

    5. Youssef

      Notre NORMAL NATIONNAL a été en Algérie pour remercier ses électeurs.

      Dans la foulée il s’est excusé pour la colonisation Française.

      Il a même le bouchon jusqu’à parler des Palestiniens, c’est à dire des arabes vivants en Palestine, comme si les Algériens n’attendent et ne souhaitent que la paix dans cette partie du monde.

      Mais de qui se moque t’on ?

      Un peu d’histoire ne fait pas de mal pour rétablir la vérité !

      Rappel historique

      Pour mettre fin à des siècles de piraterie maritime et libérer des milliers d’esclaves chrétiens.
      — La France n’a pas envahi un pays libre, mais une province de l’Empire ottoman, dirigée par les Turcs, qui avaient conquis le Maghreb trois siècles plus tôt et maintenaient les tribus arabes et berbères dans un demi-esclavage.
      — Ce territoire ne possédait ni route, ni école. La population, soumise à la charia, était analphabète. Il n’existait pas d’hôpital. La mortalité infantile atteignait 50% en 1830. L’agriculture nourrissait à peine la population.
      — La piraterie était encouragée par les Turcs. Les terribles «Barbaresques».écumaient la Méditerranée en quête de butin et de captifs pour alimenter les harems et les marchés aux esclaves.

      132 ans de présence française

      Le vrai bilan

      — La France a créé la nation algérienne en réunissant des tribus éparses. Elle a créé le nom « Algérie » (Décret Schneider, 31/10/1838).
      — La France a respecté la langue arabe et la religion musulmane, elle n’a pas cherché à imposer le Français, ni le christianisme.
      — La France a scolarisé le pays en construisant des milliers d’écoles, 50 lycées et 4 facultés.
      — La France a soigné les Algériens en procédant à des campagnes de vaccination massives, en formant des médecins et en bâtissant 138 hôpitaux et des centaines de dispensaires.
      — La France a doté l’Algérie d’une infrastructure moderne avec 5 aéroports internationaux, 23 ports, 4 500 km de voies ferrées et 54 000 km de routes.
      — La France a créé une industrie chimique, métallurgique, alimentaire. Elle a construit des usines, des barrages, 4 centrales thermiques et mis en valeur le pétrole et le gaz sahariens qui rapportent aujourd’hui à l’Algérie 95% de ses recettes.
      — La France a développé l’irrigation, agriculture et asséché les marécages, en particulier ceux de la Mitidja devenue la plaine la plus fertile de l’Algérie.

      C’est donc le France qui crée l’Algérie, qui lui donne son nom et qui la construit.

      La population algérienne est estimée entre 1 et 3 millions d’habitants avant la conquête française de 1830.

      Il ne faut pas oublier le massacre des Berbères par les Arabes qui les ont forcé à se convertir à l’Islam.

      Où est la colonisation dans tout ça ?……….Qui a colonisé l’Algérie, les arabes toujours de plus en plus nombreux ou la France ?

    6. Youssef

      Ci dessous un lien pour rappeler ce qui s’est passé en Algérie, avant et depuis 1830

      Voilà pourquoi il n’y a pas d’histoire avec un Grand H sur l’Algérie algérienne.

      http://webmail1n.orange.fr/webmail/fr_FR/download/DOWNLOAD_READ_PPS.html?IDMSG=22126&PJRANG=2&NAME=REPENTANCE_.PPS&FOLDER=INBOX

      D’autre part, je suis très choqué que HOLLANDE fasse un compte-rendu aux Algériens (à l’intérieur de leur Parlement) de la situation entre ISRAËL et les Arabes vivants en Palestine. Pas mieux pour atteindre le summum de l’ignominie.

      Surtout que toutes les Synagogues d’Algérie ont été, soit détruites, soit transformées en mosquées……. Sans parler des cimetières saccagés et profanés.

    7. serge027

      Vérifiez ce que vous écrivez:
      « En 1943, le gouvernement de Vichy abroge ce décret, et le remplace par le « statut des juifs ». Le Décret Crémieux ne sera rétabli qu’en 1943. »
      Les dates sont fausses. Le gouvernement de Vichy a aboli le décret Crémieux en 1940 juste après la défaite face à l’Allemagne. Les juifs d’Algérie devinrent « juifs indigènes ». Il ne sera rétabli qu’en octobre 1944. En 1941 Vichy procéda au recensement des juifs en vue de leur imposer le port de l’étoile jaune puis la déportation. Ce processus fut interrompu par le débarquement américain en Novembre 1942!

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