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29 novembre 2012, symbole d’une rivalité identitaire


29 novembre 2012, symbole d’une rivalité identitaire

Le conflit qui oppose le mouvement national juif à son miroir arabe palestinien est du même ordre. Il tire ses sources du plus profond de la religion musulmane qui pensait avoir définitivement remplacé le Judaïsme tout comme l’Eglise catholique le pensait durant des siècles. La date symbolique du 29 novembre choisie par Abou Mazen pour demander un vote de l’ONU sur la création d’un Etat virtuel de Palestine résume à elle seule la nature du conflit qui nous oppose aux Arabes palestiniens. Le 29 novembre 2012 doit remplacer le 29 novembre 1947, date du fameux vote de partage de la Palestine occidentale en deux Etats, rejeté par le monde arabe.

Mon maître Rav Léon Ashkenazy (Manitou) zatzal avait une prédilection pour les personnages de la Genèse, archétypes caractérologiques qui devaient nous apprendre quelles seraient les identités qui réapparaîtraient à différents carrefours de l’Histoire d’Israël. Il enseignait notamment que chacun de nos patriarches se heurtait à deux types bien distincts d’antagonistes : l’ennemi et le rival.

Chacun d’eux a une stratégie bien distincte : l’ennemi combat au nom d’une revendication bien précise qui peut être d’ordre politique, économique, territorial ou religieux alors que le rival ne vise qu’une seule chose : vous remplacer totalement et par tous les moyens. Avec un ennemi il est parfois possible de discuter et faire la paix, avec un rival, c’est impossible car ce qu’il veut, c’est être à votre place, être vous-même, se parer de vos habits et endosser votre rôle. L’ennemi agit de manière rationnelle et peut décider à un moment ou à un autre de cesser les hostilités et passer à autre chose. Le rival, quant à lui, livre un combat radical et irrationnel car pour lui il n’y a pas de place pour deux. Il n’aura donc de cesse que l’Autre disparaisse totalement.

Tout au long de l’Histoire, des pays et des peuples se sont livrés des guerres terribles mais ont su également tourner la page : l’Allemagne et la France étaient ennemies mais non rivales, car ni la France ne voulait remplacer l’Allemagne ni l’inverse. Leur contentieux était de nature patriotique et territoriale mais il a finalement pris fin à l’issue de trois guerres dévastatrices et au prix de millions de morts.  Et aujourd’hui, 67 ans après la fin des hostilités, ces deux pays forment le duo le plus solide de l’Union Européenne. Il n’est pas faux par contre de penser que l’antisémitisme nazi était d’un autre ordre, celui de la rivalité et non de l’adversité. La haine irrationnelle d’Hitler, telle qu’elle émane de « Mein Kampf » reconnaissait implicitement au peuple juif un rôle dans ce monde qui ne pouvait de ce fait subsister aux côtés du messianisme nazi. Il fallait donc que le peuple juif disparaisse pour que le « Reich de mille ans » puisse régner.

Le conflit qui oppose le mouvement national juif à son miroir arabe palestinien est du même ordre. Il tire ses sources du plus profond de la religion musulmane qui pensait avoir définitivement remplacé le Judaïsme tout comme l’Eglise catholique le pensait durant des siècles. La date symbolique du 29 novembre choisie par Abou Mazen pour demander un vote de l’ONU sur la création d’un Etat virtuel de Palestine résume à elle seule la nature du conflit qui nous oppose aux Arabes palestiniens. Le 29 novembre 2012 doit remplacer le 29 novembre 1947, date du fameux vote de partage de la Palestine occidentale en deux Etats, rejeté par le monde arabe. Depuis l’apparition d’un mouvement national palestinien sous l’impulsion des pays arabes, ses dirigeants n’ont jamais caché qu’il s’agissait de supprimer totalement l’entité sioniste, considérée comme une « anomalie de l’Histoire » ainsi qu’une insulte à l’Islam et à la « Oumma ». Selon une méthode très vicieuse, le narratif palestinien s’est construit dès ses origines sur une image en miroir de l’Histoire juive. Dans le dictionnaire arabe palestinien, on trouve ainsi des termes tels que « diaspora », « exode », « exil » ou « droit du retour ». Le narratif arabe palestinien fait remonter la présence d’un « peuple palestinien » en Erets Israël à neuf millénaires, accorde la « nationalité » palestinienne à tous les personnages bibliques et pousse le bouchon jusqu’à dire que Jésus « était le premier résistant palestinien qui voulait chasser l’occupant » ! Et Jérusalem, qui n’est jamais citée dans le Coran est subitement devenue la perle du monde arabe et le « sommet de toutes ses joies » !

Mais cette identification va plus loin encore et atteint des sommets d’abjection : le narratif palestinien s’est collé au martyrologue juif et a intégré un discours victimaire transformant les Israéliens en nazis modernes et les Palestiniens en « juifs des juifs » : les camps de réfugiés sont des « camps de concentration », Tsahal est une armée de « barbares nazis  qui assassinent femmes et enfants », qui pratique un « génocide », et les terroristes palestiniens sont des « résistants ». Lors du « Jour de la Nakba », les Arabes palestiniens mais aussi les Arabes israéliens observent une minute de silence sous les sirènes en imitant les Israéliens le Jour du Souvenir et il n’est pas incongru de penser que les responsables terroristes rêvent d’un « Yad Vashem » inversé qui serait une station obligée de chaque invité officiel.

Malgré la grossièreté et l’indécence de la comparaison, elle est entrée dans les consciences collectives puisque les slogans scandés et les bannières brandies lors des manifestations anti-israéliennes à travers le monde suivent ce schéma : l’étoile du drapeau d’Israël est remplacée par une croix gammée et on peut lire « que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui ».

Cette tentative d’usurpation identitaire effectuée par les Arabes palestiniens a également des conséquences en Israël entre ceux qui avec lucidité décèlent ce phénomène et veulent agir en conséquence et ceux qui ne le voient pas ou font semblant de ne pas le voir. Elle est la ligne de partage des eaux entre ceux qui considèrent le conflit israélo-palestinien comme uniquement politique et territorial, donc résoluble au moyens de concessions territoriales israéliennes, et ceux qui ont compris qu’il s’agissait d’une rivalité qui impliquait la victoire nette et sans appel d’Israël.

Dans cette tentative de substitution, l’Occident jour un rôle extrêmement pervers, laissant s’installer depuis longtemps le discours palestinien comme étant celui du Droit, de la Justice et de la Vérité, et ne concédant à Israël que l’exigence de sécurité.

Si l’ONU vote jeudi la création d’un Etat de Palestine, cela ne changera pas grande chose sur le terrain dans l’immédiat. Mais il s’agira d’une nouvelle victoire sur les consciences collectives à partir de laquelle les terroristes de l’AP vont construire leur stratégie future.

Shraga Blum © www.europe-israel.org





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “29 novembre 2012, symbole d’une rivalité identitaire

    1. Aaron

      Très fine analyse.
      Je crains que ce vote de l’ONU ne constitue un revers pour M.Netanyaou qui le mettrait en risque de non-réelection en Janvier prochain.

    2. Didier

      excellente reflexion, c’est tout à fait cela, et malgré tout ils finiront par avoir gain de cause à l’ONU…

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