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Quels liens entre les « présidentielles américaines » et les prochaines élections en Israël ?, par Richard Darmon


Quels liens entre les « présidentielles américaines » et les prochaines élections en Israël ?, par Richard Darmon

Plusieurs éléments et considérations sécuritaires et diplomatiques lient de près – du point de vue israélien – les deux importantes consultations électorales que sont le scrutin présidentiel américain du 6 novembre prochain et le scrutin législatif du 22 janvier 2013 en Israël …

On se souvient que début mai dernier, le Premier ministre, Binyamin Nétanyaou, avait déjà engagé une procédure de dissolution de la 18ième Knesset en vue d’élections anticipées prévues juste avant la rentrée d’automne 2012 … Or, c’est un accord de dernière minute conclu avec le nouveau chef du parti Kadima, Chaoul Mofaz, pour la formation d’un gouvernement d’union nationale (disposant d’une énorme majorité de 94 sièges au parlement sur 120) qui stoppa net ce processus d’élections. Tout simplement, parce qu’en faisant ainsi entrer Kadima dans la coalition au pouvoir, Nétanyaou parvenait à ses mêmes fins sans recourir à un couteux et pesant scrutin électoral : A savoir élargir et solidifier les assises de son gouvernement, tout en réaffirmant par là-même aux yeux de toute la communauté internationale – et particulièrement ceux des Etats-Unis et de l’Europe – le « consensus israélien » autour de sa politique. Et ce, en ce qui concerne deux dossiers délicats touchant à la sécurité du pays en vue d’ « importantes décisions » à prendre … surtout en cas de réélection (estimée alors assez probable à Jérusalem) du président Barack Obama : Le sulfureux dossier du nucléaire iranien, et celui de la totale impasse diplomatique perdurant avec une Autorité palestinienne (AP) de plus en plus extrémiste et irrédentiste.

De fait, bien que plus de cinq mois soient passés, ce sont les mêmes deux facteurs de politique étrangère régionale qui ont, à nouveau, poussé le Premier ministre à décider, en ce début octobre, d’élections nationales anticipées pour la fin janvier prochain … même si à présent, la réélection d’Obama à la présidence ne semble plus si évidente qu’en mai.

Après avoir, en quelque sorte, donné à l’ONU, voilà trois semaines, un « ultimatum technologique » – à la fois aux mollahs iraniens et au monde – pour que le programme nucléaire de Téhéran soit stoppé à temps, Nétanyaou souhaite en effet plus que jamais avoir les « coudées franches », même si c’est en fin de compte Romney qui est élu, afin de pouvoir prendre au moment opportun les graves décisions (éventuellement militaires) qui s’imposeront … Surtout dans le cas où les sanctions internationales continueraient de s’avérer inopérantes contre cette folle course de l’Iran à la bombe atomique et si, de surcroît, les Etats-Unis devaient confirmer leur inertie en la matière qui dure depuis des années !

Même souci en ce qui concerne les Palestiniens : A la veille d’une nouvelle démarche unilatérale de l’AP qui sera vraisemblablement engagée à l’ONU dès après les élections américaines en vue de faire reconnaître par le monde son pseudo « Etat de Palestine », et alors que les Renseignements israéliens confirment qu’une Intifada économique sur le point d’éclater pourrait déstabiliser les grandes villes arabes de Judée-Samarie en favorisant le Hamas et toutes ses cellules dormantes prêtes à opérer contre Israël, Nétanyaou préfère « avoir du champ » et davantage de marge de manœuvre décisionnelle – quel que soit le prochain hôte de la Maison Blanche – afin de contrer ces deux très sérieuses menaces d’ordre sécuritaire et diplomatique.

D’autres raisons supplémentaires d’avancer les élections en janvier.

En perspective de ce prochain scrutin présidentiel américain, d’autres facteurs menaçants liés à la situation sécuritaire régionale ont aussi poussé Nétanyaou à anticiper les élections : L’aggravation de la situation en Syrie (assortie de tous les scénarios-catastrophes anti-israéliens envisageables sur la fin d’Assad) et la montée des tensions dans tout le monde arabe (particulièrement perceptible lors des manifestations et émeutes de septembre dernier contre le film sur Mahomet et lors de l’attaque du consulat américain de Benghazi) dressent un tableau sécuritaire global peu rassurant et montrent que les risques d’embrasement régional se sont accrus depuis mai dernier. Surtout sur fond de cet explosif dossier iranien bien loin d’être résolu !

A cela, on peut ajouter deux autres raisons plus « domestiques » qui ont certainement poussé le Premier ministre à avancer les élections : La nécessité de « prendre de court » la détérioration accélérée de la situation économique mondiale et ses répercussions qui se font déjà ressentir en Israël au niveau de la production industrielle, des exportations et du chômage, avec tous les risques de voir se mobiliser à nouveau partout dans le pays un vaste mouvement de protestations sociales ; mais aussi pouvoir « couper court », par ce scrutin anticipé, aux velléités de formation d’un « grand parti du centre » qui regrouperait Kadima (avec Olmert à sa tête ?!) et les fans de Yaïr Lapid …

Il n’empêche : Ce sont surtout ses diverses préoccupations sécuritaires et de politique étrangère qui ont à nouveau poussé le Premier ministre à avancer la date de ces législatives initialement prévues pour l’automne 2013.

 Comme si – et c’est sans doute là l’une des nouvelles donnes capitales de la période ouverte par la difficile présidence d’Obama – Israël ne pouvait être sûr désormais de compter sérieusement sur son traditionnel « ami américain » !
Et ce, même si c’était – bonne surprise pour Jérusalem – Mitt Romney qui l’emportait sur le fil, le 6 novembre prochain …

Source : Hamodia, par Richard Darmon





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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