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Israël : « Jésus au point de contrôle… »


Israël : « Jésus au point de contrôle… »

Du 5 au 9 mars prochains se tiendra à Bethléem la conférence «Christ at the Checkpoint» organisée par un groupe de Chrétiens palestiniens.

«Nicolas Berdiaeff a écrit: «Les Chrétiens s’interposent entre le Christ et les Juifs, dissimulant à ceux-ci le vrai visage du Sauveur.» (Jules Isaac, «Genèse de l’Antisémitisme», Calmann-Levy, Paris, 1985, p. 281)

Photo à la une: Le Bethleem Biblical College – Conférence Christ at the Checkpoint (remarquer la photo de l’enseigne: l’église sur fond du mur de sécurité)

Par Myriam Ouizemann

Du 5 au 9 mars prochains se tiendra à Bethléem la conférence «Christ at the Checkpoint» organisée par un groupe de Chrétiens palestiniens. Visiblement, il s’agit pour les organisateurs de dénoncer l’occupation israélienne des territoires de Judée-Samarie, s’il ne s’agit pas tout simplement de tout Israël, tant l’ambigüité des termes est grande. Que l’on ne s’y trompe pas: nul mot n’est soufflé sur la situation des Chrétiens palestiniens persécutés par les Musulmans palestiniens. Il va de soi que s’il y a persécution, il ne peut s’agir que de la persécution israélienne, juive s’entend.

Les organisateurs, avec une dextérité verbale sans pareille, (toute sucre toute fiel… pardon: toute miel) prétendent traiter de l’occupation israélienne non pas politiquement, mais avec leur foi chrétienne. Pourtant, sous les mots doucereux propres à tromper même l’Institut Van Leer de Jérusalem, c’est bel et bien d’un traitement politique qu’il s’agit. Pour nous en convaincre, le logo du site «Christ at the Checkpoint» se passe de commentaires: une église sur fond du mur de sécurité.  Attention, il ne s’agit pas du mur garantissant la sécurité des Israéliens contre les actes de terrorisme palestiniens, qu’ils soient Chrétiens ou Musulmans, mais du mur que les organisateurs aimeraient bien qualifier de «mur de la honte».

Mais il y a pire: le mardi 6 mars de 10 h à 10 h 30, Yohanna Katanacho, membre du Groupe du Caire de 2008 à 2010 et co-auteur du Document du Caire,  parlera de la communauté chrétienne palestinienne et du «Document du Caire» qu’elle connaît bien.  C’est dire si cette conférence est tendancieuse… Il suffit de jeter un coup d’œil sur ce fameux document présenté le 11 décembre 2009 à Bethléem.  Le site de l’institut Tunisien des Relations Internationales en parle longuement. Il s’agit d’un appel «vibrant» de la communauté chrétienne palestinienne «à leurs frères chrétiens du monde entier pour que cesse enfin l’occupation israélienne de la Palestine» (dont les frontières par ailleurs ne sont pas définies explicitement.

S’agit-il uniquement de la Judée-Samarie? On n’en est pas sûr du tout.) Cet appel du Caire, nous explique-t-on, rappelle un document présenté en 1985 par les Eglises sud-africaines dénonçant l’apartheid qui sévissait alors, appel qui avait entraîné sa chute. Les Palestiniens chrétiens veulent sans doute réitérer le même succès. Allez donc croire que «la nécessité d’une paix accompagnée  de justice»  motive les signataires dudit document: Michel Sabbah, du patriarcat latin de Jérusalem, Munib Younan, évêque luthérien de Jérusalem, l’archevêque Théodosios Atallah Hanna de Sébastia, du Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem…

Leur volonté révélée est d’attirer «l’attention du monde sur le mur de séparation érigé en territoire palestinien, le blocus de Gaza, les ravages causés à leurs terres par les colonies israéliennes, l’humiliation aux points de contrôle, les restrictions en matière de liberté religieuse et le contrôle des accès aux lieux saints, le sort des réfugiés attendant leur droit au retour et des prisonniers croupissant dans les prisons israéliennes, le mépris manifeste d’Israël pour le droit international ainsi que la paralysie de la communauté internationale face à cette tragédie.»

Pas moins. L’appel à la légitime défense d’Israël est bien sûr balayée d’un coup d’encensoir,  car «s’il n’y avait pas d’occupation il n’y aurait pas de résistance». Les sérénissimes auteurs du document font preuve de courte mémoire: ils ont déjà oublié que les «mouvements de résistance (!)» palestiniens ont fleuri dès avant la guerre des Six Jours, avant même «l’occupation israélienne» dénoncée par le document (à moins que pour eux, l’occupation israélienne des territoires s’étend à toute la «Palestine»??? Le flou est de rigueur à ce sujet).

Les mots pour rejeter l’existence d’Israël sont à peine couverts, la promesse biblique de la terre étant pour les signataires du document «une introduction au salut universel» non liée à la terre ancestrale du «peuple de la Bible» (c’est vrai j’oubliais: il s’agit bien sûr des Chrétiens, défini comme «nouveau peuple de Dieu». Les signataires, d’ailleurs, ne le cachent pas: la mission de «lumière pour les Nations» incombe… à l’Eglise de Palestine, évidemment, comme le fait si justement (!) remarquer Sami Awad, l’un des organisateurs de la conférence, dans la vidéo explicative (que l’on peut voir sur le site «Christ at the Checkpoint»).

Et voilà: les grands mots sont lancés: «l’occupation des terres palestiniennes [est qualifiée] de péché à l’encontre de Dieu et de l’humanité». Ni plus ni moins. Les auteurs du document justifient la «résistance» (que les Israéliens qualifient de «terrorisme») car «dans une approche pacifique (sic), la résistance est autant un droit qu’un devoir, car elle a la capacité de hâter le moment de la réconciliation».

Le but des organisateurs est clair: il s’agit, aux dires de Salim Munayer Musalaha, s’exprimant dans la vidéo susdite, de «développer une théologie ici, c’est-à-dire dans le contexte duquel Jésus est né…» [Non, il ne dit pas: Le Pays, mais: le contexte. Je souligne]. Parlerait-il ici de la nouvelle «théologie de la Libération» que prêche Mgr Rafik Houry, l’un des signataires du Document du Caire? Salim Munayer Musalaha continue: «La croix en est le centre».

Se pourrait-il qu’il veuille la prendre «par l’autre bout, et en faire une épée, pour nous frapper avec»? (selon Ernie dans le magnifique passage du livre d’André Schwarz-Bart: «Le Dernier des Justes», p. 298 aux éditions du Seuil, 1959). Effectivement, si, comme le dit Jack Sara, vice-président du Bethleem Biblical College dans la vidéo explicative du site, «le Christ est en train de construire son Eglise ici, parmi les Palestiniens», quel rôle donner aux Juifs revenus sur leur terre? Aucun, selon la vieille habitude antisémite chrétienne. Le Christ serait-il donc Palestinien, comme l’affirme Maurice Buttin, ancien président du Comité France-Palestine? («les Palestiniens peuvent bien affirmer aujourd’hui non pas «Jésus était palestinien», mais «Jésus est palestinien», comme Il est de chacun des peuples de la terre qui croient en lui.»)

Oui on parle beaucoup de paix, de foi, de vérité dans la présentation de cette conférence. Beaucoup. Cependant, il est clair qu’en fait de paix, cette conférence veut réconcilier les Chrétiens entre eux («l’Eglise est une», affirme Jack Sara) pour développer le terrorisme, vu comme un moyen licite d’en finir avec l’occupation israélienne.

Il est vrai que Jésus a traité ses coreligionnaires les Juifs de son temps, dans un moment de colère, de «génération méchante et adultère» (Mt 12, 39). Que ne dirait-il pas à ces Chrétiens dont les motivations sont aussi floues que les frontières de ce qu’ils appellent Palestine?

«Jésus au point de contrôle»… s’il s’y présente, sûrement, un soldat lui dira «shalom». Il répondra par la même salutation: «shalom», puis le soldat jettera un coup d’œil dans sa voiture et lui fera un petit signe de la main, comme c’est le cas pour ces milliers d’Israéliens qui l’empruntent pour se rendre chez eux, à leur travail ou en visite chez des amis. Et Jésus saura se sentir chez lui au sein de ce peuple qui, comme lui, porte le tallit, comme lui, se rend à la synagogue, comme lui, lit dans le rouleau de la Thorah chaque shabbat…  Oui, Jésus est bien «un simple Juif, comme ton père, une sorte de hassid… et je te parie qu’ils se seraient bien entendus tous les deux, car c’était vraiment un bon Juif, tu sais, dans le genre du Baal Shem Tov: un miséricordieux, un doux. Les Chrétiens [antisémites – M.O.] disent qu’ils l’aiment, mais moi je pense qu’ils le détestent sans le savoir…» (Ernie à Golda dans le livre d’André Schwarz-Bart: «Le Dernier des Justes», p. 298 aux éditions du Seuil, 1959).

Myriam Ouizemann pour Israêl-flash

http://www.christatthecheckpoint.com/ (vidéo explicative)

http://tunisitri.wordpress.com/2009/12/15/le-document-kairos-palestine/#more-816

http://www.approches92.com/jesuspalestinien.htm (Du site de Maurice Buttin)





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 5 thoughts on “Israël : « Jésus au point de contrôle… »

    1. Parole

      Il est clair qu’il s’agit de faux chrétiens manipulés pour faire croire que tous les chrétiens sont pro-palestiniens ….. ÉNORME MENSONGE
      Je vous conseille de développer de très fortes relations avec les vrais chrétiens comme mur de défense contre le mensonge …

      Faites donc le tour des églises qui l’acceptent d’Europe et plus loin …. Pour partager la vérité .

      Il y aura des églises qui diront NON, autant pour vous de savoir qui est qui !!! Mais il y aura des églises qui diront OUI c’est ce qui pour vous sera votre force …. Car Jésus n’a jamais dit que son peuple était abandonné ne rejeté , jamais …… JUSTE ENDORMI pour que entrent les nations païennes dans la foi au vrai D. et c’est justement, comme l’avait annoncés les prophètes , qu’Israël serait porteur de lumière pour les nations …..par ce Juif qui est venue mourir pour la réconciliation entre les juifs et les païens devenus chrétiens (croyant au vrai D.) (DANS LA Bible Romains 11).

      Les chrétiens qui se disent pro-palestiniens sont en faite endoctrinés et en dehors du plan de D. Ils seront jugés …..

      Autant pour vous de rechercher des liens d’amitiés intenses avec ceux qui sont dans le plan de D. , Là sera votre force et….. notre salut à tous face au terrible mensonge de l’Islam .

    2. Jacqueline

      Je viens de lire cet article et je tiens à vous faire part de mon
      indignation. Cette conférence ne générera que de la haine envers l’état
      Hebreu. Je suis chrétienne de rite catholique et j’ai honte, honte
      devant l’attitude de certains chrétiens orientaux qui oublient trop
      souvent qu’ils sont discréminés par….les musulmans. Si Bethléem se
      vide de ses habitants chrétiens ce n’est pas nécessairement en raison
      du conflit actuel. Légitimer le terrorisme ( la résistance !!! laissez-moi
      rire) est un « péché ». Attenter à la vie d’innocents est un crime.
      Qui sont réellemnent ces chrétiens palestiniens ? Ne craignent-ils pas
      de redevenir des dhimmis au sein du futur état palestinien ?

      Je ne m’associerai donc pas à cet appel car j’y vois un message subliminal
      celu de la disparition de l’état juif et cela je ne le veux pas.
      Shalom
      Am Israël Hai

    3. Paul

      Heureusement que tous les chrétiens ne sont pas devenus palestinolâtres et antisionistes. Pourtant nombreux étaient ceux qui soutenaient les palestiniens musulmans dans leur combat contre l’état juif. Mais les chrétiens du proche-Orient savent qu’ils n’ont aucun avenir dans la région (et je ne citerai que Gaza et l’Egypte), excepté en Israel pays ouvert, tolérant… où la liberté de culte n’est pas un vain mot.

    4. Rony d'Alger

      Un universitaire, Eric Marty, dans une étude consacrée au mensonge de Sabra et Chatila, étude parue il y a quelques années dans la revue « les Temps Modernes », avait remarqué que la parole des Chrétiens d’Orient ne pouvait le plus souvent pas être prise en considération pour la bonne raison qu’ils n’étaient pas libres, qu’ils étaient des OTAGES. Effectivement ils doivent sans arrêt donner des gages de leur loyauté à ceux qui commandent, à savoir leurs maîtres arabo-musulmans qui, il faut le rappeler,ne tolèrent absolument pas de leurs dhimmis la moindre tentative d’autonomie. Cela étant, beaucoup de Chrétiens d’Orient ne sont pas dupes mais ils ne sont pas libres de s’exprimer. Ce que savait Elias Fredj, l’ancien maire de Bethlehem(Bethléem) qui avait supplié le gouvernement Israëlien de renoncer à céder sa souveraineté sur cette ville à l’autorité palestinienne, car disait-il cela conduirait à mettre fin au caractère chrétien de cette cité.
      Effectivement dès ce transfert de souveraineté, Arafat fit construire une mosquée dont le minaret dominait le dôme de la basilique, conformément aux règles régissant la vie en « terre d’islam ». Et très rapidement,Bethléem qui comprenait une population majoritairement chrétienne devint une ville à majorité musulmane. Et comment l’autorité palestinienne peut-elle à la fois nier l’existence des deux temples à Jérusalem et reconnaître l’existence de Yéshou(Jésus), fils de Myriam et de Yossef, qui fréquenta ce Temple et y prêcha. Comment peut-on dire qu’il chassa les marchands du Temple et en même temps prétendre que ce Temple n’a jamais existé. Il est vrai les gens de Ramalah ont toujours été partisans d’une réécriture de l’histoire et Arafat avait osé dire que  » Jésus était le premier palestinien persécuté par les Juifs « . Mais L’Eglise reconnaît la judéité de Jésus.

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