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Inauguration des Pavés de la Mémoire à Bruxelles sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme »


Inauguration des Pavés de la Mémoire à Bruxelles sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme »

lettre ouverte à propos d’une cérémonie à Bruxelles: « Monsieur le bourgmestre, vous avez sans doute dû vous donner beaucoup de mal pour préparer un texte en commémoration à la déportation des juifs de Bruxelles, sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme ».

Lettre ouverte à :
L’Association pour la Mémoire de la Shoah
La ville de Bruxelles, et son représentant, Monsieur le bourgmestre Freddy Thielemans
Le CCOJB, et son président, Monsieur Maurice Sosnowski

 

« Monsieur le bourgmestre, vous avez sans doute dû vous donner beaucoup de mal pour préparer un texte en commémoration à la déportation des juifs de Bruxelles, sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme ».

Mesdames, Messieurs,

En tant que petite-fille d’Itskhok et Esther Zaslavsky, déportés depuis Bruxelles et gazés à Auschwitz en 1944, c’est avec une émotion toute particulière que j’ai pris part à l’inauguration des pavés de la mémoire, justement en leur mémoire, pour la première fois depuis 68 ans.

J’imagine que les autres descendants des familles présents ce lundi 5 mars à Bruxelles étaient dans le même état d’esprit que le mien : nos parents et grands parents qui n’ont jamais eu droit à une sépulture sont enfin honorés individuellement, non seulement par leur famille mais également par les autorités de la ville de Bruxelles.

Je ne vais pas revenir sur l’initiative de la pose de ces pavés et du travail remarquable effectué par l’Association pour la Mémoire de la Shoah, que je remercie ici, ainsi que son représentant, Monsieur Eric Picard.

Permettez-moi  d’avoir une pensée pour mes grands parents assassinés. Ils ont été déportés et gazés parce qu’ils étaient juifs.
Au sein de la communauté juive, il y a diverses tendances religieuses et philosophiques qui sont toutes respectables. Je pense pouvoir dire sans me tromper que parmi nos chers disparus, d’avant 1945, la grande majorité d’entre eux étaient des juifs « traditionnels », plus ou moins pratiquants. Alors je ne comprends pas la présence d’une femme rabbin (qui plus est, aux dires de certains, aurait été exclue et ne serait dès lors plus «rabbin»). Pourquoi heurter la mémoire de nos disparus  avec la présence d’une femme rabbin ?

Où bien cette cérémonie restait strictement académique et aucune prière ne devait être prononcée au sein d’une école laïque, – chaque famille, ayant l’occasion de prononcer le « Kaddisch », la prière des morts, individuellement devant les pavés – ou bien on acceptait la présence d’un rabbin « fédérateur », par exemple, celui de la grande synagogue de Bruxelles, en harmonie avec le culte de nos parents assassinés.

Je ne m’attendais pas à une cérémonie mondaine ; nous voulions juste honorer nos chers disparus et transmettre aux générations futures un message d’espoir et de tolérance. Il ne s’agissait pas non plus d’une cérémonie familiale, intimiste, mais bien d’un acte officiel, en présence de différents représentants politiques et des enfants des écoles du quartier.

Quel message avons-nous transmis à ces enfants ? Avec quelle image ils repartiront de cette cérémonie ? Mais surtout comme j’ai eu honte du déroulement de cette matinée.

Je ne sais pas qui dans l’organisation fut en charge de quoi. Mais peu importe, il est de la responsabilité de chacun et tout particulièrement des services de Monsieur le bourgmestre Thielemans et du CCOJB de faire en sorte, qu’un hommage, enfin rendu  après 68 ans, se fasse dignement.

Je tiens  le CCOJB pour co-responsable, puisque non seulement son président, Monsieur Sosnowski était présent, mais de fait, en tant qu’organisation chapeautant toutes les autres, elle se devait – elle se devrait- de s’inquiéter du déroulement d’une telle cérémonie. Et si comme je le crains le CCOJB ne l’a pas fait en amont, son président aurait dû au moins interpeller les autorités politiques belges pour dénoncer le dénuement de cette commémoration en mémoire de la Shoah.

Comment peut-on concevoir que l’assistance se réunisse dans une salle de gymnastique d’une école, sans chaise, sans estrade, sans micro ? Comment peut-on envisager de laisser des personnes pour la plupart âgées, mais aussi les enfants, debout, pendant plus d’une heure pour écouter les discours ?

Comment peut-on faire dire des discours à un bourgmestre, une échevine de l’instruction publique et de la jeunesse, un éminent écrivain, sans micro, juste avec un mégaphone ne fonctionnant même pas correctement ?

J’ai eu honte pour vous, Monsieur le bourgmestre, lorsque vous avez grimpé sur une chaise, mégaphone à la main, pour faire votre discours. Où étions-nous ? A une manifestation d’étudiants contestataires où à une commémoration aux morts ? Avez-vous oublié pourquoi vous étiez là, Monsieur Thielemans ? Où sont la décence et la rigueur que l’on est en droit d’attendre d’un responsable politique dans de telles circonstances ? 

Lorsqu’une des personnes de l’assistance vous a interpellé sur le fait qu’il n’y avait pas de possibilité de s’asseoir, vous lui avez répondu de façon sarcastique. « On fera mieux la prochaine fois ». De quelle « prochaine fois » parliez-vous Monsieur le bourgmestre ? Cette cérémonie n’était pas la première, puisque vous étiez déjà présent le 13 mai 2009 à l’inauguration des pavés de la mémoire au 37 rue du Lavoir.

J’ai eu honte pour Monsieur Pierre Mertens, qui malgré ces conditions désastreuses – il n’est lui non plus, plus tout jeune, et il a dû s’asseoir sur la scène de la salle de gymnastique, à même le sol, pour que le public puisse le voir – a prononcé un discours remarquable, pour lequel je tiens ici encore à le remercier.

Et enfin, comme si cela ne suffisait pas, le « Drink » prévu en clôture s’est fait avec beaucoup de retard (alors qu’une grande partie des participants avait déjà quitté les lieux), parce que « le camion avec les boissons s’était perdu ».

Quant à votre discours, Monsieur le bourgmestre, vous avez sans doute dû vous donner beaucoup de mal pour préparer un texte en commémoration à la déportation des juifs de Bruxelles, sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme ».

Nous étions reçu chez « vous » Monsieur le bourgmestre. Dans la salle de gymnase d’une école de votre commune.
Vous ne nous avez pas bien reçu, Monsieur le bourgmestre.

EJP





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 3 thoughts on “Inauguration des Pavés de la Mémoire à Bruxelles sans prononcer une seule fois les mots « juif » ou « antisémitisme »

    1. Moshé007

      Pourquoi y t-il encre des Juifs dans ce pays, déjà les diamantaires ont fuis en grande partie en Israël, cela est une aubaine pour Israël, un chiffre d’affaire profitant au pays, alors, à tous les Juifs de Belgique, prenez la bonne décision, laissez ce pays sans Juif, comme le discours de ce petit nazi à peine couvert !!!!

      Juifs de belgique, Israël vous tend ses bras alors que ce pays qui vous abrite semble vouloir oublier son passé, regardez vers le futur, ne vous replongez pas dans cette fange, allez dans le pays où coule le lait et miel et surtout l’amour de son prochain !!!

    2. Pierre

      Avec un Thielemans de plus, pas étonnant qu’une grande majorité de la population juive ait été déportée de Belgique…
      Qu’attend celle qui reste pour quitter ce pays ?

    3. Paul

      Il se passe quelque chose d’inquiétant en Belgique, avec la complicité parfois passive, souvent active des pouvoirs publics. Cette cérémonie n’en est qu’un épisode supplémentaire.

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