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Peut-on encore être un écrivain Juif en France ? par Marco KOSKAS


Peut-on encore être un écrivain Juif en France ? par Marco KOSKAS

Si l’on peut encore être publié en tant qu’auteur juif en France, c’est seulement  à certaines conditions. D’abord se déclarer clairement anti-israélien, tout au moins critique à l’égard d’Israël. Les nouveaux stéréotypes médiatiques, systématiquement hostiles à l’état juif, ont sonné le glas de l’époque précédente. La victimologie palestinienne y est sans doute pour quelque chose, et l’accroissement exponentiel de la population musulmane en France également.

Deuxième condition pour être écrivain juif en France aujourd’hui: n’avoir aucune pratique religieuse. En somme être juif d’origine  et seulement d’origine. Comme les premiers chrétiens, ou comme les marannes. Mais qu’est-ce que ça veut dire  » être juif »,  si l’on n’a ni foi en la Thora ni amour de l’Etat d’Israël ?

PEUT-ON ENCORE ETRE UN ECRIVAIN JUIF EN FRANCE ?

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par Marco KOSKAS

Quand j’ai publié mon premier livre, en 1979, les juifs étaient à la mode. Il y avait une production éditoriale très importante sur les thèmes juifs, on découvrait Lévinas et Jankélévitch, et le jeune roman juif commençait à prendre son essor; le roman sépharade, s’entend. Ce roman là se différenciait de la littréature ashkenaze en ce qu’il n’était pas marqué par la Shoah. A l’époque, les médias et la critique firent bon accueil à cette production aux senteurs d’anisette et de jasmin. J’avais été récompensé par plusieurs prix, tout comme mes camarades Gilles Benaych, Paula Jacques ou Chochana Boukhobza.   Nostalgique, sensuelle, un peu burlesque aussi, cette prose  frappait les esprits par la jeunesse de ses auteurs, qui n’avaient connu leurs pays d’origine que le temps d’une enfance; par ouïe dire, en fait. Mais si cette littérature s’était soudain  mise à éclore, c’est aussi  parce que nulle part dans l’histoire officielle de la décolonisation, la déjudaïsation des pays arabes n’avait  même été évoquée. Les écrivains sépharades compensèrent ainsi les lacunes et les  » oublis » pudiques des historiens. Nous nous étions mis à écrire pour que cette  » négligence  » ne nous fasse pas tomber pas dans l’oubli. Ou la littérature pour réparer les errements de l’historiographie…

NOUVEAUX STEREOTYPES

30 ans plus tard, le phénomène exactement inverse est en train de se produire. Si l’on peut encore être publié en tant qu’auteur juif en France, c’est seulement  à certaines conditions. D’abord se déclarer clairement anti-israélien, tout au moins critique à l’égard d’Israël. Les nouveaux stéréotypes médiatiques, systématiquement hostiles à l’état juif, ont sonné le glas de l’époque précédente. La victimologie palestinienne y est sans doute pour quelque chose, et l’accroissement exponentiel de la population musulmane en France également. Sans conteste, par son importance, la clientèle arabe locale dicte aux médias français d’autres priorités. En tous cas quelque chose a changé; quelque chose d’inquiétant aujourd’hui et de probablement terrifiant demain. La mode actuelle est à la banalisation d’un Tariq Ramadan, pourtant adepte de la lapidation des femmes adultères et de la charia; à la glorification des criminels du Hamas par un vieillard faussement angélique comme Monsieur Hessel; à la condamnation obsessionnelle de la démocratie israélienne.

Deuxième condition pour être écrivain juif en France aujourd’hui: n’avoir aucune pratique religieuse. En somme être juif d’origine  et seulement d’origine. Comme les premiers chrétiens, ou comme les marannes. Mais qu’est-ce que ça veut dire  » être juif »,  si l’on n’a ni foi en la Thora ni amour de l’Etat d’Israël? Et en quoi ça consiste alors?

MON SON DE CLOCHE

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Aujourd’hui, si je suis encore publié par un grand éditeur français, je n’ai pourtant aucune chance de passer le barrage de la télé, en raison de mes positions pro-israéliennes. Aucune antenne ne me sera ouverte pour dire que j’ai quitté la France parce que mon fils ne peut pas marcher dans les rues avec une kippa sur la tête, sans risquer de se faire agresser. Mon fils a ses raisons, et elles sont religieuses; les miennes sont politiques. Nos raisons ne sont pas semblables mais elles nous ont mené à la même conclusion: nous avons plié bagage.

Il y a 50 ans déjà, ma famille ainsi qu’un million d’autres juifs avaient  dû quitter les pays arabes où ils vivaient pourtant depuis des siècles, faute de pouvoir dire leur amour pour Israël. Jamais les historiens n’ont pris la peine de se pencher sur cet exode massif, et ses raisons profondes. Tout le monde a fait comme s’il était logique pour les juifs, peut-être même normal, d’être chassés en masse de chez eux au seul prétexte que les pays où ils vivaient étaient désormais dirigés par des nationalistes arabes. Il s’agissait pourtant d’une véritable épuration éthnique, mais elle ne porta jamais ce nom; elle n’eut jamais non plus l’écho que donnèrent à leur exode les  250.000 palestiniens qui quittèrent la Palestine en 1948. Il y a  pourtant un parallèlle évident entre ces deux situations. Or, ce parallèle a été occulté par les historiens, et continue de l’être par les médias aujourd’hui. Mon travail est de le faire entendre, de le rabacher s’il le faut, puisque c’est  un parallèlle indéniable. Mais si je n’ai pas le droit de faire entendre ce son de cloche, que me reste-t-il comme autre alternative que l’exil? Aucune loi ne m’interdit de passer à la télé en tant que juif pro-israélien, heureusement. Mais dans les faits, c’est tout comme.

CULPABILITE POST-COLONIALE

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J’ai un peu réfléchi à cette question, et je me suis résigné à penser que la culpabilité post-coloniale à l’égard des arabes, devait avoir refaçonné l’imaginaire collectif, donc le regard des médias. On se souvient sans doute que l’hostilité française pour Israël, commence avec la fameuse phrase-culte de De Gaulle sur  » le peuple d’élite, sûr de lui même et dominateur ». Phrase prononcée en 1967, c’est à dire à la fin de la décolonisation, au moment où va avoir lieu la  Guerre des Six Jours. Ce n’est pas un hasard si De Gaulle devient hostile à son ancien allié israélien après l’achèvement de la décolonisation. Deux représentations du peuple juif se succèdent alors dans l’imaginaire gaulliste; la victime du nazisme est devenue un guerrier triomphant. Du même coup, les interdits qu’a créés la Shoah s’avèrent trop contraignants, comme s’ils avaient empêché un certain antisémitisme cérébral de s’exprimer librement depuis la Libération; comme si enfin, il était urgent de se défausser de sa culpabilité coloniale sur  l’état d’Israël, aux prises lui aussi avec d’acerbes nationalismes arabes. Peu à peu le sionisme est ainsi devenu, non pas la seule utopie du XIXeme qui ait produit de la démocratie et des richesses, mais un gros mot.

L’Intifada puis l’opération Plomb Durci sur Gaza, ont achevé ce reconditionnement, et nous voici au terme d’un processus qui pourrait aller – qui sait ? – jusqu’à la déjudaïsation de la France, ou la rupture des relations diplomatiques entre la France et Israël. Certains manuels scolaires sont déjà contaminés par l’hostilité gaullo-hesselienne à l’égard de l’état juif, et la gauche gâteuse use systématiquement des termes infâmants comme  » apartheid » à l’égard d’Israël, dès qu’un problème surgit entre Nathanyaou et l’Autorité Palestinienne. Chaque jour apporte son eau de Vichy au moulin de l’antisémitisme ordinaire, plus ou moins maquillé en israélophobie. Or, peu ou prou, tous les juifs aiment Israël. Bien sûr, c’est un amour plus ou moins critique mais c’est de l’amour quand même et l’amour ça ne s’explique pas. C’est justement cet amour qui posera problème en France dans les temps à venir.  Si je veux pouvoir dire mon amour, ou même ma tendresse, pour ce pays fascinant il ne me restera que les réseaux sociaux ou la presse communautaire  la plus confidentielle pour m’exprimer. N’ayant pas accès aux grands médias, les éditeurs pourront également me tourner le dos faute de pouvoir faire connaître mes livres.

On me rétorquera que plein de juifs ont des positions-clefs dans les médias et que ma prédiction n’est qu’un pur fantasme. N’empêche que les médias sont systématiquement anti israéliens, même avec des juifs à leur tête. C’est sans doute que la marranisation des esprits est en marche.

Marco KOSKAS
Ecrivain, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier « Mon coeur de père » a été très remarqué :

 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 7 thoughts on “Peut-on encore être un écrivain Juif en France ? par Marco KOSKAS

    1. Guila Iman

      J’ai aime votre article mais pas ses lamentatins !!! ne savez vous pas que l’Etranger a toujours aime le Juif quand il est ecrase, sans defence,le petit « david »charfmant facile a ECRASER !!! MAIS QUAND LE jUIF DEVIENT FORT LEVE LA tETE… ILS COURENT AUDEVANT POUR LA COUPER !!!! l’antisionisme et l’antisemitisme NE DISPARAITRA JAMAIS car nous serons toujours a leurs yeux des deicides, et pour les musulmans les createurs de la Sainte Bible qu’ils ont plagie (lisez le coran et vous verrez les memes histoires !!!! Mais Mr savez vous qu’il fait bon de vivre en Israel ??? c’est un bonheur d’avoir creer cette democratie et ce respect de l’autre quui n’a pas les memes idees ! Je vous salue

    2. Simone Casabon

      Bonjour Monsieur !

      Peut-on encore être juif en France ? Cette question, je me la pose de plus en plus.Et peut-être qu’ au lieu de me la poser, je ferais mieux de faire mon alya avant qu’ il ne soit trop tard.Mais, hélas, je crois qu’ il est déjà trop tard , pour moi. Je n’ ai plus les moyens financiers de partir.Avant, j’ allais tous les ans en Israel.Cela fait 6 ans que je ne peux plus et ça me fait bien râler.J’ ai des amis non-juifs qui m’ écoutent avec indulgence, parce qu’ ils sont mes amis, mais me trouvent bien excessive et ne me croient pas quand je parle de la fourberie palestinienne, de l’ invention de ce peuple,(oui, j’ ai lu Horowitz).Et zut ! Ma bibliothèque est bien fournie en livres d’ auteurs juifs, mais je n’ ai encore rien lu de vous.Je vais réparer ça, donc bienvenue dans ma bibliothèque.Et merci de cet excellent article.
      Chalom !

    3. Yoram

      Un jour il faudra bien qu’ils choisissent entre un peuple Juif qui a apporté la médecine, la science et nombre d’autre chose qui ont fais l’occident et le monde Arabe qui n’exporte pas grands chose et qui ne leur rapporte pas grand chose!

    4. Martine

      Il me semble qu’il faut faire confiance à D. Car qu’es que l’homme pour qu’on se souvienne de Lui . Tu l’a fait de peu inférieur à D. Seigneur et tu as tout mis sous ses pieds. Tu l’as couvert de gloire et puis l’homme c’est détourné de toi Seigneur pensent être quelque chose. Il c’est empressé de s’appuyer sur son intelligence en oubliant qu’elle lui venait de toi . Il s’est coupé du divin de sa sagesse et de son conseil puis rebelle il est parti dans les nations pour revendiquer sa reconnaissance …. Nous voulons êtres comme les autres nations ….! D.ieu a exaucé cette prière….. Car D.ieu nous accorde ce que notre cœur désire.

      M%ais qui es tu juif airant ? Où est ton peuple ta terre et ta foi???

      Retourne de d’où tu viens ….car D.ieu a un projet pour toi qui est celui d’être lumière dans les nations …. Mais pas seulement avec ton savoir tes compétences et ton intelligence mais avec l’aide du D.ieu saint pour amener sur cette terre la sagesse d’en haut et repousser les fanatismes morbides des hommes non régénérés par la puissance du D.ieu SAINT

      ZACHARIE 14 A LIRE EN ENTIER ET RETENIR LES VERSETS 16 à 21

      Laisse D.ieu juger les nations , toi entre en obéissance et suis le .

    5. DEBOIS

      Hélas, ce que vous dites est une vérité de plus contre Israël. Mais lisez l’apocalypse dans une bible protestante, et vous verrez que la gloire de Dieu reviendra au dessus d’Israël , de Jérusalem. Car Israël est le peuple élu de Dieu qui vous aime. Vous avez tjrs souffert, vous souffrez encore, mais un jour, vous verrez la gloire de Dieu. Et je vous le souhaite de toutes mes forces. Les Hommes ne veulent pas vous aimez mais Dieu vous aime : et ça, c’est cent fois mieux. Une amie évangélique

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