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Les « sections d’assaut » des nouveaux antisémites, par Shmuel Trigano


Les « sections d’assaut » des nouveaux antisémites, par Shmuel Trigano

A part quelques acteurs publics comme Sammy Ghozlan du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, le Centre Simon Wiesenthal, le Centre de Recherche et de Documentation sur l’Antisémitisme, la démobilisation de la communauté juive face au boycott d’Israël est inquiétante.

La récente annulation de la conférence sur « l’apartheid de l’État d’Israël » qui devait se tenir à l’Université de Paris 8 est une victoire, mais cet événement n’est que la face émergée d’un iceberg bien plus vaste.

L’opinion juive a plus ou moins entendu parler des descentes des commandos de boycott dans les grandes surfaces afin de ternir l’image des produits venant d’Israël. Comme il s’agit de nourriture, c’est d’ailleurs toujours le mythe antisémite typique des Juifs buveurs de sang et mangeurs de chair humaine qui revient.

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Mais il y a aussi toutes sortes d’actions formellement violentes qui se produisent. Récemment le 18 septembre contre une dégustation de vins et le salon de l’immobilier Icube, le 19 novembre au New Morning contre le festival Klezmer, le 12 décembre contre le gala du Technion, le 9 janvier contre la conférence de l’ambassadeur d’Israël à Montpellier, le 2 février contre le gala de l’AUJF à Bordeaux, le 5 février contre les locaux du KKL.

En quoi consistent ces actions ?

Elles sont planifiées : Un commando de 30 à 50 boycotteurs arrive en bus, voire plus, et se livrent à des actions de violence symbolique : Poser des chaînes sur les portes, construire un mur en carton, monter sur le toit avec des drapeaux palestiniens, distribuer des tracts, crier des slogans, etc.

Leur objectif est de plaquer sur le visage des Juifs une marque de discrédit, d’attenter à leur image, de telle sorte que le public et la société se détournent d’eux, les soupçonnent et finissent par empêcher toute manifestation publique juive pour des raisons de « trouble à l’ordre public ».

L’objectif n’est donc pas tant le boycott que l’image des Juifs. Je dis bien des Juifs car c’est à eux concrètement que s’attaquent les boycotteurs. L’action, la plupart du temps symbolique et théâtrale, peut se contenter parfois de n’être qu’une menace engendrant une parade et donc, surtout, une publicité embrouillant l’image des Juifs.

(Lors du boycott antijuif, des hommes des SA (Sturmabteilung, section d’assaut) portent des bannières disant “Allemands ! Défendez-vous ! N’achetez pas chez les Juifs!” Berlin, Allemagne, mars ou avril 1933).

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Ces commandos rappellent les sections d’assaut nazies qui jouèrent un grand rôle dans le boycott des magasins juifs dont l’apothéose fut la nuit de Cristal. A leurs yeux aussi, les Juifs étaient des monstres et leur violence se grimait derrière une cause morale. Aujourd’hui, ils ne portent plus de chemises brunes mais le keffieh ou le châle de soie du Fatah. Nous avons là souvent des militants naïfs d’une cause à laquelle ils ont été systématiquement endoctrinés, dans l’esprit d’un gauchisme de pacotille. Ce qu’il importe de voir, c’est qui se tient derrière cette organisation mondiale tentaculaire, qui se sigle comme BDS (boycott, désinvestissement, sanction), dispose de grands moyens, de réseaux de complicités et est très implantée dans les campus universitaires.

L’absence des Juifs – et notamment de la jeunesse juive – sur le terrain est dramatique et elle témoigne d’une démission qui en dit long sur la débandade qui s’annonce. C’est le résultat d’une politique et d’une morale défaitistes qui ont sapé intellectuellement et moralement la confiance en la cause juive, et qui ont fait des Juifs les petits facteurs de la cause palestinienne.

Or il y a de quoi renforcer la confiance en la cause d’Israël. On peut se demander en effet où est l’apartheid ?

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La constitution et la pratique du supposé État de Palestine présentent des traits, toujours masqués pour séduire les Occidentaux, d’un nationalisme fondé sur la race et la religion, qui ne reconnaît pas l’égalité des droits de tout homme [1], sans parler de sa « loi fondamentale » qui prône la disparition de l’État d’Israël. La fuite massive des Palestiniens chrétiens, à défaut de Juifs censés ne plus se trouver dans cet État, en est la preuve la plus éclatante, mais aussi le témoignage quotidien de la presse et de la télévision. Ce n’est qu’en agitant sans répit le caractère profondément rétrograde du nationalisme palestinien , partout où il sera question de Palestine, que l’avilissement permanent d’Israël pourra être combattu.

  • A partir d’un chronique sur Radio J, du vendredi 24 février 2012.

Notes

[1] Cf. Shmuel Trigano, « Le refus palestinien d’un État juif » in Controverses 7, février 2008, où ces aspects de la Constitution palestinienne sont analysés. Cf. http://www.controverses.fr/pdf/n7/t… Après tant d’années de désinformation et de propagande, un état de faits s’est créé, et déjà à l’Université où l’enseignement, pire, la recherche, diffusent une vision idéologiquement biaisée d’Israël. Les cas peuvent être cités. A fortiori les étudiants

Source : Des Infos.com





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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  • 3 thoughts on “Les « sections d’assaut » des nouveaux antisémites, par Shmuel Trigano

    1. levi p.

      mr. trigano, la non mobilisation n’est pas une demission.mais un manque de conscience. nous sommes intellectuellement déconnectés de la realité . je dois, dans chaque conversation avec mes proches, faire intervenir le shoa et decrire cruement certains actes commis dans les camps ,rappeler les nombreux massacres,genocides vécus tout au long de ces 2000 ans pour que mon interlocuteur s’eveille a mes propos et se sente concerné par ces actions anti juive dites anti-sioniste. je pense, j’en suis sur, que la premiere action contre ces actes est une reunion, suivie d’action pour sensibiliser, mobilisé,la communauté.

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