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Israël, la mauvaise conscience de l’occident… [3/4 et 4/4] – Par Yaakov Rotil


Israël, la mauvaise conscience de l’occident… [3/4 et 4/4] – Par Yaakov Rotil

Israël, la mauvaise conscience de l’occident… [1/4 et 2/4]

Ce que j’ai plus de mal à comprendre, c’est l’attitude des juifs eux-mêmes. Pourquoi un certain nombre d’entre eux, et pas toujours des moindres, donnent-ils tête baissée dans la propagande des ennemis d’Israël ? Car enfin, ces ennemis ne se cachent pas d’être des ennemis irréductibles.

Serait-ce cette fameuse haine de soi ? Pour certains, sans doute. Et c’est peut-être là que se situerait plus justement l’héritage de la Shoah.

Mais pas pour tous.

Et j’en viens au troisième motif de mon chagrin.

C’est que, pour d’autres juifs, en tout cas certains, je me demande s’ils sont bien au clair avec Israël, justement.

S’il n’y a pas chez eux un sentiment de culpabilité, ou un malaise – je ne sais comment dire exactement, qui viendrait d’un conflit intérieur. Au fond, n’ont-ils pas mal à leur Israël ?

A cela s’ajoute bien sûr une énorme pression, que je ne méconnais pas.

Celle-ci résulte précisément de la façon dont est présenté Israël par les médias, ainsi que la classe politique, dans un certain nombre de pays occidentaux. Ainsi en est-il un qui ne s’est pas embarrassé de diplomatie, c’est le maire de Malmö qui a quasiment sommé, il y a quelques mois, de se distancer d’Israël, sous peine de ne pas bénéficier de sa protection. Il faut dire qu’en cette ville, la population musulmane est très nombreuse.

Les juifs de Malmö, la plupart d’origine polonaise dont les parents avaient fui le nazisme, sont donc en train d’arriver en Israël. J’en ai rencontré, en mai dernier, à Tel Aviv.

En France, la pression augmente aussi. Il est encore possible de l’ignorer, ou d’espérer qu’elle ne deviendra pas un jour insupportable. Mais l’immigration en Israël augmente, et l’émigration vers les USA aussi, notamment dans la région de Miami.

Les juifs de France, mais plus généralement d’Europe, sont donc ballottés entre des sentiments divers. Comme ils aimeraient un Israël parfaitement bien vu du monde entier ! Cela serait sans doute plus facile pour eux. D’où, chez eux, des critiques, parfois des exigences. Ils se disent attachés à Israël, et sans doute le sont-ils à leur manière, mais ce n’est pas l’Israël qu’ils rêvent, qu’ils fantasment, ce n’est pas leur Israël.

Je connais beaucoup de juifs qui ont quelque relation avec Israël et qui croient tout en connaître. Ils sont très nombreux à avoir ici de la famille, certains y ont même un appartement, et viennent de temps en temps y passer un moment.

Ils s’imaginent alors connaître le pays, et s’autorisent toutes sortes de jugements à son sujet.

C’est exactement comme si moi, qui ai quelques cousines aux U.SA., j’allais y passer quelque temps et m’imaginais ensuite connaître ce pays. L’on me rirait au nez, bien sûr. Mais on ne rit pas au nez des juifs, d’abord parce que cela ne se fait pas, ensuite, peut-être parce qu’il y a comme un petit malentendu ?

Ce petit malentendu vient de la loi du retour. Je ne voudrais pour rien au monde qu’elle soit modifiée, mais elle induit ce malentendu, dont on a compris que je le tiens pour considérable et non pas petit: certains s’imaginent que, parce que l’Etat d’Israël peut devenir, sur simple manifestation de leur désir, leur pays à part entière, c’est exactement comme s’il était déjà leur pays.

Or, cela est faux. Israël est, par destination et de façon potentielle, le pays de tout juif qui le souhaite, mais de façon factuelle et pour l’instant, c’est juste et simplement celui des israéliens. De tous les israéliens, juifs, arabes ou autres, mais exclusivement des israéliens.
Et ces juifs-là, qui connaissent en réalité bien peu Israël et la société israélienne, se croient alors autorisés à toutes sortes de commentaires, de jugements, de recommandations diverses et variées.

Selon certains d’entre eux, par exemple, il faudrait réformer le système électoral, parce que le nôtre ne permet pas l’émergence d’une majorité claire à la Knesset. Pour ma part, mon opinion à ce sujet n’est pas définitive, je constate toutefois que dans nombre de pays où une majorité claire peut sortir des urnes, la démocratie tourne bien souvent à la démagogie. Mais c’est vrai que nous pratiquons le pilpoul depuis au moins deux millénaires, et ce qui peut se pratiquer ici n’est pas forcément exportable.

Il faudrait aussi, selon beaucoup d’entre eux, que les religieux aient moins, voire plus du tout de pouvoir au niveau politique. Mais quoi ! Nous avons été persécutés 2000 ans en raison de notre religion – et avons aussi traversé les siècles grâce à elle – et les religieux ne devraient pas avoir droit au chapitre dans le seul pays juif ?

Et puis il y eu, il y a bientôt deux ans, ce truc absolument délirant, cet « appel à la raison ». J’aurais bien du mal à décrire correctement la colère qui a été la mienne à ce moment. Je pus alors mesurer la distance, l’abîme abyssal qu’il y a entre certains juifs de la diaspora et Israël.

Que ceux-là préfèrent demeurer en diaspora, cela les regarde. Qu’ils ne veuillent pas profiter des aides que leur offre Israël pour venir s’installer au pays, c’est leur choix. Mais alors qu’ils s’abstiennent de tirer sur l’ambulance, et qu’ils n’excipent pas de leurs liens avec Israël pour se livrer à un travail de sape d’un gouvernement élu qui n’a pas l’heur de leur plaire.

Car ils jouent alors sur deux tableaux – en hébreu on dirait qu’ils dansent dans deux mariages : ils conservent le confort d’une vie hors de tout danger (croient-ils), mais voudraient un droit de regard sur Israël.

Au nom de quoi ?

Yaacov Rotil

La loi électorale israélienne est simple: sauf une exception qui ne concerne que les Israéliens en mission à l’étranger, le droit de vote ne s’exerce qu’en Israël. Pour envoyer les députés à la Knesset, il faut être israélien mais aussi être sur place.

Et c’est très bien comme cela : c’est une question de responsabilité, et il n’y a pas de responsabilité sans sanction possible. Si je vote mal aux élections, je pourrai être sanctionné de diverses façons, telles qu’un épisode guerrier paroxystique où je perdrai la vie, ou par une situation économique qui se dégradera, ou une autre encore – il y a l’embarras du choix.

Et je pense réellement que ces juifs qui critiquent Israël sont vraiment irresponsables. N’ont-ils donc pas conscience de leur pouvoir destructeur ? Ignorent-ils donc que la critique d’Israël émise par un juif a 10, 100 ou 1000 fois plus d’impact que celle d’un non juif ?

Car leurs critiques sont reprises avec ce commentaire « Vous voyez bien, même celui-là, qui est juif, critique Israël ! »

La critique d’Israël par un non juif, c’est une claque, petite ou grande, ça n’est pas mortel. M. Glavany produit un rapport mensonger, il est loisible d’y répondre point par point.

Faite par un juif, elle a une force multipliée de façon considérable, elle peut être mortelle.

C’est pour cette raison que je préférerais que ceux de mes frères qui n’aiment pas Israël telle qu’elle est viennent le dire ici, et discrètement. Plutôt que, pour certains, bâtir leur notoriété sur leurs reproches.

Et si, comme je le disais au début, je ne pense pas qu’Israël soit un pays parfait, si je n’en ai pas une vision idyllique, je crois que nous avons quand même quelques motifs de satisfaction.

Malgré l’effort de guerre auquel nous sommes contraints, nous avons le meilleur taux de croissance de l’OCDE, et le plus bas taux de chômage historique.

Nous excellons dans un certain nombre de domaines, comme le traitement de l’eau, l’agriculture, la reforestation du pays, la recherche – entre autre, médicale. Nous sommes capables d’expédier nos satellites avec nos propres lanceurs dans le sens contraire à la rotation de la Terre, ce qui implique l’acquisition d’une vitesse supérieure de 2000 km/heure à celle des lanceurs des autres puissances spatiales.

Bien d’autres choses encore et, tout ceci, en ayant intégré en soixante-trois ans une population douze fois plus nombreuse que celle qui existait alors.

Je ne sais s’il y a d’autres exemples de ce genre.

Pour finir, concernant la haine qu’éprouvent nos voisins à notre égard, sur laquelle la question m’était posée de savoir si elle est « totalement gratuite et sans fondement logique ? Où ce désir d’anéantissement, prend-il sa source ? »…

Je crois qu’il s’agit d’une très vielle histoire, qui remonte à 12 ou 13 siècles, et qui a été ranimée par un certain mufti de Jérusalem, grand ami d’Hitler, à une époque (1920 et années suivantes) où il aurait pu y avoir une coexistence pacifique et bénéfique tant pour nous que pour les arabes.

Que vint ensuite la politique déplorable de la Grande-Bretagne, qui n’a rien arrangé, puis les manipulations des pays arabes.

Cette haine perdure et, je crois, perdurera tant qu’elle sera alimentée par certaines puissances, certaines régionales, d’autres plus lointaines.

Et elle perdurera aussi tant qu’il y aura suffisamment de mépris vis-à-vis des populations arabes pour continuer à les encourager, par une oreille complaisante et un portefeuille généreusement ouvert, à demeurer dans une position d’éternels assistés ressassant des rêves de revanche.

C’est ma conviction.

Pour notre part, ici en Israël, nous continuons de guetter le moindre signe d’évolution positive de leur côté, et nous sommes prêts à leur tendre la main – nous l’avons toujours été, nonobstant le contentieux accumulé et les procès d’intention qu’on nous fait.

Yaacov Rotil

Photo : Ministère des affaires étrangères d’Israël







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  • 2 thoughts on “Israël, la mauvaise conscience de l’occident… [3/4 et 4/4] – Par Yaakov Rotil

    1. Guila Iman

      S.V.P diffusez cet article qui est clair et Vrai !!! Les Juifs de lEtranger ne connaissent pas le sentiment et le Bonheur d’etre chez Soi, de n’avoir pas peur,de jouir de cette atmosphered,etre ensemble ! ils preferentpeut etre le bien etre ? et se disent NON ils ne nous crachent pas dessus !… c’est de la pluie ! tant pis pour eux, moi cela fait 5o ans que je vis ici sous ce beu soleil !

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