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Parchemins sacrés découverts dans une guéniza en Afghanistan – Qui sont les Juifs afghans ?


Parchemins sacrés découverts dans une guéniza en Afghanistan – Qui sont les Juifs afghans ?

Le monde scientifique juif est en effervescence  par la découverte d’anciens parchemins juifs dans une grotte en Afghanistan dans  la province de Samangan. Suivi d’une petite enquête sur les Juifs afghans – Passionant !

Selon le correspondant des affaires arabes de la 2ème chaine israélienne,  Ehud Yeari, spécialiste des questions arabes, il pourrait s’agir de la plus  importante découverte historique sur le monde juif depuis celle de la Gueniza du  Caire au XIXème siècle.

Quelques 150 fragments de textes ont été  retrouvés dans une gueniza.

Une guéniza est un endroit choisi sous terre où  les Juifs enterrent les écrits sacrés devenus inutilisables, lorsqu’une guéniza  est découverte, elle constitue pour les historiens un véritable trésor qui  souvent décrit les us et coutumes de  la vie des Juifs de l’époque.

Aggai Ben-Shammai, professeur émérite de langue  et de littérature arabes à l’Université hébraïque de Jérusalem pense que les 150  fragments retrouvés ne constituent que la « pointe de l’Iceberg, les  parchemins datent d’au moins 1000 ans sont écrit en arabe, en judéo-arabe et en  persan ancien.

Pour les fragments déjà étudiés, on trouve des  passages du livre d’Isaïe , des textes écrits par le sage Saadia Gaon-Xème  siècle -, et une histoire jusqu’alors inconnue du Royaume de Judée.

Ont été retrouvés  également des  anneaux avec des noms juifs comme  Shmuel Bar Yossef inscrits en hébreu. Ces parchemins ont été retrouvés le long  de la route de la soie (Asie centrale-Moyen-Orient), empruntée par de nombreux  commerçants juifs. D’après Yeari les fragments ont été déménagés tout d’abord au  Pakistan à Peshawar avant d’être vendus à des négociants en antiquité du monde  entier de Genève, Londres ou Dubaï.

Le bureau du Premier ministre et plusieurs hommes d’affaires juifs sont  intéressés à acheter les fragments, mais le processus n’est qu’à ses débuts.

Pour rappel la Guéniza du Caire, contient quelques  280 000 textes  fournissant une multitude d’informations sur presque chaque aspect de l’histoire  juive.

Un peu d’histoire sur les Juifs  d’Afghanistan

Les écrits

Au xe siècle, Saadia  Gaon polémique avec un sceptique juif, nommé Hiwi al-Balkhi6 ;  Balkh est cependant située en Perse à l’époque.

En 1080, Moïse ibn Ezra fait  mention de 40 000 Juifs payant un tribut à Ghazni; Benjamin de  Tudèle décompte 80 000 au xiie siècle.

La communauté juive afghane est  l’une des plus anciennes de l’Asie centrale, les Juifs y ayant vécu  pendant au moins 2000 ans. L’évaluation exacte de son ancienneté est incertaine,  la date la plus ancienne avancée étant de 720 AEC, c’est-à-dire lors de la  déportation des Israélites par les Assyriens, ou de 586 AEC,  c’est-à-dire lors de l’exil des Judéens par les Babyloniens. Cependant, les  traces d’une communauté abondante n’apparaissent  qu’au viiie siècle de l’ère commune. C’est également à cette  époque que leur présence est documentée par des exégètes bibliques ou  des auteurs karaïtes, établis en Perse.

Cette communauté maintint à cette époque de  nombreux contacts avec la communauté juive de Babylone. Plus tard, elle  aura également des contacts avec les Juifs de Perse, du Pakistan,  et de Cochin.

La communauté a pratiquement disparu par  émigration, principalement en Israël et aux États-Unis1 On ne recense  aujourd’hui qu’un seul Juif, Zablon Simintov, résidant à Kaboul, et  qui s’occupe du maintien d’unesynagogue en ruines, aidé par des  sympathisants musulmans locaux2,3

TRIBUS PERDUES ET RETROUVEES   – QUI SONT LES « PATHANS »?

Localisation de la tribu et  population

Les « pathans » sont des clans  montagnards formant une tribu afghane à cheval sur trois pays, l’Afghanistan du  Sud et de l’Est, le Pakistan du nord et le Kashmir occidental indien. La  population totale est estimée à quinze millions d’habitants dont 40% sont en  Afghanistan, 40% au Pakistan et le reste se répartit entre les derniers nomades  d’Asie centrale et le Kashmir. La langue de la tribu est le « pashtoune ». L’activité principale est l’agriculture et l’élevage.  Protégés par des montagnes difficilement accessibles, les Pathans ont gardé des  coutumes ancestrales particulières. Ce sont de vigoureux guerriers.

Coutumes et lois

D’après les témoignages de nombreux visiteurs  récents des années 1935 à 1990, il semblerait que les pathans quoique musulmans  aient des coutumes particulières qui les distinguent des autres tribus  d’Afghanistan. Ils portent la barbe et laissent pousser des papillottes. Ils  circoncisent leurs fils à 8 jours (et non à 12 ans comme les autres tribus  musulmanes). Les femmes observent des règles particulières de pureté calquées  sur celles de la Torah, avec immersions dans la rivière. Les hommes portent des  amulettes cubiques portant  une inscription secrète qui commence par « écoute ô Israël..! ». Ils portent un petit « caftan » dont  les 4 coins sont garnis chacun d’une tresse, et lors de la prière ils se  couvrent le haut du corps et la tête d’un grand châle de 2 à 3 m2, appelé « Joy namaz », avant de se prosterner par terre. Ils observent le  shabat, jour de repos pour eux car ils ne travaillent pas ni ne cuisinent. La  veille, les femmes ménopausées allument une chandelle qu’elles couvrent d’un  panier, après avoir préparé 12 miches de pain.

Les Pathan ne mangent ni le cheval ni le  chameau, ce qui les distinguent des autres tribus musulmanes. Ils ne mangent que  certains oiseaux dits purs et évitent de mélanger le lait et la viande.

Leur système légal coutumier, appelé « Pashtounwali », est inspiré de la Torah qui est respectée et appelée « Tawrat al Sharif », al sharif étant Moïse, dont la seule mention du  nom provoque la levée respectueuse des Pathans.

Lors d’un mariage ils dressent un dais et  enfilent des bagues d’alliance. Ils se marient au sein de la tribu. Ils  appliquent la coutume du lévirat. Certains clans jeûnent à Kipour et pratiquent  la coutume du bouc émissaire qui expie les péchés de l’ensemble du clan.

En cas d’épidémie, les Pathans sacrifient un  agneau et imprègnent les montants des portes d’entrée de son sang. Un livre  sacré est mis sous l’oreiller d’un malade.

L’hexagramme est largement répandu comme symbole  qu’on trouve sur les portes des écoles et des mosquées. Le candélabre à 8  branches est connu des Pathans ainsi que la « mézouza » à l’entrée des  maisons.

Mais depuis la création de l’état d’Israël en  1948, les Pathans qui sont musulmans sunnites et qui se considèrent aussi Bné  Israel, ont tendance à prendre leur distance par rapport au Judaïsme actuel.

Origine et légende tribale

Les Pathans conservent des rouleaux de parchemin  couverts d’inscriptions en or rappelant leur généalogie.  Selon une  légende tribale, ils descendraient d’un fils du roi Saül, non mentionné dans la  Bible qui aurait pour nom Jérémie (Yirimyahou). Celui-ci aurait engendré « Afghanah » (en hébreu ce nom signifie « colère de celui qui a  été diffamé ou offensé ») dont les descendants se sont enfuis vers la cité  de Jat (ou Ghour) en Afghanistan, au moment de l’exil de la tribu d’Israël  vaincue par le roi Assyrien Salmanassar en – 722.

II Rois 17/6:  »La 9ème année  année du règne d’Osée, le roi d’Assyrie s’empara de Samarie et exila les  Israélites en Assyrie; il les établit à Halah sur le Habor, fleuve de Gozan, et  dans les villes de la Médie » (Suse ou Perse du Sud est).

Le « Gozan » a été assimilé aussi bien  au Gange, qu’à une ville du Khorassan, Ghazni, au Nord de l’Afghanistan. Il  semblerait que cette ville ait été un refuge pour des Judéens exilés qui  fuyaient le pouvoir inique de monarques tels que Nabuchodonosor ou de certains  exilarques de Babel ou de Suse.

En 662 la tribu se convertit à l’Islam sous  l’impulsion d’un émissaire arabe Khaled Ibn Walid qui emmena avec lui en Arabie  76 convertis et 7 chefs claniques, fils d’Israël, notamment un descendant  d’Afghana, nommé Kish (ou Kaïs), comme preuve de son zèle. Kish devient Ibn  Rashid et répand l’Islam dans toute la région. Il représenterait la  47ème génération après le roi Saül. Les Talibans se réclament  aujourd’hui de cet homme!

Les clans pathans ont des noms qui  proviendraient de celui des dix tribus perdues: Rabbani/Reouben,  Shinwari/Shiméon, Daftani/Naftali, Gajani/Gad, Afridi/Efrayim, Ashouri/Asher,  Yousouf Zai/Yosef. Les Louwani/Levi forment un clan guerrier et chamelier issu  de la tribu de Benjamin. Le chef de clan s’appelle « malakh » (roi).

Parmi les 21 tribus afghanes, seuls les Pathans  ont des traits sémitiques, ce qui expliquerait leur affinité avec les Arabes  venus au milieu des années 90 pour les convertir au wahabisme extrémiste (cf  Oussma ben Laden). Les Anglais qui les ont administrés pendant des décennies les  appelaient « les Juifs »! La langue pashtoune serait truffée de mots  en hébreu, ne serait ce que Kaboul (comme une pierre brute) ou le lieu-dit « Tora Bora » (il créa la Torah).

Au Kashmir, les clans portant les noms tirés de  Yosef (Yousoufzai, Yousoufouzi, Yousoufzad) se réclament aussi des « Bné  Yisrael ».

Famille royale afghane

Dans le livre appelé « Makhzane al  Afghani » publié pour la première fois en 1635, il est dit que Afghana  petit fils du roi Saül aurait été élevé par le roi David, puis qu’il aurait  appartenu à la cour du roi Salomon. La famille royale afghane descendrait du dit « Kish » alias Ibn Rashid, issu de la tribu de Benjamin du Royaume de  Judée, exilée à Babel 150 ans après celle d’Israël.

Les Juifs en Afghanistan

Au temps d’Alexandre le Grand, les Judéens ont  peuplé la Bactriane qui englobait l’actuel Afghanistan. Leur influence était  telle qu’elle entraîna au début de l’ère courante la conversion au Judaïsme de  la famille royale parthe d’Adiabène. Après les conversions à l’Islam, le  Judaïsme s’affaiblit mais ne disparut pas, puisqu’une des figures les plus  célèbres de l’époque contemporaine aux « gaonim » était le Juif afghan  Rabbi Hiwwi de Balkh, Balkh étant la capitale de l’Afghanistan à ce moment.  L’historien musulman Al Tabari rapporte la légende que le prophète Ezéchiel est  enterré à Balkh et que Jérémie s’y est enfui. Il parle de cette ville comme la « Yahoudyah al Koubra » ou la Grande Juiverie. Depuis son nom s’est  transformée en « Al Maymana » ou la Prometteuse.

Moïse ibn Ezra parle en 1080 de 40 000 juifs à  Ghazni et un musulman rapporte qu’un juif nommé Isaac était chargé de gérer les  mines de plomb de la région.

Al Birouni, un érudit musulman atteste dans son  livre sur l’Inde la présence juive au Kashmir au 11ème siècle. Benjamin de  Tudèle mentionne des communautés prospères dans ce pays, notamment 80 000 juifs  à Ghazni (1170). Le perse Al Jouzjani mentionne la présence juive à Firoz Koh,  capitale du Ghouristan en 1260, au centre du pays entre Hérat et Kaboul. On y a  découvert 20 tablettes en pierre gravées en perse et en hébreu. Ibn Hawqal  confirme la présence de communautés juives à Kaboul et à Kandahar avant  l’invasion de Genghis Khan.

Avec les invasions mongoles, le Judaïsme afghan  subit un deuxième séisme et on n’entendit plus parler de lui jusqu’à  l’émigration des Juifs de Méshed (Iran) au 19ème siècle. Étant menacés  d’extermination, ces « conversos » de l’Islam s’installèrent pour  certains à Hérat. En 1840, il y aurait eu 40 000 Juifs dans 60 communautés à  Kaboul, Hérat, Kandahar, Balkh, Ankoy, Mazar el Sharif….Trente ans plus tard des  mesures coercitives musulmanes les obligèrent à repartir vers la Perse et la  Palestine. Au début du 20ème siècle il y aurait eu 8/12 000 Juifs, 5 000 à  la création de l’état d’Israël qui y émigrèrent tous entre 1948 et 1967.  Aujourd’hui, il reste 2 Juifs à Kaboul qui semblent s’ignorer bien qu’habitant  le même immeuble, Zebouloun Simantov 42 ans venant du Turkmenistan et Ish’aq  Levin, 70 ans venant de Perse.

Témoignages et sources

Ish’aq Ben Zvi, historien et président d’Israël  en 1952, a publié en 1957 « Les tribus dispersées » (ed Minuit). Il  rapporte les témoignages qui suivent. Gabriel Baroukhov, un barbier Juif de  Boukhara visite Kaboul en 1935. Abba Kour, juif de Tel Aviv visite Kaboul et  Peshawar dans les années 50, Abraham fils de Benjamin d’Hérat immigré en 1951,  Abraham, fils de Agakhan Hakem, ancien président de la comunauté d’Hérat,  immigré en 1956, Ezékiel BetsalEl, commerçant de Bombay qui a visité Kaboul et  Péshawar.

Dr Shalva Weil anthropologue israélienne a monté  un exposition au Musée de la Diaspora de Tel Aviv en 1991?Le mythe des dix  tribus perdues »; elle avait visité les tribus afghanes et pakistanaises  dans les années 80 et celles du Kashmir dans les années 90 (Jerusalem Report  22/10/01)

Arimasa Kubo, écrivain japonais,

Encyclopedia Judaica et Jewish Encyclopedia

Albert  SOUED

Histoire des Juifs en  Afghanistan

par Geoffrey Schollaert *

Rares sont les peuples ayant connu une diaspora  aussi important que le peuple juif. Rapidement, ils ont été contraints à quitter  leurs terres et se sont installés loin de leur région d’origine, y compris en  Afghanistan. Les liens entre Juifs et Afghans sont donc très anciens et sont  peut-être plus forts qu’on pourrait l’imaginer de nos jours.

Origine mythique des  pashtounes

L’histoire partagée entre Juifs et Afghans  semble millénaire. Selon le mythe, les premières populations juives se seraient  établies en Asie centrale entre le 8ème et le 6ème siècle avant notre  ère. Ils seraient arrivés à la suite de la déportation des « Dix Tribus  Perdues d’Israël ». Ainsi, selon les sources bibliques, le royaume d’Israël  centré sur sa capitale Samarie a été envahi et détruit par l’Empire assyrien  vers 722 avant notre ère. Selon le deuxième Livre des Rois, la population  du royaume de Samarie aurait été déportée en punition de ses péchés vers  d’autres régions de l’Empire assyrien, lequel contrôlait à cette époque un  territoire allant du Nil à la Mer caspienne et du centre de l’Anatolie au golfe  arabo persique[1].  La Bible affirme ensuite que des populations étrangères auraient été déplacées  pour les remplacer sur le territoire du royaume d’Israël. Ces étrangers auraient  créé une religion mélangeant influences israélites et païennes, donnant ainsi  naissance aux Samaritains. Quant à la population originelle de Samarie, elle  aurait ensuite mystérieusement disparu (du récit biblique du moins) et constitue  ce que l’on nomme couramment les « Dix Tribus Perdues d’Israël ». Les  sources assyriennes confirment le déplacement de la population de Samarie – politique courante à l’époque – mais restent laconiques sur le nombre et le  devenir des déplacés.

La postérité des Dix Tribus Perdues a fait  couler beaucoup d’encre chez les Juifs orthodoxes et les Chrétiens. L’hypothèse  la plus simple semble être l’assimilation des déportés aux populations  orientales. Mais l’idée selon laquelle lesdites tribus avaient pu trouver refuge  dans des régions reculées du monde a été avancée et a entrainé de nombreuses  recherches. Celles-ci ont encore une influence importante pour certaines  populations[2].  Une théorie propose de faire remonter l’origine des Pachtounes aux déportés  juifs de Samarie. Précisons que cette théorie ne vaut que pour les Pachtounes et  non pour l’ensemble des Afghans. Les autres grands groupes ethniques, tadjiks,  hazaras, ouzbeks et turkmènes ne sont clairement pas originaires du  Proche-Orient. Quant aux ethnies minoritaires, baloutches, pashaïs, nuristanis,  aymaks (…), rien ne semble avoir été avancé en ce sens. Précisons également que  d’autres origines qu’israélite ont été attribuées aux Pashtounes : locale,  scythe, hephtalite, indo-aryenne (…).

Afin d’accréditer la thèse de l’origine  israélite des Pashtounes, de nombreux éléments généalogiques, lexicologiques,  anthropologiques, toponymiques et physionomiques ont été mis en avant. Dans la  généalogie des tribus pachtounes – le « maghzan-i-afghan[3] » – établie par un persanophone de la cour moghole de Jahangir en 1612, l’ethnie  pachtoune est décrite comme issue des Tribus Perdues. La valeur historique de  cette assertion est discutable mais elle est toujours à l’honneur parmi les  spécialistes en généalogie que comptent les Pachtounes en leur société, les « barbes blanches » – les Anciens – qui détiennent le savoir  généalogique. La généalogie pachtoune consiste à faire descendre tous ses  membres d’un ancêtre commun, Qais Abdur Rahman ou Abdur Rachid  Pachtoune, lequel vécut à l’époque du Prophète Muhammad et qui répandit l’islam  parmi les siens dès les origines de l’ère hégirienne. D’après ce modèle, les  Pachtounes sont tous musulmans depuis Muhammad et ont des ancêtres juifs, tels  Ibrahim (Abraham), Irmiah (Jérémie) ou Talut (Saül)[4].  Toujours selon le « maghzan-i-afghani », la famille royale afghane  descendrait de la tribu de Benjamin du Royaume de Judée, exilée à Babylone 150  après la première déportation des Israélites.

Certains avancent la présence de mots hébreux  dans le lexique pachtoun pour en tirer leur origine. Dans cette logique, Kaboul  signifie « comme une pierre brute » et Afghanah « colère de celui  qui a été offensé » en hébreux.  Les noms claniques pachtounes  portent des noms proches de ceux des Tribus Perdues : Rabbani/Reouben,  Shinwari/Shiméon, Daftani/Naftali, Gajani/Gad, Afridi/Efrayim, Ashouri/Asher,  Youssufzai/Yossef[5].  Encore maintenant, entre autres noms, les Pachtounes sont affublés en Iran des  sobriquets de « plaintifs, vagissants, geignards ». Ces différents  sobriquets populaires se réfèrent à nouveau aux Tribus Perdues. C’est ainsi par  cette référence à leur condition d’anciens exilés hébreux, que les Pachtounes  ont acquis, du côté iranien, ces qualitatifs. Ils sont par là réputés  inconsolables de la perte et de l’éloignement immémoriaux de leur pays natal[6].  Précisons que le pashto – malgré ces coïncidences linguistiques – est classé  dans la famille indo-iranienne orientale et non dans la famille sémitique[7].

La toponymie a également été utilisée. Une  triple localisation est présente dans le deuxième Livre des Roi. Certains  estiment que le fleuve Gozan se situe dans l’Afghanistan et constituerait un  affluent de l’Amou Daria dans la région de Maimana – la Rod Jichan[8].  Les déportés vivraient toujours dans cette « région montagneuse à peu près  vide d’habitant » dans laquelle on retrouve la racine « Jazan » dans leur langue, c’est-à-dire Gozan[9].  Deux villes sont également citées : Khabor et Khalakh. La première a été  rapprochée de Peshabor dont dériverait le nom de la ville pakistanaise  de Peshawar. Quant à Khalakh, celle-ci correspondrait à Hérat. Actuellement,  dans les régions pachtounes, des sites, des rues sont désignés par des noms de  lieux situés en terre d’Israël. Certains prénoms pachtounes, tels Israël ou  Shmuel (Samuel) ne sont pas portés classiquement par les musulmans des autres  régions et pays[10].

Parmi les autres indices anthropologiques, la  circoncision des fils au 8ème jour, la célébration du mariage sous un dais, le  repos du shabbat, certains tabous alimentaires (cheval, chameau) ont été  invoqués. Les vêtements portés sont proches du talith (châle de prière) et des  tsitsith (franges) juifs. Mentionnons également l’étoile présente dans de  nombreux intérieurs et le sang versé rituellement sur les portes pour se  protéger des épidémies. Certaines coutumes féminines sont aussi curieusement  proches. Ainsi, les femmes ménopausées allument une bougie qu’elle couvre d’un  panier, après avoir préparé 12 miches de pain et l’observance de règles  particulières de pureté calquées sur celle de la Torah, avec immersion dans la  rivière. Les hommes portent fréquemment des amulettes cubiques portant  l’inscription « shema Israël », la profession de foi juive traduite  par « écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul seigneur, le  seigneur est un »[11].  Le physique des pachtounes a aussi suggéré leur familiarité sémitique. Leur nez  long et fin, le port de barbes et quelques fois de papillotes, leurs yeux et  leur faciès les rapprocherait des Juifs. Au 19ème siècle, les Anglais  reconnaissent les confondre fréquemment.

Ces différentes théories ne nous autorisent pas  à asseoir définitivement l’origine israélite des Pachtounes et l’installation  des Juifs dans les territoires du futur Afghanistan. Dans ce cadre, la génétique  peut nous aider[12].  Mais là encore, rien ne permet de rattacher les Pachtounes aux Israélites. Même  si les recherches sont loin d’avoir livré tous leurs secrets, les pistes nous  conduisent plus vraisemblablement à une origine iranienne. Même s’il reste  beaucoup à mettre au jour, les recherches archéologiques, couplées aux sources  non bibliques, vont nous permettre d’en savoir plus.

Les premiers  établissements :

Selon les sources écrites, des Israélites sont  présents en Mésopotamie et en Perse depuis le 8ème siècle avant notre ère.  En 538,  Cyrus II, fondateur de l’Empire achéménide[13],  garantit la liberté de religion et de conversion et autorise les populations  déportées à regagner leur patrie respective. De nombreux Juifs retournèrent  alors en terre d’Israël. Ceux qui choisirent de rester constituèrent l’embryon  d’une forte diaspora, dont le nombre et l’importance augmentèrent sous les  dynasties antéislamiques achéménide, séleucide, parthe, scythe, kouchan et  sassanide[14].  Jusqu’au  5èmesiècle de notre ère, les Juifs jouissent d’une tranquillité à peine troublée  par quelques vexations, mais dès le milieu de ce siècle, les rois zoroastriens  Yazgard II et Peroz marquent l’histoire de leur empreinte en persécutant les  communautés juives établies sur leur territoire : intolérance et contrainte  religieuse, interdiction de célébrer le shabbat et massacres[15].  Jusqu’au milieu du 6ème siècle, le sort des Juifs est peu enviable. Avec le  règne de Khosrô, la tolérance revient à l’ordre du jour et la tranquillité  des Juifs n’est plus troublée. Jusqu’à la domination arabe, les derniers  souverains sassanides seront trop occupés à assurer leur sécurité pour songer  aux Juifs[16].

La période islamique

L’avènement de l’islam et la conquête musulmane  allait changer la donne. Les structures sociopolitiques locales furent  bouleversées sous les deux califats omeyyade et abbasside ainsi que sous les  dynasties ghaznévide et ghoride[17].  Le message coranique emploie des mots souvent très durs à l’égard des Juifs.  Ceux-ci sont ainsi accusés d’infidélité, de falsification des Textes, d’avidité,  d’hypocrisie, de mensonges[18] (…) mais ont néanmoins un statut particulier du fait de leur descendance abrahamique  commune. En vertu des textes islamiques et notamment du Pacte d’Omar, les  populations juives qui refusèrent de se convertir à l’islam acquirent le statut  de dhimmi. Ils furent ainsi tolérés et protégés moyennant un impôt et  certaines obligations et contraintes[19].

La première mention d’une population juive en  Afghanistan date du 7ème siècle: le Tabqat-i-Nasiri mentionne un peuple appelé  Bani Israël installé à Ghor. En 1080, Moïse Ibn Ezra nous informe que  40.000 Juifs sont présents à Ghazni. Au 12ème siècle, le géographe andalou  Al Idrisi[20] et  le rabbin voyageur Benjamin de Tulède[21] nous  donnent quelques informations. Le premier nous apprend qu’une grande communauté  juive vivait à Kaboul  « séparée de la communauté musulmane par  choix ou sous la contrainte »[22].  Le second, lors son voyage en Asie, rapporte qu’une communauté de 80.000 Juifs  vit à Ghaznî sur la rivière Gozan et qu’ils entretiennent très peu de relation  avec le monde extérieur[23].  Notons également qu’Ibn Battûta, le célèbre voyageur musulman du 14ème siècle,  place le tombeau du Prophète juif Ezéchiel à Balkh[24].

Sur le plan archéologique, la première  découverte d’un élément juif date de 1946. Il s’agit d’une épitaphe datant  vraisemblablement de 1198 et comportant des inscriptions en judéo-persan[25].  En 1952, trois inscriptions datant de 752-753 ont été découvertes à Ghor. En  1962, plus de 20 pierres tombales ont été mises au jour. Elles datent de 1012 à  1249, soit 27 ans après la conquête mongole. Ces découvertes font état de  l’existence d’une communauté importante et florissante dans le centre de  l’Afghanistan[26]. La  tombe la plus récente nous indique que la communauté juive de Kaboul se serait  enfuie ou qu’elle a été forcée à se convertir. Certains pensent qu’elle aurait  émigré en Chine car les textes judaïques chinois semblent influencés par le  judéo persan. Les informations recueillies sur ces tombes nous renseignent sur  les fonctions sociales et religieuses des défunts ainsi que sur l’organisation  des communautés juives locales[27].  Celles-ci semblent d’ailleurs assez homogènes. D’autres sépultures du  12ème siècle ont été mises au jour près de l’ancienne ville historique de  Fîrûz-Kuh[28],  possible capitale des Ghorides[29].  La majeure partie de ces trouvailles comporte des inscriptions en langue  araméenne, hébraïque et judéo-persane. Cette dernière, également appelée le « dzhidi » constitue une adaptation du persan aux textes liturgiques  juifs[30].  La langue a d’ailleurs traversé les siècles et a favorisé l’éclosion d’une riche  poésie religieuse, redécouverte au 19ème siècle[31].

Au début du 13ème siècle, la déferlante  mongole s’abat sur l’Afghanistan. Les pillages et les massacres sont légions.  Les populations locales, toutes religions confondues, souffrent de l’invasion.  Il ne reste dès lors que quelques poches juives dans les villes d’Hérat, de  Kaboul, de Ghazni et de Balkh[32].  Pourtant, une fois la conquête réalisée, l’égalité de toutes les religions est  reconnue dans le vaste Empire mongol et le dhimma fut aboli. Arghun  Khan, gouverneur mongol du Khorasan, favorisa même la nomination de  fonctionnaires juifs et nomma vizir son ami et médecin Sa’d al Daula. Respecté  même par ses ennemis pour sa sagesse et sa justice, le vizir était néanmoins  méprisé par le clergé musulman. A la mort d’Arghun, il fut assassiné et, selon  l’historien perse musulman Wassaf, les Juifs de l’Empire mongol furent opprimés  et leurs biens pillés, dans tout les pays d’islam. Suite à la conversion de  Ghazan Khan en 1295, la dhimma est restaurée dans son application la plus  stricte. Son gouverneur Naurouz et ses successeurs s’efforceront d’interdire  toutes les autres religions que l’islam. Les synagogues sont alors détruites et  incendiées. Les Juifs ne peuvent plus se montrer sans un signe distinctif sur la  tête. Cette oppression provoque de nombreuses conversions. L’un des apostats fut  le médecin juif Rachid al-Daula, mieux connu comme homme d’Etat et historien  sous le nom de Rachid al-Din. Il fut néanmoins exécuté en 1318. Un siècle plus  tard, son mausolée fut détruit et ses restes, censés profaner le cimetière  musulman, furent transférés au cimetière juif. Depuis la mort de Rachid al-Din  jusqu’à l’avènement des Safavides, le règne de Tamerlan et de ses successeurs,  les sources sur le judaïsme perse semblent inexistantes[33].

Sous les Safavides qui contrôlèrent la moitié  occidentale de l’Afghanistan actuel, l’islam chiite devint religion d’Etat et le  dogme de l’impureté rituelle accentua la discrimination qui séparait  le dhimmi du « vrai croyant ». Cependant, au début du règne  éclairé de Chah Abbas Ier[34],  la condition des non musulmans s’améliora grandement. Des sources de l’époque  mentionnent fréquemment des communautés juives disséminées dans une cinquantaine  de villes et village du royaume. Néanmoins, Chah Abbas, dans la seconde partie  de son règne, modifia cette politique d’ouverture. A l’instigation d’un renégat  juif et soutenu par le clergé, le souverain renouvela l’édit imposant aux Juifs  le port d’un insigne et d’une coiffure discriminatoires. Ils furent ensuite  forcés de se convertir en masse à l’islam. La persécution et la législation  chiite sur l’impureté de tout non-musulman se prolongea jusqu’au  18ème siècle. Sous les derniers Safavides le clergé s’efforça sans succès  de convertir tous les non-musulmans. Les Juifs échappèrent à l’extinction  physique et spirituelle grâce au souverain Nadir Chah[35].  En effet, il abolit le chiisme comme religion d’Etat, traita les non-musulmans  avec une grande tolérance et invita même les Juifs à s’établir à Meched[36].  Dans la moitié orientale de l’Afghanistan, contrôlée par l’Empire moghol, peu de  sources nous éclairent. Des Juifs arrivant du Proche Orient, d’Europe, de Perse  et du Khorasan s’installent en Inde dans les principales villes du  sous-continent et y font affaire.

Même si la situation des Juifs a été globalement  moins mouvementée en terre d’islam qu’en terre chrétienne[37],  leur histoire dans les futurs territoires afghans a été parsemée de moments  tragiques. Qu’ils soient sous domination musulmane ou non, leur sort dépendait  largement du zèle, de la dévotion et de l’arbitraire des souverains au pouvoir  aux différentes époques. Durant cette longue période, les Juifs ont développé  une culture proprement judéo-persane tout en vivant largement du  commerce.  Leur nombre fut surtout important aux premiers siècles du  millénaire et leur visibilité grande compte tenu de la démographie de  l’époque.

L’époque moderne

Le 19ème siècle sera marqué par la  montée de l’antisémitisme et par les revendications sionistes. Ce contexte va  crisper les relations intercommunautaires. Une grande vague d’immigration  juive eut lieu au 19ème siècle. Cette vague est principalement issue de la  Perse Kadjar car elle reprit la politique d’intolérance du royaume safavide. Dès  1830 et suite à l’avancée russe dans le Caucase, massacres, immolations,  confiscations de tombeaux et conversions forcées sont le pain quotidien des  populations juives persanes. Malgré les efforts diplomatiques, la situation  n’évolue guère et des milliers de juifs quittent la Perse pour d’autres pays,  dont l’Afghanistan[38].  L’Est du pays et Kaboul accueille ainsi jusqu’à 40.000 Juifs. Vers 1870, le  nombre décline de nouveau suite aux mesures discriminatoires du pouvoir afghan[39].

De cette époque datent de nombreux vestiges dans  la vielle ville d’Hérat. L’ancien quartier juif, le mahalla-yi musahiya,  témoigne d’une présence juive très forte. L’ensemble se compose de quatre  synagogues – Mulla Ashur, Mulla Samuel, Gul et Yu Aw, d’un  caravansérail  et d’un hammam connu sous le nom de Hammam-e  Yahudiya. Tous les édifices sont construits en briques crues et témoignent d’une  influence persane certaine. Hormis le hammam qui a gardé son usage premier et le  caravansérail en cours de restauration[40],  les synagogues ont de nouvelles fonctions : mosquée, école et habitation[41].  La synagogue Yu Aw est probablement la plus intéressante de  l’ensemble. Située dans une cour murée et originellement pavée, elle a conservé  son arche sainte dirigée vers Jérusalem et la salle de prière comporte toujours  les stucs floraux d’influence persane. Laissée à l’abandon depuis la fin des  années 70, cette synagogue a été récemment réhabilitée par la Fondation Aga Khan  pour y abriter l’école Hariva[42],  capable d’accueillir 15.000 jeunes hératis. Le programme prévoit de réhabiliter  les trois autres synagogues afin de valoriser le riche patrimoine culturel et  architectural de l’ancienne capitale timouride[43].

Au 20ème siècle, l’antisémitisme notoire  des monarques Durrani eut des conséquences démographiques sur la population  juive vivant en Afghanistan. On sait que certains d’entre ces rois, tout en  conservant la neutralité sur le plan politique durant les deux Guerres  mondiales, ne cachèrent pas leur sympathie pour les Allemands, ni plus tard pour  le nazisme qui cherchait, au nom du mythe de la race aryenne, à gagner quelques  alliés dans cette partie du monde[44].  Zaher Shâh semble avoir d’ailleurs soutenu le régime hitlérien dans son combat  contre la Grande-Bretagne ; celle-ci étant toujours considérée comme  l’ennemi héréditaire du peuple afghan[45].  Dès son accession au trône en 1933, les Juifs afghans connaitront de nouvelles  offenses et injustices. Dès 1934, 2000 Juifs seront ainsi persécutés et déplacés  vers les grandes villes. L’attitude du pouvoir afghan poussa de nombreux juifs  d’Afghanistan à rejoindre l’Etat d’Israël dès sa création en 1948, par des voies  dérobées, puisqu’il leur était officiellement interdit de quitter le territoire  afghan. Sous l’effet de cet ostracisme ciblé, la communauté juive d’Afghanistan  diminua considérablement durant le 20èmesiècle[46].  Ainsi, alors qu’au début du siècle, on comptait encore plusieurs milliers de  Juifs vivant en Afghanistan, ils n’étaient plus que 5000 en 1948[47] ;  dans les années 1960, un demi-millier et en 1969, 300 individus. Les petites  communautés étaient concentrées dans les villes de Kaboul, Balkh et  principalement Hérat ; les autres villes en étant dépourvues depuis les  lois répressives de 1933. L’invasion soviétique va pousser les dernières  familles présentes en Afghanistan à émigrer. Actuellement, plus de 10.000  juifs afghans ou leurs descendants vivent en Israël[48].  On estime aussi que 200 familles sont présentes à New York et célèbrent leur  culte dans la seule synagogue judéo-afghane américaine[49].

Les derniers juifs afghans

Après la chute des talibans, il ne semblait plus  rester aucun Juif en Afghanistan ; les rares familles n’ayant pas rejoint  Israël en 1948 ou l’Asie centrale ou début des années 90, quittèrent le pays au  milieu de la décennie. Et pourtant, quelle n’est pas la surprise d’un  journaliste de Reuter en novembre 2001. Il découvre, dans une petite synagogue  en ruine de Kaboul – la « Kanesa », les probables deux derniers Juifs  d’Afghanistan. Ils se présentaient tous deux comme les héritiers de la  communauté juive implantée en Afghanistan depuis l’antique déportation et  avaient survécu aux affres des 3 guerres. Le plus surprenant est qu’ils  semblaient se détester mutuellement. Yitzhak Levy (80 ans) etZebulon  Simantov (40 ans), tous deux commerçants à Flower Street étaient  probablement la plus petite minorité au monde. Ils partageaient le même  immeuble, la même synagogue – certes divisée par un rideau – et la même religion  mais s’évitaient quotidiennement, réduisant leurs contacts au strict nécessaire.  Ils se dénonçaient mutuellement d’apostasie ou d’être un espion à la solde  du Mossad[50].  Ils s’accusaient respectivement de tous les maux et les noms d’oiseaux échangés  étaient légions. Sous les talibans et leurs lois répressives[51],  ils furent emprisonnés et torturés et l’un tenait l’autre pour responsable.  Selon Simantov, l’origine de la discorde date de 1998, lorsqu’on lui  demanda d’emmener Levy en Israël. Celui-ci refusa et accusa son rival de vouloir  vendre la synagogue. La situation s’aggrava lorsque les talibans confisquèrent  leur Torah, chacun rejetant la faute sur l’autre[52].  Même à la mort d’Yitzhak Levy en janvier 2005, Zebulon  Simantov conserva des mots très durs à l’égard de son ancien  coreligionnaire[53].  Il est désormais le seul dépositaire de la culture judéo-afghane[54],  attendant dans sa boutique des fonds pour réhabiliter la dernière synagogue  afghane[55] ou  de peut-être rejoindre sa famille en Israël. Les relations conflictuelles  entre Yitzhak et Zebulon et l’absurdité de la situation ont  d’ailleurs fait l’objet d’une pièce de théâtre mise en scène par Seth Rozin et  encore jouée actuellement aux Etats-Unis, attendant d’être peut-être présentée  un jour sur les planches kaboulies[56].

Au terme de cette analyse, nous pouvons mettre  trois éléments en évidence. Tout d’abord, faire remonter les Pashtounes aux Dix  Tribus d’Israël nous semble délicat. Rien ne prouve à l’heure actuelle cette  filiation. Cependant, même s’il s’agit d’un mythe, les Juifs semblent présents  en Afghanistan depuis l’Antiquité. Ils ont prospéré durant le premier millénaire  pour atteindre une forte présence aux 11ème et 12ème siècles. Il  faudra attendre six siècles après le passage des hordes mongoles pour qu’une  importante communauté juive se reconstitue suite à l’intolérance de la Perse  voisine. La création de l’Etat d’Israël est la raison principale du départ des  communautés juives établies dans le monde. En Afghanistan, leur nombre décroit  progressivement jusqu’au début de la guerre d’Afghanistan pour être réduit à  peau de chagrin de nos jours. Deuxièmement, les centres Juifs en Afghanistan  sont situés majoritairement dans l’Ouest et le Nord, non loin des grands  établissements perses et centre asiatiques. Hérat et Balkh possèdent dès lors  les derniers vestiges de la présence juive en Afghanistan. Enfin, les Juifs ont  été malmenés à certaines époques et sous certains souverains, mais n’ont jamais  fait l’objet d’un anti sémitisme acharné comme ce fut le cas dans certains pays.  Cependant, la non-résolution du conflit israélo-palestinien et les diatribes du  Président iranien Ahmadinedjad relayées par les chaines satellitaires n’incitent  guère une partie de la population afghane à voir les Juifs comme un peuple  ordinaire et de plein droit.


[1] ROUX  Georges, La Mésopotamie, Editions du Seuil, 1995, pp. 363- 381

[2] Les  Falashas d’Ethiopie et les Bnei Menashe. Les premiers ont été reconnus comme  Juifs par le grand rabbin sépharade d’Israël Ovadia Yossef en 1973, et ont  émigré en Israël grâce à leur reconnaissance comme descendants de la tribu  perdue de Dan. Pour les seconds, leur ascendance juive a été reconnue en 2005  par le rabbin Shlomo Amar. Une partie de la population préalablement convertie a  émigré en Israël. 7000 individus attentent désormais leur conversion et leur  émigration.

[3] maghzan-i-afghani: Tarikh-i-Khan  Jahani Makhzan-i-Afghani, écrit par Nimat Allah al-Harawi. Il décrit l’histoire  de l’Afghanistan. Il décrit l’origine des Pachtounes sur la base de la tradition  orale de l’ethnie et met clairement en avant son origine israélite.

[4] DESSART  Laurent, Parlons Pachto, Langues et culture de l’Afghanistan, Editions  L’Harmattan, Paris, 1994, pp. 9 & 160.

[5] HADDAD  Philipe, Les Pathans, des Afghans venus d’Israël, in : www.akadem.org

[6] DESSART  Laurent, Les Pachtounes : économie et culture d’une aristocratie  guerrière (Afghanistan – Pakistan), Editions L’Harmattan, 2001, pp. 38-9.

[7] DESSART  Laurent, Parlons Pachto, Langues et culture de l’Afghanistan, Editions  L’Harmattan, Paris, 1994, p. 23.

[8] AVIHAIL  A. & BRIN A., Are the Pathans Jewish ? in: www.torahohr.net

[9] THOBOIS  Jean-Marc, Le point sur la question des Dix Tribus Perdues, Genève, octobre  2009

[10] AVIHAIL  A. & BRIN A., Are the Pathans Jewish ? in: www.torahohr.net

[11] AVIHAIL  A. & BRIN A., Are the Pathans Jewish ? in: www.torahohr.net

[12] Pashtoun  people – Genetic Insights into the origins of the Pashtuns, in : www.experiencefestival.com

[13] Empire  achéménide : 556 – 330 avant notre ère

[14] LITTMAN  David, « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », in : Les  Temps Modernes, Juin 1979, pp. 2-3

[15] GRAETZ  Henrich, Persécutions en Perse et en Babylonie, in : www.histoiredesjuifs.com

[16] GRAETZ  Henrich, Deux rois perses, Hormisdas et Kosru, in : www.histoiredesjuifs.com

[17] Ghorides :  12 et 13ème siècle

[18] BOUBAKER  Dalil, les grands thèmes du Coran,

[19] SOURDEL  Dominique et Janine, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, Paris, 1996,  pp. 392-417

[20] Al  Idrisi: Abu Abdallah Muhammad ibn Muhammad ibn Abdallah ibn Idriss al-Qurtubi  al-Hassani connu aussi sous le nom latin de Dreses (1100 – 1165). Il doit sa  renommée à la rédaction d’un ouvrage de géographie descriptive  intitulé Kitab Rudjar ou le Livre de Roger destiné à illustrer et  commenter un planisphère commandé par Roger II de Sicile.

[21] Benjamin  de Tudèle: (début 12ème siècle – 1173). Il voulait visiter toutes les synagogues  du monde pour décrire les mœurs et les cérémonies de chacune. Il quitta son  Espagne natale vers 1160 pour y revenir vers 1173.

[22] YEHOSHUA-RAZ,  BEN ZION, From The Lost Tribes in Afghanistan to The Mashhed Jewish  Converts of Iran, 1992, p. 47

[23] « Afghanistan – The Jewish Community », in : www.iajgs.org

[24] IBN  BATTUTA, Voyages (Rihla). II. De la Mecque aux steppes russes, traduction de  Defremery et Sanguinetti

[25] OLIVIER-UTARD  Françoise, Politique et archéologie. Histoire de la Délégation archéologique  française en Afghanistan 1922 – 1982, Editions Recherches sur les Civilisations,  Paris, 2003, pp. 217-8

[26] OLIVIER-UTARD  Françoise, Politique et archéologie. Histoire de la Délégation  archéologique française en Afghanistan 1922 – 1982, Editions Recherches sur les  Civilisations, Paris, 2003, pp. 217-8

[27] « Ghur » in : www.iajgs.org

[28] « Jam » in : www.iajgs.org

[29] « Minaret  de Jam (Afghanistan) in : www.unesco.org

[30] « Judeo-Persian », in : www.jewish-languages.org

[31] « Jews  in Afghanistan », in: Encyclopaedia Judaica

[32] ROUX  Jean-Paul, Histoire de l’Empire mongol, Fayard, 1993, pp. 199 – 207

[33] LITTMAN  David, « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », in : Les  Temps Modernes, Juin 1979, pp. 3-4

[34] Chah  Abbas 1er: 1588 – 1629

[35] Nadir  Chah: 1736 – 1747

[36] LITTMAN  David, « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », in : Les  Temps Modernes, Juin 1979, pp. 5-6

[37] COHEN  Mark R., Sous le Croissant et sous la Croix : Les Juifs au Moyen Âge,  Editions Seuil, 1998, 447 p.

[38] LITTMAN  David, « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », in : Les  Temps Modernes, Juin 1979, pp. 6-8.

[39] ORECK  Alden, The Virtual Jewish History Tour – Afghanistan, in: www.jewishvirtuallibrary.org

[40] KRIEGER  Hilary Leila, UNESCO plans preservation of Jewish Afghan Caravansery,  in : www.jpost.com (Jerusalem  Post)

[41] ITTIG  Annette, International Survey of Jewish Monuments. Documentation of Afghanistan  Synagogues, Jewish Monuments in Herat, Afghanistan – Preliminary Survey, 1998,  in : www.isjm.org (International Survey of  Jewish Monument)

[42] www.youtube.com: Afghanistan’s Jewish  Past

[43] « Relics  of Old Afghanistan reveal Jewish Past » in : www.reteurs.com

[44] DESSART  Laurent, Les Pachtounes : économie et culture d’une aristocratie  guerrière (Afghanistan – Pakistan), Editions L’Harmattan, 2001, pp. 38-9.

[45] ALI  Tariq, The Afghan King and The Nazis: a German Dispatch from 1940 Shows  King Mohammed Zaher Shâh’s True Colors, in:www.counterpunch.org

[46] DESSART  Laurent, Les Pachtounes : économie et culture d’une aristocratie  guerrière (Afghanistan – Pakistan), Editions L’Harmattan, 2001, pp. 38-9.

[47] DESSART  Laurent, Les Pachtounes : économie et culture d’une aristocratie  guerrière (Afghanistan – Pakistan), Editions L’Harmattan, 2001, pp. 38-9.

[48] « Kabul », in www.iajgs.org (International  Association of Jewish Genealogical Societies)

[49] « Afghanistan », in : www.us-israel.org

[50] Les  Services secrets israéliens

[51] Port  d’un signe distinctif pour les non-musulmans et interdiction du prosélytisme

[52] WALSH  Declan, Death ends Feud of Kabul’s last jews, in: www.guardian.co.uk,  mai 2005

[53] FLEXER  Michael, The Two Last Jews in Kabul, in: www.newstatesman.com, novembre 2006

[54] MAGNIER  Mark, Afghan Jew a one-man Upholder of Tradition, in www.latimes.com,  septembre 2009

[55] MEO  Nick, The Last Two Jews of Kabul. And they hate each other, in: www.independent.co.uk,

[56] www.youtube.com : Two Jews Walk Into a  War

 

Israel Flash

02/01/2012







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