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Le poêle – The diary of a young Jew, Samuel Alterman , Vishki.


Le poêle – The diary of a young Jew, Samuel Alterman , Vishki.

Ce récit est une œuvre de pure fiction. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Sauf pour les Usdin, Platzinski, Dumesh et les familles Gaga (mais ils n’ont jamais caché aucun Juif, du moins, c’est ce que m’a dit Volodia a Vishki en 2008. Mon arrière grand- mère était Sarah Alterman, mais Samuel est fictif …. Mais en ce qui concerne le massacre des Juifs a Vishki, rien n’a été inventé et la réalité est encore pire .

Monday 23 Juin 1941

J’ ai acheté pour quelques kopecks ce cahier a Zalman.
Je suppose qu’ il l’ a volé a la shul.
Mon pere est en train de réparer une montre. J’ attends le diner. Comme d’habitude Khaika gigote sur le sol et , comme d’habitude maman prepare le diner.

Dans la cour, derriere la maison, nous avons des poulets et des oies. Je me souviendrai toute ma vie du jour ou mon pere a coupé une des ailes de toutes les oies. Maintenant, elles boitent toutes comme Moshe, the peddlar mais ça ne les empeche pas de cacarder et de siffler. Malgré tout, je prefere les cris de nos oies aux lamentations des cochons de Sasha… Toujours a la meme epoque. Ce n’est pas tres important car je n’ai jamais aimé les cochons (pas plus que j’aime Sasha) mais je suis triste de les voir dans de tous petits enclos dans lesquels ils ne peuvent meme pas se retourner. En plus, ils sentent mauvais et font du bruit quand ils mangent. C’est peut etre pourquoi je ne mangerai jamais un cochon…ni meme Sasha qui mange qui sent le cochon.

Tout le monde crie ici.

Apres le diner mon pere nous a annoncé, qu’enfin les Allemands etaient a Riga et qu’ils allaient, bientot nous delivrer des Sovietiques. Il n’ oublie jamais d’ ajouter qu’il a lu Goethe et Shiller.

Je me sens seul. Je ne supporte plus mes soeurs.
Berko a deux ans de moins que moi. Il a les yeux bleus comme maman.

Mardi 24 Juin 1941

Maman m’a dit  » Vas te baigner ». Elle ne supporte plus ses enfants a mon avis. Sasha, le fils de l’autre Sasha qui nourrit ses cochons pour les devorer en Decembre, est arrivé et a dit  » Viens, on va au lac »
Pour sortir de la maison, il faut passer par l’atelier de mon pere.
Le pere de Sasha n’a pas de barbe.
Je hais la barbe de mon pere.

Mercredi 25 Juin 1941

J’ ai bien dormi. Khaim piaille tout le temps. Il a toujours faim.
Je dors sur le poele, ce qui est normal; Je suis le plus vieux. En hiver, c’esr l’endroit ideal mais maintenant, meme si le poele est eteint, il fait tres chaud et je suis seul.
Seul et pas vraiment seul car j’ai mon cahier et mon crayon.

J »ai reve que je noyais Khaika dans la lac …et c’est certainement ce que ferai un jour.

Ce matin maman a dit qu’elle irait a Dvinsk acheter une autre perruque. Mon pere a répondu que c’était hors de question. Comme d’ habitude maman n’a rien répondu.
Que pouvait elle dire? Mais moi je sais que maman a besoin d’une autre perruque car ses deux autres sont noires et, avec ses yeux bleus… il y a quelquechose qui choque.
Mais, mon pere decide et, quand c’est « non », c’est  » non ».

Mon pere répete sans arret qe les Allemands nous sauveront.
Il repare ses montres et ses pendules et des centaines de fois par jour il remue sa barbe repetant la meme chose.

Grigori Petrovich est revenu ce matin pour sa montre. Mon pere lu a dit, que tant qu’il n’aurait pas payé ses dettes, il ne la lui rendrait pas.
Grigori n’est pas comme mon pere. Il n’a pas de barbe et ressemble a un gentleman, semblable a ceux que nous voyons dans des magazines que nous recevons de Riga.

Jeudi 26 Juin 1941

Il a plu toute la journée.
Je vais peut etre descendre de mon poele. Le toit est au dessus de moi et il fait tres, tres chaud.
Bien qu’il fasse chaud, comme je suis un solitaire, je m’y sens quand meme bien.
Tous mes freres et soeurs dorment sur le sol et ils entendent beaucoup moins la pluie que moi ( je pense que j’ai raison, d’apres ce que Rabbi Platzinski nous a enseigné… Il appelle cela les mathematiques ou l’arithmetique…Je ne me souviens plus)

Khaika se tremousse encore sur le sol et maman ne dit rien. D’ailleurs, maman ne dit jamais rien.

J’ai fait de mon mieux pour cacher mon cahier et mon crayon. J’ai oublié de dire que mon crayon est tout petit. Je l’ai trouvé dans une mare en face de la maison de Genokh Dumesh. Je le garde comme un tresor…et l’emporte, meme quand je vais ma baigner dans le lac.
Avant de plonger, je le cache parmi les herbes.

Mon pere a beaucoup de crayons et meme un stylo a encre qu’il a reçu d’un cousin qui vit en France. Un jour, je lui volerai. Maman est dans le jardin, sans doute pour ne pas entendre les cris de Khaika et de Khaim.

Zalman est le fils de nos voisins, les Grams. Il est tout petit( c’est peut etre pourquoi il a autant de facilité a voler a la shul…) J’ai eu ma Bar Mitzva il y a trois ans. Il l’ aura l’année prochaine ou peut etre jamais.

J’ai oublié de dire que j’ai seize ans.

J’ entends les pas de ma mere.
J’ ecrirai peut etre ce soir si la lune me le permet.

Vendredi 27 Juin 1941

Ce matin je suis allé nager avec Leib et Nachman.
Sora voulait venir avec nous, mais nous n’avons pas besoin de filles, surtout nos soeurs.
Sur la route, nous avons rencontrée Evguenia Moll et, elle, nous l’avons acceptée. Elle nous regarde toujours comme si nous etions etions des etrangers. Elle etait bien habillée et c’est une tres jolie fille.
Je ne sais pas, mais  je pense qu’ elle n’a pas la droit de frequenter des garçons Juifs.

Tous les trois, Leib, Nachman et moi avons nagé jusqu’a la petite ile. Nachman nage bien mieux que moi.
Mais, j’aurai ma revenche l’hiver prochain car, sur le lac gelé, je suis le meilleur. Bien sur pas en natation….

Vendedi 28 Juin 1941

Mon pere est parti pour Dvinsk ce matin.
Maman a répété, qu’enfin les Allemands etaient arrivés a Dvinsk et qu’ls nous delivreraient des Soviets. Elle repete ce que notre pere dit. Toujours.

Leib et moi sommes allés nager dans la lac ( Nachman etait malade, c’est du moins ce que sa mere nous a dit…Sa mere n’aime pas la mienne car elle n’a qu’une perruque et ma mere en a deux!)
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrétés dans la boutique d’ Itzik Usdin pour acheter des bonbons.
Itzik n’est jamais dans sa boutique, mais Dina, sa femme a le plus beau sourire du monde et plaisante tout le temps.

Ici, tout le monde sait que les enfants d’ Itzik sont partis ( ils n’ont que trois enfants…Nous, on est six, et c’est,sans doute, a cause de la barbe de mon pere)
Khaim est en Suisse, Nachman peut etre en Palestine et Sonia loin en Russie ou peut etre en France.
Le frere d’ Itzik, Boris (ma mere dit Boria) est quelque part en Siberie dans un camp.

Je connais aussi Gita Usdin. Elle n’habite pas tre loin de chez nous et est toujours dans sa boutique.

Les moustiques arrivent. Mon pere n’est pas revenu de Dvinsk.

Je suis heureux. Tout est calme dans la maison. Maman prepare la sholent.
Mon pere me manque, meme si je hais sa barbe. Pourtant, il avait dit a maman, qu’il reviendrait ce matin.

Le poele n’est pas le meilleur endroit pour vivre en été mais j’y suis libre.

Demain, je coupe mes papillotes.

Samedi 29 Juin 1941

Je sais que c’est Shabbat et que je n’ai pas le droit d’ecrire.
Hier, notre pere est revenu de Dvinsk en fin de matinée.
Quand il est arrivé, que je l’ai vu, j’ai pensé que, jamais, je ne couperai mes papllottes.
J’ai souvent honte de mon pere…

Nous sommes allés a la shul, nous les garçons. Khaim est resté a la maison. Quant a Khaika, le probleme ne se pose meme pas..

Mon pere n’a meme pas acheté su poisson fumé. Pourtant, je suis sur , qu’il en avait envie. Rabbi Plaltzinki nous a enseigné que l’on ne peut rien acheter pendant Shabbat.
Ma mere a passé des heures a discuter avec Beila, dont le fils a été envoyé a l’armée.
Je me souviens tres bien du fils de Beila. Il avait une belle moustache et courrait tout le temps apres les filles de Genoch Dumesh.
Maman prepare le repas. Je suis sur mon poele. Ca sent bon. La Sholent.
Je suis sur que mon pere a toujours sa barbe dans ses montres ou horloges.
Khaim et Khaika sont sur le plancher…Et, moi je me cache sur le poele.

Dimanche 30 Juin 1941

Il est environ 10 heures. Depuis 2 heures ce matin, j’ai entendu des tirs de mitraillettes et enormement de bruit.( j’ ai deja dit que mon pere etait horloger et les pendules sonnent les unes apres les autres..si bien que l’on ne sait pas vraiment l’heure exacte)

Pendant la nuit, des gens sont rentrés chez nous.
Certains parlaient  allemand, d’autres letton.

J’étais prostré sur mon poele. Ils criaient  » Shnell, shnell. Vous devez aller a Daugavpils. Prenez tout ce qui vous appartient. Votre argent, vos bijoux, vos habits et des couvertures. Ne laissez rien ici. Shnell, shnell, tout dans des valises ou des sacs. Vous aurez besoin d’argent…Emportez votre argent ».

Je n’avais plus aucune force. J’etais terrifié mais je restais allongé sur mon poele comme toujours.

Les oies criait encore plus.

Ou est Berko? Pourquoi il n’est pas venu? Il sait ou je suis. Sur mon poele ou, pas tres loin vers le lac.

Tout n’ est que silence maintenant.
Je vais dormir.

J’attends mon pere et ma mere et je sais qu’ils vont vite revenir.

J’ai du avoir un cauchemar.

J’ai bien dormi.

C’est Natalia Serguievna qui m’a reveillé. Je l’entendais dire a son mari ou ses fils » Il n’y a rien a prendre ici, a part les montres ».
Ensuite ils ont dit qu’ils iraient chez Itzik et Boris Usdin. Il faut dire que Boris et Itzik sont les lus riches ici.
Il était a peu pres 11 heures.

La nuit vient et je suis encore sur mon poele. Je garde toujours des morceaux de bougies au cas ou…
Je les vole a la shul avec l’aide de Zalman. A propos de Zalman, il n’est pas venu aujoud’hui. Bien qu’il soit un voleur( d’ailleurs moi aussi), il me manque.
Je l’ai attendu toute la journée. Il n’est pas venu.

J’ai tellement faim… mais c’est comme si mon poele ne m’autorisait pas a descendre.

J’attends maman. Elle sera la demain.

Mardi 1 Juillet 1941.

Maman n’est toujours pas revenue, ce qui est inhabituel.
Je ne ne comprends plus rien.

Je ne sais meme plus quelle heure est. Toutes les montres et les horloges de mon pere se sont arretees.

Hier, je n’ai pas ecrit.
Je suis toujours sur mon poele.
La nuit derniere j’ai entendu la voix d’ Elena Petrovna. Je suis sur qu’elle etait dans l’atelier de mon pere.
C’est une tres jolie femme. Pas une juive.

Je hais mon pere car il se promene dans la ville avec sa longue barbe et son long manteau encore plus noir que cette nuit.

J’ai soif. Il fait chaud.
Maintenamnt, ma vie se resume a ce poele.
Je me souviens, qu’ aujourd’hui, mon pere avait rendez vous avec le rabbin.
Mon pere n’a jamais manqiué un rendez vous avec Platzinski ou Yankel Leibovich.
Ils sont tres amis, bien que mon pere ne soit pas vraiment religieux, a part en ce qui concerne sa barbe et son long manteau noir, que je hais.

Je suis descendu de mon poele tellement j’avais faim.
J’ai trouvé du pain noir et des harrengs saurs, que l’on avait acheté au marché…Je ne sais meme plus quand.

J’entendais ces abrupties de poules mais, et je ne sais pas pourquoi je ne suis pas allé dans la cour.
J’ai peur et ne comprends pas pourquoi, j’ai aussi peur.

Mais j’ai eu le courage d’aller dans l’atelier de mon pere. Personne ne me croira jamais, mais toutes les montres et horloges avaient disparu. Il est possible que Natalia  Serguievna les ait prises. Peut etre meme volées, mais j’ai du mal a le croire. Mon pere va etre furieux mais je lui dirai que Natlia et Elena sont venues faire un tour dans son atelier.

Et puis, j’ai ouvert le tiroir ou mon pere gardait son argent. Il n’y avait plus d’argent, ne serait ce qu’un kopek… mais au fond du tiroir, tout au fond, j’ai trouvé son stylo a encre. Celui que son cousin Zalman- Eliokim, qui, maintenant s’appelle Jean, lui avait envoyé de France.

Mercredi 2 Juillet 1941

Je ne suis pas sur de la date. Mardi ou mercredi?
Mon poele est ma maison et maman n’est toujours pas revenue.
J’ai peur et j’ai faim. Je devrais aller dans la cour pour chercher des oeufs.

Plus d’oeufs et les oies ont disparu. Les oies et les poules.

Je ne sais quelle heure il est. Une  horrible odeur qui est sur Vishki. La meme odeur que les porcs de Sasha, quand ils brulaient les os…. pour en faire je ne sais quoi…

Khaya aussi devrait etre ici. Bien que je ne l’aime pas, elle me manque.
Meme chose pour Khaim, que je n’aime pas.

Jeudi ou je ne sais pas.

Cette odeur. Jamais je ne l’ai sentie avant, meme les porcs de l’autre famille.
Personne ne vient me voir.
Tout le monde m’ a oublié.
Ou alors ils ne m’ont jamais aimé.

Je suis perdu.
Si on est vendredi, je dois aller a la shul.
Maman n’est pas revenue.Ou est elle? Certainement  a Daugavpils.

Je n’irai pas a la shul…

Je viens d’entendre la voix de Maria Petrovna.  » Enfin, il n’y a plus de Juifs a Vishki »
Je n’ai rien compris.
J’ai sommeil et je sais que maman va revenir demain matin.

Je ne sais plus du tout quel jour on est.

Je dors toujours bien sur mon poele.
Peut etre qu’aujourd’hui, c’est Shabbes mais je n’entends rien.

D’ apres ce que j’imagine, il doit etre 4 ou 5 heures et je n’arrive pas a dormir.
Si bien que je vais ecrire.
Je dois economiser les bougies et les allumettes.Sans allumettes- pas de bougies…et je suis si fier d’avoir ecrit cela.

Pas un bruit dans la rue; Le silence total. A une epoque j’aurais ete heureux…
Meme les oies ne crient plus. Mais, mon cher journal, ne me prends pas pour plus bete que je suis….Je sais que les oies ne crient pas la nuit….Elles dorment!
Et moi, je n’y arrive pas.

Si on est dimanche, Moshe viendra.
De touutes façons, je ne comprends plus rien.
J’ai oublié de dire que j’ai trouvé un couteau a coté du pain l’autre jour et j’ai coupé mes papillotes.
Demain je serai un gentleman et je partirai en Amerique.

Dimanche, et, j’en suis sur

J’ai entendu les cloches.
En general, Moshe, the peddlar( que nous appelons  » Moshe, le boiteux » car il a une jambe plus courte que l’autre) vient tous les dimanche. Il boite comme les oies et crie plus fort qu’elles…

Je n’arrive plus a respirer….  Il y a tellement de fumée. Peut etre sont ils en train d’enfumer les cochons de Sasha.

Demain, je descendrai de mon poele et irai chez Volodia. Bien qu’il soit beaucoup plus jeune que moi, nous sommes amis. Il n’ est pas juif. Ici, on dit  » il est goy’ et, je n’ai jamais rien compris.

Lundi

Volodia vit avec ses parents pres de Kalnavishki, sur la route de Daugavpils.
Ils etaient tres surpris de me voir. L’ odeur, la fumée etaient encore pire la bas.
Comme un idiot, j’ai demandé a la mere de Volodia d’ou venait cette fumée.
Madame Gaga m’ a répondu qu’ils etaient en train de bruler des brindilles et du bois mort.

2010.
Ils brulaient les Juifs.
Je suis resté chez  Volodia jusqu’a la fin de la guerre.
Je pense que la famille Gaga, ou une autre m’a caché.
Je n’ai plus jamais ecrit.
J’ai toujours le stylo de mon pere.
J’ ai perdu le crayon,qui etait devenu si petit  quelquepart  sur  le paquebot vers l’ Amerique.

J’ habite a Dublin, au Texas. J’ai épousé une femme de Zarasai, que j’ai rencontrée sur le paquebot vers les USA.
Ses parents, freres et soeurs avaient été assassinés et brulés comme les miens.
Nous avons eu deux enfants, Berka et Khaika.
Ici Berka est devenu Robert et Khaika, Christine.
Berka a été circonsis et a eu sa Bar- Mitzva. Khaika a fété sa Bat Mitzva en 1957;
Je corresponds toujours avec Volodia, qui habite seul dans cette meme maison sur la route de Kalnavishki et qui se souvient encore tres bien, 69 ans apres de cette vieille dame qui lui avait demandé de l’eau sur la route de la mort. C’etait peut etre ma grand-mere Sarah.

Sam Man, alias Samuel Alterman. Le 14 Juillet 2010.

Copyright  2010.Christine Usdin . All Rights Reserved. © Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec un lien vers la source

The diary of a young Jew, Samuel Alterman  – Vishki.  – June/ July 1941
 

(This is a work of fiction. Any similarity to actual persons, living or dead, is purely coincidental, except for the Usdin, Platzinski, Dumesh and Gaga families( but they didn’t hide any Jew, at least, that’s what Volodia told me in Vishki in 2008. My GGrandmother was Sarah Alterman but Samuel is fictif…. But that’s how it happened in Vishki…)

 

Monday, June 23 1941 

I bought this copybook from Zalman.
I think, that he stole it from the shul.
Father is repairing a watch. I am waiting for dinner. Khaika, as always, crawls on the floor and mother is preparing dinner.
We have chickens and geese in the backyard. I remember when father clipped their wings, well, one wing each. Now like Moshe the peddlar, they are all lame, but it doesn’t stop them squawking all day long. Never mind, I prefer the cackle of my geese to the squeals of Sasha’ s pig and I can say that even when he eats, he is noisy. But I am fond of the pig (not really of Sasha) and when I go there, I feel sorry to see him in a very small pigsty. I stroke him and I am sure that he likes me very much. The problem is that he smells so bad. May be it is why we don’t eat them.

Everybody yells in this house.

After dinner father said that the Germans were in Riga at last. He said that at last a civilized race will get rid of all the communists (and he never forgets to mention, that he has read all of Goethe’s and Schiller’s books.)

I feel very lonely. I can’t stand my sisters. Berko my beloved brother is two years younger than I am. He has blue eyes like mom.

Tuesday, June 24 1941

Mother said « Go to the lake ». I think, she was tired of her kids.
Sasha ( the son of the other Sasha who feeds the pig so that they can eat him around December) came to my house and said « Let’s go to the lake »
To get out of the house we have to go through my father’s workshop. Sasha’s father has no beard.
I hate my father’s beard.

Wednesday, 25 june 1941

Slept well but , Khaim asks for food all the time.
I still sleep above the stove and that is normal as I am the oldest. It is fine in the winter, but now it is very hot, and I am alone. Alone and not alone, because I am on my stove, I have my notebook and my pencil, and I can write.
I dreamt, that I drowned Khaika in the lake…and, that’s probably what I’ll do.

Mother said that she would go to Dvinsk in the afternoon to buy another wig. Father said, « No way », and she didn’t answer as usual. Khaim was crying for food. And may be she could not say anything. I know that mom needs another wig because the only two she has are very dark, very black and with her blue eyes, they look quite strange. But father decides, and when it is « No », it’s « No ».
Father repeats all the time that the Germans will save us. He repairs watches and clocks and hundreds of times a day, he looks up, touches his beard and repeats this.

Grigori Petrovich visited again and asked for his watch. Father said that he will not give it to him until he has paid his debts. Grigori is not like my father. He has no beard and looks like a gentleman, like those I have seen in some magazines that we receive from Riga

Thursday, June 26, 1941

It has been raining all night long.
May be I will get down from the stove, because the roof is just above me and it is hot, very hot.
Though it is very hot, I am alone and when I am alone I feel good and free.
All my sisters and brothers sleep on the floor and they hear the rain much less than I do. (I think that I am right; according to what Rabbi Platzinski taught us…He calls this mathematics or arithmetic… I don’t remember)
Khaika is always crawling on the floor and mother says nothing, even at night..

I do my best to hide my note book and the pencil. ( I forgot to say, that my pencil is very short. I found it last winter near Genokh’s house in a puddle. I kept it as a treasure and it is always with me.)
When I go to swin in the lake I hide it.

Father has a lot of pencils and also one fountain-pen that he received from a cousin who lives in France. Someday, I’ll steal it. Zalman stole my notebook in the shul, so I have the right to steal a fountain-pen… Mother is in the garden and doesn’t heed Khaika and Khaim’s cries.

Zalman is the son of our neighbours, the Grams. He is very short(  may be that’s why he can steal from the shul).
I had my  Bar Mitzva three years ago. He will have his Bar Mitzva next year or, may be never.

I forgot to say, that I am 16 years old.

I hear the footsteps of my mother.
May be I will write tonight if there is enough moonlight. Thanks to the moon.

Thursday, June 27, 1941

This morning I went to swimm in the lake with Leib and Nachman.
Sora wanted to go with us, but we don’t need girls, above all our sisters.
On the way to the lake we met Evguenia Moll and we asked her to come with us. She looked away as if we were strangers. She was very well dressed and a very pretty girl.
( I don’t know, but may be she is nor allowed to play with Jewish boys)

We both swam to the little island but Nachman swims better than I do.
I don’t care, because I skate much better, than he does.
I shall have my revenge next winter.

Friday, June 28, 1941

Father left very early this morning to Dvinsk.
Mother said that, at last, the Germans had arrived in Dvinsk and they would liberate us from the Soviets. She repeats exactly what father says.

I felt so happy. I ran to Rabbi Platzinski and told him, what my mother had said.
It was at about 2 PM. As always Rabbi Platzinski did not say anything. (I would like to be his son as he has no beard). Rabbi Paltzinski is a wise man who looks at you and never says anything which could hurt you.

We went together with Leib to swim in the lake. (Nachman was ill, at least that’s what his mother said…His mother doesn’t like me because she only has one wig, and my mother has two!)
On the way back we stopped at Usdin’ shop to buy candies.

Itzik is never in the shop but his wife Dina always smiles and jokes, like no one else that I ever met in my life…

Here everybody knows that Itzik’s children are gone. (all…They have only three children….We are in our home six children. I hate this.I am the oldest)
Everybody knows, here, that Itzik’s children are away.
Khaim to Switzerland, Nachman to Palestine and Sonia to the Far East, or may be in France.
Boris, Itzik’s brother( Mother says Boria but I think it is the same man) is somewhere in the  east in Russia.In a workcamp…
They have a telephone: one of only two in Vishki

I also know Gita Usdin very well. She lives not far from us and is always in her shop.

The mosquitoes are coming. Father didn’t come back.

Silence in the house.Mom is preparing the sholent.
I miss Father,even if I hate his beard.He said mom, that he’ll come back on the morning.
The stove is not the best place to be in this house, especially in the summer but, as I said, I feel free and I am a solitary boy.

Tomorrow I shall cut my sidecurls.

Saturday 29, 1941

Shabbat, I know; that that should not be writing.
Yersterday father returned home towards end of the morning, just as he had said, and when I saw him I thought that I would never cut off my sidecurls. We, the boys and father, went to the shul.
As always we ended up at the market. All together, except for Khaim and Khaika, who stayed home with our niania.
Father didn’t buy any smoked fishes, though I am sure that he would have liked to buy some. Rabbi Platzinski taught us that we can’t buy anything on Shabbes. Mom spent hours talking with Beila, whose son was drafted in the army.
I remember his son. He had moustache and was always after one of the Dumesh girls.
Mother is preparing the diner. It smells so good. The sholent. Father, as always has his beard in his watches.
Khaim and Khaika are on the floor. I hid myself.

Sunday 30, 1941

It is about 10 AM. The shouting and terrible noise last night at about 2:00 in the morning, was it a dream? (I already mentioned the fact that my father is a watchmaker and the clocks are always ringing one after the other so that we do not really know what time it is.)
Last night some people came in to the house. Some spoke German, the others in Latvian.
I remained prostrate and hidden above the stove. They shouted « Schnell, Schnell, You are going to Daugavpils. Take all your money, silverware, clothes, and blankets. Don’t leave anything here. Schnell, schnell, everything in the suitcases or bags. You’ll need the money … . Take your money »
I was terrified. My body trembled. What should I do? Get off  my stove to rescue mom?
I had no strength, I was so afraid of these horrible screams.
I lay above my stove, as always. The geese cackled even more loudly.

Where is Berko? Why doesn’t he come to me? He knows where I am.

Everything is quiet.
I’ll sleep.
I am waiting for my parents and my sisters and who will soon return. I’m sure of this.It must be just a joke or a nightmare.

I slept well.

I was awakened by  Natalia Sergueina, who  said to her husband or her sons » here, there is nothing to take, but the watches  » . They said, that they would go to Itzik and  Boris Usdin, where there is a lot of colonial merchandise. It was about 11 PM.

Now, the night is coming and I am still there, on my beloved stove.
(I always keep a supply of candles in case I want to write… Don’t say anything to Rabbi Platzinski….I stole them at the shul with the help of Zalman) By the way, Zalman didn’t come today…. Though he is a robber (and me too!), I miss him and I have been  waiting for him all day long… He didn’t come.
I feel so hungry but this stove doesn’t give me the permission to get down from it.
What happened? Mom didn’t come back, but I know, she’ll be here to morrow.

Tuesday, July 1, 1941

Mom is not here. Where is she?

I can’t say what time it is because all the clocks and watches stopped running.
Yersterday I didn’t write.
I am still above the stove.
I heard the voice of Elena Petrovna last night. She was in
father’s workshop.

She is a very elegant woman.
Not a Jew.
First I hated my father,because he walked around the town with his long beard and long black coats.

I am thirsty. It’s hot.
Now my life is above the stove.
I don’t know why.
I remember, that Dad had an apointment today with the Rabbi.
And my father never missed and appointment with Yankel Leibovich.
They are close friends, though Dad is not very religious, except for his beard, that I still hate.

Today I descended from my stove to look for food. I found black bread and red herrings that we bought at the market . Bread and herring .
The chickens were clucking in the backyard, but I don’t know why, I didn’t go out there. I am frightened and I don’t know why. But I had the courage to go in my father’s workshop.
You will not believe it but all the watches and clocks had disappeared. May be Natalia Sergueina took them or stole them. Father will be so angry but I’ll tell him that Natalia and Elena came in the workshop. I open the drawer, where Father hides his money. No more money, no more coins but at the bottom I found the fountain pen.

Wednesday, July 2, 1941

I am not sure of the date. Is it tuesday or wednesday?
My stove is my home and mom didn’t come back yet.
I am still terrified and hungry. I have to go in the backyard for eggs…
No eggs. And the geese had disappeared too.

I can’t say what time it was but there is a terrible smell coming from Vishki.
Lots of smoke coming from the north …. I think of Kalnavishki. But I am not sure.

Khaya, should be here, though I don’t like her.
And Khaim, though I don’t like him. He should be here.

Thursday or….. I don’t know.

This smell, I have never smelt anything like it before.
Nobody comes to me.
May be they  don’t know where I am.
Or they just forgot me. Which means, that they never liked me.

I am lost. I don’t know the date.

If it is Friday, I have to go to the shul.
Mom didn’t come back. Where is she?
Probably in Daugavpils.

I shall not go to the shul.

I heard the voice of  Maria Petrovna.
She said  » At last there are no more Jews in Vishki »
I don’t understand anything.

It is night. I am sure, that mom will come back tomorrow.

On my stove I sleep very well.

May be today is Shabbes, but I am not sure.

According to what I think, it is about four or five in the morning. I can’t sleep. So I write a little. I must save the matches and the candles, but above all the matches. Without matches – no candlelight. I am proud to have written this…. There is total silence here on my street. Even the geese do not cackle anymore. But, my dear diary, don’t think, that I am silly. I know, that the geese don’t cackle during the night. They sleep. But I can’t. And where have our geese gone?

If it is Sunday, Moshe will come this morning. But now I don’t know anything.
I forgot to say, that I found a knife near the bread the other day and just cut my sidecurls. Tomorrow, I’ll look like  a gentleman and I’ll go to America.

Sunday. I know it is sunday as I heard the bells.
Moshe the peddler (we call him « Moshe the cripple » as it seems that he has one leg shorter than the other) didn’t appear or I didn’t hear him though his voice is even louder than the sound of the geese.
I can’t breathe. So much smoke and I don’t know…. May be they are killing Sasha’s pig.
Tomorrow I’ll go to see Volodia Gaga. We are good friends, even though he is a goy and younger than me.

Monday.

Volodia lives close to Kalnavishki at the end of the village, on the way to Daugavpils.
He and his parents were very surprised to see me. The smoke there is terrible and the smell awful.
I asked  » What is this smoke? »
His mother answered, that they are burning bushes and woods.I wanted to go and see but his father didn’t allow me.

2010.

They were burning the Jews, that they murdered.
I stayed at Volodia’s until the end of the war. After the war I understood, that the Gaga family hidden me..
I didn’t write in my diary anymore.
I kept it until now and also my father’s fountain pen.
I lost the pencil on the ship to America. It was so short.

I live in Dublin, Texas. I married a lady from Zarasai, whom I met on the ship. Her parents, sisters and brothers had been murdered and burnt such as mine were.
We had two children, Berka and Khaika, who I named after my brother and sister.Here Berka is Robert and Khaika, Christina. But Berka was circumcised and had his Bar mitzva. I still correspond with Volodia, who lives in the same house in Vishki

Sam Man, alias Samuel Alterman.July 14, 2010

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