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Le canular de la « terre contre la paix », par Caroline B. GLICK


Le canular de la « terre contre la paix », par Caroline B. GLICK

Maintenant que les islamistes sont sur le point de prendre le pouvoir au Caire, le traité entre Israël et l’Égypte est nul et non avenu.

L’ascension des forces de l’islam jihadiste en Égypte place les USA et d’autres puissances occidentales dans une position inconfortable. Les USA sont le garant du traité de paix de l’Égypte avec Israël. Ce traité est fondé sur le modèle de la terre contre la paix. Israël a donné à l’Égypte le Sinaï en 1982 et en échange, il a obtenu un traité de paix de l’Égypte. Maintenant que les islamistes sont sur le point de prendre le pouvoir au Caire, le traité entre Israël et l’Égypte est en fait nul et non avenu.

La question est naturellement soulevée : Les USA vont-ils agir en accord avec leur rôle de garant de la paix et exiger que le nouveau gouvernement rende le Sinaï à Israël ?Parce que si le gouvernement Obama ou n’importe quelle administration au pouvoir, quand l’Égypte abrogera le traité ne publie pas une telle exigence, et s’y tient, et si l’Union Européenne ne soutient pas cette exigence, tout le concept de la terre contre la paix s’avérera être un canular.

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De fait, la formule de la terre contre la paix se révélera une fiction à un double titre.

D’abord, elle est fondée sur la fausse assertion que le processus de paix est une voie à double sens. Israël donne la terre, les Arabes donnent la paix.

Mais la mort inévitable de l’accord de paix égypto-israélien sous le régime jihadiste égyptien montre clairement que la formule de la terre contre la paix est une voie à sens unique.

Les cadeaux de terre israélienne sont permanents. Les engagements arabes pour la paix peuvent être révoqués à tout moment.

Puis il y a les prétendues garanties de sécurité à toute épreuve des USA et de l’UE qui accompagnent les traités signés. Toutes les promesses américaines et européennes à Israël – qu’ils se tiendront aux côtés de l’État juif quand il prendra des risques pour la paix – se révéleront des mensonges sans valeur. Comme nous le voyons dès aujourd’hui, personne ne soutiendra les droits d’Israël. Personne n’insistera pour que les Égyptiens honorent leur échange.

Comme il est devenu plus évident que les Partis des « Musulmans » et des salafistes détiendront la majorité absolue dans le Parlement démocratiquement élu de l’Égypte, des gouvernements et des supports de médias occidentaux ont mis en avant avec insistance que ces mouvements anti-occidentaux et anti-juifs sont devenus modérés et pragmatiques. L’administration Obama a mené la charge pour défendre cette cause. Ses officiels de haut rang ont adopté avec enthousiasme les « Musulmans ». En fait, le chef spirituel des « Frères Musulmans », Yussuf Qaradawi aurait mené des négociations entre les USA et les Talibans.

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Qaradawi, un Égyptien basé au Qatar depuis 1961, quand il fut obligé de fuir l’Égypte à cause de ses positions politiques jihadistes, a fait un retour triomphal dans son pays natal en février dernier après le renversement du président Hosni Moubarak. S’adressant à une foule estimée à deux millions de personnes sur la place Tahrir au Caire, Qaradawi les a entraînés à scander un appel à envahir Jerusalem.

Au long des années, Qaradawi a publié de nombreux décrets religieux permettant, en fait demandant le massacre des Juifs. En 2009, il a appelé le monde musulman à parachever l’objectif d’Hitler d’éradiquer le Peuple juif.

Et pour les USA, en 2003, Qaradawi a publié un décret religieux appelant au meurtre de forces américaines en Irak.

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Si bien, les « Frères Musulmans » et les salafistes sont satisfaits de répondre aux besoins de la propagande des journalistes et des politiciens occidentaux en prétendant qu’ils veulent poursuivre le traité de paix avec Israël.

Mais, même s’ils font des déclarations conditionnelles aux Américains et aux Européens empressés, ils disent constamment à leur propre peuple qu’ils veulent la destruction d’Israël et l’abrogation de l’accord de paix entre l’Égypte et Israël.

Comme Jonathan Levi, du « Centre des Affaires Publiques de Jerusalem » (JCPA) l’a documenté la semaine dernière dans un rapport sur les positions des « Frères Musulmans » et des salafistes sur l’avenir de la paix entre l’Égypte et Israël, tout en parlant aux Occidentaux en termes généraux de leur volonté de respecter le traité, les deux groupes mettent de nombreuses conditions à leur volonté de le maintenir. Ces conditions montrent clairement qu’en aucune manière, ils ne continueront de respecter le traité de paix. En fait, ils utiliseront la moindre excuse pour justifier son abrogation et la reprocher à Israël. Et ils le feront à la première occasion.

Il est possible, et peut-être probable, que les USA suppriment l’aide militaire à l’Égypte à la suite de l’abrogation du traité de paix par le Caire. Mais il est impossible d’imaginer que le gouvernement Obama respecte l’engagement des USA d’être le garant de l’accord et exige que l’Égypte rende le Sinaï à Israël. En fait, il est légèrement plus probable qu’une administration Républicaine remplisse l’engagement des USA d’être garant de la paix et exige le retour du Sinaï à Israël après que le régime islamiste démocratiquement élu en Égypte aura trouvé une excuse pour abroger le traité de paix.

Il est important de garder à l’esprit ce triste état de fait quand nous mesurons les perspectives d’un accord de la terre contre la paix entre Israël et l’Autorité Palestinienne. Cette semaine, après des mois de pression intense des USA et de l’UE, les négociateurs israéliens et palestiniens se sont rencontrés en face à face pour la première fois en 16 mois. Selon le ministre jordanien des affaires étrangères Nasser Judeh, hôte de la réunion, les Palestiniens ont soumis leurs propositions à Israël sur les questions de sécurité et les frontières. Les parties doivent se rencontrer la semaine prochaine et Israël présenter ses propositions sur ces questions.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ces pourparlers sont condamnés à l’échec. La raison la plus importante c’est que même si elles mènent à un accord entre Israël et les Palestiniens, il ne sera pas viable. Si l’on suppose un temps que le président de l’AP Mahmoud Abbas va à contre-courant de tout ce qu’il a déclaré au cours des trois années écoulées et qu’il signe un accord de paix avec Israël dans lequel il promette la paix en échange de Jerusalem, de la Judée et de la Samarie, cet accord aura peu d’impact sur la perception d’Israël par les Palestiniens. Aujourd’hui Abbas ne représente personne. Son mandat à son poste a pris fin il y a trois ans. Le Hamas a gagné les dernières élections palestiniennes en 2006.

Et les chefs du Hamas – comme leurs homologues chez les « Frères Musulmans » – ne font pas mystère de leur intention de détruire Israël. Il y a deux semaines dans un discours à Gaza, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a proclamé : « Nous disons aujourd’hui explicitement, de sorte qu’on ne peut l’exprimer autrement, que la résistance armée et le lutte armée sont la voie et le choix stratégique pour libérer la terre palestinienne, depuis la Méditerranée jusqu’au Jourdain, et pour l’expulsion des envahisseurs et des usurpateurs [Israël]… Nous n’abandonnerons pas un pouce de la terre de Palestine ».

Lors de sa visite cette semaine à son homologue des « Frères Musulmans » au Caire, Mohammed Badie, Haniyeh a dit : « Le mouvement de la résistance islamique du Hamas est par définition un mouvement jihadiste de « Frères Musulmans », palestinien en surface, islamique en son cœur, et son but est la libération ».

Avec les collègues des frères du Hamas s’emparant du pouvoir du Caire à Casablanca, il est difficile d’imaginer un scénario dans lequel un Fatah à la recherche de la paix gagnera les élections palestiniennes. C’est en reconnaissance de ce fait qu’Abbas a signé une série d’accords d’unité avec l’Hamas depuis le mois de mai.  Aussi le meilleur scénario pour un accord de paix avec les Palestiniens, c’est qu’Abbas signe un accord qu’Israël exécutera en se retirant de Jerusalem, de Judée et de Samarie et expulsera jusqu’à demi-million de citoyens israéliens de leurs foyers. L’Hamas s’emparera alors du pouvoir et abrogera le traité, exactement comme leurs frères au Caire prévoient de le faire avec le traité de paix de leur pays.

Cela nous conduit à la question de ce que cherchent vraiment les forces diplomatiques des USA, de l’UE et l’ONU qui ont travaillé si dur pour obtenir le commencement des négociations présentes.

Qu’est-ce qu’elles essaient de réaliser en pressant Israël de négocier un accord dont elles savent qu’il ne sera pas respecté par les Palestiniens ?

Dans le cas de certaines des parties impliquées, il est assez évident qu’elles veulent affaiblir Israël.

Prenez l’ONU par exemple. En 2005, Israël a retiré toutes ses forces militaires et civiles de Gaza. Plutôt que de récompenser Israël pour avoir cédé la terre contre la paix, les Palestiniens ont transformé Gaza en une erre de lancement d’attaques de missiles contre Israël. Et en juin 2007, le Hamas s’est emparé du territoire.

Malgré le fait qu’Israël a totalement quitté Gaza, et qu’en effet il est attaqué depuis Gaza, personne n’a appelé les Palestiniens à rendre le territoire à Israël. L’ONU ne reconnaît même pas qu’Israël l’a quitté.

En septembre dernier, l’ONU a encore publié un autre rapport qualifiant Israël d’occupant de Gaza. Et en accord avec cette fiction, l’ONU – ainsi que l’UE et les USA – continue de tenir Israël pour responsable de la protection sociale de Gaza.

Paradoxalement, l’Hamas lui-même réfute que Gaza soit sous occupation israélienne. Dans un entretien avec l’agence d’information ‘Ma’an’ mardi, le dirigeant du Hamas Mahmoud Zahar a admis ouvertement que Gaza n’est pas sous occupation. Parlant du plan du Fatah de lancer des manifestations massives contre Israël, Zahar a dit : « Contre qui ferions-nous une manifestation dans la Bande de Gaza ? Quand Gaza était occupé, on pouvait appliquer ce modèle ».

L’Hamas, les « Frères Musulmans » et le Fatah peuvent tous dire la vérité librement sur Israël et leur engagement à sa destruction sans crainte la moindre répercussion. Ils savent que les puissances occidentales ne les écouteront pas. Ils savent qu’ils n’auront jamais à payer le prix de leur duplicité. En fait, ils savent qu’ils en seront récompensés.

Depuis l’inauguration du processus de la terre contre la paix entre Israël et l’OLP, il y a 19 ans, les Palestiniens ont démontré de façon répétée leur mauvaise foi: les cadeaux de terre israélienne ont constamment reçu en retour un terrorisme palestinien croissant.

Depuis 1996, les forces de sécurité palestiniennes formées par les USA et les Européens ont de façon répétée utilisé leurs fusils pour tuer des Israéliens.

Depuis 1994, l’Autorité Palestinienne a fait de l’enrôlement de terroristes dans ses forces de sécurité, financées et formées par les USA et les Européens, une pratique routinière.

Les USA et l’Europe ont continué de les entraîner et de les armer malgré leur mauvaise foi. Malgré leur engagement incessant à la destruction d’Israël et leur implication dans le terrorisme, les USA et l’UE ont continué d’exiger qu’Israël rendre davantage de territoire.

A aucun moment, ni les USA, ni l’UE n’ont sérieusement envisagé de mettre fin à leur soutien aux Palestiniens à la formule manifestement fictive de la terre contre la paix.

Alors qu’Israël se plie maintenant à encore davantage de pression des USA et de l’UE et conduit des pourparlers de la terre contre la paix avec le Fatah, notre gouvernement pourrait se laisser séduire par les menus éloges qu’il reçoit des émules du journal « Washington Post » ou même du gouvernement Obama. Mais cet éloge ne devrait pas leur tourner la tête.

Pour comprendre sa viduité irresponsable, tout ce qu’ils doivent faire est de tourner leur attention vers ce qui s’est passé cette semaine au Caire, lorsque les « Musulmans » et les salafistes ont assuré leur contrôle absolu sur le Parlement égyptien. En particulier, nos dirigeants devraient remarquer l’absence de la moindre voix exigeant que l’Égypte respecte le traité de paix avec Israël ou le retour du Sinaï.

Le temps est venu pour Israël d’accepter la vérité.

La terre contre la paix est un jeu de confiance et nous sommes la bonne poire.

 Source : malaassot, par CAROLINE B. GLICK, Jerusalem Post, Adaptation Sentinelle





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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