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Suite au retrait américain d’Irak : Le nouveau front Est contre l’État juif, par Dore Gold


Suite au retrait américain d’Irak : Le nouveau front Est contre l’État juif, par Dore Gold

(Le dernier convoi de 110 véhicules de l’armée américaine a traversé la frontière irako-koweitienne. Photo : AFP.)

Le retrait des derniers soldats américains d’Irak soulève la question sur le rôle que remplira Bagdad sur le front Est d’Israël. Historiquement parlant, l’Irak a été depuis toujours impliqué dans notre conflit. A plusieurs reprises et sous différents régimes, ce pays arabe a expédié un corps expéditionnaire composé d’un tiers de ses forces terrestres et a  combattu acharnement contre Israël.En 1948 et 1967, les soldats irakiens ont franchi le territoire jordanien, et en 1973, ils ont rejoint le front syrien sur le plateau du Golan. En 1991, Saddam Hussein a lancé sur l’État juif 39 missiles Scud. Sa défaite en 1991 et sa chute en 2003 ont écarté la menace irakienne des considérations stratégiques d’Israël pour de nombreuses années.

Comment faut-il donc considérer l’Irak après le retrait des forces américaines ?

Il est clair aujourd’hui que le rôle que remplira l’Irak au Moyen-Orient sera largement déterminé par la position iranienne. Le renforcement et la montée des partis chiites fournissent à l’Iran de nouveaux atouts d’influence. Les huit partis shiites d’Irak ont de bonnes relations avec l’Iran, et la plupart d’entre eux ont reçu une aide financière de Téhéran durant de longues années.

Le parti A-Dawa dont l’actuel Premier ministre Nourri el Maliki est l’un de ses dirigeants, a quitté l’Irak en 1979 et a vécu en Iran de 1982 à 1990. Les Iraniens ont mis à sa disposition un camp d’entraînement.

Des membres du parti A-Dawa ont participé à des attentats terroristes au Koweït. Des  activités commanditées par l’Iran en coopération avec le Hezbollah.

De 1990 à 2003, Maliki a vécu à Damas et a entretenu des contacts avec le mouvement chiite libanais. Depuis qu’il est devenu Premier ministre il maintient un équilibre délicat entre ses contacts avec Téhéran et ses relations de travail avec Washington.

Juste après la chute de Saddam Hussein, l’Iran s’est immiscé profondément dans les affaires irakiennes. Téhéran a tiré toutes les ficelles et a agi dans les coulisses afin de former une coalition avec tous les partis chiites et élire Maliki comme le seul candidat au poste suprême de Premier ministre aux élections de 2006.

Le commandant des Forces Américaines en Irak, le général Ray Audierno a révélé dans une interview accordée en octobre 2008 au « Washington Post », qu’il possédait des rapports des services de renseignements indiquant que Téhéran a soudoyé des dirigeants chiites pour pouvoir contrer un nouvel accord entre Washington et Bagdad et permettant le maintien des forces américaines en territoire irakien. L’Iran a également exhorté ses partenaires chiites d’insister sur le fait que le retrait américain serait complet et achevé avant la fin du mois de décembre 2011.

L’Iran avait d’autres moyens d’influence sur les événements en Irak. Après l’invasion américaine en mars 2003, l’Iran a introduit des milliers de soldats de la Garde Révolutionnaire pour soutenir les milices chiites. L’offensive américaine dirigée par le général David Petraeus en 2007 a menacé directement les forces iraniennes. Craignant une escalade, qui conduirait à un conflit avec les États-Unis, les Iraniens, ont par conséquent quitté la région. En outre, Téhéran a continué à financer, à former, et à équiper militairement différents groupes shiites d’Irak installés dans des bases iraniennes. Ils ont reçu assistance de la part des milices du Hezbollah libanais.

Il ne fait aucun doute que sans une présence américaine en Irak les Iraniens pourraient à nouveau s’infiltrer dans ce pays et influer sur la stabilité intérieure du régime.

Le 7 décembre dernier, Frank Hemlick, commandant adjoint des forces américaines, a fait savoir qu’il existe toujours « des écarts sécuritaires » au sein de la nouvelle armée irakienne. Ces propos alarmistes soulèvent des questions graves quant à la capacité de l’Irak de relever le défi iranien sans un support opérationnel américain.

L’Iran développe également des relations avec des institutions religieuses chiites en Irak, principalement dans les villes saintes telle que Najaf, où demeure la tombe d’Ali, le premier Imam shiite, et à Karbala celle de son fils Hussein, le deuxième Imam. Des milliers de pèlerins iraniens se rendent dans ces lieux sacrés au chiisme.

L’Iran a donc en Irak des intérêts stratégiques, économiques et religieux et a l’intention de les promouvoir après le retrait des forces américaines. Son objectif principal serait d’assurer que ce pays voisin ne redeviendrait jamais assez fort pour le menacer comme cela fut à l’époque de Saddam Hussein. Pour atteindre ce but, Téhéran tentera de minimiser la puissance irakienne et transformer ce pays en un État satellite qui soutiendrait les ambitions iraniennes au Moyen-Orient.

D’ores et déjà, l’Iran exige que Maliki soutienne le régime agonisant de Bechar al Assad en Syrie, et non pas l’opposition syrienne soutenue par la Turquie. Maliki a accepté la position iranienne.

Enfin, en ce qui nous concerne directement, le retrait des forces américaines d’Irak change sur le plan stratégique la situation d’Israël au Moyen-Orient.

De 1980 à 1988, les tendances hégémoniques de l’Iran ont été stoppées en raison de sa guerre contre Irak. Seul au Liban, Téhéran a agi par l’intermédiaire du Hezbollah à créer un front contre Israël et l’Occident.

Dans les années 1991-2011,  l’Irak a servi de zone tampon stratégique face à l’Iran, et a obtenu, en 2003 un renfort substantiel de l’armée américaine. Aujourd’hui, il semble que cette zone tampon s’est  déplacée vers une influence iranienne.

Cette nouvelle donne provoquera de fortes pressions iraniennes sur la Jordanie afin de l’empêcher de devenir une nouvelle barrière devant l’extension de l’influence chiite. Cette tendance pourrait envelopper l’Arabie Saoudite au nord et ouvrir un nouveau front à l’Est d’Israël.

Face à cette nouvelle donne géopolitique, les États-Unis ont le devoir de renforcer le régime jordanien afin de lui permettre d’affronter ces nouveaux défis. Des mesures dans ce sens ont été déjà prises par les pays du Golfe qui ont accepté l’adhésion de la Jordanie comme membre du Comité de coopération du Golfe (CCG).

En conclusion, le retrait des forces américaines d’Irak renforce la logique stratégique pour le maintien de la vallée du Jourdain comme première ligne de défense d’Israël, et rejette le fondement de toute revendication internationale pour un retrait israélien de toute la Cisjordanie ((NDLR d’EI : Judée et Samarie !) vers les lignes d’avant juin 1967.

 Source : Le Cape, par Dore Gold





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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