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Quand le faux-ami Sarkozy traite sans retenue Nétanyahou de « menteur » : La conversation censée secrète entre Obama-Sarkozy


Quand le faux-ami Sarkozy traite sans retenue Nétanyahou de « menteur » : La conversation censée secrète entre Obama-Sarkozy

Diffusés par erreur aux journalistes pendant le G20, ces propos sont restés « off ».

C'était une conversation franche, entre chefs d'Etat, à propos d'un autre dirigeant. Echange à bâtons rompus, et à huis-clos. Enfin, qui aurait dû rester à huis-clos.

C'était sans compter sur une maladresse de l'organisation, et la curiosité de quelques journalistes. Révélations sur deux petites phrases qui voguent bien loin du langage habituellement policé des sommets diplomatiques.

Jeudi 3 novembre, lors du sommet du G20 à Cannes, Nicolas Sarkozy rencontrait Barack Obama lors d'un « entretien bilatéral ». Comme il est d'usage, Les deux hommes ont fait face aux journalistes, mais ont aussi discuté en privé, dans une pièce à part, loin des oreilles indiscrètes, afin de pouvoir se libérer de toute retenue diplomatique. Cela a été le cas, mais pour la discrétion, c'est raté

Selon nos informations, les deux présidents ont laissé de côté toute retenue à propos du délicat dossier des relations israélo-palestiniennes. Obama a d'abord reproché à Sarkozy de ne pas l'avoir prévenu qu'il allait voter en faveur de l'adhésion de la Palestine à l'Unesco, alors que les Etats-Unis y étaient fermement opposés. La conversation a ensuite dérivé sur Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien. Sûrs de ne pas être entendus, les deux présidents se sont lâchés. « Je ne peux plus le voir, c'est un menteur », a lancé Sarkozy. « Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours ! », a rétorqué Obama, qui a ensuite demandé à Sarkozy d'essayer de convaincre les Palestiniens de mettre la pédale douce sur leur demande d'adhésion à l'ONU.

On n'imagine pas des phrases si franches lancées officiellement, bien sûr. Que s'est-il passé pour qu'elles parviennent jusqu'aux oreilles de l'équipe d'@si ?

Selon nos informations, plusieurs journalistes ont pu entendre quelques minutes de la conversation « off » entre les chefs d'Etat, en raison d'une erreur des services de l'Elysée. Pendant que les présidents discutaient, les journalistes se sont vus remettre les boîtiers qui devaient permettre la traduction de leurs propos, une fois qu'ils seraient prêts à répondre à la presse. Une voix bien attentionnée a cru bon de préciser que les casques n'étaient pas distribués, parce qu'ils auraient permis de suivre la conversation à huis-clos en train de se dérouler !

Ni une ni deux, une demi-douzaine de journalistes ont empoigné leurs oreillettes de téléphones portables ou leurs casques pour les brancher sur les boitiers. « Le temps que les services de l'Elysée s'en rendent compte, il a bien dû se dérouler trois minutes », raconte un journaliste présent, mais qui n'a pas eu le temps de bénéficier de ce coup de chance.

A notre connaissance, ces propos explosifs, dont l'existence ou la teneur nous ont été confirmés par plusieurs journalistes, ne sont pas parus dans la presse (mais ils ont été mentionnés en une phrase sur le blog d'Arnaud Leparmentier, du Monde). Les journalistes présents se sont en effet mis d'accord pour ne pas les exploiter : « Nous n'avons rien enregistré, et les utiliser revenait à reconnaître qu'on avait triché, explique l'un d'eux. De plus, cela aurait gravement mis en difficulté les personnes chargées de l'organisation. »

Un membre de la hiérarchie d'un média confirme : « Il y a eu des discussions entre les journalistes sur place, qui sont convenus de ne rien en faire. C'est un sujet un peu sensible : Il est embêtant de ne pas faire état de ces informations, mais en même temps, nous sommes soumis à des règles déontologiques précises, et diffuser ces phrases revenaient à les enfreindre. »

Source : Arrêt sur image, par Dan Israel





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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