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Pourquoi le sulfureux dossier du nucléaire iranien rebondit-il maintenant ?


Pourquoi le sulfureux dossier du nucléaire iranien rebondit-il maintenant ?

Des « fuites » de presse non … fortuites en Israël ; un essai réussi de lancement d’un nouveau missile balistique « bleu et blanc » passant au-dessus de Tel-Aviv, où a eu lieu presque en même temps un grand exercice de défense passive contre une attaque par des fusées ennemies armées d’ogives non conventionnelles ; d’imposantes manœuvres et simulations de raids de l’aviation de Tsahal 800 kms à la ronde d’une grande base italienne en Sardaigne, alors que la diplomatie israélienne tente de mobiliser les gouvernements occidentaux contre les menées de Téhéran ;

des préparations accélérées de l’état-major britannique parallèles à d’intenses concertations avec l’état-major israélien ; des rodomontades assez inhabituelles prononcées en chœur par les présidents Obama et Sarkozy, puis par le président de l’Etat, Shimon Pérès, contre « le danger planétaire du nucléaire iranien », le tout survenant à la veille d’un rapport de l’AIEA – censé être publié cette semaine – qui sera sans doute accablant contre Téhéran… Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette succession assez spectaculaire d’événements et de prises de position, en Israël comme dans le reste du monde, n’est guère fortuite …

Trois types de facteurs, internes et extérieurs à Israël, pourraient expliquer ce brusque rebondissement de la mobilisation contre le danger mortel – pour le Proche-Orient comme pour toute la planète – que pourrait représenter l’acquisition (d’après la plupart des experts au maximum dans les 6 à 8 prochains mois) d’une première bombe nucléaire par le régime des mollahs de Téhéran.

1/ Le danger iranien, nouvelle « priorité absolue » du gouvernement israélien
D’après de nombreux experts des affaires israéliennes et proche-orientales qui se sont exprimés ces derniers jours dans la presse nationale, le fait que le cabinet Nétanyaou ait pu régler avec brio, au plan du « consensus national », le pénible dossier de la libération de Guilad Shalit – malgré le pesant déséquilibre de l’échange de prisonniers à plus de 1 pour 1 000 conclu avec le Hamas de Gaza – aurait en quelque sorte permis au gouvernement de passer à un autre ordre du jour, mettant désormais la mobilisation intérieure contre le danger nucléaire iranien au centre des priorités politico-diplomatiques israéliennes. D’autant que le gouvernement actuel, mené par Bibi et Barak, est incontestablement sorti très renforcé en Israël par ce grand succès populaire !

D’où les remarques réitérées auprès des médias, faites sans cesse depuis deux semaines auprès des médias par le Premier ministre, Binyamin Nétanyaou, son ministre de la Défense, Ehoud Barak, et même le président de l’Etat, Shimon Pérès, qui a lui-même dit ce week-end que le temps était compté pour stopper la folle course des Iraniens au nucléaire : Selon lui en effet, si la communauté internationale s’avérait incapable d’y parvenir par diverses sanctions économiques et diplomatiques « dures », il incomberait alors à Israël d’agir seul au plan militaire pour assumer cette tâche …

2/ La marginalisation – temporaire ? – des démarches de l’AP à l’ONU

Autre facteur de poids dans ce brusque changement de cap interne : Le fait que le gouvernement israélien a réussi à faire perdre – pour l’instant – leur pertinence, leur acuité et surtout leur actualité immédiate aux démarches onusiennes de l’AP et de son président Ma’hmoud Abbas pour faire reconnaître par la communauté internationale un Etat qui serait unilatéralement proclamé dans tous les territoires acquis par Israël lors de la guerre de juin 1967.

Malgré le « vote d’encouragement » à cette démarche obtenu la semaine dernière à l’Unesco, il s’avère que cet objectif palestinien vis-à-vis de l’ONU (actuellement en plein examen « bureaucratique » dans les lourdes instances du Conseil de sécurité) ne semble plus vraiment à la tête des priorités immédiates de la communauté internationale – y compris pour le gouvernement français –, comme l’ont confirmé les déclarations faites par Obama, Sarkozy et Merkel lors du tout récent sommet du G-20 où il fut surtout question du « danger iranien » et des mesures à prendre d’urgence pour s’y opposer …

3/ Tout faire pour mobiliser et impliquer la communauté internationale !

On saura plus tard si les « fuites » et articles de presse de certains hauts responsables de l’establishment sécuritaire israélien si nettement opposés à toute opération militaire de Tsahal contre l’Iran – à l’inverse de l’opinion « très offensive » qui serait celle de Nétanyaou et Barak – étaient ou non plus ou moins « concertées » avec le gouvernement lui-même… Toujours utile que ce vacarme médiatique, assorti de toutes sortes de polémiques (habituelles) internes au pays, ajouté aux divers exercices militaires exécutés ces derniers jours par Tsahal en Israël et dans le ciel italien, a eu pour but de faire la preuve aux yeux du monde entier que l’Etat hébreu n’était en rien prêt à transiger avec la menace nucléaire iranienne.
Une manière comme une autre pour Jérusalem de tenter de transformer cette nouvelle priorité stratégique proprement israélienne en un objectif enfin assumé par la communauté internationale et, en son sein, surtout par les grands Etats occidentaux. Lesquels, face à cette détermination affichée avec constance et ténacité par Israël, commenceraient à s’affoler – donc à se mobiliser… comme on le voit ces jours-ci avec les hauts-responsables politiques et militaires américains – afin d’agir efficacement aux plans diplomatique et éventuellement militaire contre l’intenable et fort destructrice synergie planétaire voulant qu’un régime totalitaire aux mains de l’intégrisme islamique le plus fanatique – devenu de surcroît le nid du terrorisme mondial – dispose de « l’arme fatale » …

Et si pour diverses raisons, ces Etats devaient finalement choisir de ne pas aller jusqu’au bout contre Téhéran, au moins pourraient-ils ainsi laisser faire Israël … sans trop le critiquer.

Ils ont dit… à propos de l'Iran

* Le ministre de la Défense, Ehoud Barak : « Je ne suis pas optimiste quant aux capacités de la communauté internationale à unir ses forces pour agir contre l'Iran. Toutes les options doivent être envisagées ».

* Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman : « Si après la publication des conclusions du rapport de l'AIEA, les États-Unis ne mènent pas un processus de sanctions sévères contre l'Iran, cela signifiera que les États-Unis et l'Occident admettent l'existence d'un Iran possesseur de l'arme nucléaire ». Se prononçant sur le débat public autour de l'option militaire contre Téhéran, Lieberman déclare : « Le public a le droit de savoir mais il n'a pas le droit de se suicider. Le seul fait de parler de cette option est superflu ».
 

* Le Président de l’État, Shimon Pérès : « La possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran est plus plausible qu'une option diplomatique ».

* Méir Dagan, ancien chef du Mossad, répondant au ministre des Finances, Youval Steinitz; qui l'avait accusé de « non respect du secret d'État » : « Si le ministre Steinitz estime que j'ai révélé des informations secrètes, je serai heureux qu'il m'assigne à comparaître devant la justice. Ainsi, je pourrai rappeler à son souvenir qu'il a déclaré par le passé – en parlant de la menace nucléaire iranienne – que toutes les options étaient envisagées. Ce sont Binyamine Nétanyaou et Ehoud Barak qui ont parlé d'option militaire ».
 

* Dan Méridor, ministre chargé des Renseignements : « Un débat public sur une question aussi sensible et si confidentielle que la politique israélienne face à la menace nucléaire iranienne n'est rien moins qu'un scandale. Il s'agit d'un mis à mal de toute la capacité de notre pays à se gérer lui-même. C'est le public qui élit un gouvernement qui prend alors ce genre de décisions dans le plus grand secret. Le droit du public à savoir ne comprend pas ce genre d'informations ».

* Le vice-Premier ministre, Moché Yaalon : « Méir Dagan veut que sa position soit adoptée et il utilise les médias pour cela. Ce n'est pas légitime. En tant qu'ancien dirigeant du Mossad, il s'est engagé à ne pas divulguer de secrets d’État. Il a eu l'occasion de donner légitimement son avis mais c'est aujourd'hui illégitime d'entamer un débat sur un dossier qui doit être débattu à huis-clos ».

* Le ministre Benny Bégin : « Il faut considérer avec la plus extrême sévérité ce genre d'actes qui font passer au domaine public des dossiers sensibles, nuisant ainsi clairement à la capacité gouvernementale de prendre ses décisions. Jamais dans l'histoire de notre pays, on n'avait assisté à un tel laisser-aller sur un sujet aussi grave. C'est de la démence, nourri par la folie des grandeurs de certaines personnes ».

 

Source : Hamodia, L'éditorial de Richard Darmon





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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