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Livre : Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679)


Livre : Les Juifs dans la Grande Guerre, 1914-1918 (5675-5679)

Cet article est republié à l'approche de la cérémonie oraganisée par le Comité du souvenir et des manifestations nationales à la mémoire des morts pour la France, organisme du Consistoire de Paris Ile-de-France, le mercredi 9 novembre 2011 à 18h 30 à la synagogue du Quartier Latin, 9 rue Vauquelin, 75005 Paris, en présence du représentant de la Présidence de la République et des autorités civiles et militaires.

Inspirée du livre de l’historien Philippe Landau Les Juifs de France et la Grande Guerre, un patriotisme républicain, conservateur des Archives des Consistoires israélites, une exposition itinérante présentée en 2002 à l’Historial de la Grande Guerre, puis au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, a évoqué l’engagement des Juifs d’Europe, d’Afrique du Nord, d’Amérique et d’Asie lors de la Première Guerre mondiale. Photographies, médailles, lettres, affiches, carnets de notes, recueils de sermons, sculptures, tableau, drapeaux, ouvrages, coupures de presse, lithographies, cartes postales et objets culturels. Sur un fond historique mêlant sionisme et antisémitisme, plus de 150 documents exceptionnels confiés par des particuliers et des musées européens révèlent les motivations, le patriotisme, la foi ou les réflexions de Juifs, combattants et civils.

Accompagné d’un catalogue concis, cette exposition didactique et riche a éclairé un pan méconnu de l’histoire des Juifs et de la Première Guerre mondiale.

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« Avant-guerre, une communauté intégrée »

Les Juifs de France ont fait leur la devise du Consistoire : « Religion et Patrie ».

Ni l’antisémitisme ni le sionisme n’atténue leur double identité.

Grand rabbin de France, dreyfusard, Zadoc Kahn (1839-1905) accepte le principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat dans l’espoir que le gouvernement montrera « esprit d’équité et d’impartialité ».

Dans « La Danse devant l’ange » (1912), Henri Franck célèbre le judaïsme et les vertus de la France républicaine.

« 1914, mobilisation et union sacrée »

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Durant les quatre ans de guerre, plus de 1,5 million de Juifs sont mobilisés dont 500 000 Russes. Plus de 36 000 combattants Juifs français sur 180 000 âmes juives de France et d’Algérie et à comparer à une population totale de 39 millions d’habitants. 96 000 Juifs Allemands sont enrôlés sur 480 000 Juifs allemands, sur une population de 65 millions d’habitants. 50 000 Juifs britanniques combattront sur 270 000 Juifs britanniques pour 46 millions d’habitants en Grande-Bretagne.

Ils participent au conflit soit sur les fronts, soit dans l’intendance.

A partir de 1917, 250 000 Juifs américains les rejoignent.

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Sans oublier les 20 000 Juifs engagés volontaires dans les forces anglaises.

Leurs motivations ? Pour les Français, il s’agit de manifester « leur patriotisme républicain » contre la « barbarie allemande », et parfois récupérer les « Provinces perdues » en 1870 (Alsace et Lorraine).

Originaires des empires russe et ottoman, 8 500 Juifs étrangers s’engagent dans l’Armée française, mus aussi par cette volonté de prouver leur reconnaissance à l’égard du « pays des droits de l’homme ».

Malgré la réhabilitation de Dreyfus, les Juifs allemands stigmatisent l’antisémitisme de la France et de la Russie tsariste, alliées de l’Angleterre, et espèrent que ce conflit induira une baisse de l’antisémitisme de leurs compatriotes.

 

C’est une même loyauté porteuse de valeurs d’égalité qui habite les Juifs russes.

Sur un coquillage, un soldat allemand grave en hébreu « Chanah tovah » (Bonne année) 1914-1915 et une étoile de David.

De l’Union sacrée qui vite prévaut, le rabbin Abraham Bloch, mort alors qu’il apportait un crucifix à un soldat catholique, devient un illustre symbole.

« L’expérience du front, combattants et aumôniers »

« Avec l’idéologie de l’Union sacrée, partout à l’œuvre, la fraternité du front finit d’exalter l’espoir d’une égalité parfaite entre chaque citoyen. Nombreux sont les membres de la communauté juive qui vont jusqu'à mettre de côté le sionisme, alors même que la déclaration Balfour marque en 1917 une étape essentielle de son histoire » (Thomas Compère-Morel).

Douleur, peur, doute, fraternité, séparation, mort, désillusion face à la persistance de l’antisémitisme en France et en Allemagne, à l’Armée et à l’arrière, fin des espoirs d’intégration des Juifs allemands concernent tous les belligérants.

Les actes héroïques commis par les soldats juifs ne manquent pas. Les Juifs payent « l’impôt du sang ». Ange Bensasson, étudiant d’origine ottomane, engagé volontairement à 18 ans, décède en 1915. Le fils du financier Moïse de Camondo, Nissim de Camondo (1892-1917), meurt dans un combat aérien. Et tant d’autres…

Une vie religieuse intense se poursuit. Les institutions religieuses forment et envoient des aumôniers, souvent rabbins, afin d’apporter « un réconfort spirituel aux soldats ». En 1916, dans les Territoires de l’Est, les soldats célèbrent Hanoucca (Fête des Lumières). Et en 1918, à Riga, ils se réunissent pour le seder (repas) de Pessah (Pâque). De multiples comparaisons sont établies afin d’identifier la France ou l’Allemagne à Israël (lutte pour la liberté). Et en 1915, est créé le Magen David Rouge.

Contre l’Empire ottoman, maître d’Eretz Israël, et soutenu par les Juifs allemands, se dressent des Juifs anglais et ceux de la Légion palestinienne dirigée par le colonel Patterson.

« L’arrière, les oeuvres et la propagande »

« La plupart des rabbins prêchent le sacrifice qu’ils présentent comme la clef de l’émancipation, et les intellectuels se souviennent des idéaux de 1789 » (Thomas Compère-Morel).

Déjà, les intellectuels, tels Siegfried Sassoon, Emile Durkheim, Abel Pann, Henri Bergson, Maurice Barrès, ou Lévy-Durmer, cherchent les origines à ce conflit.

Certains invoquent l’opposition irréductible entre Français et Allemands.

D’autres désignent le Juif, éternel bouc-émissaire.

« Gardiennes du foyer et de l’âme juive », les épouses et mères juives captent l’attention des oeuvres charitables. Elles participent aussi à l’effort de guerre comme infirmières ou marraines de guerre.

A Vilna ou à Berlin, des associations veillent sur les orphelins.

« Après-guerre et anciens combattants »

Sur 13 millions de morts de la Première Guerre mondiale, on recense 170 000 Juifs morts, dont 90 000 Russes, 12 000 Allemands, 8 500 Britanniques et 6 800 Français.

Qui est responsable de l’agitation révolutionnaire en Russie, de la défaite du Reich, du « diktat » et de l’avènement de la République de Weimar ? Qui a tiré profit de cette Guerre ? Les Juifs, entonnent en choeur la Ligue pangermaniste et d’autres mouvements. Ni les 30 000 décorés ni les morts juifs ne peuvent réfuter ces attaques antisémites et les actions visant à semer le doute sur la participation des Juifs aux combats.

Les anciens combattants se politisent bien plus en France que dans d’autres pays.

Fidèles au souvenir de la fraternité des combats, des anciens combattants Juifs se retrouvent parmi les Croix de Feu du lieutenant-colonel de La Rocque ou dans l’Union fédérale présidée par René Cassin.

En 1928, est fondée l’Association des Anciens Combattants Volontaires Juifs qui regroupe Russes, Ottomans et Tunisiens.

Le mot d’ordre de sa revue sioniste et proche de la SFIO (socialiste), Le Volontaire Juif : « Français sans restriction, Juifs sans honte ! ».

Puis en 1934, est créée l’Union patriotique des Français israélites animée par Edmond Bloch, une association xénophobe et anticommuniste.

Le nazisme et les régimes de collaboration excluent les Juifs de la communauté nationale, avant que la Shoah ne les décime.

On ne peut comprendre la foi de nombreux Juifs, français ou non, dans la France éternelle, leur confiance dans le « vainqueur de Verdun », le maréchal Pétain, et leur déception amère face aux Statuts des Juifs sans leur engagement pendant la Grande Guerre.

 

 

Les juifs de France et la Grande Guerre Un patriotisme républicain

Historial de la Grande Guerre, Les Juifs dans la Grande Guerre 1914-1918 (5675-5679). 2002. 64 pages. ISBN : 2 9510272 8 1

Philippe Landau, Les Juifs de France et la Grande Guerre, un patriotisme républicain. Préface de Jean-Jacques Becker. CNRS Editions, 1999 et 2008. 296 pages. ISBN : 2 271 05662 4

 

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Thomas Compère-Morel, L’Historial de la Grande Guerre et le Circuit du souvenir. La Renaissance du Livre, 2000. 47 pages. ISBN : 2 8046 0384 9

Source : Véronique Chemla

 

 

 

 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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