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Livre : « La guerre d’Oslo », de Joël Fishman et Ephraïm Karsh


Livre : « La guerre d’Oslo », de Joël Fishman et Ephraïm Karsh

Cet article est republié pour le 16e anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin (1922-1995).

Ce livre excellent au titre provocateur et lapidaire est écrit par deux historiens : Joël Fishman, chercheur au Jerusalem Center for Public Affairs (JCPA), et Ephraïm Karsh, professeur au King’s College de Londres, directeur du Middle East Forum et auteur d'un livre récent remarquable Palestine Betrayed (Yale, 2010).

Il est composé de deux parties – « Anatomie d’une illusion » (Ephraïm Karsh ) et « L’étrange mésaventure d’Oslo » (Joël Fishman) – nourries de citations indiscutables et dont la première partie est lisible sur Internet.

Dans sa préface, Shmuel Trigano souligne l’exception diplomatique israélienne dans l’histoire des relations internationales : « Où a-t-on vu un Etat vainqueur d’une guerre d’agression (la guerre des Six jours), décrétée contre lui, remettre les gages de sa victoire (au demeurant des territoires ridiculement exigus) à son ennemi le plus invétéré, alors dans une position de grande faiblesse stratégique, lui donner des armes pour qu’il lève une ‘‘police’’, avec pour seule demande la « prière » que cet ennemi daigne le reconnaître ? »

Un leurre stratégique

Les accords d’Oslo appliquent la « stratégie par étapes » adoptée en 1974 par l’OLP :

« Les Palestiniens recevront tout territoire qu’Israël leur remettra, puis l’utiliseront comme tremplin pour procéder à d’autres gains territoriaux jusqu’à ce qu’ils obtiennent la « libération totale de la Palestine », la liquidation de l’Etat juif ».

Ce qu’énonce Arafat dès le 13 septembre 1993 – jour de la signature de la Déclaration de principes à Washington entre Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, Bill Clinton, président des Etats-Unis, et Arafat, président de l’OLP – dans un discours préenregistré et diffusé par la télévision jordanienne, et ce qu’il répète malgré les réactions de colère des dirigeants israéliens.

Arafat réitère ses propos le 10 mai 1994, une semaine après la signature de l’accord de Jéricho-Gaza, lors d’une rencontre avec des dirigeants musulmans en Afrique du Sud : Il compare les accords d’Oslo « au traité d’Hudaybia signé par le prophète Mahomet avec les habitants de La Mecque en 628 et violés au bout de deux ans seulement lorsque Mahomet se retrouva en position de force ».

Cette tactique du « cheval de Troie » est aussi révélée ouvertement par d’autres dirigeants palestiniens : Fayçal Husseini, Yasser Abed Rabo, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), Ahmed Qorei (Abou Ala).

Le « droit au retour » des réfugiés de 1948 et de leurs descendants en Israël et des indemnités pour leurs préjudices sont des éléments constitutifs de cette « stratégie par étapes ».

La visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple le 28 septembre 2000 ?

Ce n’était pas une provocation : Elle avait a été coordonnée par les Israéliens et les Palestiniens. Et ce n’est que le lendemain que surviennent des « troubles violents qui n’avaient rien de spontané » et étaient attisés par le prêcheur de la mosquée al-Aqsa appelant les fidèles musulmans « à déraciner les Juifs de Palestine ».

Se déroulent une « guerre ouverte sous les yeux des médias du monde entier » déclinant le cliché du prétendu soulèvement populaire palestinien contre un « occupant militaire cruel », et une guerre « secrète » visant, par des attentats, les civils et les militaires en Israël. Et un étrange processus historique dont les deux protagonistes n'ont jamais évoqué lors de leurs dialogues l’objectif final, et dont les Israéliens n'ont jamais défini le but final, à la différence des Palestiniens.

Méfiant à l’égard du processus d’Oslo et d’Arafat, le Premier ministre Yitzhak Rabin nourrit une « profonde suspicion » à l’égard des deux principaux architectes de ce processus : Shimon Peres, qui rêve de construire un « nouveau Moyen-Orient », et Yossi Beilin.

Le reste est duperie des Israéliens et des Américains par Arafat, rejet de la légitimité de l’Etat d’Israël –  négation de « la sainteté de Jérusalem pour le judaïsme », etc. – par  l’OLP et l’Autorité palestinienne (AP), reconstitution d’une infrastructure terroriste dès l’arrivée d’Arafat à Gaza en juillet 1994, concessions israéliennes face à l’intransigeance palestinienne, détournement de la considérable manne financière internationale, enseignement de la haine des Juifs et des Croisés,  diffamation d’Israël, recours au terrorisme comme moyen de pression sur l’Etat juif (plus de 1 200 personnes assassinées en Israël par les terroristes palestiniens – Fatah, FPLP, Hamas, etc. – depuis septembre 2000), violations systématiques par les dirigeants Palestiniens des accords conclus, préparation de l’Intifada II dès le retour de Camp David, « pouvoir tyrannique et corrompu de l’AP, refus des promoteurs israéliens des accords d’Oslo de reconnaître leurs erreurs ou fautes stratégiques majeures et l’absence de « partenaire pour la paix ».

Joël Fishman constate un « manque de courage » de l’élite juive, en Israël et en diaspora, et avance que la volonté de Rabin a été brisée lors de la guerre du Golfe. Cette faiblesse morale expliquerait son absence de réactions aux actes de guerre des Palestiniens.

Quant à Ephraïm Karsh, il souligne le « défaut de perception et l’aveuglement », un « état d’esprit idéologique, mélange d’immaturité politique et d’arrogance » des dirigeants israéliens : le problème serait tactique et susceptible d’être résolu par la diplomatie, et non une « menace stratégique ». Ce professeur évoque des similitudes entre le réarmement allemand de l’entre-deux guerres et celui de l’OLP sous les accords d’Oslo – utilisation de la propagande pour mobiliser toute la société, etc. – et analyse la confusion mentale dans les opinions publiques résultant d’un détournement du sens des mots et l’imposition de slogans clivants – « camp de la paix » – et d’une terminologie accusatrice à l’égard de l’Etat Juif : « occupation », « génocide », etc.

« Les déboires d’Israël proviennent de son incapacité à comprendre les buts stratégiques de l’ennemi, ses moyens et ses méthodes… Dans le cadre de la stratégie palestinienne, la guerre et la négociation vont de pair et s’inscrivent dans le ‘‘djihad permanent’’ ».

Une phrase à méditer tant elle reste d’actualité plus de six ans après la publication du livre et alors que s’intensifie, notamment en Europe, la campagne pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Affairisme et corruption

Dans un entretien à Amnon Lord et Gilad Katz publié par l’hebdomadaire israélien Makor Rishon (3 octobre 2008) et repris dans Controverses, Moshé Yaalon raconte son dernier entretien avec le Premier ministre Rabin « en août 1995, deux mois après [sa] prise de fonction aux renseignements militaires ». Moshé Yaalon lui fait part de l’écart entre l’image d’un Arafat prêt à arriver à un compromis territorial dans les frontières de 1967 et le discours d’Arafat aux Palestiniens, la dénégation de l’Etat d’Israël dans les médias et le système éducatif de l’Autorité palestinienne (AP). Moshé Yaalon conseille alors à Rabin de geler le processus d’Oslo. Et Rabin conclut : « L’Autorité palestinienne est à la veille d’élire son président. Je lui présenterai cet ultimatum juste après leurs élections ». Rabin est assassiné le 4 novembre 1995.

Moshé Yaalon éclaire aussi certaines décisions politiques ou économiques israéliennes majeures – par exemple, l’abandon par le gouvernement israélien de réserve de gaz naturel au large de la Bande de Gaza au profit de l’AP, dès le gouvernement Barak – par les relations d’affaires entre des dirigeants, fonctionnaires ou conseillers, palestiniens et israéliens, et Martin Schlaff, milliardaire Juif autrichien.

 

Joël Fishman et Ephraïm Karsh, La Guerre d’Oslo. Préface de Shmuel Trigano, traduction par Claire Darmon et Jean-Pierre Bensimon. Les Editions de Passy, collection L’Observatoire, 2005. 257 pages. ISBN : 978-2351460009. 23 €

Cet article a été publié, en une version plus concise, par L'Arche, sur ce blog une première fois le 18 avril 2011 et republié mis à jour le 8 novembre 2011

Source : Véronique Chemla.info

 

 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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