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J’aime la France, ma France…


J’aime la France, ma France…

Mes deux derniers éditoriaux ont égratigné la France en raison de ses positions au Proche-Orient. Certains de mes lecteurs s’en sont réjouis, m’encourageant même à être encore plus intransigeant, pour ne pas dire plus, assimilant les rues de Paris à celles de Berlin lors de la nuit de Cristal. D’autres m’ont reproché de « haïr » la patrie des Droits de l’Homme, ce qui est savoureux, car ils ne supportent pas que l’on émette à son encontre la moindre récrimination, alors qu’ils sont les premiers à critiquer Israël et sa politique

.Je vous ferai grâce des commentaires antisémites que nous recevons régulièrement à la rédaction, sous couvert d’antisionisme le plus primaire, ce qui me réjouit tout de même, car ces pauvres tarés, pour réagir, ont dû se « farcir » ma prose d’Israélien oppresseur, raciste et génocidaire des Palestiniens.

« Est-il permis de critiquer Israël » se demandait un pseudo spécialiste de tout et surtout de rien, ancien du Psu et proche d’Hubert Védrine. Ma réponse, sans ambiguïté, est OUI. Tant qu’il s’agit de position politique, sans remettre en cause l’existence même du pays.

Mais, comme tout bon Juif, je répondrai aussi par une question: a-t-on le droit de critiquer la France? Bien entendu, la réponse ne peut être et ne doit être que OUI. Et c’est ce que je fais. Avec une différence fondamentale, par rapport au pseudo expert, dont je me refuse à citer le nom et duquel je n’exige pas qu’il chérisse Israël, c’est que moi, J’AIME LA FRANCE.

C’est la raison pour laquelle je suis exigeant et sans concessions, parce que je sais que, si elle fut parfois capable du pire, elle est aussi capable du meilleur.
J’aime la France, ma France, celle de la générosité, de la tolérance, de la culture.
Ma France, c’est celle de Victor Hugo, de Crémieux, de Jean Jaurès qui ont des rues à leur nom en Israël, de Léon Blum dont un kibboutz porte le nom, c’est celle de mes années dans un lycée baptisé Jean Moulin par André Malraux qui vint y tenir un discours auquel j’eus le privilège d’assister. Malraux, avec ses envolées lyriques qui lui étaient coutumières, évoqua la Résistance, la vraie, pas celles de misérables terroristes islamofascistes.

La France, c’est celle de René Cassin qui a son lycée à Jérusalem.

Ma France, c’est celle des Justes du Chambon-sur-Lignon, celle où la proportion de Juifs déportés et assassinés fut la plus faible de tous les pays occupés par les nazis (22,1% en France, 44% en Belgique, 71,4% aux Pays-Bas, 86,6% en Grèce. Source : Mémorial de la Shoah).

Ma France, c’est celle où nous avons défilé en scandant un slogan aujourd’hui inimaginable : « nous sommes tous des Juifs allemands ».
Ma France est frondeuse, gouailleuse, elle a une grande gueule, c’est celle de  »Charlie Hebdo ».

La France du meilleur fut celle de De Gaulle déclarant à Ben Gourion : « Israël, notre ami, notre allié ». La France du pire fut aussi celle de De Gaulle parlant d’un « peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».
Je n’ai pas aimé la France de Pompidou et de Giscard, les années de retour de bâton après la bouffée d’air de 68, même si elle fut sur beaucoup d’aspect en échec.
La France du meilleur fut celle de Mitterrand, premier président français en voyage en Israël. La France du pire fut aussi celle de Mitterrand, ami fidèle jusqu’au bout de Bousquet et exfiltrant Arafat de Beyrouth.

La France de Chirac fut belle durant 70 jours exactement, du 7 mai au 16 juillet 1995, lorsqu’il prononça son magnifique discours sur la responsabilité, non de Vichy, mais de la France dans la déportation des Juifs. Mais s’il se sentait proche de la communauté juive, Chirac vouait une haine féroce à Israël comme on le constata lors de son esclandre soigneusement préparée à l’avance dans les ruelles de la Vieille Ville de Jérusalem, d’une part, et lorsqu’il mit sur le compte du Mossad, comme José Bové, la vague d’attaques antisémites contre des synagogues, d’autre part.

Ma France, c’est aussi celle de Sarkozy, très sympathique au demeurant, dont c’est le droit le plus absolu de penser et de dire en privé que Netanyahou est « un menteur », il ne remet pas en cause, par cette remarque l’existence ou l’intégrité d’Israël. Il n’est certainement pas antisémite, il n’est pas anti-israélien. On ne peut exiger d’un président français qu’il soit plus sioniste que les Israéliens. Il doit agir en fonction de ce qu’il considère comme étant l’intérêt suprême de l’Etat qui, malheureusement, ne coïncide pas toujours avec ceux d’Israël. Mais, quoiqu’il en soit, il doit veiller à ce que les citoyens français, de confession juive, puissent vivre leur culte, sur le sol de la République, dans des conditions de sécurité et de sérénité, sans inquiétude, ce qui n’est pas manifesteme nt pas le cas pour une partie d’entre eux, et cette France-là n’est pas la mienne.

Mais il n’est pas moins menteur que Netanyahou, Obama ou tous les autres. Et, même si je ne suis pas d’accord avec lui sur sa politique étrangère actuelle, heureusement pour ma France que c’est lui et non Ségolène Royal qui, aujourd’hui, se trouve à la tête de ma France.

Ma France n’est pas celle des extrêmes, de la blondasse au parfum rance des années noires, dont je me refuse également à citer le nom, dont les petites manœuvres ont même réussi à piéger un ambassadeur israélien qui aurait dû être rapatrié immédiatement en Israël et révoqué sur le champ, s’il n’avait été un proche de son ministre de tutelle. Ceux qui seraient tentés de voter pour elle n’aiment pas la France et agissent contre Israël et les Juifs.

Ma France n’est, bien entendu, pas non plus celle de la peste rouge allant de la maire de Lille, en passant par « Fouquier-Tinville » Montebourg et la peste verte, jusqu’à « Robespierre » Mélenchon. Tous les peintres vous le confirmeront : mélangez le rouge au vert, et vous obtiendrez du…brun.

A François Hollande, au demeurant, lui aussi, très sympathique, de prouver, par des garanties, qu’il ne sera pas l’otage de ceux qui conduiraient inéluctablement à un pays qui n’aura plus de français ou de françois que son nom. Il sera donc délicat d’être, en 2012, un électeur français « de confession israélite ».

Certains ont donc fait le choix original d’emporter la France qu’ils aiment en Israël.

Marc Femsohn







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  • 2 thoughts on “J’aime la France, ma France…

    1. Braham

      Etes vous sur que vous ne continuez pas aimer une femme, qui se vend chaque jour un peu plus aux pires de vos ennemis. « Votre France » est une prostituée….

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