toute l'information et l'actualité sur Israel, sur l'Europe, les news sur Israël et le Moyen Orient

.

L’Iran dans la ligne de mire ? – Pr Hagay Sobol


L’Iran dans la ligne de mire ? – Pr Hagay Sobol

En lisant les dépêches provenant du moyen orient, mais également de bien d’autres parties du monde, se déroule une douloureuse litanie égrenant comme un chapelet les victimes d’attentats, de répressions sanglantes et les ripostes qui leur succèdent. De manière étonnante, au milieu de cette triste énumération ont été publiées très récemment des informations donnant une nouvelle lecture de la politique Iranienne. Téhéran serait au centre d’un vaste complot et l’on admettrait désormais le caractère militaire du programme nucléaire Persan.

Qu’y a-t-il de nouveau ? Nous prépare-t-on à un changement radical d’approche dans ce dossier ? Pour mieux comprendre, revenons sur les faits.

La justice américaine a inculpé le 11 octobre deux ressortissants iraniens accusés d’avoir tenté d’assassiner dans un restaurant de Washington l’ambassadeur d’Arabie saoudite, son Excellence Abdel Al-Jubeir, un proche du Roi Abdallah. Mais « le complot dans le cadre d'une opération planifiée par Téhéran » ne s’arrêterait pas là selon le New York Times puisque leurs « auteurs prévoyaient également un attentat contre l’ambassade d’Israël à Washington, et celles d’Israël et d’Arabie Saoudite à Buenos Aires ».

Avec les mêmes accents Bushiens que l’on entendait à la veille de la seconde guerre d’Irak, Barack Obama a affirmé : « Nous n’avancerions pas de telles hypothèses sans avoir des preuves pour soutenir l’acte d’inculpation » et a exigé que de « hauts responsables du gouvernement de Téhéran rendent des comptes ». L'Arabie Saoudite a annoncé pour sa part qu'elle préparait une « riposte appropriée contre Téhéran » et qu'elle avait demandé au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'informer le Conseil de sécurité du « complot odieux ». Quant à la Grande-Bretagne et la France, elles ont déclaré « soutenir toute mesure contre l'Iran dans cette affaire ».

En réponse, l'ayatollah Ali Khamenei, le Guide Suprême Iranien, a dénoncé cette attaque en règle et proclamé que toute « action inappropriée » suites aux accusations de complot présumé donnerait lieu à « une réponse ferme » de l'Iran. Et selon le Président Ahmadinejad, « les terroristes se situeraient du côté des Etats-Unis, pas de l’Iran » car « la nation iranienne a une civilisation et une culture et n'a pas besoin d'avoir recours au terrorisme ».

Dans le même temps on apprenait, suite à une information du Figaro que l'AIEA, lors de son prochain conseil des gouverneurs, allait dénoncer sans ambiguïté, avec preuves à l’appui, le caractère militaire du programme nucléaire de Téhéran « qui vise à doter l'Iran de la bombe. »

 

Côté Israélien, dans une interview à CNN concernant le complot iranien présumé et le programme nucléaire persan controversé, Michael Oren, l'ambassadeur de l’Etat Hébreu aux Etats-Unis, a soutenu que « toutes les options étaient encore sur la table. »

Il s’agit bien là d’une rhétorique guerrière. Et l’on peut légitimement se poser la question de savoir si l’on n’est pas à l’aube d’une nouvelle conflagration. Ce n’est pas certain, mais indéniablement le ton a changé envers la République Islamique. Plusieurs interprétations sont possibles, sous-tendues par différents éléments de réponse, allant de la volonté réelle des parties d’en découdre, jusqu’à l’adoption d’une posture belliciste mais sans passage à l’acte afin de créer une nouvelle dynamique favorable au camp occidental et à ses alliés.

« Les printemps Arabes » procèdent de cette nouvelle donne et semblent entrainer un affaiblissement de l’influence de Téhéran dans cette région. Le renversement du régime Alaouite en Syrie conduira très probablement à son remplacement par un autre éminemment moins favorable à l’Iran. De même que l’accord entre le Hamas et Israël sur la libération du ressortissant Franco-Israélien Guilad Shalit, Téhéran y étant opposé, peut témoigner d’une prise d’autonomie d’un des satellites majeurs de l’Iran.

Ensuite, il ne faut pas oublier que pour les USA et la France s’annoncent des campagnes électorales à haut risque pour les Présidents en place. Rehausser le prestige international en montrant haut et fort que les choses ont changé permet d’engranger des points précieux. Ainsi, la première victoire depuis longtemps d’une coalition alliée en Lybie, et les perspectives d’accords pétroliers, permettent en quelque sorte de justifier tous les théâtres d’opération extérieurs qui ne sont pas pour rien dans les déficits économiques actuels.

Economie toujours, paradoxalement la nouvelle crise replace les USA dans un rapport de force favorable vis-à-vis de la Chine qui avec la Russie ont tendance à faire cavalier seul comme on l’a vu récemment avec l’échec de la résolution contre la Syrie au Conseil de Sécurité. Pékin ayant racheté une bonne partie de la dette américaine, est pour ainsi dire « solidaire » de l’avenir de cette dernière. En effet, si les Etats-Unis tombaient, alors l’Empire du Milieu également. Cela permet désormais à Washington de reprendre l’initiative sur certains dossiers et notamment en politique internationale.

Enfin et surtout, il y a l’amère constat que les forces alliées ne pourront jamais retirer leurs troupes d’Irak ou d’Afghanistan si l’Iran ne réduit pas drastiquement ses ambitions expansionnistes. Sinon, en très peu de temps les régimes pro-occidentaux mis en place seront renversés et se constituera alors un axe chiite allant de la Perse à la Méditerranée. Dans un deuxième temps cela pourrait s’étendre également aux monarchies pétrolières et en particulier à l’Arabie Saoudite, menaçant du même coup les approvisionnements en brut du monde libre.

Va-t-on assister dans un proche avenir à une attaque des installations nucléaires perses, à un nouveau train de sanction, ou à une Nième gesticulation ? Seul l’avenir nous le dira. Mais si c’est la dernière alternative qui est retenue, alors l’Occident perdra son crédit et pour longtemps.

Mais il existe peut-être encore une autre option, provoquer un scénario de type « Printemps Arabe » afin de faire chuter le pouvoir en place, ou le contraindre à amender considérablement sa politique. C’est dans cette perspective que l’on pourrait interpréter la proposition de réforme proposée par l'Ayatollah Ali Khamenei pour l'élection du président iranien. Le chef de l’état ne serait plus élu au suffrage direct mais par le parlement.L’Iran dans la ligne de mire ? – Pr Hagay Sobol

Ainsi, serait mis fin au bras de fer entre le Président Ahmadinejad et les Mollahs. Et surtout, ces aménagements permettraient, sans perdre la face, d’opérer un virage à 180 degrés sur le programme nucléaire et les relations avec les occidentaux, ainsi qu’avec les monarchies pétrolières. Cette solution pourrait s’avérer la seule viable, si l’on veut éviter un nouveau conflit aux conséquences imprévisibles, et une aggravation de la crise mondiale. Il existe certains signes qui vont dans ce sens. Alors restons raisonnablement optimistes. Mais il faudra pour cela que l’AIEA ait les mains totalement libres.

 

 

  Pr Hagay Sobol
  Professeur des Universités, Docteur en Médecine et Sciences.
  Président du Centre Fleg Marseille,
  Membre du comité directeur du Crif Provence
  et du comité régional Provence du FSJU

 

 

 

source







Avertissement de modération: Nous vous rappelons que vos commentaires sont soumis à notre charte et qu'il n'est pas permis de tenir de propos violents, discriminatoires ou diffamatoires. Tous les commentaires contraires à cette charte seront retirés et leurs auteurs risquent de voir leur compte clos. Merci d'avance pour votre compréhension.

Signalez un commentaire abusif en cliquant ici


Merci de nous signaler les commentaires qui vous semblent abusifs et qui contiendraient des propos:
  • * Antisémites
  • * Racistes
  • * Homophobes
  • * Injurieux
  • * Grossiers
  • * Diffamatoires envers une personne physique ou morale

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    0 Shares
    • Facebook
    • Twitter
    • LinkedIn
    • More Networks
    Copy link
    Powered by Social Snap