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A l’ONU, un revirement français, J. Schanzer et C. Rosett


A l’ONU, un revirement français, J. Schanzer et C. Rosett

Les conséquences indésirables du soutien de Nicolas Sarkozy à la reconnaissance d’un Etat palestinien.

La manœuvre palestinienne, consistant à se faire admettre comme membre des Nations-Unies, a provoqué l’effet inverse à celui prévu, de la part de l’un de ses plus vibrants soutiens, le Président français Nicolas Sarkozy. Ce qui a commencé comme une tentative française de marquer un point, face à une politique étrangère américaine affaiblie, débouche, maintenant, sur une âpre lutte pour le financement permanent, par les Etats-Unis, de l’unique organisation de l’ONU, dont le quartier-général se trouve à Paris : l’Organisation Educative, Scientifique et Culturelle des Nations-Unies (UNESCO)…

 

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Au cours des dernières semaines, alors que les Palestiniens faisaient le forcing pour leur reconnaissance en tant que membres à part entière de l’UNESCO, des diplomates français et des responsables de l’ONU, ont, conjointement mais tranquillement, fait du rétropédalage sur ce sujet. Comme la plupart des manœuvres au sein de l’ONU, ce revirement apparaît moins motivé par les grands principes moraux que par des problèmes d’argent.

Selon la loi américaine, et depuis 1990, les Etats-Unis interdisent les donations de fonds à quelque secteur du système de l’ONU que ce soit, qui gratifie l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de la même position que les Etats-membres. Ce retrait peut coûter un manque à gagner de plus de 70 millions de $ par an à l’UNESCO.

Actuellement, l’UNESCO fonctionne avec un budget annuel de plus de 325 millions de $, dans lequel les Etats-Unis sont, de loin, le plus important contributeur, apportant 22%, la France, tout en choyant l’UNESCO comme étant le bailleur de ce joyau de l’ONU, ne lui accorde pas plus de 6, 1%.

Au cours des dernières années, la France a déjà eu l’occasion de goûter à ce que signifiait, pour l’UNESCO, de devoir renoncer au financement américain. Dans les années 1980, les Etats-Unis se sont retirés de l’UNESCO, n’y revenant qu’en 2003, sous le Président GW Bush. Apparemment, le Quai d’Orsay ne désire pas répéter cette expérience. Les diplomates français, disent, maintenant, qu’en dépit de leur appui initial à la tentative unilatérale palestinienne, l’UNESCO «  n’est pas le bon moment ni le bon endroit » pour débattre de la question de la Palestine.

Pas plus tard qu’en mars dernier, M. Sarkozy poussait du coude un Président Obama hésitant, signalant que la France soutiendrait probablement une reconnaissance internationale de l’Etat palestinien. « L’idée que nous avons du temps [ pour négocier un arrangement entre Israël et les Palestiniens] est une idée dangereuse. Nous devons en finir ! », avait déclaré M. Sarkozy, à l’époque. Les diplomates français, en privé, indiquaient que l’initiative palestinienne de reconnaissance de leur Etat « ferait bouger le jeu d’acteurs » entre Israël et les Palestiniens, et ouvrirait la voie à une solution équitable au conflit. En juillet, la France a annoncé qu’elle élevait le niveau de la délégation de l’OLP à Paris à celui d’une mission diplomatique. L’Espagne, le Portugal, la Norvège et une poignée d’autres Etats européens, en faisaient aussitôt de même.

Au début septembre, au cours d’une épreuve de forces, qui se déroulait durant l’ouverture de l’Assemblée Générale anuelle de l’ONU, à New York, les Palestiniens prétendaient détenir 128 pays dans leur manche, sur un total de 193 pays-membres, qui, tous, appuyaient leur demande d’un statut d’Etat-membre. En tant que pays fer-de-lance européen du soutien à cet effort, la France semblait émerger comme le pilier le plus probable de cet appui à l’initiative de reconnaissance.

A l’inverse, le plaidoyer du Président Obama, en faveur d’un veto face à la demande palestinienne devant le Conseil de Sécurité, s’avérait inébranlable. Alors que la demande soumise le 24 septembre par le Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas continuait d’être examinée au sein du Conseil, les Français ont compris que le fait de se rabattre sur un vote de l’Assemblée Générale offrant le statut d’observateur [aux Palestiniens] était le scénario le plus viable.

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Dès lors, les Français échouaient à aller aussi loin que les fanfaronnades de printemps de M. Sarkozy le claironnaient. Plutôt que d’oser appuyer un statut de membre à part entière pour les Palestiniens, M. Sarkozy battait en retraite, proposant, dans son discours du 21 septembre, devant l’Assemblée Générale : « Pourquoi ne pas considérer offrir à la Palestine, le statut d’Etat observateur aux Nations-Unies ? ». Ravalant le sens de sa propre rhétorique préalable, il insistait sur le fait que ce compromis « constituerait un pas en avant important ».

Mais les Français ont créé un monstre. M. Abbas ne satisfaisait pas d’avoir simplement fait sa demande en tant que membre de l’ONU. Il a transféré et plaidé sa cause devant l’UNESCO, après avoir appris que la fenêtre d’opportunité pour en devenir membre serait ouverte cet automne, mais que c’était pour mieux se refermer, une fois encore, pour les deux prochaines années. Le statut de membre de plein droit doit d’abord être recommandé par le bureau exécutif de l’UNESCO, puis approuvé par une majorité des deux-tiers de la Conférence Générale des 193 Etats-membres de l’UNESCO, séance plénière qui est prévue pour se tenir à Paris, le 25 octobre.

Au début de ce mois, le bureau exécutif des 58 nations à l’UNESCO a approuvé une ébauche de résolution, parrainée par plusieurs Etats arabes, par un vote de 40 « oui » contre 4 « non », pour que les Palestiniens en deviennent membres. Les 4 pays opposés étaient : les Etats-Unis, l’Allemagne, la Lituanie et la Roumanie. Parmi les 14 pays  qui se sont abstenus, on trouvait rien moins que la France.

La position française devient plutôt difficile à définir. M. Sarkozy appuie le processus de délibération devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, mais hésite à soutenir le statut de membre des Palestiniens, au sein d’un appendice relativement mineur de l’Organisation.

Au sein même de l’UNESCO, en tant que tel, des hésitations similaires émergent. Des responsables importants de l’UNESCO ont fait le tour des partenaires à Washington, cette semaine.Ils ont rencontré des responsables de l’Administration Obama, des législateurs et d’autres acteurs périphériques, mais influents, en essayant de les convaincre du fait que les activités de l’UNESCO se développent dans l’intérêt de l’Amérique. Ils espèrent trouver un échappatoire qui contribuerait à contourner la  loi, parce qu’elle risque de les priver des fonds apportés par le contribuable américain.

Le désordre au sein de l’UNESCO n’est qu’une conséquence indésirable de la tentative française de soutenir la manœuvre palestinienne de reconnaissance unilatérale. Indubitablement, il y en aura beaucoup d’autres.

—Mr. Schanzer est vice-Président pour la recherché, et Ms. Rosett est journaliste- et mâitre de conférence au sein de la Fondation pour la Défense des Démocraties.

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Par JONATHAN SCHANZER et CLAUDIA ROSETT

Adapté par Marc Brzustowski.

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