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Triste Mystification d’Automne par Albert Soued


Triste Mystification d’Automne  par Albert Soued

Le président de l'Autorité palestinienne, alias Abou Mazen, vient de franchir le Rubicon acclamé par ses pairs, des "non-états", des dictatures ou des oligarchies où le mot démocratie est tellement galvaudé qu'il a perdu son sens originel.

Cet homme s'est produit dans le cirque médiatique de New York appelé "Nations Unies", jouant un personnage adulé, appelé "victime". Ce rôle lui allant comme un gant devant un public acquis et inculte, il a dépassé la mesure dans les imprécations, la calomnie et la fabrication historique.

Suggérée et appuyée par le quai d'Orsay, la démarche d'Abou Mazen, en dehors de ses avantages sur le plan des "relations publiques", avait pour but d'accuser un état membre, Israël, de le vilipender et d'essayer de revenir sur la légalité de sa présence dans l'enceinte internationale. "Otes-toi que je m'y mette" dit-on en langage commun (1). Ce n'était pas nouveau de la part des pays arabes qui ont tout fait sur les plans militaire, terroriste, médiatique, diplomatique pour affaiblir et éliminer cet état du Moyen Orient, directement ou par le biais de l'entité dite "Autorité palestinienne" (AP), sans succès.

 

Dans ces épreuves de force qui durent depuis au moins 1948, date officielle de la nouvelle naissance de l'état d'Israël, cet état s'est renforcé au lieu de s'affaiblir, tant sur le plan local qu'international. Alors comment expliquer cet acharnement arabe à démolir un état qui se veut "juif" ? Comment expliquer cet acharnement devant les Nations Unies à porter une requête d'une nouvelle entité divisée, morcelée, dite "palestinienne", qui ne reconnaît pas l'état juif, lequel siège légalement dans cette enceinte comme membre à part entière ? (2)

 

Mis à part le côté "irrationnel" ou "démagogique" de la démarche, il y a aussi l'absence d'une puissance respectée pouvant assurer l'ordre dans une région mouvementée, ce qui ouvre la voie à toutes sortes d'initiatives sans lendemain, mais qui remplissent les colonnes de medias qui s'en donnent à cœur joie. Peut-être aussi que le président américain B H Obama, ayant reçu Abou Mazen comme 1er visiteur étranger dès son entrée à la Maison Blanche, lui aurait donné beaucoup d'espoir. Et pendant encore 13 mois, Obama ne peut pas aider Abou Mazen à sortir de l'ornière où il s'est engouffré avec les Nations Unies. Il perdrait ses chances d'être réélu président des Etats-Unis en novembre 2012, du fait de l'opinion américaine sur ce sujet sensible.

La requête "palestinienne" va ainsi traîner dans les tiroirs de fonctionnaires qui espèrent trouver un peu probable compromis (3).

Mais la porte est aussi ouverte à toutes les erreurs de jugement et à toutes les initiatives inconsidérées. Mais qui en doutait lorsqu'il s'agit du Moyen Orient arabe ?

 

Le discours de Benjamin Netanyahou ici

 

Notes

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(1) Voir Accords de San Remo & Déclaration Balfour

(2) Le territoire de l'Autorité Palestinienne est morcelé sur le plan géographique entre la bande de Gaza qui est gouvernée par le Hamas, organisation reconnue comme islamiste et terroriste, et des zones autonomes en Cisjordanie gouvernées par le Fatah', deux gouvernements qui ne s'entendent que sur leur haine d'Israël. Voir Territoires et Populations

De plus, chaque zone est formée de tribus et familles d'origines géographiques et ethniques très diverses, notamment des bédouins, des égyptiens, des syriens, des caucasiens et des africains qui ont des intérêts très divergents. De plus le gouvernement actuel de l'Autorité palestinienne à Ramallah n'est pas élu, le mandat de Mahmoud Abbas étant échu depuis 2 ans. Celui-ci agit donc en toute illégalité.

D'une manière générale, depuis son installation par les accords d'Oslo de 1995, l'AP s'est distinguée surtout

– par l'élévation de la mort et du martyre comme valeurs suprêmes

– par les attentats terroristes qui ont coûté la vie à près de 1500 israéliens et qui continuent d'une manière quotidienne et variée.

– par la corruption et les détournements de dons étrangers

– par l'autocratie des dirigeants notamment à Gaza

– par une économie fondée sur des dons étrangers à 60% et des taux de chômage de 50% à Gaza et 25% en Cisjordanie

– par une volonté tenace et délibérée d'éliminer Israël par tous les moyens et aucun signe d'une volonté de négocier ou de faire des concessions

– par l'ostracisme vis-à-vis des réfugiés palestiniens (maintenus à l'état de réfugiés, leur refusant la nationalité du pays en cas d'indépendance et "utilisés" comme bombe à retardement), par le racisme vis-à-vis des Chrétiens et des Africains et par l'apartheid vis-à-vis des Juifs, puisqu'ils seront expulsés de Cisjordanie en cas d'indépendance…

(3) Israël est au bout de ses concessions, alors que l'AP fait de la surenchère en guise de concessions. Echaudé par les retraits unilatéraux du Liban-Sud et de Gaza qui ont entraîné des guerres coûteuses et sanglantes, Israël ne croit plus dans la théorie "Territoires contre paix", mais dans la dissuasion pour éviter le pire.

 

Par Albert Soued, écrivain http://soued.chez.com pour www.nuitdorient.com

26/09/11

 







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