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Relations Turquie-Israël: Posture ou confrontation ? par Hagay Sobol


Relations Turquie-Israël: Posture ou confrontation ? par Hagay Sobol

De toutes parts arrivent des nouvelles alarmistes, allant jusqu’à évoquer une confrontation prochaine entre les 2 anciens alliés. N’y aurait-il pas une autre lecture des évènements? Un fait majeur semble aller dans ce sens. L’autorisation récente donnée par Ankara de déployer sur son territoire des radars dans le cadre du bouclier antimissiles de l’OTAN. Une telle décision peut facilement s’interpréter comme un acte de défiance à l’égard de l’Iran, la grande puissance régionale.

La réaction du voisin Perse ne s’est d’ailleurs pas fait attendre: « Nous attendons des pays amis et voisins qu'ils n'adoptent pas des politiques génératrices de tensions » a déclaré un officiel.
 

Avec l’affaiblissement de l’axe Irano-Syrien, et les révolutions en cours, la Turquie à beaucoup à gagner, tel que reprendre le leadership d’une région en pleine ébullition, et d’être un interlocuteur privilégier des occidentaux, voire d’intégrer l’Europe en tant que membre à part entière du fait de la nouvelle redistribution des cartes. Pour cela il faut incarner tout à la fois la force et la stabilité, et d’être un pont entre les cultures.

Cet ambitieux projet suppose une mécanique bien huilée, donc un plan et de la lucidité mais surtout de parler à chacun son langage. A la tête de cette entreprise, il doit y avoir un leader charismatique qui doit être tout le contraire d’un boute feu irresponsable voulant entrainer la région dans un conflit majeur.
 
Alors comment interpréter le psychodrame auquel nous assistons ? Pour réussir sa politique de substitution à l’Iran, et assurer sa position en attirant à soi les foules déjà largement «conditionnées» quoi de plus efficace que de prendre les vielles recettes largement éprouvées: défier «l’ennemi sioniste». Mais en vérité, dans une confrontation armée avec l’Etat Hébreu, l’héritier d’Atatürc aurait beaucoup à perdre. Tout d’abord, pour se lancer dans une telle entreprise, il faut être sûr de gagner, et pas une victoire à la Pyrrhus. Contre Israël, une armée ultramoderne et entrainée, c’est autre chose que de bombarder les opposants du Kurdistan.

Ensuite, en tant que membre de l’OTAN, Ankara serait dans une situation impossible si un conflit armé devait éclater avec Jérusalem. De plus, il est très probable, que par un effet domino, les dossiers du génocide Arménien, et chypriote reprendraient opportunément de l’actualité, voire de l’urgence. La moindre faiblesse ferait perdre au Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan beaucoup de sa crédibilité. Ainsi s’envoleraient tout les rêves de grandeur et de restauration d’un nouvel empire Ottoman qui n’oublions pas était arrivé jusqu’aux portes de Vienne.
 
Par contre, en adoptant cette posture sans atteindre le point de rupture, Ankara peut faire monter les enchères, afin d’obtenir un gain politique le plus élevé possible: par exemple un adoubement en tant que puissance régionale majeure, une amnésie des occidentaux sur des problèmes sensibles, une avancée sur le dossier européen et surtout une part du nouveau gâteau des ressources en hydrocarbures de la méditerranée orientale. La Turquie attend donc des USA, qu’ils jouent leur rôle de «gendarme du monde libre» et qu’ils sifflent la fin de la récréation pour reprendre le chenin des négociations, la tête haute et apparemment sans avoir fait de concession majeure. En gros une politique du «retenez moi ou je fais un malheur !».

Mais pour cela il faut que les Etats-Unis s’assument en tant que superpuissance qui impose une ligne de conduite par des pressions appuyées, voire des menaces précises, suivies d’une mise en œuvre réelle et non pas simplement se contenter de «déplorer» ou de se montrer «très inquiet de la situation». En somme, tout le contraire de ce à quoi nous assistons en ce qui concerne l’Iran et son programme nucléaire.
 
Donc dans ce scénario, tout va dépendre de la réaction de l’Amérique. Un Obama bien mal en point et des Etats-Unis très affaiblis seront-ils au rendez-vous ? Ce que l’on constate, c’est que ses ennemis, donc les nôtres, sont plus forts de sa faiblesse, mais restent structurellement fragiles. Fort heureusement, en démocratie tout ne dépend pas d’un seul homme.

Il y a des institutions solides exerçant le cas échéant un vrai contrepouvoir, et des échéances électorales permettant le renouvellement des administrations. Ce qui me rend raisonnablement optimiste quant à une issue favorable, même si à terme la nouvelle donne posera d’autres problèmes d’équilibre stratégique et très probablement un nécessaire partage des ressources.
 
En conclusion, je reprendrai volontiers, la déclaration du vice-Premier ministre Dan Meridor «que le silence était la meilleure des réponses aux propos formulés par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan» et d’agir en coulisse pour œuvrer à un dénouement favorable de la crise ainsi qu’à un rapprochement indispensable aux deux pays, et pour la stabilité de la région.

Le premier test de la validité de ce scénario, sera que le Premier Ministre Turc n’inclura pas dans son prochain voyage en Egypte une halte à Gaza ( NDLR Europe Israël: on sait aujourd'hui qu'Erdogan ne se rendra pas à Gaza).
 

Par Hagay Sobol pour Europe Israël

@ Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source

 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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