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Mahmoud Abbas siffle la fin des soldes au « Printemps arabe ».


Mahmoud Abbas siffle la fin des soldes au « Printemps arabe ».

La Reconnaissance unilatérale est un catalyseur radical contre l’existence d’Israël, et non pour « les droits des Palestiniens ».  A 7 jours de la Déclaration unilatérale palestinienne devant l’Assemblée Générale de l’ONU, l’atmosphère régionale s’est nettement obscurcie.

Tour à tour, deux officiels palestiniens affirment que cette exigence « mettra fin à 63 ans d’occupation sioniste » et que l’Etat en question se devra d’être totalement « Judenrein ». Ainsi, le véritable ton islamiste radical de ce projet est donné : …

… D’abord, il n’a rien à voir avec les fameuses « lignes de 1967 » qu’aurait benoîtement voulu voir concéder Obama, pour récupérer in extremis le processus de négociation. Elle ne concerne plus des « territoires contre la paix », mais tous les territoires depuis « 63 ans ». Et toute présence juive dans la région serait ainsi mondialement soumise à ce « référendum ».

Certains pays, des états africains ou l’Australie, se plaignent des pressions auxquelles les soumet la Ligue Arabe. Celle-ci met dans la balance qu’ils pourraient bien ne pas être élus à certaines fonctions au sein de l’ONU, si jamais ils objectaient, d’une façon ou d’une autre, à cette résolution.

Mahmoud Abbas, à lui seul, ne pèse pas lourd, y compris et surtout, parmi les siens. Il n’est délégué que pour lancer une révision complète de la fameuse « solution à deux Etats » contenue dans la résolution 181 de 1947. En aucun cas, l’enjeu serait de promouvoir « les droits du peuple palestinien » en tant que tels, mais plutôt d’annuler ceux de l’Etat de droit juif et démocratique, dans tous les territoires visés par l’entité palestinienne.

Les gauchistes radicaux ont prévu de chauffer l’ambiance :

  • le 15 septembre, des rassemblements ont eu lieu « pour la Palestine », à New York et dans certaines capitales européennes. Le 16, à Los Angeles.
  • Le 17 doit se dérouler le « Jour de Colère » dans 50 capitales des états américains, clôturé par une « occupation de Wall Street ».
  • Le 22 débute Durban III, pour un festival antisémite grimé d’« antiracisme ».
  • Le même jour, Ahmadinedjad fera la leçon aux démocraties devant l’ONU, en leur infligeant les dégâts faits par les alliés lors de la Seconde Guerre Mondiale à l’Iran collaborationniste du 1er Shah.

Apothéose : le 23 septembre, viendra le tour d’Abbas, second de ligne derrière le tyran iranien.

Au-delà de cette guerre juridique sur la scène médiatique internationale, chacun des challengers pour la suprématie au Moyen-Orient poursuit sa course, afin d’être en position défiante à l’instant t où ce chantage… accoucherait d’une souris. On sait que, par-delà le caractère symbolique d’une probable reconnaissance, rien ne changera sur le terrain.

Le leader le plus acide et incisif, est Recep Teyyip Erdogan. Il se présente dans toutes les capitales arabes touchées par la « grâce » des révolutions, pour marteler un ton radical antisioniste et chauffer les foules à blanc, en roulant mécaniques et tambours de guerre. Membre présumé de l’OTAN jusqu’à nouvel ordre mondial, le démagogue de l’AKP a intimé à ses navires et à sa flotte aérienne de F16 d’adapter le système IFF : il permet aux radars d’identifier appareils amis ou ennemis, de façon à déclencher le feu contre tout navire ou avion civil ou militaire israélien. Sur le plan stratégique et militaire, Erdogan donne une leçon mémorable de double-jeu anti-occidental, sans commune mesure dans toute l’histoire de « l’Alliance atlantique ». De même qu’il menace depuis des mois d’utiliser les systèmes d’alerte et de renseignement américains présents sur son sol pour alerter l’Iran de tout préparatif américain et israélien pour frapper les installations nucléaires iraniennes.

Selon l’expert militaire arménien Artsrun Hovhannisyan (ICI), nous assistons passivement au plus bel acte de « piraterie » ottoman et de détournement d’arsenal, contre l’Europe, les Etats-Unis et Israël, jamais réalisé de mémoire de boucanier.

Les peuples locaux, Israël, la Grèce et donc Chypre, ont décidé de reprendre leur destin en main, en invoquant leur pacte mutuel de défense, en cas d’agression turque. D’autre part, Washington a suspendu toute livraison de drones Predator à la Turquie, tant que le conflit avec Israël ne s’est pas apaisé. Ayant congédié les experts israéliens, Erdogan s’aperçoit, maintenant, que sans leur assistance, les drones Héron qu’il a acheté pour mater les Kurdes, restent non-opérationnels. De fait, une coordination entre les Etats-Unis, Israël et le gouvernement du Kurdistan irakien s’est installé pour contrôler les informations entrantes et sortantes, en direction d’Ankara et Téhéran.

Reçu en grandes pompes au Caire par les foules venues l’acclamer, Erdogan a, néanmoins tiqué lorsque celles-ci l’ont affublé du titre du nouveau « Saladin » : Salah-ad- Din, en effet, était Kurde, le peuple minoritaire « absorbé » par l’Empire et dominé depuis lors. D’autre part, les Frères Musulmans, confrérie à laquelle appartient, pourtant, l’AKP, ont voulu mettre une borne à ses velléités hégémoniques : certes, est-il le bienvenu, au-delà de quoi, l’ingérence turque dans les affaires arabes leur serait insupportable. Ce qui signifie que même si Ankara approche le Hamas et prétend le « libérer » du blocus d’Israël pour mieux s’accaparer les réserves de gaz et de pétrole en Méditerranée, la communication entre Arabes et Turcs reste imparfaite, y compris dans le même camp sunnite.

Par la voix d’Ahmadinedjad, les Perso-chi’ites entendent bien imposer un « Nouvel ordre mondial » alternatif à la santé économique déclinante de l’Europe et de l’Amérique, en s’appuyant sur leurs échanges avec l’Asie et la Russie. A ce jeu, la Turquie apparaît comme le « cheval de Troie » installé dans le disque dur de l’Occident.

L’Etat hébreu a, d’abord, renforcé ses arrières, à partir des bases maritimes et aériennes grecques. Elles lui permettraient de frapper l’armée turque, en cas d’agression. Un tel casus belli contre un pays-membre de l’OTAN (la Grèce) risquerait aussi de coûter à Ankara sa place et l’accès aux technologies occidentales. La Turquie verrait se lever un bouclier Est et Sud-européen constitué de la Bulgarie, de la Roumanie et, probablement, de plusieurs anciens pays du « Bloc de l’Est », aux côtés des Grecs et, par conséquent d’Israël. Le fameux « choc des civilisations » serait à son comble. L’Arménie, intéressée par la reconquête du Mont Ararat et de prendre ainsi une revanche historique pour faits de génocide, pourrait trouver son compte à participer à un conflit de cet ordre, déclenché par l’avidité turque.

Les défilés triomphalistes de Cameron et Sarkozy à Benghazi (et non à Tripoli) masquent mal la compromission entre forces spéciales occidentales et Islamistes, lors de la prise de la capitale. L’OTAN démontre que, si elle reste une puissance internationale de premier plan, y compris sans la participation turque, elle ne s’impose qu’en passant des « arrangements » avec des forces qui lui sont intrinsèquement hostiles. Elle a, ensuite, le plus grand mal à reprendre le contrôle de ces forces et de leur armement, acheminé vers les prochains théâtres de guerre.

Reste l’inconnue du dénouement en Syrie, où s’affrontent les deux influences iranienne et turque. Capables de s’entendre sur le bombardement et le massacre des Kurdes, passant des accords de renseignement depuis longtemps, tout porte à croire que l’un et l’autre ont plus à gagner dans un verrouillage partagé de la région que d’entrouvrir la porte à des aspirations démocratiques, chez les peuples et minorités qu’ils oppriment depuis des générations.

Il est probable qu’on assiste à une sorte de « mini-Yalta » sunno-chi’ite turc et perse, au détriment des pays arabes qui protesteront et tenteront de contenir cette avancée convergente, en Irak, au Bahrein, au Yémen, en Syrie, Jordanie et en Méditerranée. En arrière-fond, la Chine et la Russie y trouvent leur compte en y constatant un affaiblissement définitif de l’Amérique et de l’Europe surendettée et à vendre.

Le Printemps arabe signe la fin de l’ère du Panarabisme, qui a supplanté le post-colonialisme occidental et la soif de pétrole. Le Panislamisme s’y trouve comme un poisson dans l’eau. Mais la question subsidiaire reste : qui prendra la tête et le contrôle effectif des forces hostiles à l’Occident ? La « Cause palestinienne » n’a jamais été qu’un dérivatif pour contenir et détourner la colère arabe qui, aujourd’hui, se donne libre cours. Les cibles de cette colère sont variables, mais plus faciles à canaliser contre Israël. Paradoxalement, les royaumes arabes comprennent qu’ils risquent de passer au second plan, au profit de deux empires islamiques qui en termineraient avec le caractère prédominant de l’Arabité dans le monde musulman.

La quadrature du cercle réside dans ce hiatus : les Arabes ne veulent pas plus subir le joug des Perses et des Turcs qu’une « occupation » occidentale ou présumée « sioniste ». De même, les Sud-Européens, avec ou sans l’OTAN, se défendront, si l’Alliance refuse de considérer les dangers qui la menacent d’éclatement, de l’intérieur.

La déclaration de Mahmoud Abbas, marchand de tapis persans et stamboulis, n’est que le seuil entrebâillé d’un conflit à venir : ses germes démontrent à quel point les experts doivent d’urgence réviser leur copie, quant aux ambitions qui dévorent Erdogan et son partenaire-adversaire Ahmadinedjad, les deux têtes de la même hydre.

Par Marc Brzustowski

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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