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Je suis venue te dire que je m’en vais.


Je suis venue te dire que je m’en vais.

Cette année, j’ai eu la chance de faire plusieurs beaux voyages. En janvier, j’étais en Jordanie, puis à Hong Kong et au Japon. En mai, j’ai passé un week-end à Barcelone, en juin, une semaine à New York et en juillet, deux semaines en Israël. Et j’ai réussi à échapper au tremblement de terre/tsunami/fukushima/fin du monde/printemps arabe/tornade/attentats/roquettes. On peut donc dire que j’ai du cul ou que Dieu me kiffe grave (dans un classique rapport de « fuis moi je te suis » qui résume parfaitement mes rapports avec les hommes, si tant est qu’Il ne soit pas une Elle). Je m’égare.

Toutes ces destinations sont différentes, les paysages, les climats, les langues, les cultures, les personnes, et pourtant à chaque fois, un même sentiment revenait, une même idée s’installait, de plus en plus forte à chaque fois : j’habiterais bien ici. A New York, cette pensée était devenue : je ne veux pas repartir. Il me fallait me rendre à l’évidence, le point commun entre ces villes était simple : NOT Paris. Je voulais partir. Mais quitter un emploi, sa famille, ses amis, ses repères, la sécurité, le confort, la baguette matinale et croustillante, la pluie incessante, les embouteillages, la mauvaise humeur et les plaintes répétées, ce n’est pas simple.

Alors j’ai enchaîné les voyages pour me dépayser, pour oublier que je n’aimais plus mon travail, que je n’aimais plus Paris, que je ne m’y sentais plus bien, que je ne me reconnaissais plus dans cette ville, dans ce pays. J’essayais de me convaincre que je n’étais pas obligée de suivre les injonctions présidentielles du type : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes », du moins pas de façon permanente.

C’est ainsi que j’ai atterri à Tel Aviv le 1er juillet.(photo à la Une) Les deux premières journées, je les ai passées sur la plage, seule avec un Lonely Planet pour décider de ce que je voulais voir. Vous devez penser que deux jours entiers avec le Lonely planet d’un pays aussi petit, c’est vraiment beaucoup et que je me fous un peu de la gueule du monde. Et vous n’auriez pas tort si nous omettions deux des caractéristiques principales de ce pays : d’abord sa richesse, historique, géographique, spirituelle, culturelle, et ensuite, les israéliens.

Dès que je levais la tête, ou dès que je me prenais du sable dans la gueule suite au passage de quelqu’un à côté de moi, – et autant vous dire que les plages de Tel Aviv ne sont pas vraiment désertées les week-ends du mois de juillet – je voyais ça :

Donc forcément, le Lonely, il a dû patienter. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je n’avais jamais vu autant de beaux mecs au m², c’est un scandale qu’ils soient tous concentrés dans un seul pays. On dit qu’Israël n’a pas de ressources naturelles, permettez-moi d’en douter. Alors certes, ce n’est pas du pétrole et niveau exportation et poids stratégique, ça ne va pas les mener bien loin, mais que personne ne me dise plus qu’Israël n’a pas de ressources naturelles. Et pour ceux que ça intéresse, les israéliennes ne sont pas mal non plus.

J’ai d’ailleurs immédiatement voulu en notifier mes co-blogueurs mais j’avais laissé mon portable français à l’hôtel et j’avais déjà (une heure à peine après avoir atterri) un téléphone israélien. Parce qu’il y a un autre truc que j’ai tout de suite noté sur les israéliens : ils ne perdent pas de temps et sont d’une efficacité redoutable. Ils repèrent les français et vous abordent souvent dans votre langue, ce qui est plaisant, sauf si on espère passer incognito.

Donc quand je suis entrée dans une petite épicerie pour mon fixe de chocolat quotidien, j’ai été accueillie en français par un : « besoin d’une puce israélienne ? ». En effet, j’en avais besoin si je ne voulais pas faire faillite avant la fin du séjour. En deux minutes, j’avais un nouveau téléphone, un nouveau numéro et un crédit qui a tenu tout le séjour. Et du chocolat de compétition.

Ensuite, je me suis baladée dans le pays. Du nord au Sud, du plateau du Golan à un kibboutz au bord du Lac de Tibériade, des plages de Tel Aviv aux lieux disputés de Jérusalem, de la dangereuse ville de Lod aux réceptacles à rockets que sont Ashkelon et Sderot pour finir par Haïfa, sur sa montagne.

A Tel Aviv, on vit comme en Europe, comme à New York, comme à Hong Kong. On profite du beau temps, à la plage ou en terrasse. On boit les meilleurs capuccino du monde, on mange des kilos de pastèque, des schnitzels à n’en plus finir, on nage avec quelques petites méduses, on se promène sur la tayelet, en bord de mer, on dîne (dehors), on va au ciné, on sort en boîte (en plein air et au bord de l’eau ou encore dans la cour d’une ancienne prison) ou boire un verre (sur la plage ou dans le quartier de Neve Tsedek).

On finit la soirée sur des chaises en plastique sur la plage devant une boîte de nuit en plein air où se déroule une soirée gay, on boit du thé à la menthe pour se réchauffer ou de la bière pour s’échauffer. On peut aussi terminer en sous-vêtements dans la Méditerranée. Et si on travaille le dimanche matin (parce que le week-end s’arrête le samedi soir en Israël), tout commence très tôt, tout le monde s’active et les touristes se sentent un peu seuls sur les plages, avec les retraités.

 

A Jérusalem, peu importe de quelle confession on est, peu importe qu’on soit croyant ou athée, on a le sentiment d’être au centre du monde. Au carrefour des trois grandes religions, le théâtre d’un conflit interminable, le plus médiatisé du monde. On y croise Juifs orthodoxes, Musulmans, Catholiques, on prie, on se recueille, on se couvre les épaules et la poitrine sinon on se fait houspiller par de vieilles dames, gardiennes du Mur et de la morale, qui menacent de vous couvrir d’un vieux tapis poussiéreux si vous ne remontez pas ce t-shirt.

Mais le soir, dans les ruelles du centre-ville, les bars se déchaînent, les boîtes se dévergondent, l’alcool coule à flot, les narguilés sont de sortie et chaque verre est accompagné de popcorns et de pastèque. Certaines femmes portent le voile, d’autres des perruques, des collants, tandis que des jeunes filles arpentent les ruelles avec des shorts qui ressemblent davantage à des culottes, elles minaudent en terrasse et se poussent pour laisser passer un rabbin un peu affolé et désespéré par ce spectacle. Une ville de contrastes, de sainteté, de jouissance, de beauté.

Car rien n’est plus beau que la pierre blanche, rosée, de Jérusalem. Cette pierre qui doit être utilisée partout, rend la ville intemporelle, n’appartenant à nul espace, c’est une enclave, une bulle de blancheur et de lumières pour laquelle tant de personnes seraient prêts à laisser leur vie. D’ailleurs, quand il est question de monter dans un bus, je ne peux m’empêcher d’y penser, de regarder autour de moi. Pourquoi porte-t-il une veste si large, que dissimule-t-il ? Et malgré cela, on s’y sent en sécurité.

Et si on se sent en sécurité dans ces grandes villes très visitées et habitées, on ne peut pas en dire de même des villes du Sud, celles qui bordent la bande de Gaza. Je suis allée à Sderot, ville en développement dont l’extrême proximité avec Gaza en fait une cible privilégiée des tirs de roquette. D’ailleurs si on lève la tête on voit un ballon blanc dans le ciel. Il n’est pas là pour vérifier la qualité de l’air comme à Paris mais pour détecter les tirs.

Dès qu’une roquette est lancée depuis Gaza, le ballon déclenche une sirène à partir de laquelle les habitants de Sderot ont 15 secondes pour rejoindre un abri. 15 secondes c’est peu quand on est âgé, quand on est en classe, quand on a une famille à réunir dans un appartement. A Sderot, on sent une tension, surtout quand on observe Ashkelon d’un point de la ville et qu’on voit une fumée suspecte au loin. On apprendra plus tard que la fumée était une roquette tombée non loin d’un kibboutz. A Ashkelon, pourtant, les gens s’installent, la municipalité publie une plaquette de présentation de la ville la dépeignant comme une ville du futur et un havre de paix. Malgré les roquettes et les risques, c’est une jolie ville balnéaire à l’énergie débordante.

Et si les roquettes tuent ou blessent, jamais elles n’enlèveront aux israéliens cette énergie, ce dynamisme et cet espoir incroyablement contagieux. Le centre médical Barzilai d’Ashkelon est habitué aux crises qui suivent ces tirs de roquette, un abri par étage pour que les malades n’aient pas à monter ou descendre. En quelques heures à peine la cafétéria du sous-sol se transforme même en salle d’urgences et abri. Et en temps de « paix », de nombreux Palestiniens viennent s’y faire soigner.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Haïfa, on voudrait ne jamais repartir. La mer, une ville construite sur une montagne, les sublimes jardins Ba’hai, l’Université, le Technion où sont formés tous ceux qui créent les technologies de demain mais surtout d’après-demain et de l’an 2050 parce qu’être en avance sur son temps est une autre religion là-bas. Haïfa est souvent citée comme un exemple de coexistence pacifique entre juifs et musulmans, comme la preuve que c’est possible. Et en s’y promenant on oublierait presque que le pays doit se battre quotidiennement, au sens propre comme au sens figuré, pour continuer d’exister.

Ce n’est qu’en prenant le train pour Tel Aviv le matin de mon retour en France que ça m’a frappé : 70% des passagers du train avaient moins de 20 ans et ils portaient tous l’uniforme. Filles, garçons, avec différents grades sur leurs épaules, montaient à chaque arrêt avec leur large sac kaki. Certains se connaissaient et se retrouvaient par hasard dans le train. Ils riaient ensemble comme des jeunes de leur âge. D’autres montaient à deux ou à trois, ou en couple. La plupart s’endormait illico. Je les regardais et je me rappelais mes 18 ans, et mes amis à 18 ans et j’essayais d’imaginer ce que ça doit être de partir à l’armée à la fleur de l’âge, d’être pendant trois ans au coeur d’une armée considérée comme une des plus puissantes au monde, de se battre pour son pays.

Et même s’il est impossible de se mettre à leur place, je me disais que j’aurais aimé faire la même chose. Etre habitée de ce type de patriotisme, savoir que je me lève chaque matin pour contribuer à la sécurité, ou plus tard, au développement, au rayonnement, à la réussite de mon pays. Ne pas être uniquement habitée de sentiments individualistes, ne pas me battre pour travailler cinq heures de moins par semaines. Tenir à cet Etat autant qu’à ma maison. C’est sans doute ce sentiment d’insécurité et les menaces qui pèsent sur leur pays qui fait des israéliens un peuple si créatif, si dynamique, si volontaire.

Il y a dans le regard de chaque israélien, de gauche ou de droite, religieux ou profondément laïc, une détermination, un espoir, que je n’ai vu nulle part ailleurs. Et c’est pour toutes ces raisons qu’au moment où la plupart d’entre vous lirez cet article, je serai dans l’avion pour aller y vivre, au moins 11 mois. J’ai pris un congé sabbatique de mon boulot, j’ai loué mon appart’, j’ai expédié mes affaires par bateau, j’ai dit au revoir à ma famille, à mes amis, à mes trois connards préférés et me voici en route pour Jérusalem.

A l’heure où je finis cet article, je viens à peine de dire au revoir au Pédé, après avoir passé la journée et la semaine à dire au revoir, je n’ai donc plus les idées très claires pour conclure. Je n’aime pas les au revoir. Mais curieusement depuis que j’ai pris cette décision il y a un mois et demi, quelque chose semble me porter, je suis sûre de moi et de vouloir vivre cette expérience. Et pour terminer sur une note gaie, je ne dirai que ça: vive la FreeBox et vive Skype, sans eux, le Pédé et moi aurions fait faillite d’ici trois semaines, voire deux (jours) et ma mère aurait été interdit bancaire cet après-midi.

La meuf

 

 

 

 

 







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  • 2 thoughts on “Je suis venue te dire que je m’en vais.

    1. juliano simoes

      se israel usace a sabedoria como os cheiks nao estaria ainda esta desingualdade e guerras o oriente tem tudo para ser naçao de primeiro mundo com ue reino unido ha asia russia australia japao e ate mesmo a africa com as economias global ainda nao escrevi sobre isto

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