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Communiqué de France-Israël Marseille du 15 septembre 2011


Communiqué de France-Israël Marseille du 15 septembre 2011

Europe Israël a déjà fait plusieurs actions pour signifier au Président Sarkozy que nous étions contre le prochain vote à l'ONU d'une résolution visant à reconnaître un Etat Palestinien sans négociation.

L'association France-Israël publie aujourd'hui un communiqué qui va dans le même sens: "France doit s'opposer à la mascarade de Mahmoud Abbas à l'ONU !". Europe Israël déploie toute son énergie afin que l'ensemble des associations amies d'Israël signent un appel commun au Président de la République pour que la France vote contre cette résolution.

La France doit s'opposer à la mascarade de Mahmoud Abbas à l'ONU !

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République

A l'occasion de la 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies qui s'est ouverte mardi 13 septembre, M. Mahmoud Abbas se propose de présenter un projet de résolution visant à la reconnaissance d'un état palestinien sans négociation préalable avec Israël.

Il vous revient, au nom de la France, de dissuader M. Abbas de poursuivre cette initiative qui risque de compromettre pour longtemps toute perspective de paix, et de faire savoir, comme les Etats-Unis ou l'Allemagne, qu'en cas de vote, notre pays s'opposera au texte palestinien devant le Conseil de Sécurité comme devant l'Assemblée générale.

Toutes les résolutions des instances internationales (la résolution 242 de l'ONU et celles qui reprennent les termes) et les traités passés entre les parties dans le cadre des accords d'Oslo renvoient le règlement des différends et l'élaboration de solutions à des négociations entre les parties. De plus, l'Union européenne, – elle implique la France -, est co-signataire et garante de l'application des Accords intérimaires de 1995, dits "Oslo 2", qui réaffirment ce principe de négociation entre les parties et prohibent les initiatives unilatérales comme celle que les responsables palestiniens de Ramallah veulent aujourd'hui promouvoir.

Il vous appartient d'œuvrer pour assurer la fidélité de l'Union européenne à sa propre signature.

Depuis l'arrivée au pouvoir en Israël de l'administration Netanyahou à la fin mars 2009, M. Mahmoud Abbas s'est délibérément opposé à toute véritable reprise des négociations. Il a d'abord refusé de négocier directement avec Israël. Puis sous la pression des Américains lassés de ses tergiversations, il a accepté de participer à une session de pourparlers directs entamée à Washington au début septembre 2010. Mais il a quitté la conférence quelques jours plus tard, exigeant que la partie israélienne se soumette à ses demandes alors que les entretiens étaient basés sur le principe de la négociation sans préalables. Ce principe était en œuvre depuis déjà une quinzaine d'années dans les négociations israélo-palestiniennes. Depuis, M. Abbas a dissimulé sa détermination à ne pas se laisser entrainer dans des négociations en multipliant les préalables à sa participation.

M. Mahmoud Abbas a de sérieux motifs de refuser de négocier. L'aboutissement d'une négociation aurait des conséquences qu'il désire absolument éviter:

– il devrait d'abord s'engager à mettre un terme définitif au conflit et à ne plus présenter de revendications ultérieures;

– il devrait reconnaître par son paraphe l'existence d'un état non-musulman, un état juif, sur une partie de l'ancienne Palestine;

– il devrait accepter de renoncer au "droit au retour" des réfugiés palestiniens, qui signifierait la fin de la majorité juive de l'état d'Israël;

– il devrait accepter un compromis territorial et diverses clauses encadrant la souveraineté du futur état.

Le choix d'une reconnaissance unilatérale, sans négociations, lui évite d'assumer ces engagements indispensables, ceux d'un homme d'état recherchant réellement la paix. En même temps, la création unilatérale de l'Etat palestinien, un coup de force au regard des obligations déjà actées de la partie palestinienne, laisserait sans solution les problèmes pendants entre les parties, et ils sont majeurs. Elle dégagerait aussi la partie israélienne de ses propres obligations, remettant à une échéance indéterminée toute avancée en direction d'un règlement et de la pacification du Proche Orient.

Ce coup de force pourrait avoir des conséquences sérieuses pour les Palestiniens eux-mêmes qui risqueraient de perdre certains soutiens importants comme celui de l'aide américaine. Il témoigne aussi de l'incapacité actuelle des Palestiniens de construire véritablement un état dont le destin ne soit pas, à l'instar de Gaza ou du Sud Liban, de devenir une aire de terrorisme et de guerre sainte.

Cette incapacité se manifeste aussi par l'absence d'élections dans les Territoires. Le mandat de M. Mahmoud Abbas s'est achevé il y a plus de deux ans et il n'est toujours pas remis aux électeurs, ce qui qualifie mal ce dirigeant comme acteur de la scène internationale. Les élections locales, annoncées de temps à autre, sont toujours reportées.

Les Territoires susceptibles de former la base du nouvel état sont dirigés par deux mouvements différents, profondément antagonistes, en guerre ouverte ou larvée depuis juin 2007, dont l'un, le Hamas, est inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.

Enfin, l'incitation à la haine des Juifs et le culte des héros terroristes, qui sont les deux ingrédients de la guerre perpétuelle, n'ont jamais cessé de fleurir en Cisjordanie sous l'autorité de M. Abbas, comme à Gaza sous la férule du Hamas. C'est une politique tout à fait surprenante pour une entité qui s'affiche comme "modérée " et en recherche de la paix.

Et qui peut éviter de penser que M. Abbas craint en fait que tout accord avec Israël fasse de lui, à l'instar du courageux Anouar al Sadate, la cible première d'islamistes fanatiques?

C'est en fait à une mascarade que M. Abbas invite la communauté internationale, entamant un peu plus la crédibilité de l'Assemblée générale de l'ONU, soumise à des majorités automatiques où l'on retrouve tout ce que la planète compte d'états racistes, dictatoriaux ou autoritaires. C'est un artifice destiné à isoler momentanément Israël et les Etats-Unis, qui peut conduire à l'affichage de divisions profondes au sein même de l'Union européenne.

Il est du devoir de la France de s'opposer à ce coup de force, et de contribuer par la persuasion et par le vote au retour à des méthodes légales et pertinentes dans le processus de règlement du conflit israélo-palestinien.

Avec nos respectueuses salutations,

Pour le Bureau, le 14 septembre 2011

Jean-Pierre Bensimon, président

 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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