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Abbas: Le choix subtil des mots pour délégitimer Israël, victimiser les palestiniens et les inciter à poursuivre le combat.


Abbas: Le choix subtil des mots pour délégitimer Israël, victimiser les palestiniens et les inciter à poursuivre le combat.

Le discours prononcé par Mahmud Abbas devant l’Assemblée Générale de l’Onu ce 23 septembre 2011, n’a pas été, loin s’en faut, un appel à la réconciliation entre palestiniens et israéliens, une démarche pour faire table rase du passé en vue de construire un avenir meilleur, ou une invitation à dynamiser les relations afin d’échafauder un consensus équilibré. Les mots employés n’ont servi qu’à délégitimer Israël sur la scène internationale et à conférer aux palestiniens un rôle de victime de la cruauté israélienne et de la captation injuste de son territoire. Ce faisant, il a habilement préparé les conséquences d’un échec de sa démarche à l’Onu.

Par Bertrand Ramas-Mulhbach

Tout d’abord, le Président de l’Autorité palestinienne a débuté par un postulat : la question de la Palestine est « intimement liée à l’Organisation des Nations Unies par le biais des résolutions adoptées par ses divers organes et organismes ». Par ailleurs, il a présenté l’UNRWA comme incarnant « la responsabilité internationale envers le sort des réfugiés palestiniens qui sont les victimes de la Nakba de 1948 ».Abbas et le droit international

Le décor était planté. Immédiatement, on comprend que ce sont les israéliens qui ne respectent pas les décisions internationales, qui sont exclusivement responsables de l’enlisement de la situation et qui refusent de voir corriger l’injustice faite au palestinien en 1948. Néanmoins, il répète le souhait des palestiniens de parvenir à « une paix juste et globale » dans notre région, puisqu’ils ont toujours fait le choix du dialogue et de la négociation avec « des cœurs ouverts, les oreilles attentives et des intentions sincères ». Il rappelle toutefois que la paix doit, bien évidemment, assurer « les droit inaliénables, droits nationaux légitimes du peuple palestinien (qu’il précisera peu de temps après) ». Ces thèmes vont alors, tout au long du discours, être repris en boucle, soulignés, répétés, comme un leitmotiv ininterrompu, digne d’un discours de propagande anti-israélien.

Ainsi, sa diatribe se poursuit sur la question qu’il affirme être centrale à savoir le refus du gouvernement israélien « de s’engager pour des négociations fondées sur le droit international » puisque qu’Israël « intensifie frénétiquement la construction de colonies sur le territoire de l’Etat de Palestine ». Le mot est lâché. Il existe donc bien (selon lui) un Etat de Palestine sur lequel Israël poursuit son emprise. Pour conforter son propos, viennent alors les condamnations des « activités de colonisation » au « cœur de la politique d’occupation militaire coloniale de la terre du peuple palestinien », de « la brutalité de l’agression et la discrimination raciale contre notre peuple », « la violation du Droit international humanitaire », « la confiscation systématique des terres palestiniennes », « le mur d’annexion qui mange des grandes étendues » et ce « dans un nettoyage ethnique de la ville de Jérusalem »…

Mahmoud Abbas cesse alors de parler du « gouvernement israélien » pour lui substituer la notion de « puissance occupante » qui, de surcroit, viole le droit à l’exercice du culte en empêchant « l’accès aux mosquées et aux églises assiégés de la ville sainte ». En recourant à la notion de « puissance occupante », il suggère alors que l’occupation porte bien sur l’ensemble de la Palestine historique d’autant que « l’occupation est une course contre la montre pour redessiner les frontière sur nos terres… ». La bande de Gaza est alors évoquée : « la puissance occupante continue d’imposer son blocus, cible les civils, lance des attaques aériennes…, détruit des maisons, des écoles, des mosquées et provoque des milliers de martyrs… ».

Cette obstination israélienne apparait comme étant d’autant plus incompréhensible qu’Arafat lui même, (cet homme de paix), avait déjà averti à l’Onu en 1974 : « Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main ».

Vient alors l’épisode de la Nakba (citée comme la Shoa dans la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël) : « tous les palestiniens (dont lui même) ont été forcés de quitter leurs maisons, leurs villes et leurs villages, ne transportant que certaines de nos affaires, notre chagrin, nos mémoires et les clés de nos maisons dans les camps de l’exil et la diaspora, l’une des pires opérations de déracinement, de destruction et d’enlèvement »…Et pourtant, malgré ces souffrances endurées Mahmoud Abbas se présente comme disposé à faire d’énormes concessions en convenant d’établir l’Etat de Palestine sur seulement 22% du territoire de laPalestine historique, soit les territoires palestiniens occupés par Israël en 1967, bien que ses efforts se soient toujours « brisés sur le roc de l’expansion des colonies».

Mahmud Abbas aborde ensuite un registre cher aux fondamentalistes palestiniens en indiquant que l’Organisation de Libération palestinienne, restait le seul et légitime représentant du peuple palestinien qui restera « jusqu’à la fin du conflit dans tous ses aspects » (il faut entendre l’éradication d’Israël). Il demande également le retour des réfugiés palestiniens en Israël conformément à la résolution 194 du 11 décembre 1948 mais pour être agréable à la communauté internationale, il confirme sa condamnation de la violence sous toutes ses formes notamment le terrorisme d’État (sous entendu le terrorisme israélien). Bien évidemment, il confirme la poursuite de « la résistance populaire (qu’il dit être) pacifique » à l’occupation et la politique de colonisation, d’apartheid, à la « construction du Murd’annexion à caractère raciste », voire « espère un soutien pour la résistance, conforme au droit international », telle une caution internationale qui validerait le recours à la violence.

Ayant bien mesuré la portée de son propos, il souligne alors que « Nos efforts ne visent pas à isoler Israël ou à le délégitimer » mais seulement « les activités de colonisation, l’occupation et l’apartheid et la logique de la force impitoyable », remontrant sa main tendue au gouvernement (le mot est ici repris) et au peuple israélien. S’agissant de la capacité à créer un Etat indépendant, Mahmoud Abbas se montre rassurant puisque les palestiniens disposent d’un pouvoir judiciaire (sic), d’un dispositif de maintien de l’ordre et de sécurité (sic), de la primauté du droit (sic), du renforcement du rôle des femmes (sic),  « enchâssant les piliers de la démocratie comme fondement de la vie politique palestinienne ».

La délégitimation d’Israël est ensuite reprise sous la forme de questions : « Est-il permis à Israël de  rester un Etat au-dessus du droit et la de responsabilisation? De continuer à rejeter les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies et des positions de la majorité écrasante des pays du monde? Alors que le peuple palestinien veut, gagner sa liberté et son indépendance, que les enfants puissent rentrer chez eux sans craindre le meurtre, l’arrestation ou l’humiliation, que les étudiants soient en mesure de se rendre dans les universités sans check points, que son peuple exerce son droit de jouir d’une vie normale comme le reste de l’humanité…

Il force alors la main de la communauté internationale : « Le soutien des pays du monde pour notre entreprise est une victoire pour la vérité, la liberté, justice, le droit et la légitimité internationale », alors que « La perte de l’espoir est l’ennemi le plus féroce de la paix et le désespoir est le plus fort allié de l’extrémisme ». Il annonce ainsi les conséquences prévisibles de l’impasse, mais en faisant cette fois, peser sur la communauté internationale la responsabilité d’un vote négatif.

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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