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GUILAD SHALIT : À QUAND SA LIBÉRATION? Par Dora Marrache


GUILAD SHALIT : À QUAND SA LIBÉRATION?  Par Dora Marrache

Le 25 juin dernier, Israël marquait un triste anniversaire : les  5 ans de détention de  Guilad Shalit, qui aura 25 ans le 28 août prochain.  Il a été capturé par un commando palestinien en territoire israélien – on ne le répètera jamais assez-  à la lisière de la bande de Gaza,  Cinq ans, cinq longues années qu’il est détenu à Gaza  par le Hamas dans un endroit tenu secret.

Il vit- à supposer qu’il vive encore- totalement coupé du monde.Depuis 2006, le Hamas a rejeté systématiquement toutes les demandes de visite de la Croix- Rouge. Guilad est d’ailleurs sans doute le seul prisonnier au monde à qui on a refusé une visite de la Croix-Rouge, mais aussi le plus jeune.

On n’a même pas, hélas, la certitude qu’il soit vivant.

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Son père a d’ailleurs lancé un appel demandant qu’on lui fournisse « une preuve de vie indiscutable », la dernière preuve de vie remontant à octobre 2009. Une vidéo d’à peine un peu plus de deux minutes avait été obtenue contre la libération de 19 palestiniennes dont quatre étaient des membres du Hamas.

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OTAGE OU PRISONNIER DE GUERRE?

Selon l’article 1 de la Convention internationale contre la prise d’otages, il est clair que Guilad Shalit est un otage puisqu’il a été kidnappé et qu’il est détenu comme monnaie d’échange afin de contraindre l’État d’Israël à libérer des terroristes palestiniens.

Guilad n’est pas un prisonnier de guerre, n’en déplaise aux anti-Israéliens qui se donnent bonne conscience en le considérant comme tel. Il est otage au même titre que l’a été Ingrid Bétancourt pour laquelle la France a remué ciel et terre afin d’obtenir sa libération, au même titre que les journalistes détenus en Afghanistan pour lesquels les journaux télévisés français rappelaient quotidiennement le nombre de jours de détention et qui viennent tout juste d’être libérés.

Mais Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas, et ses ravisseurs préfèrent considérer Guilad comme un prisonnier de guerre.

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Il ne sont pas les seuls,  se joignent à eux nombre de ces gauchistes attardés qui assimilent Guilad aux Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes pour avoir perpétré des attentats. Une idée que partage le journaliste israélien, Ury Avnery, co-fondateur de Gush Shalom, mouvement israélien qui milite en faveur de la création d’un État palestinien. Et pourtant ils savent qu’il n’y a aucune commune mesure entre Guilad et ces prisonniers!

En France, si Thierry Thuillier, directeur de la rédaction de « France Télévision » a déclaré le 13 mai dernier « Je le considère comme prisonnier de guerre, c’est ainsi ce que dit le Quai d’Orsay », en revanche le site du Ministère des Affaires étrangères et Alain Juppé parlent  du soldat franco-israélien comme d’un « otage français ».

Indépendamment du fait que Guilad n’ait pas été capturé lors d’une bataille mais lors d’un raid, le fait qu’il soit détenu dans un endroit tenu secret et qu’on ignore tout de ses conditions de détention, suffit à parler d’otage et non de prisonnier de guerre.

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De toute façon, quel que soit le statut qu’on choisisse de lui appliquer, prisonnier de guerre ou otage, conformément aux Conventions de Genève, Guilad Shalit a des droits , notamment celui de recevoir la visite de la Croix-Rouge,  et ses ravisseurs ont des devoirs concernant les conditions de sa détention. Mais ces derniers lui dénient même les droits les plus fondamentaux.

Qui qu’on soit, de quelque allégeance politique qu’on se réclame, il faut se demander objectivement comment réagir contre des détentions arbitraires dont nous pourrions nous-mêmes, un jour,  être victimes.

Qu’importe que le soldat soit israélien, français ou russe, qu’il soit chrétien, juif ou  musulman, pouvons-nous rester les bras croisés et nous contenter d’arguments boiteux pour justifier notre inaction face à ce type d’évènements? On ne peut pas être épris de liberté, défendre la démocratie et, en même temps, choisir la neutralité.

 

QUE FAUT-IL FAIRE?

1. Tsahal?

Bien sûr, c’est la première idée qui  vient à l’esprit de plusieurs d’entre nous sachant que Tsahal a pour principe de ne jamais abandonner ses soldats prisonniers, que son code d’éthique l’oblige à délivrer tout soldat tombé aux mains de l’ennemi ou à rapatrier sa dépouille. Mais, comme l’a confirmé l’ex-chef d'état-major, le général Gaby Ashkenazi,  il est évident que Tsahal est pour l’heure toujours incapable de déterminer l’endroit précis où Guilad est retenu prisonnier et, partant, de lancer une opération de commando.

2. Un échange de prisonniers?

Le Hamas a posé ses exigences : « Nous n'envisagerons de résoudre le cas de Shalit que si le problème des prisonniers palestiniens enfermés dans les geôles de l'occupant (Israël) est réglé", a déclaré un de ses porte-parole.

Certes, la société civile israélienne est plus solidaire que jamais, plus mobilisée que jamais pour obtenir la libération de ce jeune soldat. En Israël sa photo est affichée partout et la campagne de soutien ne s’essouffle jamais. En 2010, 200 000 israéliens ont marché pour la libération de ce jeune soldat. Et plus de 65% des Israéliens sont favorables à un échange, à commencer par le Premier ministre lui-même. D’ailleurs qui ne le serait pas?

Déjà en 2009, on a cru sa libération proche, Israël ayant consenti à libérer un millier de prisonniers, mais les exigences du Hamas quant au choix des prisonniers qu’il voulait voir libérer a fait achopper les négociations.

Si certains, dont la famille Shalit, reprochent au Premier ministre « une inaction totale » dans le dossier de Guilad, un porte-parole du gouvernement allemand vient de confirmer que, comme l’avait déclaré Benjamin Netanyahou, « Israël avait accepté le plan proposé par un médiateur allemand pour un échange de prisonniers », et il a ajouté que « le Hamas l’avait refusé » .

 

Donc un échange, oui, Benjamin Netanyahou y consent, "mais pas à n'importe quel prix". « Les demandes du Hamas pour la libération de Guilad Shalit mettront les Israéliens en danger », a-t-il expliqué.

Pas facile pour Bibi de choisir entre Guilad Shalit dont il souhaite la libération tout autant que les Israéliens, et les risques auxquels il exposerait les civils israéliens au cas où des centaines de prisonniers sécuritaires seraient libérés. C’est sans doute dans un vrai débat de conscience qu’il est plongé et aucun de nous n’aimerait être à sa place.

Je comprends qu’on veuille à tout prix le libérer, que nombreux soient ceux qui soutiennent la demande du Hamas, à savoir la libération de 1000 prisonniers dont 450 « ayant du sang sur les mains. »

Mais je comprends aussi que, compte tenu du danger que présente pour les Israéliens la libération des ces prisonniers, le Premier ministre veuille prendre des risques calculés. "L'expérience du passé nous enseigne que des dizaines d'Israéliens ont été tués dans des attentats commis par des terroristes qui avaient été relâchés dans le cadre d'échanges de prisonniers antérieurs", a expliqué Benjamin Netanyahu.  Si un attentat devait entraîner la perte de civils israéliens, nous savons tous qu’il ne se le pardonnerait jamais et que nous ne lui pardonnerions pas.

 

3. La communauté internationale ?

Puisque la prise d’otages est interdite et qu’elle est considérée dans la Convention internationale comme « une violation du droit international humanitaire », il est du devoir de la Communauté internationale d’exiger du Hamas qu’il prenne, comme c’est prévu dans la Convention « toutes les mesures appropriées pour améliorer le sort de l’otage, pour assurer sa libération ». En tant qu’otage, Guilad doit « bénéficier d’une protection ». Or, nous savons que ce n’est pas le cas.   

Certes, on ne peut pas dire que la communauté internationale  n’ait rien fait ou, plus précisément, qu’elle n’ait rien dit.

L’organisme HRW( Human Right Watch) juge que cette détention est cruelle et il a critiqué violemment en 2010 le Hamas dont le comportement est en violation du droit international.

En juin 2010, George Mitchell, l’envoyé spécial américain au Proche-Orient avait déclaré : « Nous condamnons sa captivité et les conditions de sa détention, sans permettre à la Croix-Rouge de lui rendre visite. Nous demandons sa libération immédiate ».

Un an après, le Hamas campe toujours sur ses positions, et ce même si la communauté internationale a multiplié les résolutions exigeant sa libération.

En mars 2010, le Parlement européen s’est intéressé au cas de Guilad Shalit et a voté une résolution.

Cette année, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon a demandé la « libération immédiate » du soldat. La Maison Blanche a fait savoir au Hamas qu’il doit le libérer « immédiatement ».

Quant à la France, son Président a rappelé à maintes reprises que Guilad Shalit est un otage qu’il faut absolument libérer : « Je veux dénoncer de la façon la plus forte la captivité de notre compatriote Guilad Shalit… On ne construira pas la paix ainsi en retenant des otages. » avait-il déclaré en 2008.

Nicolas Sarkozy a même écrit en juin à Guilad Shalit pour lui affirmer que « la France ne l'abandonnerait pas ».Son portrait a par ailleurs été affiché sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris. Et le Quai d’Orsay exige, pour reprendre les termes d’Alain Juppé, « qu’un droit de visite soit accordé au Comité international de la Croix rouge, conformément au droit international”.

Les médias et les journaux télévisés français, à  qui le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme avait reproché de ne pas parler du soldat franco-israélien, s’intéressent à lui maintenant.

Mais est-ce suffisant? Pourquoi se refuse-t-on à faire en France ce qu’on a fait pour Ingrid Bétancourt, l'ex-otage franco-colombienne libérée après plus de six ans de captivité? En 2009, le père de Guilad a d’ailleurs adressé une demande en ce sens au  Président Sarkozy. Il a également déposé au début du mois de juin une plainte à Paris pour « enlèvement et séquestration » soulignant que son fils est “retenu en otage” et qu’il a pu “subir des actes de tortures ou de barbarie”.

Ajoutons que s’il est considéré comme un prisonnier de guerre, il a droit en tant que citoyen français à une défense pleine et entière.

Certes, les exigences de la communauté internationale se font entendre, mais cela suffira-t-il à faire plier le Hamas dont la branche armée a déclaré dans un communiqué, le 27 juin : « Shalit ne verra pas la lumière du jour tant que nos exigences ne seront pas remplies »?

Il est fort à craindre que non parce que,  d’une part, tout porte à croire que toutes les demandes resteront lettre morte comme ce fut le cas par le passé.  Et parce que, d’autre part, aucune sanction n’est prévue dans le cas où le Hamas refuserait d’y répondre. Or, non seulement le Hamas ne se laisse pas intimider par les réclamations qui lui sont adressées , mais mécontent de l’appel lancé par la Croix-Rouge pour obtenir « un signe de vie de l’otage Guilad Shalit détenu depuis cinq ans», il endommage les bureaux de cette organisation.

Qui plus est, non seulement le Hamas refuse de se conformer au droit international, mais il n’hésite pas à recourir à un chantage des plus odieux. En 2010, dans un dessin animé en 3D de très mauvais goût et on ne peut plus choquant, le Hamas présente le père vieillissant déambulant dans les rues désertes d’une ville en Israël, et voyant arriver le cercueil de son fils.

« Nous prévenons la société israélienne que le soldat, capturé par les Brigades al-Qassam (la branche armée du Hamas) et d'autres factions palestiniennes, connaîtra le même sort que celui du pilote sioniste Ron Arad, disparu sans laisser de traces », peut-on entendre en hébreu et en arabe.  « Si les Israéliens veulent récupérer Shalit en vie, leur gouvernement doit payer le prix en relâchant les prisonniers palestiniens », ajoute la voix.

Et, il y a quelques jours, le Hamas a diffusé une vidéo dans laquelle il menace l’État d’Israël d'enlever d'autres soldats en l’absence d’un accord.

Et personne, si ce n’est Netanyahou, pour s’indigner de cet abominable chantage !

Puisque le Hamas viole le droit international, puisqu’il n’a cure des protestations de la communauté internationale, il ne faut plus se contenter de mots, il faut des actions concrètes.

Certes, j’entends déjà des voix s’élever pour crier qu’Israël n’a jamais respecté les résolutions de l’ONU. C’est vrai, mais nul n’ignore – pas même les Palestiniens- que ces résolutions ne sont pas dictées par le bon sens, mais par la haine du juif et de l’État d’Israël. Notons également que l’ONU menaçait alors Israël de sanctions économiques, sanctions  qui, il est vrai, n’ont pas été mises à exécution.

DES  ACTIONS CONCRÈTES

1. Israël : Benjamin Netanyahu a promis un durcissement des conditions de détention des prisonniers sécuritaires – ceux qui ont commis des attentats. Mais jusqu’à quel point?

"Nous allons modifier les conditions de détention des terroristes dans nos prisons. Je ne vais pas vous donner la liste détaillée de ces mesures, mais je peux vous dire que la fête est finie", a-t-il assuré. 

Ce à quoi, comble de l’ironie, le Hamas a répondu qu’il s’agit là d’ «une atteinte au droit international » !

Quand on examine les conditions de détention de ces prisonniers sécuritaires, on constate qu’ils jouissent de privilèges invraisemblables que leur envieraient beaucoup d’hommes libres. Ils peuvent étudier, passer le bac, recevoir du courrier et même s’organiser en associations. Ils ont droit à la télé, la radio, les journaux, ils peuvent tous les jours faire leurs prières ainsi qu’une promenade. Et non contents des conditions qui leur sont faites, en 2010 ils ont l’audace d’exiger des améliorations : un ordinateur par prisonnier; suppression de l’uniforme…  Le 28 juin dernier, les détenus les plus durs ont observé une journée de grève pour protester contre le durcissement des conditions de détention.

Quels que soient les changements qu’Israël opère dans les conditions de détention des Palestiniens, cette action aura peu de chances d’être efficace, car le Hamas ne se soucie guère de ses prisonniers comme le fait Israël. En fait, il exige que soient remis en liberté ceux qui sont les plus dangereux, ceux qui ont perpétré des attentats entraînant dans la mort des centaines de victimes israéliennes. Car ce sont des hommes qui peuvent encore servir dans la lutte contre Israël.

En dernier ressort, il faudrait peut-être, hélas, qu’Israël applique, dans tous les cas où la vie d’Israéliens est en danger, la Loi du Talion : ainsi, dans le cas des prisonniers, appliquer aux Palestiniens les mêmes conditions de détention que celles qu’applique le Hamas à Guilad Shalit, donc leur interdire les visites de la Croix-Rouge, mais aussi celles de leurs familles; abroger le droit de recevoir du courrier; etc.

Et si rien ne permet d’aboutir à la libération de Guilad Shalit, pourquoi ne pas envisager une opération militaire à Gaza, sans se soucier des réactions de la communauté internationale ?

2. La communauté internationale : Il faudrait absolument que ses demandes soient assorties de sanctions dans le cas où le Hamas refuserait d’obtempérer- et il refusera. Les sanctions existent et évidemment la plus efficace est d’ordre économique et consisterait à conditionner l’aide internationale à la libération de ce jeune soldat.

Certains pays dont la France pourraient également menacer les Palestiniens de leur retirer, non seulement leur soutien financier, mais aussi leur soutien diplomatique.

Que fait cette France que nous avons tant aimée, cette France « Mère des arts , des armes et des lois », cette France fidèle aux valeurs humanistes? Que ne répond-elle à l’appel de son enfant? Pour être fidèle à l’image qu’elle veut donner d’elle, il lui faut poser des actions concrètes.

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CONCLUSION

Il faut à tout prix « ramener à la maison » le jeune Guilad Shalit, c’est le vœu de tous ceux qui défendent la démocratie, Juifs comme non-Juifs.

Il faut croire en son retour. D’ailleurs, si on se fie à l’interprétation du code de la Bible, tout laisse croire qu’il sera libéré par Tsahal, et ce même si aucune date ne peut être fixée.

Son nom apparaît une fois dans le code de la Torah, et sur le site Cahiers de Géopolitique biblique, on peut lire  « Que tout près de Gilad Shalit figure le mot Shavouï, donc captif. Sur la ligne où Shavouï est mentionné, on distingue aussi, à deux reprises, le mot Shévi, captivité…… Ce qui est d’avantage rassurant c’est que dans la matrice, accolés au nom de Gilad, figurent Goél et Téchoua, soit délivrance, exprimée de deux façons différentes, et qu’au dessus du Tét de Shalit, on peut distinguer TSAHAL, soit l’armée israélienne. »

Alors, il ne nous reste qu’à espérer et à attendre. Ce jour tant attendu se lèvera et le cauchemar de Guilat prendra fin.

Dora Marrache

Chroniqueuse Radio-Shalom Montréal

 

Aschkel.info







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