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Pourquoi la montagne risque d’accoucher d’une souris …


Pourquoi la montagne risque d’accoucher d’une souris …

Plusieurs facteurs récents sont en train de vider de son importance le « guet-apens » diplomatique tendu par le leadership palestinien en perspective de l'Assemblée Générale (AG) de l’ONU, en septembre prochain à New York.

Présentée jusque-là par la presse israélienne comme un « énorme tsunami » qui pourrait déferler sur toute la région et avoir des « effets dévastateurs » pour État hébreu, l’éventuelle proclamation unilatérale d’un État palestinien – même reconnue par une majorité de pays des Nations Unies – risque fort, en effet, de ressembler à une montagne … accouchant d’une souris !

Face à la vaste campagne de délégitimation d’Israël lancée depuis des mois par les Palestiniens et leurs alliés de par le monde, en perspective du « piège diplomatique » prévu en septembre à l’ONU, le moment « tournant » de ces dernières semaines fut, incontestablement, le discours « churchillien » prononcé le 24 mai devant le Congrès américain par le premier ministre Binyamin Nétanyaou.

Déclinant poliment – et avec force arguments à l’appui – l’appel d’Obama à revenir aux frontières d’avant juin 1967, en vue de résoudre le conflit israélo-palestinien, Nétanyaou a commencé à changer la donne diplomatique en réussissant amplement son « examen de passage » à la tribune du Congrès : Explicitant le principe-clé de la nécessité de « frontières défendables » pour Israël, son intervention a enthousiasmé les Congressistes – toutes tendances confondues – et envoyé par là-même un clair message au président américain sur les limites et les problèmes auxquels il pourrait se heurter dans le cas où il voudrait à nouveau exercer de trop fortes pressions sur Jérusalem…
Autre élément intervenu dans le sillage de ce discours historique devant le Congrès : l’intervention courageuse, quelques jours après, de Stephan Harper, le premier ministre canadien, considéré comme le plus solide allié occidental de l’État hébreu, lors du sommet du G-8 à Deauville, qui empêcha que le communiqué final de cette rencontre ne mentionne la nécessité pour Israël d’un « retour aux frontières d’avant juin 1967 » comme base de tout règlement du conflit.

La contre-attaque diplomatique d’Israël commence à porter ses fruits en fractionnant les positions des pays européens.

Depuis, trois autres facteurs sont en train d’inverser ou, tout du moins, de faire sensiblement retomber la « vapeur » suscitée depuis trois mois par le plan palestinien de cet automne :

 – Les annonces réitérées de la Maison-Blanche contre toute déclaration unilatérale d’un État palestinien – ce qui signifie, en clair, la forte probabilité d’un veto américain au Conseil de sécurité de l’ONU, au cas ( assez improbable ) où les Palestiniens saisiraient cette instance pour faire reconnaître leur État. Le négociateur palestinien Saeb Arikat l'a confirmé au retour de Washington, il y a dix jours ;

– Les énormes difficultés rencontrées à Gaza et Ramallah, pour concrétiser l’accord Fatah-Hamas « de façade » signé au Caire en avril dernier, par la mise en place effective d’un gouvernement d’union déjà opérationnel ;

 – Les visites successives effectuées par le premier ministre israélien dans plusieurs capitales européennes – Paris, Londres, puis Prague, Berlin et Rome, en attendant Bucarest et Sofia – qui ont commencé à fendiller la position, dans l’ensemble au départ assez favorable, des Européens face à une déclaration d’indépendance unilatérale de État palestinien sur les territoires acquis en juin 1967 par Tsahal.

Nétanyaou a convaincu une partie de ses interlocuteurs, en argumentant que cette démarche unilatérale serait négative car elle minerait les chances de voir aboutir toute négociation ultérieure de paix, et dangereuse car elle risquerait de provoquer une escalade des violences sur le terrain. Tandis que les Britanniques et les Français sont restés sceptiques, les Tchèques, les Allemands et les Italiens ont, au contraire, décidé de ne pas soutenir la démarche palestinienne : « Notre gouvernement estime que toute initiative unilatérale serait contreproductive », a ainsi déclaré Guido Westerwelle, le chef de la diplomatie allemande en visite voilà quelques jours dans la région. « Nous pensons, en effet, que la meilleure voie, c’est la négociation ». Une position qui est aussi celle de l’Italie et de la Tchéquie ainsi que d’autres pays européens – à part l’Espagne, l’Irlande et la Norvège, qui appuient pour l’instant la démarche palestinienne. Ce qui signifie en clair, qu’en cas de vote à l’AG de l’ONU, l’Europe ne parlera pas d‘une seule voix et que, d'une certaine manière, Binyamin Nétanyaou parvient peu à peu à former ce qu'il a appelé une "coalition qualitative" de pays démocratiques qui s'opposeront au projet palestinien. A cela, il convient d’ajouter la position fermement critique du président de État, Shimon Pérès, qui, tout en continuant à croire à un accord avant septembre, a affirmé à l'agence de presse AP : " Une résolution de l'Assemblée Générale ne serait que déclarative, ne modifierait en rien la situation sur le terrain et ne ferait que susciter de faux espoirs".

Dans ce contexte, même l’adoption formelle de la création d’un État palestinien par une majorité de pays du « bloc arabe » et de pays du tiers-monde menés par l’Iran des mollahs et le Venezuela de Chavez, ressemblera à tout sauf à un « tsunami diplomatique », tout au plus à la réédition – en plus menaçant il est vrai – de la déclaration d’un tel État palestinien déjà effectuée en novembre 1988 à Alger, et qui fut ensuite « reconnue » par l’AG de l’ONU.

Fait significatif : on entend ces derniers jours de plus en plus de voix au sein même du leadership palestinien conseiller vivement à Mahmoud Abbas d’abandonner son « plan de septembre ». Selon elles, en effet, à l’heure où ce sont le Hamas et les partisans du Djihad mondial qui mènent la danse en « Palestine », ce guet-apens diplomatique, préparé de si longue date contre Israël, risquerait de se transformer en véritable piège contre la « cause palestinienne »…

 

Source : Hamodia, par Richard DARMON 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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