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Autriche : Le musulman Bassam Tibi ne croit plus à un « islam européen » et à l’adhésion de la Turquie


Autriche : Le musulman Bassam Tibi ne croit plus à un « islam européen » et à l’adhésion de la Turquie

Bassam Tibi est un musulman né en Syrie. Il vit actuellement en Allemagne où il enseigne les sciences politiques et les relations internationales et il a obtenu la nationalité allemande.

Il a perdu ses illusions.

Il y a quelques années, Bassam Tibi (photo) soutenait l’idée d’un « islam européen », affirmant que pour devenir d’authentiques Européens, les musulmans devaient réformer leur conception de leur religion et abandonner des concepts tels que la charia et le djihad.

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Dans cet entretien pour le journal autrichien Kleine Zeitung, il semble reconnaître qu’il avait pris ses rêves pour des réalités.

M. Tibi, quand vous observez les révolutions arabes actuellement, ressentez-vous de l’inquiétude ou de l’espoir ?

Tibi : En fait, j’éprouve un mélange de ces deux sentiments. L’espoir réside dans le fait qu’une proportion importante de la population est descendue dans la rue pour protester sans craindre le pouvoir. Mon inquiétude est due au fait que les islamistes, et en particulier en Egypte, se préparent activement à prendre le pouvoir au nom de la démocratie. Les mouvements islamistes sont les seuls qui savent ce qu’ils veulent vraiment. Pendant la période de répression, ils étaient la seule force d’opposition, travaillant en collaboration avec leurs bases en Europe : Allemagne, Grande-Bretagne et Pays Scandinaves.

 

Et en Autriche également ?

Tibi : Oui, en Autriche aussi. Les Frères musulmans ont une présence massive et beaucoup de pouvoir. Ils sont protégés par la constitution ici en Autriche.

 

Est-il impossible de créer un état démocratique avec les  Frères musulmans ?

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Tibi : Ils jouent toujours un double-jeu : à l'extérieur, ils tiennent un discours libéral, conciliant et démocratique, mais en interne ils sont résolus à instaurer un Etat basé sur la charia. Mais hélas, la charia et la démocratie sont aussi incompatibles que l’eau et l’huile. Si dans une démocratie les mouvements non démocratiques sont intégrés, il ne faut jamais les laisser prendre le pouvoir, comme cela se passe en Turquie en ce moment.

 

En Turquie ?

Tibi : Oui, officiellement la Turquie est une démocratie dont le gouvernement est élu, mais en réalité le parti au pouvoir, l’AKP, n’est pas un parti démocratique du tout, mais un parti  islamiste qui dirige le pays comme dans un Etat à parti unique. Actuellement 163 journalistes turcs sont en prison sans jugement. Quiconque critique le Premier ministre Recep Erdogan est immédiatement incarcéré. L’AKP met en œuvre une islamisation insidieuse en Turquie à l’aide des procédures démocratiques.

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En même temps, la Turquie  est en train de former un nouvel axe avec l’Iran.

Tibi : Politiquement, la Turquie devient une puissance régionale, et il est important qu'elle se rapproche de l'Iran. La Turquie reste membre de l’OTAN et se pose toujours comme candidate à l’adhésion à l’Union européenne. En même temps, elle s'éloigne de l’alliance occidentale et se construit en tant que puissance régionale du Moyen-Orient, en partie anti-occidentale.

 

L’UE devrait-elle offrir à la Turquie la perspective d’entrée dans l’UE afin d'éviter la formation de cet axe ?

Tibi : Ceci est une croyance incroyablement naïve en Europe. Des gens prétendent que si la Turquie devenait membre de l’UE, elle deviendrait plus démocratique. Cependant, l’Europe n’est pas une sorte de club à démocratiser. Soit un pays remplit les critères d’adhésion à l'UE, soit il ne les remplit pas. Nous avons vu l’exemple de la Grèce qui avait falsifié ses chiffres pour entrer dans la zone euro, mais l’UE ne peut pas améliorer l’économie grecque. C’est similaire à la situation avec la Turquie et la démocratie. Après les révélations de Wikileaks nous avons appris que le ministre des Affaires étrangères turc a déclaré en privé que la Turquie veut devenir membre de l’UE afin de répandre l’islam dans toute l’Europe.

 

Etes-vous complètement opposé à l’adhésion de la Turquie à l'UE ?

Tibi : En 1998, je parlais en faveur de cette adhésion. A cette époque le pays n’était pas encore sous la coupe des islamistes. Je n’y suis pas absolument opposé, mais il faudra bien observer ce qui se passe vraiment en Turquie. Si la Turquie continue sa tendance vers l’islamisation comme actuellement, alors les Européens devront en effet fermer la porte. Je refuse un pays contrôlé par les islamistes qui détruiraient l’Europe et agiraient comme un cheval de Troie.

 

Le Président Abdullah Gül effectuait un visite d’Etat en Autriche et il a rendu visite à une association d’étudiants islamistes. Cette visite cache-t-elle quelque chose de suspect ?

Tibi : Oui en effet, quand il était ministre des Affaires étrangères, Gül avait demandé au gouvernement fédéral allemand de retirer le mouvement islamiste Milli Görus de la liste des mouvements anti constitutionnels et anti-démocratiques. Les autorités allemandes lui avaient alors fait remarquer que dans une démocratie, les pouvoirs publics travaillent en toute indépendance. Gül ne comprenait pas cela. Quand l’ancien président américain Bill Clinton avait eu cette affaire avec Monika Lewinsky, le président syrien avait demandé à l’ambassadeur américain pourquoi il ne faisait tout simplement pas arrêter le procureur. C’est exactement de cette façon que Gül pense également.

 

Il y a vingt ans vous aviez évoqué un euro-islam, un islam sécularisé qui se séparerait de la charia. Pensez-vous maintenant que les musulmans européens s’approchent de cet idéal ?

Tibi : J’ai des partisans pour cette idée. L’an dernier en Allemagne, ils ont fondé un mouvement : l’Association des musulmans européens démocrates. Je ne suis pas un mouvement à moi tout seul, mais je dois admettre que les islamistes en Europe, et ici-même en Autriche, sont plus forts que nous. Ils ont plus d’argent et plus de ressources. Le regretté ministre de l’Intérieur, Liese Prokop, m’invita à un dialogue avec l’ancien dirigeant de la communauté musulmane. Il a expliqué que son Association était parvenue à la conclusion que mon concept d’un euro-islam devait être catégoriquement rejeté. J’ai rétorqué : « Si vous ne voulez pas d’un islam européen, alors vous ne voulez pas d’intégration ». Je me suis levé et je suis parti en signe de protestation. Il est impossible d’avoir une conversation sérieuse avec ces gens-là.

Source : Poste de Veille, So Much for Euro-Islam, par Cheradenine Zakalwe, PI, mai 2011. Traduction de l'anglais par Capucine pour Poste de veille. Version originale (allemand) : Kleine Zeitung





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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