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Pourquoi pense-t-on que les juifs sont riches ?


Pourquoi pense-t-on que les juifs sont riches ?

Le mythe du juif riche et avide qui exploite les goyim, qui préoccupe les juifs jusqu'à aujourd'hui, est né en Europe au Moyen-âge, quand les juifs étaient obligés de travailler dans le prêt à usure et de diriger des tavernes, et que les chrétiens croyaient qu'ils cachaient de l'or même s'ils étaient pauvres. Un historien : « Ils étaient comme les contrôleurs de stationnement : ils percevaient l'argent pour les autres et recevaient les coups. »

Le chanteur Roger Waters a dernièrement énervé la Ligue Juive contre la Diffamation: dans un vidéo qu'il a projeté dans ses spectacles, figuraient des avions lâchant des bombes en forme de Magen David attachées à des dollars. La Ligue a prétendu que Waters "s'était servi d'un vieux stéréotype antisémite laid."

Le vidéo-clip n'a pas été seulement destiné contre nous : Les avions bombardaient également avec des croix, des croissants islamiques et des logos commerciaux. Mais le cas illustre combien ce stéréotype est enraciné, même chez un chanteur spécifique – qui a lié des dollars justement à des Magen David – et même chez les juifs, que ce sujet énerve tellement.

 
La richesse juive : Mythe ancien et meurtrier

A priori, la connexion aux dollars aurait pu justement représenter un compliment. Mais des millions de juifs ont été humiliés, torturés et assassinés à cause de la « prétention » selon laquelle les juifs, des escrocs sophistiqués et avides d'argent qui « n'aiment que l'argent », s'étaient emparés du monde des affaires et s'étaient enrichis par l'exploitation des pauvres goyim. L'internet est rempli de déclarations de cette sorte aujourd'hui encore : des sites hallucinants accusent le « capital juif » qui a soi-disant causé,  intentionnellement, la crise financière globale. Des prêcheurs islamiques dénigrent le capital juif qui contrôle soi-disant le monde et agit pour les intérêts d'Israël. La journaliste d'« élite » Helen Thomas a dernièrement déclaré que « le Congrès, la Maison Blanche, Wall Street se trouvent tous entre les mains de sionistes. »

La peur de la richesse  juive est très ancienne.

L'histoire de l'esclavage en Egypte – la première histoire dans l'histoire de la haine d'Israël – a commencé avec l'histoire d'un succès hébreu : le succès de gestion de Joseph  et l'enrichissement des fils d'Israël, qui éveilla la jalousie des égyptiens. Mais le mythe du juif riche est né des milliers d'années plus tard – dans l'Europe chrétienne du Moyen-âge

« Le chrétien moyen du Moyen-âge  était persuadé que tous les juifs étaient riches, qu'ils cachaient d'immenses trésors d'or et d'argent, et qu'ils escroquaient les chrétiens et leur prenaient leur argent grâce à des sorcelleries.  Ces propos apparaissent souvent dans de nombreuses légendes    nationales », dit Professeur Dina Porat du Cours de l'Histoire d'Israël à l'Université de Tel Aviv, qui est également la directrice de l'Institut de Recherche de l'Antisémitisme à l'université.  

Combien les juifs étaient-ils riches en réalité ? Des documents du Moyen-âge  démontrent qu'au moins une partie d'entre eux étaient très riches. L'échange de lettres entre un commerçant juif du 11ème siècle qui participa à une foire commerciale en Allemagne, par exemple, montre que la somme qu'il y avait gagnée  équivalait au tiers des trésors du roi de Hongrie. Des biographies de princes et de ducs démontrent qu'une partie d'entre eux avaient un conseiller juif, « le juif de la cour », qui dirigeait leurs trésors, tout comme Joseph.

Mais les chercheurs ne sont pas d'accord entre eux concernant la question de savoir quel était le niveau de vie de la plupart des juifs. « La situation des juifs s'est détériorée au fil des années », dit Aviad Kleinberg, expert en Moyen-âge dans le cours d'Histoire Générale de l'Université de Tel Aviv, « pendant les premiers temps du Moyen-âge, du 8ème siècle jusqu'au 12ème siècle, la plupart des juifs vivaient pas mal selon les critères de cette période. »

« Les gens vraiment riches étaient des soldats, des fonctionnaires du gouvernement et des gens qui possédaient des propriétés, et tous étaient des chrétiens,  car les juifs n'avaient pas le droit de travailler au service de l'état et de posséder des terres », dit Kleinberg. « Mais la plupart de la population chrétienne étaient des paysans fermiers, et la majorité des juifs étaient des artisans, des artistes et des commerçants. Dans les termes actuels, les deux étaient très pauvres, mais, en général, il semble que les juifs étaient moins pauvres ». 

« Les juifs sont arrivés du Moyen Orient développé et ont apporté avec eux le savoir-faire dans les affaires. Les juifs étaient nomades car ils pouvaient se faire héberger par des communautés lointaines. Ils avaient pratiquement le monopole des professions qui nécessitent des voyages, comme le commerce du  vin. Dans la communauté juive, il y avait un peu plus d'égalité entre les sexes et les femmes dirigeaient les affaires quand les hommes voyageaient. »

« Il y avait de la pauvreté aussi parmi les juifs », insiste prof. Porat. « Mais ils avaient des institutions efficaces d'aide réciproque. Les juifs riches donnaient de l'argent. La communauté fournissait les visites aux malades, la dot de la mariée pour les jeunes couples et la charité pour les pauvres. Les juifs vivaient dans un meilleur niveau d'hygiène grâce à leur bain rituel dans la Mikve et le lavage des mains, et mouraient moins dans les épidémies. » 

 Les juifs ne sont pas devenus riches grâce au prêt avec intérêt

Les juifs de l'ouest et du centre de l'Europe sont devenus moins riches pendant la dernière partie du Moyen-âge, à partir du 12ème siècle. « La société s'est développée et les juifs ont été repoussés dans les marges », dit Kleinberg. « Les artisans chrétiens se sont organisés dans des guildes et les juifs sont restés en dehors de celles-ci et ont perdu leur gagne-pain. Les chrétiens ont ouvert des universités et ont créé de nouvelles professions comme la médecine et la jurisprudence qui demandaient des études universitaires, et les juifs ne pouvaient pas y étudier. Ils ont finalement été forcés à travailler dans des métiers méprisables comme le prêt avec intérêt. »  

Mais le travail dans le domaine des prêts à usure a renforcée l'image des juifs en tant que riches exploitant les chrétiens.

« Le prêt à usure ne les a pas rendu riches. Il s'agissait d'une occupation comprenant peu d'argent.  Les juifs n'étaient que des intermédiaires qui prêtaient de l'argent des nobles aux pauvres, les nobles faisaient la majorité de l'argent. Il est vrai que les gens pauvres qui demandaient un prêt détestaient les juifs auxquels ils devaient rendre des comptes au quotidien. Les gens haïssent ceux qui leur prennent de l'argent directement, et non pas les gens forts qui sont derrière eux. La plupart des conducteurs qui reçoivent des amendes de stationnement interdit s'énervent contre le contrôleur, et non pas contre le maire qui les emploie et les juifs étaient dans la situation du contrôleur. »  

Le juif avec le gros sac d'argent à la main

« Ces prêts avaient lieu comme le marché gris  d'aujourd'hui, explique Porat. « L'intérêt était de 30% et ceux qui ne rendaient pas l'argent étaient obligés d'hypothéquer leurs biens, et si cela ne suffisait pas, ils était assassiné. Les chrétiens réalisaient les assassinats, mais ceux qui sollicitaient les personnes endettées étaient les juifs  – et ils souffraient de la haine. Les chrétiens pensaient que les juifs étaient riches même quand les juifs étaient vraiment pauvres. »

 Pourquoi ?

« Les juifs vivaient en ville et travaillaient dans des métiers liés à l'argent. Même les juifs qui dirigeaient de petites affaires découvraient la jalousie financière. Ils géraient des cahiers de comptes, échangeaient l'argent et investissaient. Cela causait aux chrétiens ignorants de penser qu'ils étaient riches. Un paysan, qui se servait d'argent une fois par mois quand il allait vendre et acheter en ville, tombaient sur leur sophistication et leur savoir, et pensaient – ils sont sans doute des sorciers qui ont reçu des pouvoirs de Satan. »

« Dans tous les cas, l'image du juif provenait avant tout de la religion et a été développée par l'Eglise », dit Porat. « Les illustrations, les sculpteurs et les représentations dans les églises présentaient des trésors imaginaires des juifs et des images effrayantes de ceux-ci en tant que sangsues suceuses de sang. L'Eglise est celle qui a causé le fait que les juifs étaient les seuls à s'occuper de crédit, en interdisant aux chrétiens d'emprunter de l'argent-même avec crédit -directement  entre eux , mais uniquement par l'intermédiaire d'un juif. »

D’où L'église s'est inspirée pour donner ces images ?

Il se pourrait qu'elle se soit inspirée de prêtres, qui connaissaient bien l'histoire de la Sortie d'Egypte, qui en ont été influencés d'une manière tortueuse. Mais il semble que la principale image du juif qui les ait influencée était celle de Judas Iscariote, le disciple de Jésus le Chrétien, qui, selon le Nouveau Testament, avait vendu Jésus.

« Selon l'histoire, Judas Iscariote a trahi Jésus pour 30 shekels, beaucoup d'argent », dit Porat, « l'acte est devenu le symbole de la trahison et de l'avidité. Les chrétiens, dont la plupart ne savaient ni lire ni écrire, et qui ne connaissaient les histoires que par des images, n'étaient pas conscients du fait que Judas était juif, mais ils savaient que Iscariote l'était, à cause de son nom et parce qu'il avait été peint comme les juifs de l'époque – avec un sac d'argent à la main. »

L'auteur de la pièce de Shylock ne connaissait pas de juifs

Cependant, Porat et Kleinberg mettent l'accent sur le fait que la véritable et la fausse richesse des juifs ne constituaient pas le motif principal pour la haine à leur égard. « Je doute que le sujet de l'argent ait été « l'argument central contre les juifs pendant le Moyen-âge »' dit Kleinberg. « Les juifs ont été persécutés pour de nombreuses raisons, dont la plupart étaient liées à la religion. Malgré le fait qu'ils aient été considérés comme matérialistes, la littérature du Moyen-âge décrit le juif – et le musulman – comme un homme qui ne s'intéresse qu'au sexe et à l'argent. C'est ainsi qu'on a toujours considéré les étranger dans les sociétés fermées et fanatiques, et cela n'a pas d'importance s'ils étaient vraiment riches. »  

Kleinberg pense que l'appauvrissement des juifs pendant le Moyen-âge tardif a justement aggravé les persécutions : « La société chrétienne était intolérante et n'aimait pas les étrangers et les gens différents mais elle les acceptait quand elle avait besoin d'eux, plus ou moins comme on se réfère aujourd'hui aux travailleurs étrangers. Au début du Moyen-âge, les chrétiens avaient besoin des connaissances professionnelles des juifs, alors ils les traitaient de manière raisonnable. »

« La violence horrible contre les juifs telle que nous la connaissons dans la littérature a surtout commencé avec les campagnes de croisade à la fin du 11ème siècle et est devenue un phénomène fréquent à l'occident à partir du 13eme siècle. Avant cela, les juifs ont vécu pendant des centaines d'années en toute sécurité sous le patronage personnel et direct des rois, ce qui était considéré comme un privilège spécial. Les persécutions ont commencé quand on n'avait plus besoin d'eux. »

Le Moyen-âge plus tardif à l'ouest et dans le centre de l'Europe fut une mauvaise période pour les juifs. Ils furent emprisonnés dans des ghettos , battus, écroués, torturés, chassés et tués  en masses. La haine a créé un développement étrange: les juifs étaient persécutés, entre autres, à cause de « l'accusation » selon laquelle ils étaient riches. Plus les persécutions se développaient et plus ils s'appauvrissaient, et plus ils étaient pauvres, plus leur statu baissait et plus les persécutions grandissaient encore et encore – mais l'image du juif profiteur est restée, même quand il n'y avait plus de juifs aux environs. La création artistique la plus connue du préteur sur gage juif avide et cupide est celle du « Marchand de Venise » que William Shakespeare a créée en Angleterre au 16eme siècle,  300 ans après que tous les juifs aient été chassés de ce pays.  

Même les juifs du village étaient des "contrôleurs de stationnement"

La violence a causé aux juifs d'émigrer de l'ouest dans des villages de l'Europe de l'Est – en Pologne, en Lituanie, en Ukraine, en Roumanie et en Hongrie –  qui sont devenus, a un moment donné du Moyen-âge, le plus grand centre juif du monde.  L'Europe de l'Est était pauvre et affaiblie, la réalité économique qui résidait dans l'occident du début du Moyen-âge s'est poursuivie à l'est pendant des centaines d'années supplémentaires, et les juifs des villages en ont bénéficié.

« En Europe de l'Est, il n'y avait pas de classe intermédiaire, et les chrétiens avaient besoin des juifs qui ont développé l'économie, comme ils l'avaient fait auparavant à l'ouest », dit Kleinberg. « Les juifs étaient parmi les minorités en Europe de l'Est qui avaient les connaissances dans le domaine des affaires même dans une période ultérieure, même au 16eme siècle. Ils y ont développé les premières banques et contrôlaient des branches entières, comme le textile. Jusqu'au 19eme siècle, ils représentaient presque la moitié de la population urbaine en Europe de l'Est. Les rois et les nobles les ont reçu avec joie et leur ont accordé la protection qu'ils avaient perdu à l'ouest. »

La haine et les stéréotypes contre les juifs ont existé en Europe de l'Est exactement comme ils avaient existé à l'ouest, mais jusqu'au 17eme siècle, il n'y a eu là-bas que peu d'attaques contre les juifs. Comme à l'ouest, les pogromes sanglants dans les villages ont commencé après que les juifs ne soient rejetés là aussi au statu de « contrôleurs des stationnements. »

« Le village juif était la propriété du noble local, le « fritz », et les juifs y vivaient contre les services qu'on leur accordait », dit professeur Israël Bartal, du cours de l'Histoire d'Israël de l'Université Hébraïque. « Beaucoup de juifs étaient locataires.  La méthode féodale avait déterminé que tous les biens – comme les moulins à farine ou les ponts – appartenaient aux nobles. Le noble transmettaient la gestion des biens aux juifs. »

« La méthode marchait de la manière suivante: le fritz donnait au juif la permission de se servir de la propriété, contre l'argent du loyer de, par exemple, 1,000 zlotys. Les paysans polonais et ukrainiens payaient au juifs pour l'utilisation du moulin à farine, lui payant l'argent de passage  sur le pont et lui payaient pour la bière qu'ils buvaient dans la taverne. Si le juif leur prenait 2,000 zlotys, il gagnait 1,000 zlotys. S'il percevait l'argent, il gagnait. Dans tous les cas, le juif se tenait face aux paysans et absorbait l'hostilité, les insultes et les coups. »

« Des trésors en or sont enterrés en dessous du village »

« Les juifs des villages étaient pauvres », dit Bartal. « Ils vivaient dans des logements surpeuplés, deux ou trois familles dans une cabane de trois pièces, et mangeaient surtout du pain ou des pommes de terre. Mais le juif le plus pauvre était quand même un peu plus riche que les paysans dans le village voisin. Le paysan était un vassal alors que le juif allait en toute liberté, le paysan était analphabète et le juif avait certaines connaissances. »

« Par conséquent, dans les villages, circulaient des légendes sur la richesse imaginaire des juifs et des sacs d'argents qu'ils cachaient, soi-disant, sous la terre. Jusqu'à aujourd'hui, il y a en Ukraine des gens qui sont persuadés que sous des endroits où se trouvaient ces villages misérables, sont cachés des trésors en or. Quand ils en avaient l'occasion, ils allaient cambrioler des juifs, et quand des révoltes éclataient contre les nobles, comme la révolte des cosaques de Hemlinsky au 17ème siècle, les juifs étaient massacrés. »

Le processus qui s'est déroulé au Moyen-âge auprès des juifs de l'ouest – des persécutions, l'appauvrissement, la pauvreté et encore des persécutions – s'est également déroulé plus tard, au 17ème siècle, au 18ème siècle et au 19eme siècle, envers des millions de juifs en Europe de l'Est. A la fin du 19ème siècle, la plupart des juifs de l'Europe de l'Est – c'est-à-dire, la plupart des juifs du monde – étaient extrêmement pauvres. Mais l'image qui leur est restée – la tribu intelligente, frauduleuse et riche, qui exploite et escroque les goyim – n'a pas disparue mais, au contraire, a surenchéri, jusqu'à devenir le « dossier » principal de l'antisémitisme du 20ème siècle.

Là-dessus, dans les prochains chapitres de l'or juif.

Source : CFCA (Forum de Coordination pour la Lutte contre l’antisémitisme) 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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