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« Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît », d’Edward Arckless


« Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît », d’Edward Arckless

Dans le cadre de l’année Gustav Mahler, Carnegie ‘Small présente au studio Le Regard du Cygne le 3 avril 2011, à 19 h, « Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît » d’Edward Arckless.

Un hommage sous la forme d'une exposition ainsi que d’un « spectacle de chant, danse et théâtre autour de la vie de la violoniste » autrichienne Alma Rose? (1906-1944) « avec des thèmes musicaux d’Erich Wolfgang Korngold ».

C’est au musée Juif de Vienne (Autriche) que le danseur-chorégraphe Edward Arckless découvre, près d’un « extraordinaire portrait de femme », cette phrase implorante et déchirante d’une lettre d’une violoniste autrichienne déportée : « Je m’appelle Alma Rosé, ne m’oubliez pas s’il vous plaît ».

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Edward Arckless s’intéresse alors à cette artiste dont il lit la correspondance avec sa famille.

Avec la soprano Mary Lou Sullivan-Delcroix et la pianiste Sigrid Jennes-Müller, il conçoit un spectacle composé de lectures de lettres, d’un accompagnement au piano et de danse.

Il choisit des compositions d’Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), compositeur Juif né en Moravie, célèbre notamment pour sa suite pour piano Don Quichotte (1909) et  surtout son opéra Die tote Stadt (La ville morte) en 1920, ayant fui le nazisme, et oscarisé pour ses musiques de deux films : Anthony Adverse (Anthony Adverse marchand d'esclaves, 1936) de Mervyn LeRoy et The Adventures of Robin Hood (Les aventures de Robin des Bois, 1938) de Michael Curtiz.

Danseur au Royal Opera House de Covent Garden à Londres, au Ballet de Wallonie (1971-1975) et au Staatstheater Wiesbaden en Allemagne, Edward Arckless enseigne au Conservatoire de la Ville de Paris. Il est aussi « coach » de comédiens, tels Patrick Swayze et Valérie Lemercier.

Son spectacle « Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît » a été présenté à Vienne, Wiesbaden, Düsseldorf, Mexico et en Israël. A Paris, il bénéficie du soutien du Forum culturel autrichien. Il est programmé pour le Danemark.

Un « hommage à la lumière qui jaillit et résiste à l’obscurité de l’enfer humain ».

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« L’interprétation intensive de chants combinée à la représentation chorégraphique expressive de terreur, de désespoir, de fuite, de désir ardent et d’espoir a la faculté de représenter le destin de cette prisonnière d’une manière émouvante… Les applaudissements appuyés dans ce théâtre rempli jusqu’aux dernières places récompensèrent les artistes », a observé le Wiesbadener Kurier en 2005.

Alma Rosé, violoniste et chef d'orchestre

Alma Rosé naît à Vienne (Autriche), en 1906, dans une famille Juive assimilée de musiciens : son oncle maternel est le compositeur Gustav Mahler (1860-1911), son père Arnold Rosenblum (1863-1946), concertmaster (premier violon) réputé pendant 57 ans de l’orchestre philharmonique de Vienne, et sa marraine Alma Mahler-Werfel. Son père a changé son nom patronymique en Rosé en 1882 et créé le quatuor Rosé (Rose Quartet) qui a joui d’une renommée internationale.

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A Noël 1921, Erich Wolfgang Korngold dédie à cette adolescente de 15 ans ses « chants d’adieu ».

Ayant débuté comme violoniste en 1926 en interprétant Bach avec son père – elle joue avec un violon du luthier Giovanni Battista Guadagnini (1757) -, Alma Rosé fonde en 1932 l’orchestre élégant Die Wiener Walzermaedeln (« Jeunes valseuses viennoises »), qu’elle dirige et qui se produit dans de nombreuses villes en Europe, malgré la crise économique, mais en étant progressivement pénalisé par les lois nazies antisémites. Cet orchestre cesse son activité en 1938.

Baptisée protestante, Alma Rosé se convertit au catholicisme quand elle épouse en 1930 le talentueux violoniste tchèque Váša P?íhoda (1900-1960), dont elle divorce en 1935.

Après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en janvier 1933, le frère, Alfred, et la belle-sœur, Maria, d’Alma Rosé fuient aux Etats-Unis.

De 1934 à 1938, Alma Rosé organise des concerts de solidarité contre les Nazis.

Après l’Anschluss – annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie dirigée par Hitler le 12 mars 1938 -, après la mort de sa mère Justine, Alma Rosé se réfugie avec son père en Grande-Bretagne. Elle se trouve aux Pays-Bas, où elle donne des récitals comme soliste, lors de l’invasion allemande, et se rend alors en France.

En 1941, elle tente vainement d'obtenir un visa pour les Etats-Unis ou Cuba.

Dénoncée, elle est interpelée par la Gestapo en décembre 1942 à Dijon, alors qu’elle prévoit de fuir vers la Suisse.

Internée au camp de Drancy, elle est déportée en juillet 1943 au camp d’Auschwitz.

Là, Alma Rosé est d’abord envoyée au bloc des expérimentations « médicales » de Josef Mengele.

Comme elle avait été enregistrée dans les registres du camp sous le nom de son second mari hollandais non-Juif, les dirigeants nazis ne se rendent compte de la présence d’une telle artiste que lors de leur recherche d’une violoniste pour l’anniversaire d’une personnalité.

La virtuosité d'Alma Rosé impressionne tant les gardes du camp qu’elle est transférée à Birkenau, et en août 1943, désignée directrice du Ma?dchenorcheste, l’orchestre de jeunes déportées, souvent amateures, qui joue lors du départ et du retour du travail des déportées, pour les SS, lors de visites de certains responsables, etc.

Placée sous l’autorité de la commandante Maria Mandel, Alma Rosé obtient une baraque spéciale pour l’orchestre, avec une salle de répétition et un sol en bois pour protéger les instruments du froid et de l’humidité. Elle parvient à obtenir que l’orchestre ne se produise plus lors de certaines intempéries : neige, pluie.

Succédant à la professeur de musique Zofia Czajkowska comme chef de cet orchestre, Alma Rosé, autoritaire, sévère, élève le niveau de cette formation – plus de huit heures quotidiennes de répétition – et étend son répertoire, des marches allemandes et musiques folkloriques polonaires aux compositions classiques et musiques d’opérettes ou de films, afin de satisfaire les SS. Le prix de leur survie.

Alma Rosé garde les musiciennes peu talentueuses en les nommant à des postes d’assistantes ou de copistes. Ce qui évite la mort à environ une quarantaine de déportées, souvent Juives.

Alma Rosé meurt soudainement le 4 avril 1944 dans ce camp d’Auschwitz, peut-être de botulisme. De manière exceptionnelle, les nazis autorisent qu’un hommage lui soit rendu. Ils nomment l’ukrainienne Sonya Winogradowa pour lui succéder à la direction de cet orchestre.

En octobre 1944, les musiciennes Juives de cette formation sont envoyées au camp de Bergen-Belsen, et les non-Juives au camp principal d’Auschwitz.

Une polémique a surgi sur le rôle d'Alma Rosé à Auschwitz. La violoncelliste Anita Lasker-Wallfisch, ancienne musicienne dans cet orchestre, a défendu Alma Rosé en soulignant son rôle positif à l’égard des membres de cet orchestre.

La ville de Vienne a nommé une de ses rues du nom d’Alma Rosé.

Source : Véronique Chemla





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.

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