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Vers une nouvelle vague terroriste ?!


Vers une nouvelle vague terroriste ?!

Massacre à Itamar, attentat à Jérusalem, missiles sur le sud du pays : En deux semaines, l'État d'Israël s'est soudain retrouvé plongé dans l'atmosphère de terreur qui l'a conditionné durant les pires années de l'Intifada, entre 2000 et 2004.

Alors que les forces de sécurité ont certaines difficultés à faire un lien direct entre ces tragiques événements, les Israéliens redoutent d'avoir à subir une nouvelle vague terroriste et prient pour que le calme revienne sur le pays à l'approche des fêtes de Pessa'h.

L'enquête sur le terrain des correspondants d'Hamodia et l'analyse d'Israël Katzover.

Binyané Haouma, 24 heures après l'attentat

Au lendemain de l'attentat qui a réveillé de terribles souvenirs au sein de la population de Jérusalem, Laly Derai s'est rendue sur les lieux de l'explosion pour écouter les réactions des différentes composantes de cette population. Témoignages.

Jeudi 24 mars. 15 heures. Vingt-quatre heures après l'attentat qui a coûté la vie à Mary Gardner, une citoyenne britannique venue étudier la Bible à Jérusalem et a blessé plus d'une cinquantaine de personnes, la vie a repris son cours normal face au Palais de la Nation, à proximité du « kiosque explosif » de Moché Shimon. Derniers vestiges de l'horreur de la veille : des impacts dans la porte en fer du kiosque, causés par les centaines de billes de métal qui avaient été ajoutées à la charge explosive, une cabine téléphonique à moitié détruite, un abribus dont les vitres ont été soufflées par la déflagration et … le regard des passants.

Et puis aussi une manifestation, sur les lieux même où l'engin piégé a semé la terreur vingt-quatre heures plus tôt : Une dizaine de jeunes Israéliens, brandissant des pancartes : « Non au terrorisme, Non à la violence, Oui à la paix ».

Les passants regardent les pancartes avec surprise pour certains, colère pour d'autres, incompréhension pour la plupart.

Inbal est la porte-parole de ce mini-rassemblement : « Nous sommes venus dire que la seule solution est de faire quelque chose pour que la paix règne enfin dans ce pays. Cet attentat ne doit pas entraîner un regain de la violence de la part d'Israël parce que rien de bon ne sort de la guerre. Nous vivons dans un pays anormal ! Des gens se font exploser en pleine rue ! Des gens sont tués en pleine rue ! Il faut mettre un terme à l'escalade de la violence en acceptant de parler avec l'autre partie, avec les Palestiniens ».

Ces paroles n'ont pas l'air de convaincre Sarah, une dame d'un certain âge qui prend à partie les manifestants : « Pourquoi venez-vous brandir ces pancartes ici ? Qu'avons- nous à voir là-dedans ? Ce n'est pas nous qui déposons des bombes ! Allez plutôt rédiger vos pancartes en arabe et délivrez ce message aux Palestiniens. Allez donc à Ramallah, à Djénine, ou à Gaza et dites leur : non à la violence, non au terrorisme, oui à la paix ! ». Un jeune répond à Sarah qu'il ne peut pas se rendre à Ramallah ou à Gaza parce qu'il est Israélien et que l'accès lui est interdit. « Mais sais-tu pourquoi l'accès t'est interdit ? Mais c'est parce que tu ne survivrais pas dix minutes là-bas. On te ferait subir le même sort qu'à la famille Fogel ! »

Un jeune religieux essaie calmement de convaincre les jeunes manifestants pacifistes : « Croyez-vous vraiment que le Hamas tient compte de vous ?

Croyez-vous qu'un quelconque terroriste est préoccupé par votre rassemblement ? Pourquoi manifester ici, maintenant ?

Le sang n'a pas encore séché … »

Ici et là, la discussion se prolonge entre les deux parties mais il s'agirait plutôt d'un dialogue de sourds, certains rappelant sur un ton acerbe que des organisations telles que celle des jeunes pacifistes sont financées par « la communauté européenne et les ennemis d'Israël ».

Parmi les personnes présentes, toutes affirment ne pas avoir peur. Comme si elles refusaient de donner aux terroristes cette satisfaction.

Odaya, une jeune femme orthodoxe, qui habite à proximité de la gare routière, pointe un doigt accusateur en direction du gouvernement : « Tout cela ne s'arrêtera pas tant que nous resterons les bras croisés. Ce qu'il faut faire, à mon sens, c'est, d'un côté de bombarder les nids de terroristes sans la moindre hésitation et d'un autre, cesser d'accorder aux Arabes israéliens tous les avantages dont ils jouissent ».

Pour Shimon, qui vit à Jérusalem depuis des décennies, rien ne saurait le dissuader de continuer à se promener dans « sa ville » : « Ce qu'ils veulent, ces terroristes, c'est nous terroriser. Mais ils n'y parviendront pas. Jérusalem est à nous et elle le restera ! »

Chlomo assiste à cette scène avec une certaine tristesse. Pour cet orthodoxe qui vit à Har Nof, quartier desservi par le bus 74, touché la veille par l'explosion, c'est l'indifférence qui est le pire des maux : « Ce qui me dérange le plus aujourd'hui, c'est que nous avons commencé à nous habituer, c'est que nous avons arrêté de nous émouvoir, c'est que notre gouvernement semble avoir baissé les bras. Peur ? Non, je n'ai pas peur. Je suis en colère, c'est tout ».

À Jérusalem, on espère qu'il s'agit là d'un acte isolé

L'attentat du Binyané Haouma est le premier acte terroriste à l'explosif commis dans la capitale depuis 2004. Depuis, deux attentats à la pelleteuse et une attaque meurtrière contre les élèves de la Yéchiva de Mercaz Harav (il y a trois ans) avaient ébranlé les habitants de la capitale.

C'est aux environs de 15h, mercredi 23 mars, qu'une énorme explosion a secoué l'un des lieux les plus fréquentés de Jérusalem : les stations de bus qui font face aux Binyané Haouma, le palais de la Nation, situé à quelques dizaines de mètres de la gare routière centrale de la capitale.

L'attentat a fait une victime, Mary Gardner, citoyenne britannique âgée de 55 ans. Une cinquantaine de personnes ont été blessées dont deux qui sont encore aujourd'hui dans un état très grave.

C'est un engin explosif d'environ deux kilos, dissimulé dans un sac de voyage, qui a été déposé au bas d'un téléphone public près du kiosque de Moché Shimon. Ce dernier n'était pas là ce jour-là et s'était fait remplacer par son beau-frère David Mouyal. Ce dernier a remarqué le sac suspect. Il a d'abord demandé aux personnes de s'écarter et a ensuite téléphoné à la police. Il a juste eu le temps de prévenir la standardiste avant que la charge n'explose, le blessant d'ailleurs sérieusement.

L'enregistrement de cette courte conversation et de l'explosion elle-même a été diffusé à de multiples reprises sur l'ensemble des médias israéliens. Soulignons que l'attentat n'a pas été revendiqué ce qui laisse penser qu'il s'agit là d'un acte isolé, peut-être lié au regain de tension qui était intervenu parallèlement dans le sud du pays. Le Djihad Islamique s'est contenté de saluer cet acte tandis que les dirigeants de l'Autorité Palestinienne l'on immédiatement condamné. De même, l'administration Obama a exprimé sa condamnation véhémente. Quant au chef de la diplomatie française, Alain Juppé, il a publié un communiqué dans lequel il condamnait cet attentat : « La France exprime toute sa sympathie aux victimes, à leur famille et à leurs proches, ainsi qu'aux autorités israéliennes et réaffirme sa solidarité au peuple israélien meurtri par cet acte odieux ».

Le maire de la capitale, Nir Barkat qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé tout de go son intention de restaurer très rapidement le calme dans la ville et il a annoncé que le Marathon international de Jérusalem se tiendrait comme prévu deux jours plus tard. Et de facto, ce marathon s'est tenu sans incident, en particulier grâce à un déploiement exceptionnel de plusieurs milliers de policiers en état d'alerte maximale.

Source : Hamodia, par Laly Derai 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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