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Juifs et Catholiques fêtent leur réconciliation à Paris


Juifs et Catholiques fêtent leur réconciliation à Paris

La soirée d'ouverture du sommet mondial sur le dialogue entre le judaïsme et l'Église catholique s'est tenue dimanche à Paris au Collège des Bernardins , avec des discours importants, sans concessions du grand rabbin de France Gilles Bernheim et du cardinal André Vingt-Trois.

Ont été abondamment commentés le Texte Nostra Aetate, considéré comme la pierre angulairede la réconciliation, la figure de Jules Isaac qui a beaucoup oeuvré pour cette réconciliation. Un arbre planté dans la cour de la synagogue du Rainy, en mémoire d'ilan Halimi, une visite du camp d'internement de Drancy sont au progamme, ainsi que de nombreuses conférences, organisées par le Père Patrick Desbois, connus pour ses travaux sur la "shoah par balles".

Rappelons que le texte Nostra Aetata (voir ci-dessous) récuse la théorie de la substitution, la théorie de peuple déïcide, et réprouve l'antisémitisme.

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Catholiques et juifs, entre mémoire et actions

Le Comité de liaison catholique-juif international, organe de dialogue entre les hautes instances du judaïsme mondial et des représentants du Vatican, se réunit à Paris. Occasion de faire le bilan de quarante ans de dialogue judéocatholique en France, en Europe et dans le monde

Né en 1970 de la volonté du Saint-Siège et de plusieurs organisations internationales représentatives du peuple juif regroupés au sein du Comité juif international pour les consultations interreligieuses (IJCIC), le Comité de liaison catholiqu-juif international fête ces jours-ci à Paris ses 40 ans d’existence. De nombreuses personnalités catholiques et juives venues du monde entier se retrouvent pour l’occasion au Collège des Bernardins.

Lors de la première rencontre du comité qui se tenait à Paris en 1971, le grand rabbin Jacob Kaplan s’était exprimé ainsi : «Je voudrais rappeler la parole de l’un des maîtres de la tradition juive, une parole qui se trouve dans le Talmud mais qui est aussi rapportée dans les Écritures chrétiennes. “Si ce qui se passe en ce moment, si la discussion qui va s’ouvrir n’est pas leshem shamaïn (pour le Nom du Ciel) elle se défera d’elle-même et n’aura pas d’avenir; si en revanche elle est leshem shamaïm, elle durera.”»

Dans son livre d’entretiens avec le cardinal Barbarin (1), Gilles Bernheim, grand rabbin de France, décrypte le sens de ce message : « Le grand rabbin avait alors voulu expliquer qu’entre juifs et chrétiens, ce qui doit exister ce n’est pas la controverse du Moyen Âge où chacun se doit d’emporter la conviction et l’adhésion de l’autre, mais ce qui s’appelle en hébreu lamahloqet, c’est-à-dire un lieu où chacun découvre la vérité de l’autre dans l’échange et la rencontre.»

 

Un dialogue éthique,anthropologique, mais aussi religieux

« Rien ne serait plus faux que de parler de ces rencontres comme de moments de dialogue théologique », avertit néanmoins le P. Patrick Desbois, directeur du Service national pour les relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques de France. « L’IJCIC rassemble des représentants des trois principales branches du judaïsme – orthodoxe, “conservatrice” et libérale – mais aussi des juifs qui ne sont pas religieux.»

Reste que le dialogue n’est pas seulement éthique ou anthropologique, mais aussi religieux puisqu’il repose sur une vision commune de l’homme, créé à l’image de Dieu, et sur une exigence morale nécessaire à la vie en communauté trouvant son origine dans la révélation du Sinaï : le don de la Loi et des commandements.

«Ces dernières années, confirme le P. Desbois, une volonté de coopération pratique à partir de ce que les Dix commandements impliquent s’est affirmée. La parole de Benoît XVI, qui rappelle que les Dix commandements sont le lieu principal où juifs et catholiques peuvent se rencontrer, a été bien reçue. C’est ainsi qu’une coopération pour lutter contre le sida a par exemple été décidée lors des rencontres du Cap en 2006, ou une coopération financière pour lutter contre la pauvreté lors de celle de Buenos Aires en 2004.»

« Le dialogue judéo-chrétien a pu prendre son essor à partir du moment où il a pu s’engager dans la société civile », rappelle de son côté Richard Prasquier, président du Crif et membre du Comité de liaison.

« Ce n’est pas un hasard puisque les hommes qui ont initié ce dialogue, notamment Jules Isaac (2) n’étaient pas des religieux, et qu’il s’est développé après la Shoah qui ne pouvait qu’interpeller les uns et les autres, ouvrir une réflexion sur la capacité de l’être humain à céder au mal. Aujourd’hui, nous luttons ensemble pour la cause de l’homme, de sa dignité, et de ses droits, et pour la liberté religieuse mise en danger par les intégrismes qui ont le vent en poupe. Ceci ouvre un vaste champ d’action commun…»

"Un énorme travail accompli dans les esprits"

Le bilan de quarante années de dialogue qui sera dressé par les participants durant les trois jours que dure la rencontre devrait refléter cette attitude. Il devrait aussi mettre en évidence le changement radical intervenu dans la nature du dialogue entre catholiques et juifs depuis la guerre, grâce à la déclaration conciliaire Nostra ætate (1965) qui a ouvert la porte à la reconnaissance mutuelle des juifs et des chrétiens.

Et grâce à l’enseignement et aux initiatives d’une grande portée symbolique prises par le pape Jean-Paul II – reconnaissance par le Saint-Siège de l’État d’Israël en 1993, visite à la grande synagogue de Rome en 1986, pèlerinage à Jérusalem, prière à Yad Vashem et au Mur occidental du Temple en 2000…..

lire la suite : http://www.la-croix.com/Catholiques-et-juifs-entre-memoire-et-actions/article/2456903/4078
Martine de SAUTO – La croix

(1) Le Rabbin et le Cardinal (Stock, 2008).

(2) Jules Isaac (1877-1963). Historien et écrivain français, animé de convictions profondément laïques et républicaines. Il est entre autres l’auteur de Jésus et Israël. Après avoir perdu des êtres chers à Auschwitz, il fonda l’Amitié judeo-chrétienne et frappa à la porte de Pie XII puis Jean XXIII pour que l’enseignement «du respect» succède à enseignement «du mépris».

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*DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L'ÉGLISE AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES
NOSTRA AETATE

 

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decl_19651028_nostra-aetate_fr.html

Rome, à Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.

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 …..La religion juive

Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.

L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi [6], sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils [7]. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul [8].

L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ…..

 

…. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.

En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs…..

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….Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent. L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion.

 







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