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Boualem Sansal : L’islamisme est une malédiction et la démocratie le meilleur dissolvant


Boualem Sansal : L’islamisme est une malédiction et la démocratie le meilleur dissolvant

« Quand j'ai entendu le discours du Caire d'Obama en 2009, j'ai été franchement déçu, même en colère. J'ai été dégoûté de le voir tendre la main d’une manière si obséquieuse précisément à ceux des musulmans qui font de leur religion une identité, une cause, une idéologie.

Mais Obama a évolué. Il n'est pas coincé dans la même vision romancée qu’avant. S’il minimise la menace islamiste, c'est sans doute pour des raisons tactiques. Il ne faut pas pousser tous les différents types de folies qui sont monnaies courantes dans le monde arabe et musulman à se rassembler dans un front uni islamiste. Mais on doit aussi considérer l'incohérence de la société occidentale en général sur ces questions. Où se trouvent tous les islamistes les plus importants ? A Londres, New York, Paris. Tariq Ramadan s’agite en permanence entre Londres, Genève et Paris. Il est invité sur tous les talk-shows, et il obtient les éloges – et non seulement de la communauté musulmane des banlieues difficiles françaises, dont il est une sorte de héros légendaire. »

« Le deuxième niveau concerne la bataille que l'Occident doit se mener contre l'islamisme. Il faut mettre fin aux concessions, au double langage, et à la realpolitik. Les gouvernements occidentaux doivent cesser de flatter les islamistes (en Arabie saoudite ou l'Iran, par exemple) et doivent défendre leurs propres valeurs, qui sont les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

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Un exemple : Quand Mahmoud Abbas a annoncé que dès que la Palestine est indépendante, il n'acceptera pas qu’il y ait un seul Israélien sur son territoire, il faut prendre note d’un tel programme et cesser de traiter avec lui. On ne pouvait en effet, guère trouver une plus grande expression de haine. »

 

Source: Autour de la liberté, le blog de Pierre Raiman

Boulaem Sansal le grand écrivain Algérien auteur du « Village de l'Allemand » a donné une interview à John Rosenthal pour le Weekly Standard sur les révolutions en cours dans le Monde Arabe.

Dans ce grand roman livre unique dans la littérature du monde arabe. il raconte au travers de l'histoire de deux jeunes frères dans une banlieue parisienne, celle de leur père, Hans Schiller, un officier allemand SS qui immigre en Algérie, se convertit à l'islam, et devient un héros de la guerre d'indépendance algérienne.

Entre craintes et espoir, voici l'analyse sans concessions d'un esprit remarquable qui a toujours pensé et écrit que seul un mince espace, sépare l'islamisme et le nazisme, mais qui espère « qu'un jour ensoleillé, l'Algérie va retrouver son chemin et sa terre reverdir ». Et il ajoute« Je voudrais être là pour voir cela se produire ».

(Interview réalisée à la veille des manifestations du samedi 19 février en Algérie et « retraduite » depuis l'anglais, n'ayant pu trouver la version « originale »).

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John Rosenthal : Vous avez été un critique virulent de l'absence de démocratie dans votre propre pays, ainsi que dans le monde arabe plus généralement. Vous avez également mis en garde contre la menace d'un islamisme triomphant, que vous comparez au nazisme. Le mouvement de protestation qui a provoqué la chute d’Hosni Moubarak en Egypte a été largement célébré comme un mouvement démocratique. Mais il y avait une présence évidente des Frères musulmans parmi les manifestants, et il y avait aussi des signes d'hostilité extrême envers Israël et même sans aucun doute des signes d’anti-sémitisme. Quelle est votre réaction aux événements en Egypte ? L’espoir ? La peur ?

Boualem Sansal : Je suis très heureux de voir les peuples arabes se révolter enfin contre les dictatures qui les ont opprimés depuis si longtemps. Mon espoir, mon rêve, c'est que des démocraties – même des démocraties imparfaites – sortiront de ces révoltes et qu'elles permettront aux pays arabes de prospérer, économiquement et culturellement, et de s'ouvrir au monde et vivre en paix avec leurs voisins.
Mais ce n'est pas seulement une question d'espérance. Il faut se mobiliser pour y arriver, il faut agir, il faut demander de l'aide internationale, il faut construire des ponts. Car,à mon avis, la chose la plus importante dans la phase actuelle est de ne pas laisser les Arabes seuls avec eux-mêmes. Les forces et les idées mêmes qui les ont mis dans leur situation actuelle – le tribalisme, le népotisme, l'islamisme, les attitudes claniques – vont combler le vide laissé par les dictatures. En outre, la naissance de la démocratie est difficile. À court terme, elle ne sera pas en mesure de répondre aux attentes immédiates de la population pour un travail, un système judiciaire efficace, une administration impartiale et équitable des élections. En conséquence, les gens vont se tourner vers les forces sombres, dont les principales et les mieux organisées sont les islamistes. Ils ont attendu ce moment depuis longtemps, et ils sont impatients de prendre leur revanche. Et évidemment, ils vont jouer sur les mêmes registres émotifs qui ont été si souvent exploités par tous les régimes arabes et musulmans : l'antisémitisme, Israël, le « complot sioniste », mais aussi « l'exploitation par l’Occident », et ainsi de suite. […]

Européens et Américains doivent porter une attention particulière et soutenue à ce processus. Elle peut facilement s'égarer et conduire au pire résultat possible. Mais elle pourrait aussi conduire au meilleur. Pour se faire, il faut déjouer les plans des groupes islamistes (Hamas, Hezbollah, les Frères musulmans) et, en premier lieu, ceux de l'Iran. Barack Obama l'a compris et suit ces développements de près.

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Rosenthal : L'histoire de l'Algérie montre que le processus démocratique peut très bien conduire à la victoire des islamistes, à savoir par voie de la victoire électorale comme en 1991 avec le Front islamique du salut (FIS). Cette victoire a été suivie par l'annulation des résultats des élections et une guerre civile longue et sanglante. Ali Bel Hadj, l'un des anciens dirigeants du FIS, ont participé à la manifestation du 12 février à Alger. Quel est le risque que l'histoire se répète ?

Sansal : Si une vraie démocratie est établie dans les pays arabes, il est tout à fait possible que les islamistes prennent le pouvoir. Dans tous les pays arabes, dans tous les pays musulmans, même en Europe, les islamistes cherchent à conquérir le pouvoir.

Mais je pense que l'islamisme lui-même a changé. De nombreux islamistes ont abandonné l'espoir de s'emparer du pouvoir par la force. (En fait, pour les islamistes c'est la seule façon de vraiment noble de prendre le pouvoir: On doit arracher le pouvoir de l’étreinte des mécréants et des agents de l'Occident.) Ils ont vu, en outre, qu'ils peuvent devenir eux-mêmes la cible de la colère populaire: par exemple, en Iran.
En Algérie, Bel Hadj a maintes fois été jeté hors de manifestations. Il y a une lutte en cours dans les différents mouvements islamistes, et il semble que les modérés du monde entier ont la haute main. Par « modérés », je veux dire ceux qui pensent qu'ils peuvent obtenir le pouvoir par la ruse en exploitant les institutions démocratiques qui sont tant chéries par les mécréants. Le modèle turc [à savoir celui des « modérés » islamistes du Premier ministreRecep Erdogan et son AKP] se répand.

Mais la possibilité qui m'inquiète le plus, c'est ce que j'appelle le modèle « soudanais »: à savoir, la possibilité que les autorités former une alliance avec les islamistes dans le but d'écraser définitivement le mouvement de protestation démocratique. C'est ce que le régime algérien a fait si bien par le passé. Il a utilisé les islamistes dans les institutions étatiques comme des acteurs subalternes. Ce n'est pas la démocratie qui a permis aux islamistes de devenir la deuxième force politique la plus puissante dans le pays. Cela s'est fait à la suite d'un accord politique minable. La même chose pourrait se produire en Egypte, où l'armée risque de faire face à une sérieuse opposition. Elle pourrait favoriser les islamistes afin de bloquer les aspirations du peuple.

Dans tous les cas, l'islamisme est une malédiction. Il faut le voir comme tel et travailler à sa désintégration progressive et à sa marginalisation. La démocratie est le meilleur solvant à cet égard.

Rosenthal : Vous avez fait l'éloge de l'attitude du président Obama. Mais la politique de l’administration américaine ne risque-t-elle pas d’encourager précisément ce que vous avez appelé le modèle « soudanais » ? L'administration a minimisé la menace posée par les Frères musulmans, et un porte-parole de l'administration a expressément appelé à l'inclusion des acteurs « non-laïques » dans le nouveau gouvernement. Dans les circonstances actuelles, quelle attitude pensez-vous que les forces démocratiques devraient prendre envers les islamistes ? Devraient-ils être ouverts à travailler avec eux ou doivent-ils chercher à les isoler ?

Sansal : Quand j'ai entendu le discours du Caire d'Obama en 2009, j'ai été franchement déçu, même en colère. J'ai été dégoûté de le voir tendre la main d’une manière si obséquieuse précisément à ceux des musulmans qui font de leur religion une identité, une cause, une idéologie. Mais Obama a évolué. Il n'est pas coincé dans la même vision romancée qu’avant. S’il minimise la menace islamiste, c'est sans doute pour des raisons tactiques. Il ne faut pas pousser tous les différents types de folies qui sont monnaies courantes dans le monde arabe et musulman à se rassembler dans un front uni islamiste. Mais on doit aussi considérer l'incohérence de la société occidentale en général sur ces questions. Où se trouvent tous les islamistes les plus importants ? A Londres, New York, Paris. Tariq Ramadan s’agite en permanence entre Londres, Genève et Paris. Il est invité sur tous les talk-shows, et il obtient les éloges – et non seulement de la communauté musulmane des banlieues difficiles françaises, dont il est une sorte de héros légendaire.

À mon avis, des mesures doivent être prises à deux niveaux différents. Les forces démocratiques dans les pays arabes doivent se mobiliser contre les islamistes, les dénoncer et exposer leur tentative de co-opter un mouvement populaire révolutionnaire. Surtout, les forces démocratiques doivent être claires sur leur propre discours. Nos démocrates – certains d'entre eux, démocrates de complaisance – doivent cesser de chercher à parvenir à la démocratie, la liberté et le progrès en jouant la carte de l’islam comme les islamistes de la partie rugueuse de la ville. Ils doivent cesser de clamer que l'islam est une religion de paix, de tolérance et la liberté qui émancipe les femmes et a sauvé les anges de leur chute.

Ils doivent prendre leurs distances, d'affirmer leur différence par rapport aux islamistes, afin d'offrir aux jeunes un choix qui est clair comme celui que les islamistes offre à leurs partisans. Surtout, ils doivent arrêter de débattre avec les islamistes en termes religieux. Ils doivent dénoncer le programme politique des islamistes en faisant appel à la raison et la responsabilité, et non pas en citant des versets du Coran dans la tradition islamique, comme tant d'autres. Lorsque M. El Baradei est arrivé au Caire, il est allé prier dans au premier avec les islamistes. Voilà comment il a exprimé son désir de liberté et la démocratie en Egypte. C’est comique, absurde et incroyablement lâche. Il n'a aucune crédibilité désormais et les vrais démocrates doivent le rejeter.

Le deuxième niveau concerne la bataille que l'Occident doit se mener contre l'islamisme. Il faut mettre fin aux concessions, au double langage, et à la realpolitik. Les gouvernements occidentaux doivent cesser de flatter les islamistes (en Arabie saoudite ou l'Iran, par exemple) et doivent défendre leurs propres valeurs, qui sont les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Un exemple : quand Mahmoud Abbas a annoncé que dès que la Palestine est indépendante, il n'acceptera pas qu’il y ait un seul Israélien sur son territoire, il faut prendre note d’un tel programme et cesser de traiter avec lui. On ne pouvait en effet, guère trouver une plus grande expression de haine.

Le monde a besoin de clarté et elle a besoin de gens qui ont le courage de leurs convictions. Les choix tactiques ne devraient jamais être autorisés à diminuer la clarté des idées de fond.  

Source :Philosémitisme 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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  • One thought on “Boualem Sansal : L’islamisme est une malédiction et la démocratie le meilleur dissolvant

    1. Ixiane

      Abbas veut un Etat Judenrein, qu’attendez-vous pour demander que l’Etat d’Israël soit muslemrein ? Ce serait une question à poser, la réponse pourrait être édifiante…

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