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L’abandon programmé des thèses idéologiques palestiniennes par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach


L’abandon programmé des thèses idéologiques palestiniennes par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Le 17 février 2011, le Président de l’Autorité palestinienne a finalement laissé planer un doute sur la tenue des élections présidentielles et législatives qu’il avait annoncées le 12 février pour le mois de septembre 2011. Elles risquent en effet de ne pas avoir lieu simultanément en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, le Hamas y étant hostile sur le territoire qu’il contrôle.

 

La perspective d’un tel différé n’est pas sans causer un certain embarras au sein de la communauté internationale qui craint un report concomitant des négociations de paix entre israéliens et palestiniens. Il n’est pas, non plus,  apaisant pour le Président de l’Autorité palestinienne qui aurait aimé profiter de l’occasion pour aboutir à une reconnaissance internationale de l’Etat Palestinien en septembre 2011 (comme l’ont déjà fait de nombreux pays d‘Amérique latine).

 

Le véritable problème (inavoué) du Président de l’Autorité Palestinienne est en réalité celui d’annoncer à sa population, l’abandon définitif des thèses idéologiques palestiniennes, c’est à dire la renonciation au principe de la libération de la Palestine de toute présence juive, puisqu’il s’agit d’une condition nécessaire à la poursuite des négociations de paix.

 

C’est pourtant le sens des décisions cruciales récentes, prises au sein de l’Autorité Palestinienne. Il en est, tout d’abord, ainsi de la démission du négociateur palestinien Saeb Erekat (le 12 février 2011) à la suite de la divulgation par l’organe de presse arabe Al Jazeera, de documents révélant sa trahison à la cause palestinienne et notamment, l’acceptation du maintien des implantations juives en Cisjordanie, d’une limitation de ce que les Palestiniens nomment « le droit au retour des réfugiés » et de la poursuite de la présence israélienne à Jérusalem-Est et sur l’esplanade des mosquées (le Mont du Temple).

 

De même, la démission, le 12 février 2011, du Premier Ministre palestinien Salam Fayyad (entrainant celle de son gouvernement) suivie d‘une reconduction de l‘intéressé à ce poste par le Président Abbas, est tout à fait significative, même si Fayad a insisté s’attacher à une reconquête de l’unité nationale palestinienne.

 

Pour l’heure, Mahmoud Abbas fait preuve d’une certaine frilosité pour abroger le principe de l’éradication d’Israël, ce qui prend la forme d’une absence de modification de l’appellation de son parti politique, de peur d’apparaître (lui aussi) comme étant un traître à la cause. Pourtant depuis de nombreuses années, la presse internationale a compris qu’il ne fallait plus mentionner « Olp » (Organisation de la Libération de la Palestine créée par Yasser Arafat en 1959) pour évoquer le parti du dirigeant de l’Autorité palestinienne puisque le sigle évoque la lutte armée contre Israël, de nature à faire douter de la sincérité des négociations de paix.

 

Il est donc, pudiquement,  fait mention du terme « Fatah » bien que ce nom soit tiré de l'acronyme inversé partiel de «harakat ut-tahrîr il-wataniyy ul-falastîniyy» qui est encore le « Mouvement national palestinien de libération » , mais que personne ne comprend. Pour autant, le nom de ce parti reste, pour l’ensemble des Palestiniens (qui comprend parfaitement l’arabe), associé à la Charte de l’Olp adoptée en juillet 1968 (révisant celle de 1964), document comprenant 33 articles qui présentent la Palestine comme étant le foyer du peuple palestinien (dans sa délimitation géographique du mandat britannique), et pose le principe du droit pour les  Palestiniens de retourner dans leur foyer, définit l’identité palestinienne comme une caractéristique authentique qui se transmet de génération en génération, et rappelle que la lutte armée est le seul moyen de libérer la Palestine de toute présence juive (en fournissant les techniques, règles et autres outils pour y parvenir).

 

Tant qu’il n’aura pas changé le nom de son parti, le Président de l’Autorité Palestinienne incarnera au yeux de son peuple cette philosophie, alors qu’il œuvre, sur un plan international, dans un sens qui n’est pas celui là. Bien évidemment, un changement de cette appellation du parti, emportera reconnaissance implicite de la mauvaise voie dans laquelle les Palestiniens ont été entraînés depuis 1964. Il en est de même, pour les Palestiniens qui résident sur la bande de Gaza gouvernée par les responsables du Hamas.

 

La Charte du Hamas (18 août 1988) présente le programme du Mouvement de résistance islamique comme étant universel, fondé sur l’Islam, adhérant aux concepts islamiques dans tous les aspects de la vie, avec pour objectif le « Jihad » contre les oppresseurs « pour délivrer la terre et son peuple de leur impureté, de leur bassesse et de leurs maux ». Les 34 articles du document sont ainsi focalisés sur la haine des  Juifs, la nécessité de les évincer de la Palestine en livrant les moyens religieux, matériels intellectuels pour y parvenir (c’est-à-dire une reprise de la Charte de l’Olp avec un fondement religieux).

 

Bien évidemment, et à la lumière des bouleversements contemporains qui se produisent dans le monde de l’Islam, les Palestiniens devraient rapidement comprendre que le modèle intellectuel et philosophique dans lequel ils sont obligés de se fondre, est tout à fait contre nature, contre-productif, et surtout contre leurs intérêts. En Lybie, des manifestations sont organisées pour exiger le départ de Khadafi, en Algérie, une marche de la colère a été organisée (ce 19 février 2011), pour appeler à un véritable changement et non à une simple levée de l’état d’urgence mise en place en 1992, au Bahreïn des protestations populaires contre le régime en place devraient conduire à la mis en place d’un régime qui prenne véritablement en compte les intérêts de la population.

 

Au Maroc, également, une manifestation est prévue pour le 20 février 2011 en vue de mettre en place de larges réformes. Même l’Iran n’est pas épargné, même si le régime tente de se maintenir en accusant les chefs de l’opposition réformatrice (le 17 février 2011) de traitres à la solde des sionistes, des Etats Unis et de la Grande Bretagne….

 

En somme les populations musulmanes réalisent progressivement que la religion n’est pas, comme ce fut le cas dans les pays catholiques, qu’un moyen d’asservir, de dominer et de soumettre grâce aux mystères ésotériques inaccessibles au commun des mortels. Les Palestiniens devraient donc également faire l’amère constatation de la manipulation dont ils font l’objet depuis des décennies, et qu’ils existent individuellement en dehors de cette identité religieuse et nationale collective.

 

D’ailleurs, et lorsque l’on observe l’inquiétude de la Chine sur la vague de contestations dans les pays arabes et plus généralement les régimes autocratiques, on finit par se demander s’il n’existe pas, à l’instar de l’espèce humaine une forme d’évolution et de sélection naturelle des idées philosophiques, c’est-à-dire un processus de sélection par les hommes eux-mêmes des thèses philosophiques qui leur sont soumises. Les régimes politiques se mettent en place par la force puis s’adaptent sous la pression de la collectivité et de l’environnement humain.

 

Autrement dit, les systèmes archaïques se maintiennent, dans un premier temps, grâce à l’ignorance, la manipulation de l’information, la crainte de sanctions de nature ésotérique et bien évidemment par la diabolisation d’Israël et des Américains qui se voient reprocher tous les maux. Vient ensuite un temps où les modèles sociaux s’affrontent et le maintien de la thèse adaptée au genre humain. En d’autres termes, dès que les populations sont éclairées, les thèses qui leur sont imposées ne résistent plus à l’analyse, et les régimes totalitaires s’anéantissent…

 

Rien ne sert donc de redouter la situation inconfortable du Président de l’Autorité palestinienne. L’Olp ou le Hamas ne sont pas les seules alternatives pour le peuple palestinien. Celui-ci sera bientôt en mesure de se trouver une troisième voie raisonnable  qui va dans le sens d’une harmonie globale, dès qu‘il aura réussi à se débarrasser des thèses idéologiques anti israéliennes dans lesquelles il est enfermé depuis des décennies.

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Pour © 2010 aschkel.info et © 2010 lessakele





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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